L'AS Monaco Volley-ball, club emblématique de la Principauté qui a vu le jour en 1952, traverse une période critique. Alors que l’équipe féminine vient d’obtenir son maintien en Elite (deuxième division nationale) et qu’elle traverse les plus belles heures de son histoire, le club est plongé dans une situation dramatique, qui pourrait le conduire à disparaître dans un court avenir si aucune solution n’est trouvée rapidement.
Fondée en 1952, l’Association Sportive de Monaco de Volley-Ball est une section très active du club omnisport de la principauté. Affiliée à la ligue Côte d’Azur et à la fédération française de volley ball, l’ASMVB compte des équipes dans différentes catégories, de Poussins jusqu’aux équipes professionnelles.
Au-delà des compétitions nationales, l’ASMVB rayonne également sur la scène internationale grâce à sa division Beach-Volley et à ses athlètes qui ont décroché deux médailles d’or aux Jeux des Petits États en Andorre en 2025, venant s’ajouter aux titres prestigieux déjà remportés, comme la Coupe de France 2017 en Beach-Volley ou le sacre européen en 2019 en Écosse. Aujourd’hui, le club continue d’allier formation, performance et ambition, portant fièrement les couleurs de Monaco sur tous les terrains.
L'AS Monaco Volley conforte sa place de leader
Une saison 2024-2025 remarquable
Après une saison 2024-2025 remarquable, conclue par une brillante deuxième place au championnat de Nationale 2, l’équipe masculine de l’AS Monaco Volley entame une nouvelle étape de son développement. Ce collectif ambitieux, mêlant expérience et jeunesse formée au club, s’affirme désormais comme l’un des grands prétendants de la division.
Afin de consolider cette dynamique, le club a renforcé son effectif à l’intersaison. Plusieurs recrues de qualité viennent apporter leur expérience et leur puissance, notamment dans le secteur offensif et au bloc, tout en maintenant une forte identité monégasque grâce à la présence de joueurs issus de la formation interne. Les supporters auront l’occasion de vivre une saison intense au Gymnase du Moneghetti, où chaque match s’annonce comme un rendez-vous à ne pas manquer.
Le parcours exceptionnel de l'équipe féminine
L’équipe féminine, première équipe professionnelle féminine de la Principauté dès 2017, a retrouvé l’Élite en 2025 après un parcours exceptionnel marqué par un titre de vice-championne de France et une série de plus de 40 matchs d’invincibilité.
En mai dernier, les volleyeuses monégasques sont devenues championnes de France de Nationale 2, leur permettant une montée en Elite. « C’est une super récompense pour notre saison. Nous sommes toutes très contentes », a déclaré Caroline Revel-Chiron, capitaine de l’équipe de l’ASM Volley de Nationale 2.
Gagnantes de la compétition, les filles de Béziers auraient pu passer en Elite, mais après de longues tergiversations, principalement dues au budget qu’une telle montée implique, les dirigeants du club y ont renoncé au profit des Monégasques. « C’était une excellente nouvelle, qui a dû être validée par la fédération de volley monégasque. Autant de temps qui a repoussé notre recherche de sponsors », relate Gilles Brillant.
En battant 3 sets à 0 l'équipe de Tremblay en demi-finale et Saint-Jean d'Illac en finale, l'équipe a décroché la coupe à la maison dans un gymnase rempli !
Dimanche 27 août, les filles de l’AS Monaco Beach Volley sont devenues championnes de France de Beach Volley à Dunkerque. Au cours d’une finale durant laquelle elles affrontaient les volleyeuses de Bordeaux, elles se sont imposées 2 à 0. Il s’agit d’une victoire historique pour le club qui obtient pour la première fois cette coupe, faisant la joie de leur entraîneur, Eva Hamzaoui-Biton.

Des difficultés financières persistantes
Malgré ces succès sportifs, l'AS Monaco Volley-ball est confrontée à de graves difficultés financières. Gilles Brillant, Président de l’AS Monaco Volley-ball, a exprimé son inquiétude : « Nous avons traversé une saison épouvantable. »
Il explique que les mesures sanitaires ont contraint le club à fermer ses portes depuis octobre 2020 et à disputer ses rencontres à domicile à huis clos. « Nous avons vécu une saison blanche, sans encaisser la moindre cotisation de licences, alors que les championnats de nos équipes premières (masculine et féminine) ont continué. La crise nous a fait perdre nos sponsors et nous avons connu une baisse de nos subventions », regrette-t-il.
Déjà privé d’une large majorité de ses revenus depuis plus de deux ans et la suppression des structures de Beach-Volley sur la plage du Larvotto, « ce qui représentait la totalité ou presque de nos recettes », l’AS Monaco Volley-ball, qui comptait près de 530 licenciés à l’époque, pourrait ne pas se remettre de cette éprouvante saison.
Alors que la majorité des championnats amateurs et semi-pro des autres disciplines ont été suspendus ou définitivement arrêtés, les équipes fanions de l’AS Monaco Volley-ball ont bataillé tout au long de la saison, avec des budgets réduits et de longs déplacements à assurer, notamment pour l’équipe féminine, obligée d’écumer les quatre coins de la France en avion. Le tout avec le plus petit budget de France à ce niveau.
Il faut bien comprendre que si Eva Hamzaoui ne peut plus être entraîneuse en chef à temps plein, c’est parce qu’elle mène une double activité. La précarité? Ça va un temps, encore plus dans le monde d’aujourd’hui comme le confie la principale intéressée: "Je suis heureuse d’avoir trouvé un arrangement, car j’avais vraiment ce sentiment en moi de renoncer. J’ai des diplômes pour entraîner en pro, et durant toutes ces années, on ne m’a pas proposé un CDI. C’est dur forcément, avec une situation presque de surmenage.
« Les sports de salle ont été fermés toute l’année. Notre équipe féminine vient de se maintenir mais n’est pas sûre de poursuivre l’année prochaine. Nous sommes dans l’incertitude et rien de sérieux n’arrive. Nous avons eu beaucoup de promesses, mais aucune n’ont été tenues… »
En effet, pour la saison de Nationale 2, l’ASM Volley avait besoin d’un budget de 50 000 euros… un chiffre porté à 240 000 euros pour le parcours en Elite. Alors, cet été, le trésorier et la capitaine ont retroussé leurs manches et avec quelques articles de presse, un site de crowdfunding pour le financement des déplacements des volleyeuses (1), ils sont parvenus à réunir 170 000 euros. « Nous avons trois gros sponsors dont un principal, la société de gestion monégasque Voltylab », indique le trésorier.
Avec 440 membres, 36 équipes et 22 encadrants, l’AS Monaco Volley-ball et Beach volley poursuit son développement. Le club est aujourd’hui représenté dans toutes les catégories d’âge, filles et garçons.
Appel à l'aide et perspectives d'avenir
Malgré plusieurs appels du pied à destination du Gouvernement, l’AS Monaco Volley-ball n’est pas entendue. « Nos filles évoluent à un niveau supérieur, mais nos subventions sont bien inférieures à celles des autres disciplines, soupire Gilles Brillant. Nous sommes laissés pour compte, alors que le volley est le sport collectif le plus pratiqué dans les écoles. »
Alors qu’un rendez-vous est prévu prochainement avec le Président du Conseil National, Stéphane Valeri, pour trouver une solution rapidement, les bénévoles, eux, continuent de se battre pour trouver des partenaires. La survie de l’AS Monaco Volley-ball en dépend.
Le trésorier a bien conscience que le volley « n’est pas un sport très spectaculaire, tout le monde ne le pratique pas forcément, mais il véhicule de très belles valeurs : c’est un pur sport collectif, il est impossible de faire des échanges seuls. »
En attendant d’avoir un budget bouclé, les filles disputeront quant à elles leur premier match en Elite contre les volleyeuses de Terville (Moselle) le 23 septembre. « On a hâte de voir ce que vaut le groupe qui est nouveau, de voir s’il est à l’aise, explique la capitaine de l’équipe. Ce ne sera pas forcément facile car Terville est une équipe qui descend et qui est en lice pour la Pro A. C’est un match important pour nous. »
L’équipe de l’ASM Volley rencontrera prochainement trois grosses équipes. « Nous sommes dans une poule un peu compliquée, avec une équipe de France jeune engagée, précise Gilles Brillant. Elles seront qualifiées quoi qu’il arrive pour les play-off.
| Saison | Division | Budget | Nombre de licenciés |
|---|---|---|---|
| Nationale 2 | 50 000 € | Non disponible | |
| Elite | 240 000 € | Non disponible |