L'Hymne de la Ligue des Champions : Une Histoire de Gloire et de Frissons

L'hymne de la Ligue des Champions est bien plus qu'une simple mélodie sportive. C'est un rituel, une montée d'adrénaline partagée par des millions de fans à travers le monde. Dès les premières notes, un frisson collectif parcourt les stades, signalant le début d'un événement mythique.

Mais savez-vous d’où il vient ? Que vous soyez amateurs de foot ou non, vous avez forcément déjà entendu cet air désormais mondialement connu. L’air qui procure tant d’émotions aux passionnés de ballon rond a été joué pour la première fois le 25 novembre 1992.

Dès qu’il retentit, c’est le début du grand frisson. Mais en connaissez-vous l’origine comme les petites histoires ? RMC Sport vous offre une session de rattrapage.

D’où vient l’hymne de la Ligue des champions ? ⚽️

La Genèse d'un Hymne Iconique

Au début des années 1990, l'UEFA entreprend une refonte majeure de ses compétitions. La Coupe d'Europe des Clubs Champions, bien que prestigieuse, souffre d'une image ternie par le hooliganisme. L'UEFA souhaite donc donner une nouvelle identité à sa compétition pour la rendre plus noble. C'est en 1992, année du remplacement de la Coupe d'Europe des Clubs Champions par la LDC, que l'UEFA décide de la création d'un nouvel hymne pour éradiquer le hooliganisme dans les stades.

Dans les médias, la Coupe des clubs champions n'est plus synonyme de grands clubs, mais de hooliganisme, avec un arrière-goût ringard. "Le but derrière la création de la Ligue des champions était de monter en gamme", reconnaît Craig Thompson, ancien communicant au service de l'UEFA, cité par le New York Times (en anglais). Le fameux logo du ballon formé d'étoiles voit le jour. Manque la musique.

Quelques semaines auparavant, dans le cadre de la refonte de la Coupe des clubs champions et de la création de la Ligue des champions version moderne, l’UEFA commande un hymne qui doit véhiculer la grandeur et le prestige que souhaite donner l’instance européenne à la compétition. L’UEFA veut une chanson classique, avec un chœur, qui doit représenter la montée en gamme de la C1 dans un contexte où les esprits sont marqués par les dérapages de hooligans qui ternissent l’image du foot.

Cette année-là, la plus prestigieuse des compétitions européennes, la Coupe d’Europe des clubs champions, change de nom et devient la Ligue des Champions. L’UEFA veut qu’un hymne fort et facilement reconnaissable soit associé à cette nouvelle compétition.

Tony Britten : Le Compositeur Inspiré

La tâche est alors confiée au compositeur anglais Tony Britten qui s'inspire de "Zadok The Priest", chant religieux créé par Georg Friedrich Haendel, pour créer l'hymne en adaptant les paroles ainsi que la musique. Le compositeur ne cache pas s'être inspiré de l'hymne Zadok The Priest, composé par Georg Friedrich Haendel au XVIIIe siècle et qu'on a pu entendre lors de celui d'Elizabeth II en 1950.

Compositeur britannique, diplômé du prestigieux Royal College of Music de Londres, Tony Britten est chargé de la composition de l’hymne. "L’UEFA voulait une musique qui pourrait refléter la gravité et l’importance de cette nouvelle compétition", expliquera-t-il plus tard. Pour ce faire, il décide de s’inspirer d’un chant religieux, Zadok the Priest, composé par l’Allemand Haendel pour le couronnement du roi George II en 1727.

Il s’inspire de "Zadok the Priest", l’un des quatre hymnes composés par Georg Friedrich Haendel pour le couronnement du roi George II en 1727. Britten y trouve "une affirmation de pouvoir, de succès et de grandeur". "L’idée de la Ligue des champions était de rendre sa beauté au jeu, et l’hymne devait refléter cette qualité", ajoute-t-il. L’œuvre sera produite rapidement, en à peine six semaines.

L'UEFA donne carte blanche à ce mordu de... rugby. "Aujourd'hui, il aurait fallu passer par des tonnes de panels pour déterminer qu'il faudrait plus de ceci et moins de cela", constate Britten, interviewé des années plus tard par le site Eastern Daily Press.

Le compositeur Tony Britten est approché par l'UEFA. Tout juste de vagues recommandations : ce serait bien de s'inspirer de We Are The Champions, la chanson de Queen qui résonne dans tous les stades du monde après une finale, tout en gardant un côté intemporel, à l'instar du groupe Les trois ténors, très populaire à l'époque, raconte le site spécialisé FourFourTwo.

"Pour être honnête, quand on m'a confié cette mission, c'était juste un boulot comme un autre, lâche Britten. Je n'ai pas passé plus d'un mois dessus."

Tony Britten, passionné de rugby à la base. À cette période, ce passionné de rugby à la base, écrivait beaucoup de musiques pour des séries dramatiques ou des publicités. C’est en proposant l’idée d’une chorale - acceptée par l’UEFA - que cet ancien diplômé du Royal College of Music (école supérieure de musique à Londres) a soumis divers œuvres dont « Zadok the Priest » de Georg Friedrich Haendel (1685-1759) qui a plu aux dirigeants.

Interprétation et Paroles

Enregistrée par le Royal Philharmonic Orchestra, cette musique est aujourd'hui plus connue que "l'Ode à la Joie", l'hymne de l'Union Européenne. La version officielle est interprétée par le Royal Philharmonic Orchestra et chantée par le chœur de l’Academy of Saint Martin in the Fields, deux prestigieuses institutions londoniennes.

La version officielle de l’hymne de la Ligue des champions s’appuie sur deux structures: une partie instrumentale et une partie chantée par un chœur. C’est le Royal Philharmonic Orchestra de Londres qui joue la musique, tandis que les chœurs sont chantés par l’Academy of St Martin in The Fields, également basée à Londres.

Même si on ne comprend pas les paroles de cet air mythique, il se trouve qu'il est composé de chants anglais, allemands et même français pour représenter les principaux pays dont les clubs participent à la compétition. Les paroles sont en anglais, français et allemand, les trois langues officielles de l’UEFA.

Même s’il faut bien tendre l’oreille, l’hymne de la Ligue des champions possède bien des paroles en anglais, français et allemand. Et dont les plus audibles sont : « Ce sont les meilleurs / Ce sont les meilleures équipes / Ce sont les toutes meilleures équipes / L'événement principal / Les Maîtres / Les Meilleurs / Les Grandes Équipes / Les Champions... »

En voici les paroles en français : « Ce sont les meilleures équipes, les grandes équipes / Une grande compétition / Les grandes équipes / Ils sont les meilleurs… »

L’hymne dure un peu plus de trois minutes et mêle les trois langues officielles de l’UEFA: l’anglais, l’allemand et le français. Tony Britten a d’abord écrit l’intégralité de l’hymne en anglais avant d’être aidé par un linguiste pour la traduction en allemand et en français. "Peut-être que ça sonne un peu ridicule dans ces langues!", rigole-t-il.

L'hymne complet dure environ trois minutes et contient deux courts couplets ainsi qu'un chœur. Seules la dernière strophe et le dernier chœur sont utilisés lors des retransmissions télévisées.

Un Hymne en Trois Langues

Dans une interview donnée à Ouest-France en 2021, Tony Britten justifiait le choix de cet hymne créé en 1727 pour le couronnement du roi George II de Grande-Bretagne : « L’influence de cette musique était surtout dans l’orchestration, plus qu’autre chose. Dans les cordes, les trompettes aiguës. Je n’ai pas vraiment pris la musique de Haendel elle-même, j’ai pris son « feeling ». Après, il y a les paroles. J’ai demandé à l’équipe de l’UEFA s’il y aurait des paroles dans l’hymne, et ils m’ont répondu : Oh, on ne sait pas. Peut-être quelque chose de très fort, à propos des « meilleurs ». J’ai accepté, puis ils m’ont demandé si je pouvais le faire en trois langues. Celles officielles de l’UEFA, qui sont le français, l’anglais et l’allemand ».

Un Outil Marketing Puissant

L’UEFA a clairement été satisfaite de l’impact de l’hymne, qui est devenu synonyme de l’épreuve. Devenue mythique pour les joueurs et les supporters, la musique de la Ligue des champions est « un outil de marketing sonore extrêmement puissant » pour l’UEFA, confirmait-il.

« En le diffusant avant chaque match, elle a réussi à populariser la nouvelle formule de la compétition grâce à ce morceau de musique classique, qui marie une position de prestige et un auditoire de masse », confiait à So Foot Craig Thomson, l’ancien directeur marketing de l’UEFA, dont une étude avait montré que 98 % des Européens étaient en mesure d’identifier l’hymne.

« Grâce à la popularité du football, c’est probablement l’une des chansons les plus connues au monde. Aujourd’hui, tout le monde reconnaît la musique, et quand vous l’entendez, soudain, vous avez envie d’aller voir le match. »

Le service marketing de l’UEFA souhaitait à tout prix un hymne avec de la musique classique et des chœurs, surtout pas de solo sur de la music pop ou électro.

Anecdotes et Faits Marquants

  • Cet hymne a retenti pour la première fois le 25 novembre 1992 à Milan (stade Giuseppe Meazza), Glasgow (Ibrox Stadium), Bruges (Jan Breydel) et Porto (Estadio das Antas).
  • Une version rock et une version disco ont également été enregistrées, sans qu'on puisse jamais les entendre, raconte le site spécialisé allemand 11Freunde.
  • Vingt-quatre ans plus tard, le succès ne se dément pas : 98% des Européens identifient la musique, démontre une étude.
  • L'hymne est probablement devenu le seul morceau de musique classique que les joueurs biberonnés au rap ou au R&B glissent dans leurs écouteurs.
  • L’UEFA assure que cette version ne peut être ni achetée, ni téléchargée légalement, bien que des versions soient disponibles sur Itunes, Spotify, YouTube…

Lors de certaines finales de l’épreuve, l’hymne est chanté par des personnalités du pays où se déroule la rencontre. Ainsi, en 2009 à Rome, c’est la voix du ténor italien Andrea Bocelli qui a accompagné l’hymne. Trois ans plus tard à Munich, c’est l’Allemand Jonas Kaufmann qui a eu le bonheur d’interpréter l’hymne, accompagné du violoniste David Garrett.

En 2009, pour la finale Barcelone-Manchester United à Rome, c’est le ténor italien Andrea Bocelli qui fut convié. Ce soir-là, il chanta notamment "Now We Are Free" (BO du film "Gladiator") avant d’accompagner l’hymne de la Ligue des champions avec des paroles en italien. Andrea Bocelli chanta également en 2016, au stade Guiseppe-Meazza (Real Madrid-Atlético de Madrid), et à nouveau en 2017, au Milleniuem Stadium de Cardiff (Juventus-Real Madrid).

Petite innovation en 2018: pour la finale Real Madrid-Liverpool au Stade olympique de Kiev, l’UEFA a fait appel au duo de violoncellistes 2Cellos, composé du Slovène Luka Sulic et du Croate Stjepan Hauser. Ce groupe s’est notamment rendu célèbre sur Internet en interprétant des reprises de célèbres chansons ("Smooth Criminal" de Michael Jackson, "Smells Like Teen Spirit" de Nirvana, "Eye Of The Tiger" de Survivor, "Perfect" d’Ed Sheeran…).

Certains joueurs l’ont même adopté comme sonnerie de téléphone. C’était notamment le cas de l’ancien Parisien Mammadou Sakho. Ses notes et ses paroles vous hérissent le poil et vous rappellent pourquoi vous aimez tant le football.

Témoignages de Légendes

La scène s'est reproduite plusieurs milliers de fois depuis 1992. Deux équipes alignées, autour du corps arbitral, fixent la tribune d'honneur. Derrière eux, les bénévoles agitent une bâche en forme de ballon dans le rond central. La sono crache une musique baroque. Certains joueurs ont la chair de poule, d'autres, comme Cristiano Ronaldo, la star du Real Madrid, marmonnent les paroles alors qu'ils ne chantent pas leur propre hymne national.

Quelques semaines auparavant, dans le cadre de la refonte de la Coupe des clubs champions et de la création de la Ligue des champions version moderne, l’UEFA commande un hymne qui doit véhiculer la grandeur et le prestige que souhaite donner l’instance européenne à la compétition.

On croirait entendre un ado, fan de foot. Pourtant, ces propos sont de Jean-Michel Aulas. Le président de l’Olympique lyonnais s’avoue quasi en transe lorsqu’il entend cette musique. Frisson identique pour l’ancien footballeur d’Arsenal, Emmanuel Adebayor : « Quand tu sors du tunnel et que tu l’entends, tu te rends compte que c’est la meilleure musique de ta vie. » Rien que ça.

Jacob Murphy, le milieu de terrain de Newcastle, s’est senti au pays des merveilles sur la pelouse de San Siro, mardi dernier, avant d’affronter l’AC Milan (0-0). Pour son premier match de C1 à 28 ans, l’Anglais a vécu un rêve éveillé pendant le passage de l’hymne.

Pour beaucoup de joueurs, ces quelques notes donnent des frissons et sont synonymes du passage dans la cour des grands. La Ligue des champions étant la plus belle et plus grande compétition qu’un club de football européen puisse disputer.

« C’est un sentiment spécial. Ligue des Champions : d'où vient le fameux hymne de la compétition de football ? L'hymne de la Ligue des Champions, joué pour la première fois dans un stade le 5 novembre 1992, a rapidement connu un énorme succès. Mais d'où vient-il ? C’est un air de musique qui fait frissonner tous les amateurs de football : l’hymne de la Ligue des Champions. Un morceau devenu culte et joué avant chaque rencontre de la compétition, au moment où les deux équipes entrent sur le terrain.

Ils ont dit:

  • "Je ne dirais qu’un seul mot: magique. La musique de la Ligue des champions vous capte tout de suite. Elle capte votre attention et vous avez tout de suite envie de savoir ce qui se passe. Hormis la Coupe du monde qui est un tout petit peu au-dessus, la Ligue des champions est le rêve de tout joueur." - Zinedine Zidane
  • "C’est vraiment super, quand tu entres sur le terrain et que tu l’entends. Tu sais que c’est un match pas comme les autres. Ça te rappelle à quel point cette compétition est spéciale est importante." - Lionel Messi

L'Hymne : Plus Qu'une Musique, un Symbole

L'hymne de la Ligue des Champions n'est pas qu'un simple jingle sportif. Ce morceau emblématique puise son inspiration dans un héritage prestigieux. Il ne s’agit pas d’une composition ex nihilo, mais d’une adaptation brillante d’un monument de la musique classique : le Zadok the Priest de Georg Friedrich Haendel, composé en 1727 pour le couronnement du roi George II.

Ce qui rend cet hymne si particulier, c’est aussi sa capacité à transcender le temps et les générations. Il ne s’agit pas d’une simple bande-son d’événement sportif. C’est une œuvre pensée pour évoquer la noblesse de la compétition, le respect de l’adversaire, la quête d’excellence.

Ce mariage entre sport et musique savante n’est pas un hasard. Il reflète une volonté de donner au football une dimension culturelle et émotionnelle plus large. Quand les joueurs entrent sur le terrain, ce n’est pas seulement un match qui commence. C’est une scène qui s’ouvre, portée par une musique qui élève le jeu au rang de mythe.

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