Mondial Handball à Bercy : Un Événement Historique

L'histoire du handball français est intimement liée au Palais Omnisports de Paris-Bercy, un lieu qui a été le théâtre de moments inoubliables et de victoires mémorables. Des générations de joueurs et de supporters ont vibré ensemble dans cette enceinte emblématique, gravant à jamais le nom de Bercy dans la légende du handball.

Les handballeurs français ont décroché un sixième titre planétaire, un moment de gloire partagé avec 15 600 supporteurs à Bercy, en dominant la Norvège sur le score sans appel de 33-26. Ce triomphe, fruit de neuf succès en neuf matchs, témoigne d'une domination implacable et d'une détermination sans faille.

«On avait tellement de pression, on était tellement attendus, a confessé après coup Nikola Karabatic. Mais c'est pour ça qu'on fait du sport.»

L'équipe de France a su transcender la pression et les attentes pour offrir un spectacle exceptionnel et un titre mondial à son public.

Deux de ses partenaires (Thierry Omeyer et Daniel Narcisse) étaient sur le terrain, d'autres avaient tout juste cinq ans (Ludovic Fabregas, Nedim Remili, Dika Mem). Depuis 2001, l'armoire à trophées du handball français s'est largement garnie. Mais l'appétit est toujours là.

«On dit qu'on a six titres mondiaux, souriait le gaucher Adrien Dipanda, 28 ans. Mais nous, avec Nedim [Remili], on en avait zéro. Et là, ça fait un !»

Les jeunes joueurs ont pu s'intégrer et gagner un titre mondial.

Finale France vs Norvège 33-26 les meilleurs moments Handball 2017

A quelques pas de là, Vincent Gérard saluait ses partenaires : «Il y a seize héros, pas un ou deux. On s'entraîne depuis le lendemain de Noël, on a énormément travaillé pour faire ce que vous avez vu.»

Une antienne connue : le groupe vit bien, tout le monde est concerné. Dans leur cas, c'est aussi la réalité. L'arrivée d'un nouveau duo d'entraîneurs, Didier Dinart et Guillaume Gille, après la longue mandature de Claude Onesta (2001-2016) et la défaite en finale olympique, a redistribué les cartes.

Le jeu s'est ouvert. Les temps passés sur le parquet sont beaucoup mieux répartis. Les jeunes en profitent. Cette équipe a de quoi déprimer la concurrence encore quelques années.

Aucun des seize joueurs français ne figure dans le top 10 des meilleurs buteurs du Mondial. Ce fut une des grandes forces des Bleus tout au long de la compétition : avoir pu s’appuyer sur un effectif extensible, sans que le niveau de jeu de l’ensemble ne soit mis en péril par l’entrée des remplaçants.

En finale, Guigou n'a ainsi pas joué en première période, suppléé par Kentin Mahé. Et Luc Abalo, l'ailier droit, n'a passé qu'une dizaine de minutes sur le terrain. Les entraîneurs ont accéléré la transition générationnelle (Libération du 28 janvier) : une leçon tirée du parcours olympique, terminé sur les rotules.

Thierry Anti, coach du club de Nantes, salue ces initiatives : «Grâce aux rotations, les joueurs sont capables de répondre aux besoins quand on fait appel à eux. Ce qui est beaucoup plus difficile quand on a peu de temps de jeu.»

Pour le technicien, cette compétition offre des «perspectives pour l'avenir. La Suède des années 90 [ultradominatrice, ndlr] a trop longtemps maintenu ses joueurs cadres et a fini par subir un coup d'arrêt significatif. On devrait être à l'abri de ça».

La star du handball tricolore, élu meilleur joueur du tournoi, a traversé la compétition serein. Bon en attaque (encore six buts et quatre passes décisives contre la Norvège), féroce en défense, mais aussi davantage préservé par ses entraîneurs. A 32 ans, le demi-centre n’est plus à l’abri de passages sur le banc plus ou moins longs. Ceux-ci lui semblent bénéfiques.

On l'a aussi vu rassurer ses plus jeunes partenaires pendant les rencontres, porter son fils au milieu du terrain à l'issue des matchs, et tomber dans les bras de son frère Luka, 28 ans, une fois le titre acquis.

La finale à Bercy avait un délicieux parfum vintage, seize ans après un autre titre mondial remporté dans la même enceinte.

Si les plus anciens continueront à l’appeler Bercy pour des années encore, c’est bien l’AccorHotels Arena qui accueillera ce mercredi soir plus de 15 000 spectateurs et les caméras de BeIN sport pour un show de 20 minutes organisé autour de Feder, un chanteur bien connu du jeune public.

Le spectacle, conçu pour être à la fois télégénique (sur BeIN Sports mercredi soir) et familial, sera suivi d’un match de handball qu’on espère tout aussi spectaculaire entre l’Équipe de France, championne du monde en titre, et le Brésil, une des nations montantes dans ce sport d’origine européenne en voie d’internationalisation.

Tout comme la chaîne Accor, présente dans le monde entier, qui touchera, avec les retombées mondiales du championnat du monde de handball opposant 24 équipes sous les yeux de 1 000 journalistes accrédités, une partie des dividendes des 30 millions investis dans le parrainage de la salle, propriété de la ville de Paris.

Le gris a donc remplacé le rouge sur les fameux sièges de Bercy et la capacité de la salle modulable a été portée de 17 000 à 20 500 places, ce qui en fait la troisième d’Europe derrière les arènes de Londres et Berlin.

En configuration handball, elle attend 15 500 spectateurs ce mercredi 11 janvier au soir pour le match d’ouverture et accueillera une vingtaine de matchs sur les 84 de la compétition dont les demi-finales et la finale seront retransmises par TF1 si la France est qualifiée.

Dans le cas d’une finale française, la chaîne attend plus de 10 millions de téléspectateurs devant les écrans à partir de 17 h 00, dimanche 29 janvier. Une audience qui à elle seule, pourrait graver les lettres de feu du sponsor dans l’esprit du grand public.

Le Palais Omnisports de Bercy accueille pour la première fois des championnats du monde de handball. En finale, les 13 500 spectateurs sont acquis à la cause des Bleus. Le match se déroule en présence du président de la République Jacques Chirac, et du Premier ministre Lionel Jospin.

En prolongation, le Réunionnais Patrick Cazal, remis de sa blessure, revient plus fort. Il marque deux fois de suite. À la mi-temps de la prolongation, c’est l’égalité parfaite 25-25. Cazal donne l’avantage aux Bleus. Et de nouveau il sert Bertrand Gille, 27-25. Les Tricolores se détachent finalement. Anquetil inscrit le dernier but. Bercy est en fusion. La France s’impose en finale face à la Suède 28 à 25.

Les "Costauds" remportent leur deuxième titre mondial. Les Français gagnent alors ce surnom. Ils étaient les Bronzés en 1992, les Barjots de 1993 à 1996, et les Costauds de 2001 à 2008.

Champion du monde 2001 et 2009, champion olympique 2008, le Foyalais possède un palmarès impressionnant. L’ex-joueur du club allemand de Madebourg compte 204 sélections 585 buts avec l’Equipe de France.

La France est devenue championne du monde pour la sixième fois de son histoire, grâce à sa victoire contre la Norvège 33 à 26 (mi-temps: 18-17) en finale du Mondial-2017 messieurs de handball, dimanche à Paris-Bercy.

Seize ans après le triomphe des «Costauds», les Bleus ont donc remporté un nouveau titre planétaire à domicile et ont amélioré le record absolu dans cette compétition après leurs succès en 1995, 2001, 2009, 2011, 2015.

Au palmarès des Mondiaux, la France devance désormais de deux longueurs la Roumanie (1961, 1964, 1970, 1974) et la Suède (1954, 1958, 1990, 1999), et s’installe un peu plus au firmament du handball.

Après avoir perdu ses titres européen et olympique en Pologne (5e) et à Rio (2e), la France a réussi à conserver sa dernière couronne, prouvant ainsi qu’elle est toujours LA référence du handball mondial.

Il s’agit de son onzième titre, puisqu’elle a aussi conquis trois trophées européens (2006, 2010, 2014) et deux médailles d’or aux JO (2008, 2012). Aucune autre nation chez les messieurs n’en compte autant.

Seules les Norvégiennes ont fait mieux en décrochant un douzième trophée lors de l’Euro suédois en décembre.

La France n’a jusqu’ici perdu que deux des treize finales internationales de son histoire, contre la Russie au Mondial-1993 et le Danemark aux JO-2016.

Nikola Karabatic (5 buts) et sa troupe ont dû puiser dans leur force mentale pour dominer une sélection norvégienne, novice à ce niveau mais valeureuse.

Au retour des vestiaires, les Bleus ont profité des pertes de balle adverses pour faire enfler le score (23-18, 36e) grâce notamment à l’efficacité des ailiers Michaël Guigou et Porte.

Sous les yeux du Président François Hollande, Nikola Karabatic et sa troupe ont poursuivi leur travail de démolition.

Sander Sagosen, le prodige nordique, a été muselé. Vincent Gérard a fait les arrêts nécessaires et l’écart n’est plus redescendu sous les trois buts. Il a même gonflé grâce à deux réalisations consécutives de Karabatic (31-23) à l’approche des cinq dernières minutes vécues comme dans un rêve par les quelque 15.600 spectateurs de Bercy qui entonnaient une «Marseillaise».

Les aléas du tournoi ont fait que, chose rarissime, les Français n’ont pas eu à croiser leurs plus grands rivaux : les Allemands, rois d’Europe, les Danois, champions olympiques 2016 à Rio de Janeiro, les Espagnols et les Croates sont tous tombés avant l’épilogue parisien.

Les hommes de Didier Dinart et Guillaume Gille - tous deux de l’aventure de 2001 - n’ont vraiment souffert qu’en quarts de finale. Dans une ambiance grandiose à Villeneuve-d’Ascq, avec 28 000 spectateurs - record dans un Championnat du monde - pour les soutenir, ils avaient bataillé ferme pour mater la rébellion suédoise (33-30).

Battre la même équipe à deux reprises est tout sauf une formalité. « Lorsqu’on domine une équipe plus tôt dans la compétition et qu’on la rejoue, souvent, le résultat s’inverse. Le perdant a envie de se venger », avertit ainsi l’arrière/ailier droit Valentin Porte.

Au retour des Jeux olympiques de Sydney où ils ont échoué en quarts de finale dans un climat délétère, les Bleus ont un énorme défi à relever : le championnat du monde 2001 organisé dans l’hexagone.

Dans le sillage des Bleus du foot 1998 qui ont remporté la Coupe du monde au Stade de France, les handballeurs français vont sacraliser le Palais Omnisports de Paris-Bercy.

« Je n’ai pas trop envie de revenir sur ce but face à l’Allemagne. C’était un tir à l’instinct… » rapporte Jackson Richardson qui permit à l’équipe de France d’arracher le match nul avant la victoire en prolongations pour rejoindre Bercy et son dernier carré.

L’Allemagne de Stefan Kretzschmar mène encore au score à une poignée de secondes du terme mais un sublime tir à la hanche de Jackson Richardson, l’icône mondiale, libère la France du handball qui triomphera le dimanche suivant dans un Bercy en fusion.

À Bercy, l’équipe de France peine à se défaire de l’Égypte qui a mis à terre la grande Russie en quarts de finale.

André Garcia qui commente avec Philippe Gardent pour France 2, en vient même à citer ses confrères de Pathé Sports : Stéphane Stoecklin est debout à l’instar des 13 500 spectateurs de Bercy-hand. Même au sommet de l’État, qui vit une période de cohabitation, Jacques Chirac et Lionel Jospin sont à l’unisson aux côtés d’André Amiel, bras levés et tout sourire.

Les Bleus de Daniel Costantini, qui vit son ultime match à la tête de la sélection, remportent les prolongations, 6 à 3 (score final 28-25).

Aujourd’hui manager général du Paris SG HB, Bruno Martini fut aussi le héros de la finale du Mondial 2001.

À 18 secondes du terme, le gardien qui a déjà été sacré champion du monde en Islande, encaisse un but de ce diable de Lovgren. « Je savais qu’il restait peu de temps mais pas précisément. Je relance puis je vois Grégory, qui était très rapide sur quelques appuis. Il fixe Vranjes et part vers l’extérieur. Il faisait souvent cela. Je suis en suspens, pour moi il n’y a plus de bruit malgré les 15000 spectateurs. Ce but, il est allé se le chercher tout seul. Sur le moment, je ne l’apprécie pas à sa juste valeur. Je reste très concentré car ce n’est pas tout à fait fini. »

« Cette finale est unique parce que tous les ingrédients sont réunis et nous avons tous nos familles dans les tribunes de Bercy. Pendant les prolongations, le soutien du public et l’intensité dramatique ont décuplé les émotions. »

Face à une équipe suédoise favorite, les Tricolores se détachent finalement pour remporter le 2e titre mondial.

Et l’ancien gardien de se souvenir des paroles de Daniel Costantini à l’amorce du 1er tour à Nantes. « C’est ma dernière compétition. J’arrête après alors ne me considérez pas comme un obstacle mais comme un soutien. Il y avait eu des remous pendant les JO et il a mis tout le monde devant leurs responsabilités. Il a cadré l’histoire du capitanat et il a pacifié le groupe.

Cette fois, l’équipe de France accueillait le Qatar en plein Paris, mais Bercy était à moitié vide. Le résultat, lui aussi, s’est inversé d’une rencontre à l’autre : victorieux 25-22 de l’improbable finale du Championnat du monde à Doha il y a un an, les Bleus se sont inclinés 28-25, samedi soir, en match de préparation à l’Euro 2016, qui se déroulera en Pologne (du 15 au 31 janvier).

La Fédération française de handball (FFHB) aurait pu s’inspirer de son homologue du Qatar qui, en janvier dernier, avait rempli les salles de son Mondial en ouvrant gratuitement leurs portes à la population locale, en invitant des supporteurs espagnols à faire la claque, ou en réquisitionnant quelques centaines de militaires, au besoin, pour boucher les trous dans les gradins.

On imagine surtout que les dirigeants du handball français aimeraient ne pas voir se reproduire le scénario de la rencontre du jour : 4 buts d’avance à la mi-temps pour les Bleus (13-9), trois de retard à l’arrivée, et une première défaite à la fois historique et anecdotique face à la drôle d’équipe multinationale du Qatar, dont l’effectif s’est enrichi de nouveaux arrivants, en provenance notamment de Croatie (Mario Tomic, Marko Bagaric) ou de Cuba (Jorge Luis Pavan Lopez).

Historique parce que c’est la première fois, en quatre confrontations, que les Bleus s’inclinent face à l’équipe représentant le petit émirat, champion d’Asie et candidat au podium aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro pour lesquels il est déjà qualifié.

Anecdotique, car l’équipe de France qu’on a vue à Bercy n’était pas l’équipe de France qu’on avait vue à Doha, ni celle qu’on verra en Pologne, et encore moins celle qui prendra l’avion pour le Brésil cet été : Daniel Narcisse n’a pas joué, Nikola Karabatic et Luc Abalo ont gambadé un gros quart d’heure, tandis que William Accambray, Xavier Barachet ou Mathieu Grébille, blessés, n’étaient pas sur le terrain, pas plus qu’ils ne seront à l’Euro.

Cette rencontre, qui a notamment vu briller Kentin Mahé (6 buts), était l’occasion de tester les minots qui devront pallier les nombreux forfaits en Pologne, et parmi lesquels l’arrière droit Nedim Remili, 20 ans et 4 buts, a sans doute obtenu son ticket pour Cracovie.

Il ne fallait pas voir dans ce match entre la France et le Qatar, dont l’équipe a été bâtie à coups de naturalisation de complaisance, une quelconque portée symbolique, assure le sélectionneur Claude Onesta : « L’idée était d’y voir plus clair sur la qualité de nos jeunes joueurs. Après, les contingences politiques ou morales… Chacun les vit comme il pense. Moi, j’aurais préféré qu’on les batte, parce que pour moi ce type de message peut être important. Mais je ne peux pas partager ce message-là avec les gens qui, peut-être, n’en ont pas conscience ou ne s’y intéressent pas. »

On a quand même senti le sélectionneur irrité par les spectaculaires manifestations de bonheur, à l’issue du match, des coéquipiers de Bertrand Roiné, le Français du Qatar : « Quand on bat une équipe de France juniors, on peut avoir un peu plus de mesure… Je leur donne rendez-vous aux Jeux, et on se souviendra de leurs cris de joie. »

En attendant les Jeux, il y a l’Euro en Pologne, où l’équipe de France, nonobstant le résultat du jour et l’avis officiel de son sélectionneur, Onesta, qui affirme que son équipe est redevenue « traditionnelle » compte tenu des nombreux forfaits, sera une candidate aussi sérieuse que le Danemark ou l’Espagne à sa propre succession.

Chez elle, dans un Paris-Bercy enflammé, l'équipe de France a battu dimanche en finale la Norvège (33-26), après une première mi-temps crispante.

L'appui d'un pays tout entier, l'euphorie d'une courte compétition, les matches joués à domicile... La réception d'un championnat du monde s'apparente à une aubaine pour le pays hôte, et souvent, à l'image du Qatar en 2015 (finaliste pour son premier Mondial), il réussit à créer une bonne dynamique.

Seulement voilà rares sont les pays qui parviennent à brandir la coupe devant leur public. Ils ne sont que cinq, au total, à avoir réussi à remporter un Mondial de handball à domicile : l'Allemagne (deux fois), la Suède, le Danemark, la France et l'Espagne.

Sur 24 mondiaux organisés, le pays hôte n'a remporté la victoire finale qu'à six reprises dans l'histoire.

Jackson Richardson faisait partie des "Costauds" français de 2001 : "Gagner à la maison, entendre 15 000 personnes chanter la Marseillaise à Bercy et soulever la Coupe devant eux, c'était un moment impressionnant, se souvient-il. Cela reste un meilleur souvenir encore que notre premier titre en 1995 en Islande où nous étions loin de chez nous et pas attendus à ce niveau.

Les Bleus accueillent pour la troisième fois de leur histoire un mondial de hand. En 1970, la première fois, ils n'avaient pas passé le tour préliminaire.

L'édition 2001, en revanche, fut un bien meilleur cru. Les "Costauds" de Costantini étaient sacrés après une victoire finale sur la Suède (28-25), à Bercy, avec notamment Daniel Narcisse et Thierry Omeyer. Le début de la domination tricolore sur le handball mondial...

Car, aujourd'hui, la France collectionne cinq titres mondiaux, plus que toute autre nation. Et pour conquérir le sixième, à la maison, il faudra lutter contre le sort historique du pays hôte.

Organisée dans 25 villes, la septième édition du Championnat du monde de handball n'a pas souri à l'équipe de France, éliminée dès le tour préliminaire à une époque où la formation, jamais titrée, n'a alors rien à voir avec la surpuissante sélection du XXIe siècle.

Les Bleus, tombés dans un groupe impossible où ils ont concédé deux revers honorables contre la Roumanie (9-12), à Paris, et l'Allemagne (12-15), à Évreux, n'ont sauvé l'honneur que contre la Suisse (15-12), à Caen.

«Quelle catastrophe cela aurait été», glissera le président de la FFHB, Nelson Paillou, qui voyait déjà le pays organisateur prendre la dernière place du tournoi.

La catastrophe surviendra en fait une semaine plus tard, quand les Bleus auront perdu l'ensemble de leurs duels dans la poule de consolation.

Battus par l'URSS (14-25), le Japon (13-22) et l'Islande (17-19), les équipiers de Jean-Pierre Etcheverry quittent la compétition par la petite porte.

Le trophée sera soulevé par les Roumains, vainqueurs de l'Allemagne de l'Est (13-12) après deux prolongations.

La compétition rassemblera au total plus de 100 000 spectateurs, dont 7000 rien que pour la finale, au Palais du Handball, un gymnase municipal situé Porte de Choisy et agrandi pour l'occasion.

Auparavant, les Championnats du monde étaient disputés selon un système de montées et de descente, avec un Mondial B et un Mondial C. «C'était cent fois moins médiatisé qu'aujourd'hui, le hand était un sport de profs de gym, se souvient Philippe Gardent, l'ancien pivot des Bleus qui a participé au Mondial B 1989, organisé dans l'Hexagone. Il était impératif pour nous de nous qualifier pour le Mondial A, qui pouvait éventuellement nous ouvrir le rêve de participer aux JO de Barcelone. Il y avait une grosse ambiance, surtout à Marseille. Lors du match décisif pour la qualification contre le Danemark (23-21), les arbitres nous ont bien respectés...»

Cinquièmes, les Bleus décrochent leur billet pour le Mondial 90 et ne cesseront plus de progresser dans la hiérarchie du hand mondial.

Thierry Omeyer et Daniel Narcisse y étaient déjà. Ils avaient 24 et 21 ans, le premier était le petit jeune chez les gardiens, l'autre découvrait le haut niveau, les deux s'annonçaient déjà comme les futurs piliers des Bleus.

C'était en 2001, l'équipe de France sortait de Jeux ratés (6es) où le sélectionneur, Daniel Costantini, «mort à Sidney», avait failli s'en aller avant de faire volte-face, estimant qu'il était «le meilleur pour les mener au bout».

Le groupe, porté par Jackson Richardson, Grégory Anquetil et Bertrand Gille, ne partait pas favori à domicile, face aux tenants du titre suédois et aux champions olympiques russes.

Costantini, qui s'apprêtait à vivre sa dernière compétition en tant que sélectionneur, n'avait d'ailleurs fixé qu'un objectif : «Entrer dans Bercy (en demi-finale). Après, tout peut arriver.»

En 2001 le handball est en plein essor en France et la ferveur populaire est immense pendant le Mondial.

Le match d'ouverture, à Nantes, donnera le ton pour la suite de la compétition. «J'ai rarement eu autant d'émotions sur une Marseillaise, se souvient le gardien Bruno Martini. C'était vraiment très fort. Ça nous a lancés dans la compétition.»

Intouchable en première semaine, épatante face à la Yougoslavie (22-20), l'équipe de France avait rempli sa mission en dominant l'Allemagne en quarts (26-23), à Albertville, après prolongation, grâce à une réalisation miraculeuse de Richardson.

«Certains buts relèvent de la beauté, d'autres de l'importance, ce sont rarement les mêmes : celui de Jackson réconcilie ces deux exigences, dira Costantini. Avant ce geste d'anthologie, j'avais presque accepté la défaite. Ce fut d'une telle intensité que j'ai pensé irrésistiblement à un opéra.»

Devant 13 500 spectateurs («Bercy n'avait jamais autant tremblé et vibré», dira le sélectionneur), les Bleus auront encore besoin de dix minutes supplémentaires pour venir à bout de la Suède en finale (28-25), portés par le duo Jérôme Fernandez (8 buts) - Patrick Cazal (6 buts).

Avec un deuxième sacre en bandoulière et une génération dorée qui s'annonçait déjà, les «Barjots» venaient de se muer en «Costauds». Ils reviendront deux fois sur le podium (2003, 2005) avant de devenir la première nation mondiale, aurolée de trois titres supplémentaires (2009, 2011, 2015).

Voici un tableau récapitulatif des titres remportés par l'équipe de France de handball :

Compétition Années
Championnats du Monde 1995, 2001, 2009, 2011, 2015, 2017
Championnats d'Europe 2006, 2010, 2014
Jeux Olympiques 2008, 2012

Le Mondial de handball à Bercy restera gravé dans les mémoires comme un moment de communion et de fierté nationale, où l'équipe de France a su hisser haut les couleurs du pays et marquer l'histoire de son sport.

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