Le PSG et l'héritage de Michel Platini : Entre ambitions et fair-play financier

Depuis le rachat du PSG par un fonds d’investissement qatari, la donne a complètement changé. Actuel leader de Ligue 1, la nouvelle machine parisienne semble très bien huilée. Avec 29 points en 12 journées, le PSG réalise un excellent début de saison. Pas question donc de la jouer modeste : "vu notre classement actuel, ce serait un échec si le PSG n’est pas champion".

Michel Platini et Nasser Al-Khelaifi en 2015. Crédit: Getty Images

Dans un entretien qu’il a accordé conjointement au Parisen et à L’Equipe, le nouveau président du club, Nasser al-Khelaïfi, a tenu à faire le point après trois premiers mois plutôt convaincants. Mais Nasser al-Khelaïfi garde quand même en vue une possible baisse de régime de son club : "le chemin est encore long. L’objectif reste une qualification pour la Ligue des champions".

Depuis de nombreuses semaines, la rumeur sur l’éventuelle venue de David Beckham au PSG enfle. Le président qatari ne pouvait donc pas éviter le sujet. Il a répondu avec prudence : "il respecte son contrat avec les Los Angeles Galaxy. Rien ne se passe en ce moment. Il y a des discussions mais rien n’est conclu". Si certaines personnalités du foot comme Michel Platini ont mis quelques réserves sur ce transfert, Nasser al-Khelaïfi, lui, reste convaincu des bénéfices que pourrait en retirer le PSG : "David Beckham, ça dépasse le sport. C’est un ambassadeur, c’est une marque et un exemple pour les autres.

Depuis le début de la saison, le Parc des Princes affiche complet quasiment à chaque match. Il y a 15 jours, 44.000 spectateurs ont assisté à PSG-Dijon. Des chiffres qui plaisent énormément aux nouveaux dirigeants : "je me félicite de ces bons résultats. On veut le meilleur pour le PSG et, le meilleur, c’est une ambiance familiale, saine et sportive", a expliqué le président du club, coupant ainsi court aux possibles retours des supporters des tribunes de Boulogne et Auteuil. Le stade va être prochainement rénové mais pas question de quitter le Parc définitivement : "le Parc des Princes a toujours été et restera la maison du PSG.

Après avoir dépensé un peu plus de 80 millions d’euros lors du dernier mercato pour constituer la nouvelle équipe parisienne, les dirigeants veulent lever un peu le pied. "Nous n’envisageons pas de recruter cet hiver". Et de réaffirmer avec fermeté : "il y a des limites. On n’est pas là pour jeter l’argent par les fenêtres.

Le Paris SG a affiché ses ambitions gigantesques en signant les deux plus gros transferts de l'été, ceux du Brésilien Neymar et de Kylian Mbappé, pour in fine plus de 400 millions d'euros. La triplette de rêve, qui pourrait être alignée pour la première fois sur la pelouse de Metz en championnat le 8 septembre (20h45), a un prix.

Le PSG, déjà sanctionné en 2014 à cause d'un contrat avec l'office du tourisme du Qatar jugé surévalué par l'UEFA, risque donc d'avoir un budget très déséquilibré à présenter à l'UEFA à l'automne prochain. Le PSG, qui a quand même tenté de dégraisser un peu en transférant Blaise Matuidi (Juventus Turin) et Serge Aurier (Tottenham) et en prêtant Grzegorz Krychowiak (West Brom) et Jese Rodriguez (Stoke City), n'a pas été étouffé sous les marques de soutien après ce retentissant mercato.

"L'UEFA doit enquêter là-dessus et sanctionner", a tempêté le manager de Mönchengladbach Max Eberl. "Il est possible qu'un sponsor compense un déficit de 30 millions, mais avec les sommes dont on parle à Paris, il y a une prise d'influence d'un tiers, et c'est interdit", a-t-il lâché sur Sky. "Je trouve ça pathétique et vulgaire de voir les chiffres atteints pour un joueur de football, a de son côté tonné Aurelio De Laurentiis, président de Naples. En attendant, le PSG dispose d'un peu de temps pour renégocier certains contrats de sponsoring et ainsi dégager de nouvelles ressources financières.

En 2010, alors qu’il est président de l’UEFA, Michel Platini pèse de tout son poids pour faire adopter le FPF, interdisant notamment à un club engagé en compétition européenne de dépenser plus que ce qu'il ne gagne en propre. Avec un arsenal de sanctions appropriées. Neuf ans après, le fair-play financier n’est pas tout à fait mort mais n’a pas réussi à réintroduire de l’égalité entre les clubs. Les gros sont encore plus gros et les nouveaux riches ont, petit à petit, intégré le gotha européen.

Ce qui laisse un goût amer à Platini : "L'argent tue une philosophie du football, a-t-il avancé sur France Info. Aujourd'hui, vous achetez tous les meilleurs joueurs et vous gagnez. Tout est basé sur la richesse".

Et Platini de prendre en exemple le Paris Saint-Germain. "Le président est qatari (Nasser al-Khelaïfi), le directeur (sportif) est brésilien (Leonardo), l'entraîneur est allemand (Thomas Tuchel), il y a un Français dans l'équipe (NDLR : huit en réalité), a-t-il exposé. Pourquoi ça s'appelle le Paris-Saint-Germain ? Parce qu'il y a 40 000 personnes, une grande population qui aime son club, d'accord. Mais bon, ça pourrait s'appeler Coca-Cola ou autre chose".

Pour lutter contre cette concentration de pouvoir entre les mains d’une poignée de clubs, l’ancien patron de l’UEFA a remis sur le devant de la scène une proposition de quotas dans les clubs européens, fixant ainsi un nombre limite de joueurs étrangers par club.

C'est en 2011 que le PSG est entré dans une nouvelle ère. En effet, il y a 14 ans de cela, le club de la capitale était alors vendu au Qatar, qui en a fait aujourd'hui l'une des plus grandes équipes du monde. Mais voilà que ce rachat du PSG par un état était loin de faire l'unanimité.

Lors d'un dîner organisé à l'Elysée par Nicolas Sarkozy en 2010, ce sont beaucoup de choses qui se sont alors jouées. En effet, c'est à ce moment que l'attribution de la Coupe du monde 2022 aurait penché en faveur du Qatar avec un piège tendu à Michel Platini.

Pas très chaud à l'idée d'attribuer le Mondial 2022 au Qatar, Michel Platini n'était également pas le plus emballé à l'idée de vendre le PSG au pays du Moyen-Orient. Malgré tout, la vente du PSG au Qatar a eu lieu.

Ayant vendu le club de la capitale en 2011, Sébastien Bazin estime que c'était le meilleur choix possible : « Je savais qu'avec le Qatar, le PSG était entre de bonnes mains.

Il fête ses 70 ans et, fidèle à sa réputation, Michel Platini n'a rien perdu de son franc-parler. Dans une rare interview accordée au quotidien italien La Stampa, l'ancien numéro 10 des Bleus et ex-président de l'UEFA est revenu sur sa carrière, ses regrets, mais a surtout livré une analyse au vitriol du football moderne. Et un club français en particulier semble cristalliser ses critiques : le Paris Saint-Germain et son modèle économique basé sur les pétrodollars qataris. Une pique à peine déguisée qui résonne étrangement au vu de son propre passé et des liens controversés qu'il a entretenus avec l'émirat.

Interrogé sur les évolutions du jeu, Platini lâche une phrase qui sonne comme un réquisitoire : "L'arrêt Bosman a tué la philosophie du football : aujourd'hui, pour gagner, il faut de l'argent." Et pour illustrer son propos, il ne cherche pas bien loin : "Regardez simplement comment les histoires de clubs comme le PSG et Manchester City ont changé." Une allusion directe aux investissements massifs qui ont transformé ces clubs en puissances européennes.

Pour Platini, la conclusion est claire : sans l'argent venu d'ailleurs, le succès n'aurait pas été au rendez-vous. Une analyse factuelle pour certains, mais qui sonne comme un manque d'élégance envers un club de son propre pays, surtout venant de quelqu'un dont le rôle dans l'attribution du Mondial 2022 au Qatar reste au cœur de nombreuses interrogations.

Il faut reconnaître à Platini une certaine constance. Durant ses mandats à l'UEFA, il a souvent défendu les "petits" clubs et cherché à limiter l'hégémonie financière. Sa critique actuelle s'inscrit donc dans cette lignée. Cependant, difficile de ne pas relever l'ironie de la situation.

Le fameux déjeuner à l'Élysée en 2010 avec Nicolas Sarkozy et l'actuel émir du Qatar, neuf jours avant le vote pour le Mondial 2022, suivi du rachat du PSG par QSI et de l'embauche de son fils Laurent par une filiale qatarie, a laissé des traces. Bien qu'acquitté dans ses procès suisses (sans lien direct avec le Qatar), ces "coïncidences" auraient pu l'inciter à plus de retenue.

Car l'amertume est palpable chez l'ancien meneur de jeu. Concernant ses démêlés judiciaires avec la FIFA, il déclare : "Je suis sorti blanchi, mais mes ennemis ont quand même gagné. Quoi qu'il en soit, ils m'ont volé dix ans." Une blessure encore vive qui explique peut-être une partie de sa désillusion envers les instances et le football actuel. Il n'envisage d'ailleurs pas de nouveaux rôles : "C'est comme ça, mais je vais bien comme je suis."

En ciblant le PSG et Manchester City, Michel Platini pointe une réalité indéniable du football moderne : l'importance croissante du pouvoir financier. Mais cette sortie, à l'occasion de son 70ème anniversaire, est à double tranchant. Si elle réaffirme ses convictions passées, elle ravive aussi le souvenir des zones d'ombre qui ont marqué la fin de sa carrière de dirigeant.

27 avril 1982, l’équipe de France de football est reçue à la mairie de Paris. Tout le gratin du football français est là. Président du PSG et amoureux du bitume de Paname, Francis Borelli a traîné sa sacoche au cœur de l’hôtel de ville. Il n’a qu’une idée en tête : convaincre Michel Platini de signer au Paris Saint-Germain.

Les deux hommes échangent brièvement autour de cette hypothèse, mais le président aux chemises roses ne va pas plus loin. Ce n’est pas le lieu, ni le moment. Le soir-même, Francis Borelli va entamer une correspondance avec le numéro 10 de l’équipe de France. Une feuille blanche, un stylo et des mots d’amour.

L’objet est annoncé très vite dans la lettre. Il flagorne. Avec sensibilité, tendresse et passion. « Cher Monsieur Platini, ce que je vous propose, c’est d’entrer plus encore dans l’histoire de notre sport en devenant le bâtisseur d’un destin qui nous est promis.(…)Je n’ai pas de gêne à vous dire publiquement que nous avons besoin de vous et à vous déclarer avec une amicale solennité, combien me semble taillé à votre mesure le rôle qui vous est ici dévolu. »

La lettre est longue, tenace, emplie d’amour. Elle se termine par un simple « Cher Monsieur Platini, devenez parisien » . Le geste est aussi sincère que rare. Signe d’un président supporter d’un autre temps.

Ironie du sort, le jour où Borelli écrit cette lettre, la France joue en amical contre le Pérou au Parc des Princes. Dans les tribunes, Giovanni Boniperti, le président de la Juventus Turin, s’amourache du petit Français. Les Turinois préparent la succession du vieillard Liam Brady, et Platoche a le profil idoine.

Platini hésite un instant. Arsenal est également en train de lui formuler une offre. Au vrai, Platoche n’hésite pas longtemps. Le 30 avril, Michel Platini s’envole donc pour Turin où un contrat de deux ans, avec un salaire de 2 millions de francs par an, l’attend. Il dit non au PSG et à Francis Borelli. Il dit surtout non à la France et à ses stades.

L’histoire raconte que le meilleur joueur français des années 80 a quitté la France pour une histoire de femme. Et pas n’importe laquelle, la sienne. Marié depuis le 21 décembre 1977 avec Christèle Bigoni - dont l’union sera rapportée dans de nombreux canards de France - Platini voit son couple mis à mal à Saint-Étienne. La bonne ambiance se répercute dans tous les stades de France où, dorénavant, Platini est sifflé et moqué.

À Bastia, personne n’a oublié ce match où tout le stade scandait : « Co-cu, co-cu, co-cu… » à chaque prise de balle de Platini. C’est définitif, en dépit de l’affection du président Borelli, le joueur doit quitter la France. Hasard ou pas, son dernier match se déroulera au Parc des Princes, face au PSG.

En ce 17 mai, Platini veut sortir par la grande porte par une victoire en Coupe de France. Comme avec Nancy, en 1978, il joue avant-centre et marque les deux buts de son équipe. Mais ça ne suffira pas. Le PSG égalise au bout de la prolongation par Rocheteau et l’emporte aux tirs au but. Pendant que Platini est consterné sur la pelouse du Parc, Francis Borelli embrasse cette dernière… Il ne verra jamais son numéro 10, mais le PSG aura quand même son Platini. En 2006, Laurent, le fils de Michel et Christèle, deviendra juriste pour le club de la capitale.

Selon le journal britannique The Telegraph, le PSG pourrait faire partie de la petite vingtaine de clubs susceptibles d'être sanctionnés pour non respect des règles du fair-play financier. Paris pourrait ainsi être interdit de recrutement l'été prochain. Retour en 5 points sur toute cette affaire.

Les premières sanctions concernant les nouvelles règles de fair-play financier mises en place par l'UEFA depuis cette saison devraient bientôt tomber. De nombreux clubs dont le Paris Saint-Germain verront ainsi leur sort fixé d'ici fin avril. Paris joue gros, et risque une non-qualification en Ligue des champions, voire une interdiction de recrutement pour le mercato estival.

Qu'est-ce que le fair-play financier ?

Le fair-play financier constitue l'un des piliers du programme de Michel Platini lorsqu'il accède à la présidence de l'UEFA en 2007, et il finit par réussir à mettre cette grande mesure en place lors de son second mandat débuté en 2011. L'idée est simple : empêcher les clubs de football de continuer de s'endetter en dépensant plus qu'ils ne génèrent de revenus.

De manière concrète, les clubs ne doivent pas enregistrer des pertes de plus de 45 millions d'euros durant les trois saisons de 2011 à 2014, au risque d'être sanctionnés. L'idée de ce vaste projet est de "garantir la stabilité du football à long terme", dans un milieu où les dettes des clubs atteignent des sommes astronomiques à cause du manque de régulation qui a encadré l'apparition du foot-business.

Michel Platini et le Fair Play Financier. Crédit: Eurosport

Michel Platini considère ces règles du fair-play financier comme "vitales pour l'avenir du football".

Au-delà des dépenses faramineuses mises en oeuvre par les dirigeants parisiens depuis l'arrivée de QSI à la tête du club, ce sont surtout les contrats de sponsoring engagés par le PSG qui sont passés au crible de l'ICFC (Instance de contrôle financier des clubs). De la même manière que Manchester City, Paris est mis en cause pour un partenariat avec QTA, l'office de tourisme du Qatar.

Ce contrat, qui s'élève à 200 millions d'euros, est destiné à permettre au club de la capitale de remplir les conditions financières exigées par l'UEFA. Petit problème : "si le propriétaire d’un club injecte de l’argent par le biais d’un contrat de sponsoring avec une société avec laquelle il a des liens, les instances compétentes de l’UEFA étudieront ce cas", a expliqué un responsable de l'instance de représentation européenne dans L'Equipe.

En clair : l'office de tourisme du Qatar étant directement liée à QSI, les propriétaires du PSG, il y a conflit d'intérêts et le contrat risque d'être seulement considéré comme un leurre destiné à aveugler les organes de régulation. Dans ce cas, les 200 millions d'euros ne seront pas pris en compte, et Paris sera largement déficitaire, donc sanctionnable...

Les sanctions prévues par l'UEFA sont nombreuses et varient en fonction de l'importance des dépenses. Elles peuvent aller d'une simple mise en garde, d'un retrait de points en championnat ou d'une amende à une interdiction de recrutement ou une non participation à la prochaine Ligue des Champions.

Vu les sommes en jeu, le PSG et plusieurs autres clubs (Manchester City notamment, mais aussi Monaco) risquent gros. D'après les dernières informations du Telegraph, la sanction la plus crédible actuellement serait une interdiction de participer au prochain mercato estival. Si jusque-là on pensait de telles peines impossibles pour les plus grands clubs, depuis que le FC Barcelone a été sanctionné, tout est envisageable.

Si jamais le club se voyait privé de mercato ou de compétition européenne, les dirigeants parisiens auraient plusieurs recours possibles. En passant d'autres contrats de sponsoring sans lien avec QSI et la Qatar (ce qui semble quand même compliqué), Paris aurait la possibilité de couvrir ses pertes.

Cette année, le PSG a ainsi réussi à augmenter ses accords avec Nike et Emirates, et a en signer un nouveau avec l'entreprise de téléphonie chinoise Huawei. Mais la solution la plus simple serait dans un premier temps de faire appel devant le TAS, le Tribunal arbitral du sport. Il y a quelques années, Chelsea s'était fait sanctionner pour des raisons similaires, avant de réussir à annuler la peine.

L'affaire pourrait également se régler grâce à un accord à l'amiable avec l'UEFA. Le problème de cette possibilité, c'est que pour que cet accord soit joint d'un "moratoire" sur les sanctions (qui bloquerait donc les interdictions de recrutement ou de participation à la C1), Paris devra revoir la valeur du sponsoring de QTA à la baisse, et verra donc sa masse salariale plafonnée lors des compétitions européennes.

En résumé : le PSG risque de se retrouver avec un budget largement inférieur aux 480 millions d'euros dont le club dispose aujourd'hui, ce qui l'obligerait à revoir ses ambitions à la baisse et mettre de côté certains projets comme le futur Parc des Princes ou un nouveau centre d'entraînement.

S'il est vrai que le PSG prendrait un véritable coup de massue en cas d'interdiction de recrutement, le club pourrait tenter d'en tirer de maigres avantages. Paris serait dans l'obligation de se reconstruire sans miser sur le mercato, dont il est le principal acteur depuis deux ans.

Mais l'équipe a réussi à trouver une stabilité qu'elle n'avait pas avant, et possède un effectif suffisant pour rivaliser avec les meilleurs, même sans recruter de nouveaux éléments. De plus, cette interdiction pourrait faire les affaires de Laurent Blanc, qui hésite encore à prolonger son contrat. L'entraîneur français aurait ainsi la possibilité de construire un vrai projet d'avenir, basé sur la continuité, avec plus de marge de manœuvre et moins de pression.

Enfin, les jeunes joueurs et le centre de formation parisien pourraient en bénéficier. Si le PSG se retrouvait dans l'impossibilité de recruter, des talents tels qu'Ogenda ou Rabiot gagneront du temps de jeu. Mais il faut se rendre à l'évidence, bien que le président du club Nasser El Khelaifi s'est dit peu inquiet au micro de RMC, si le PSG venait à être sanctionné par l'UEFA, il sera compliqué de tirer du positif d'une telle situation...

Le président du Paris SG Nasser El Khelaïfi n'entend pas déroger aux règles du fair-play financier, défendu fermement par Michel Platini, Président de l'UEFA, et qui sera très prochainement mis en application dans tous les championnats européens.

"Nous ne reviendrons jamais en arrière, PSG ou pas PSG "avait déclaré Platini en conférence de presse. S'exprimant sur la question du fair-play financier, le président de l'UEFA, s'est montré ferme, rappelant implicitement à l'ordre les clubs qui dépensent plus qu'ils ne gagnent et qui risquent gros à partir de 2014-15.

Les premières sanctions pourraient tomber à ce moment là, avec un panel large allant du simple avertissement jusqu'à l'exclusion, par exemple, de l'épreuve reine des clubs en Europe, la Ligue des champions. Autant dire que les clubs ambitieux tueraient en quelque sorte la poule aux oeufs d'or.

Le fair-play financier (FPF) a pour but d'éviter que la majorité des clubs européens --le Bayern Munich qui fait des bénéfices est un contre-exemple-- ne creusent leurs déficits abyssaux (1,7 milliard d'euros de pertes en 2011 pour les clubs européens).

Mais le Paris SG des Qataris, richissime, n'échappe pas à la règle: au nom de l'équité, un autre volet du FPF, ses revenus doivent couvrir ses dépenses. Sur les trois dernières périodes de transferts (été 2011, hiver 2012, été 2012), le Paris SG a dépensé environ 260 millions d'euros !

"Le nom du PSG en fait peut-être partie...Celui qui ne respectera pas le fair-play financier aura des problèmes, que ce soit un club français, anglais, géorgien, tout le monde sait où on va", a encore martelé l'ancien capitaine des Bleus.

"Au PSG, ils savent tout ça, au début du projet, des représentants du club ont travaillé sur la question. C'est à eux maintenant, dirigeants du PSG, de se montrer créatifs,, la philosophie n'est pas d'assassiner les clubs mais de les aideré a précisé Michel Platini. "Construire un nouveau stade par exemple", rebondit plutôt Platini .Car le FPF est plus souple pour les clubs qui investissent dans les infrastructures en propre.

"Avant, quand les clubs italiens achetaient des joueurs, le fair-play financier, ça ne les intéressait pas en Italie, maintenant les clubs français achètent en Italie (Ibrahimovic et Thiago Silva, notamment, passant de l'AC Milan au PSG) alors les Italiens sont intéressés, et maintenant en France ils n'en parlent plus, ça ne les intéresse plus le fair-play financier", a enfin ironisé le patron de l'UEFA.

Effectivement, en changeant de dimension européenne, un club peut aussi changer de conviction sur le sujet. Et en filigrane Michel Platini a adressé un avertissement aux clubs de "nouveaux riches" qui voudraient contourner la loi.

Nasser El Khelaïfi a donc réagi calmement en affirmant que le PSG était prêt à adopter les nouvelles dispositions. "Nous respecterons les règles. J'ai parlé avec Michel Platini, et il a compris le message de notre stratégie.Il a dit qu'il fallait être créatif. Et bien, nous sommes optimistes et confiants que nous n'aurons pas de problèmes. Nous avons des idées" a indiqué le président parisien qui n'a pas voulu développer ces idées mais se veut constructif pour l'avenir.

Notamment sur la possibilité de construire un nouveau stade. "C'est l'une des solutions absolument. C'est une source de revenus très importante. Arsenal en est le meilleur exemple." précise le président parisien même si pour l'instant le PSG n'a prévu qu'une rénovation pour le Parc des Princes.

"On prépare le Parc pour 2016. Après, nous essaierons d'arriver à 60.000 places. Ce n'est pas simple. Jean-Claude Blanc y travaille nuit et jour. Je lui fais confiance, il trouvera une solution.".

Les actionnaires qataris et la direction du club vont sans nul initier des projets et modifier leur approche en matière d'investissement pour répondre aux exigences du futur fair-play financier. Mais tout cela évidemment s'appuiera sur une solidité sportive et des résultats. C'est le premier chantier pour le PSG.

Comme beaucoup, le patron de l’UEFA est excédé par l’indécence du Real Madrid sur le marché des transferts. Michel Platini promet une solution pour bientôt.

Comme il l’a régulièrement répété, Michel Platini planche sur la création d’une instance de contrôle des finances des clubs européens. Sur ce dossier, les dernières folies du Real Madrid permettent actuellement au président de l’UEFA d’avoir le vent en poupe, tant la multiplication des achats de joueurs hors de prix par un club endetté de plusieurs centaines de millions d’euros laisse perplexe.

« Beaucoup de dettes et de pertes sont occasionnées par les équipes qui gagnent, donc il y a un problème d'éthique. A part le FC Barcelone, champion d'Europe qui a fait des bénéfices sur la saison écoulée, tous les autres clubs sont dans le rouge, et un rouge très rouge. Il y a une volonté très forte de travailler avec les clubs ; d'ailleurs, tous les propriétaires nous demandent de faire un règlement international, parce que détenir un club coûte très cher.

Fair Play financier: le PSG et Manchester City épinglés par l'UEFA. Crédit: Onze Mondial

Fair-play financier: la décision concernant le Paris-SG va être réexaminée par l'UEFA

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