L'Ascension Remarquable du Handball Portugais : Équipes, Joueurs et Ambitions

Pendant longtemps, le Portugal figurait sur la carte du handball européen comme une curiosité, souvent éclipsé par le football, le futsal et le surf. Mais en l’espace de quelques années, tout a changé. Résultats probants, génération talentueuse, ferveur populaire nouvelle : le handball portugais s’est installé dans le paysage international.

Équipe nationale de handball du Portugal

Un Travail de Longue Haleine

"L’évolution du handball chez nous, c’est beaucoup de travail. La sélection, c’est le produit final", résume Paulo Pereira, sélectionneur du Portugal depuis 2016. Derrière l’émergence sportive, il y a une conviction profonde que le Portugal pouvait, malgré des moyens limités, rejoindre le cercle des nations compétitives.

Le tournant se situe à la fin des années 2010. Le Portugal se qualifie pour l’Euro 2020 après quatorze ans d’absence et y signe un parcours retentissant : une victoire de prestige contre la France, puis une sixième place finale. Un résultat fondateur. Pour la première fois, le Portugal ne participe plus, il rivalise.

"C’est incroyable ce qu’on a fait ces six ou sept dernières années. Au Portugal, le handball a grandi beaucoup", confirme Antonio Areia, ailier droit emblématique de la sélection, aujourd’hui joueur à Tremblay en France. "Les joueurs portugais ont beaucoup de valeur maintenant. Les générations qui viennent sont très fortes, avec beaucoup d’ambition."

Ce résultat n’est pas resté isolé. Depuis, le Portugal enchaîne les qualifications pour les grandes compétitions, dispute les Jeux olympiques de Tokyo, confirme sur les Mondiaux, et s’installe durablement dans le top 10 européen. Une régularité nouvelle qui change le regard porté sur cette sélection.

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La Détection et le Développement des Jeunes Talents

Thierry Anti, illustre entraîneur français, a coaché le Sporting pendant la saison 2019/2020. "C’est une nation qui a connu des années difficiles, après le gros clash survenu à la fin des années 90 quand la ligue professionnelle privée est entrée en conflit avec la fédération. En représailles, celle-ci ne sélectionnait plus les joueurs en équipe nationale et n’inscrivait même plus les clubs en coupes d’Europe. Le handball portugais a eu beaucoup de mal à s’en remettre mais là, on sent un vrai enthousiasme."

La détection des jeunes joueurs est devenue une priorité et le handball portugais brille actuellement chez les jeunes. "On n’a pas d’argent pour faire autrement. Tout le monde me dit qu’on n’a pas d’argent", sourit Paulo Pereira avec lucidité. "Ça veut dire qu’on fait quelque chose pour détecter les joueurs d’une façon un peu différente dans leur jeunesse. Et on les suit. Et on essaie qu’ils travaillent de la meilleure façon possible."

Là où des nations comme la France s’appuient sur un réseau dense de pôles espoirs et de CREPS, le Portugal a inventé son propre modèle. Des rassemblements réguliers, tous les quinze jours, où les jeunes talents venus des quatre coins du pays sont réunis avec leurs familles. Un système plus artisanal, mais qui permet d’identifier tôt les profils prometteurs et de leur inculquer une culture commune.

"Les parents viennent avec les joueurs. On les voit aux quatre coins du pays", explique le sélectionneur. Un fonctionnement qui repose sur l’implication humaine bien plus que sur la puissance financière. Et qui crée une cohésion générationnelle rare : beaucoup de joueurs de l’équipe nationale se connaissent depuis l’adolescence.

Professionnalisation et Exportation des Joueurs

Désormais les joueurs portugais s’exportent et sont même des rouages importants des top clubs européens. Depuis quelques années, les meilleurs joueurs portugais quittent le championnat national très jeunes pour rejoindre les ligues espagnoles, françaises ou allemandes. Une étape clé dans leur développement.

Le championnat local se structure porté par les institutions des clubs omnisport Benfica, Porto et le Sporting avec des moyens mutualisés avec les clubs de foot mais la grande majorité des équipes sont encore amateurs. "Les deux tiers des clubs s'entrainent le soir et ne peuvent pas beaucoup payer leurs joueurs, poursuit Anti. On parle de 1.000 euros, 1.500 dans certaines équipes. Mais les meilleurs du championnat peuvent gagner entre 8.000 et 10. 000 euros mensuels."

La génération actuelle des frères Costa, l’attraction de cette équipe, à Salvador Salvador en passant par Areia, symbolise cette transition. Formés localement, puis polis à l’étranger, ils incarnent la synthèse du modèle portugais même si les meilleurs clubs du pays arrivent désormais à conserver certains talents.

Plusieurs joueurs clés ont prolongé leurs contrats avec le Sporting Portugal, assurant ainsi la stabilité et la compétitivité de l'équipe pour les années à venir :

  • Kiko Costa : À seulement 20 ans, Kiko Costa continue d’impressionner. Révélation du dernier Mondial, où il a été sacré meilleur jeune joueur de la compétition, l’arrière droit incarne le renouveau du handball lusitanien.
  • Martim Costa : Son frère aîné, Martim Costa, est déjà bien installé parmi les références européennes. Élu meilleur demi-centre du Mondial 2025 et co-meilleur buteur de l’Euro 2024, le meneur de jeu de 23 ans assume pleinement son rôle de leader offensif.
  • Salvador Salvador : Enfin, Salvador Salvador, capitaine exemplaire, complète ce trio de luxe. Formé au club depuis l’adolescence, l’arrière gauche de 24 ans a gagné en maturité ces dernières saisons.

Derrière ce projet ambitieux, on retrouve un homme : Ricardo Costa, entraîneur du Sporting, mais aussi père de Kiko et Martim.

L'Engouement Populaire et les Ambitions Futures

"Le Portugal commence à vivre le handball d’une manière très intense. On le sent pendant la compétition, sur les réseaux sociaux, à la télévision. On a beaucoup de soutien", raconte Antonio Areia. Une popularité encore loin du football, bien sûr, mais suffisante pour installer le handball dans l’espace médiatique et susciter des vocations.

Le défi du Portugal est désormais d’ancrer sa place dans le paysage européen. Antonio Areia, à 35 ans, regarde déjà plus loin que sa propre carrière. "Le futur du Portugal va être brillant. Et si on continue à travailler comme ça, je crois qu’il y a de bonnes choses à faire." Avant de fixer un objectif clair. "Notre meilleur résultat à l’Euro, c’est une sixième place en 2020. On va essayer de faire mieux. C’est l’ambition." En moins d’une décennie, le Portugal est passé d’outsider sympathique à prétendant pour la médaille.

Le Sporting CP n’a pas traîné pour sécuriser l’avenir de son équipe de handball. Le club lisboète a officialisé la reconduction jusqu’en 2030 de trois de ses cadres : les frères Costa, Kiko et Martim, ainsi que le capitaine Salvador Salvador. Ce jeudi, le club a annoncé la prolongation de trois éléments majeurs de son effectif jusqu’en 2030. Avec cette triple prolongation, le Sporting verrouille des joueurs courtisés et assure sa compétitivité à moyen et long terme.

Voici un aperçu de l'effectif actuel du club :

Joueur Âge Nationalité Durée du contrat Valeur marchande
Kiko Costa 20 Portugais 2030 [Valeur]
Martim Costa 23 Portugais 2030 [Valeur]
Salvador Salvador 24 Portugais 2030 [Valeur]
Autres joueurs [Âge moyen] [Nationalité] [Durée] [Valeur]

Cette équipe portugaise n’apparaît pas sur les podiums des dernières compétitions mais elle est un candidat du futur, c’est une évidence. Au travers des différentes générations présentées chez les jeunes et qui sont aujourd’hui chez les A, même si c’est à maturité, entre guillemets, précoce, c’est franchement une belle nation de handball qui joue particulièrement bien. Que ce soit au près ou que ce soit dans la relation pivot et dans la continuité, elle possède beaucoup de qualités.

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