L'Ascension des Florida Panthers : Une Dynastie du Hockey sur Glace à Miami

Aussi étonnant que cela puisse paraître, la Floride est devenue une terre de hockey sur glace nord-américain. L'équipe des Panthers a remporté la finale de la Ligue nationale (NHL) et conservé la prestigieuse Coupe Stanley en battant les Edmonton Oilers. Comme l'année précédente, c'est à domicile, devant son public, que la franchise établie à Sunrise, au nord de Miami, a enlevé cette série finale. Miami, avec son soleil, ses plages, est désormais aussi connue pour son équipe de hockey sur glace.

Pour la troisième année de suite, les Panthers ont joué la finale NHL et ont tenté de conserver le titre acquis l'an passé... face aux Oilers. Il y a dix ans, une telle réussite était impensable. Créée en 1993, finaliste dès 1996, puis rarement en play-offs, la franchise n'arrivait pas à remplir son arena à Sunrise, à une heure de route du centre-ville, et était financièrement dans le rouge. Tout a changé avec les arrivées du propriétaire Vincent Viola en 2013 et du directeur général Matt Caldwell en 2016.

Les deux hommes ne se sont pas fatigués à séduire les fans des Dolphins (NFL), Marlins (MLB) et Heat (NBA), ni les amateurs des plages et de la vie nocturne. Ils ont fait découvrir le hockey aux jeunes, qui quelques années après sont venus garnir les tribunes. Ils ont aussi profité que des équipes historiques (Montréal, Boston, Detroit, Toronto) évoluaient dans la même division et avaient des fans en Floride.

L'équipe a ainsi confié en octobre qu'elle n'était désormais plus très loin de remplir son arena et que ses partenariats commerciaux avaient augmenté de 123 % entre 2022 et 2024. Sur la glace, les Panthers n'ont plus manqué les play-offs depuis 2020. Deux ans plus tard, ils ont néanmoins vécu une de leurs plus grandes déceptions. Les félins ont terminé en tête de la saison régulière mais ont chuté au 2e tour des play-offs contre Tampa Bay en quatre matches et avec trois buts marqués. Douche glacée sous le soleil de Floride.

Un Doublé Historique et une Domination Confirmée

Les Panthers ont, en effet, démontré toute leur science du jeu et leur confiance en prenant largement le dessus sur leurs adversaires lors des deux derniers matchs, alors que la série était à égalité, deux victoires partout. Ils ont remporté onze de leurs douze séries en playoffs depuis l’arrivée, en 2022, de l’expérimenté entraîneur canadien Paul Maurice et le transfert de l’attaquant américain Matthew Tkachuk.

L’Etat de Floride aime décidément les doublés puisque le Tampa Bay Lightning - éliminé au premier tour par les Panthers cette année - avait réalisé une performance identique en 2020 et en 2021.

« C’est aussi bon que le premier [titre] », a déclaré Sam Reinhart. « Nous avons tiré des leçons. Nous avons maintenu le cap, le pied sur la pédale, et le résultat parle de lui-même », ajoute l’attaquant, dont l’équipe disputait sa troisième finale d’affilée, dont une défaite, en 2023, contre les Vegas Golden Knights.

« Nous devons être une dynastie maintenant », a déclaré celui qui a marqué, mardi, son huitième but des playoffs. « Trois finales consécutives, deux championnats. C’est un groupe spécial », s’est réjoui le toujours hargneux - voire vicieux - numéro 19 floridien.

En plus du noyau dur composé de tous ces joueurs précités et de l’élégant capitaine Alexander Barkov, l’équipe a bénéficié, cette saison, des arrivées-clés, à la date limite des transferts, du défenseur Seth Jones et de Brad Marchand, vainqueur de la Coupe Stanley avec les Boston Bruins, en 2011.

« C’est un sentiment indescriptible », a déclaré le Canadien, auteur de neuf buts en playoffs, dont six lors des finales. « Voir la famille et tous ceux qui m’ont soutenu et aidé à arriver jusqu’ici, les mots me manquent pour exprimer à quel point c’est formidable. Un groupe incroyable », a ajouté l’attaquant de poche.

Sam Reinhart : Un Quadruplé Historique

L’attaquant Sam Reinhart a signé un quadruplé - dont deux buts en cage vide en fin de rencontre quand les Oilers jouaient leur va-tout - pour offrir un large succès 5 buts à 1 à son équipe, qui remporte la finale 4 victoires à 2. Il devient le sixième joueur de l’histoire de la ligue et le premier, depuis Maurice Richard en 1957, à en inscrire autant lors d’un match de finale.

Grâce à ses quatre buts du soir, Sam Reinhart en totalise sept lors de la série finale. Il n’est que le quatrième joueur à atteindre un tel total après les légendes Jean Beliveau en 1956, Mike Bossy en 1982 et Wayne Gretzky en 1985.

Sam Bennett a remporté le trophée Conn Smythe, remis au joueur le plus performant des playoffs, grâce notamment à ses 15 buts, dont 13 à l’extérieur.

Sergei Bobrovsky : Un Gardien Impérial

Le gardien russe des Panthers, le solide Sergei Bobrovsky, a réalisé 28 arrêts et n’a cédé qu’en fin de rencontre alors que le suspense était éteint depuis longtemps. Sergei Bobrovsky, le gardien de but russe, arrivé en 2019, avait été élu meilleur gardien de la saison avec Columbus en 2013 et 2017. Il a été sélectionné au All Star Game cette saison.

La défense est tenue par le Suédois Gustav Forsling et Aaron Ekblad. Enfin, l'attaque ne sait plus où donner de la tête, avec Sam Reinhart (57 buts en saison régulière), l'Américain Matthew Tkachuk et le Finlandais Aleksander Barkov. Avec 22 points marqués chacun, ces deux derniers ont été décisifs en play-offs, tout comme Carter Verhaeghe, auteur de 11 buts en phase finale.

NHL Highlights | Devils vs. Panthers - November 20, 2025

La Désillusion de Connor McDavid et des Oilers

De leur côté, les Edmonton Oilers, malgré leur star et meilleur joueur du monde, Connor McDavid, échouent de nouveau en finale. Emmenés aussi par leur prolifique attaquant allemand Leon Draisaitl - meilleur pointeur des playoffs à égalité avec McDavid avec 33 points -, ils ont encore montré de graves faiblesses défensives, leur talon d’Achille depuis de nombreuses saisons.

« Nous avons perdu contre une très bonne équipe », a déclaré McDavid. « Personne n’a abandonné, personne n’a baissé les bras, mais [Florida] est une sacrée équipe. Ce n’est pas pour rien qu’ils ont remporté la Coupe Stanley deux fois de suite », a admis le capitaine des Oilers.

A 28 ans, Connor McDavid doit sérieusement se demander si la franchise de l’Alberta sera capable un jour de lui offrir les moyens de décrocher un titre, à hauteur de son immense talent. Les Oilers n’ont plus soulevé le trophée depuis 1990. Aucune équipe canadienne n’a d’ailleurs remporté la Coupe Stanley depuis les Canadiens de Montréal, en 1993.

Edmonton et sa star Connor McDavid voudront toutefois briser cette belle mécanique. Ils ont des manques à combler : Edmonton n'a plus été champion depuis 1990 et le Canada, pays du hockey sur glace, attend un titre depuis 1993.

La Coupe Stanley, trophée ultime de la NHL.

Miami, une Ville de Champions

Avec la victoire des Florida Panthers, Miami est devenu la 10e ville des États-Unis à avoir gagné le titre de champion dans les quatre ligues majeures des sports US (NFL, MLB, NBA et NHL), après New York, Philadelphie, Detroit, Chicago, Boston, Los Angeles, St. Louis, Washington et Dallas. Au Canada, Toronto a été champion MLB, NBA et NHL et a plusieurs fois remporté la CFL, le championnat de football américain.

Les Grands Noms du Passé des Panthers

  • Roberto Luongo, le gardien de but québécois, est connu pour ses années à Vancouver où il fut finaliste de la NHL en 2011. Mais, avant et après son passage au Canada, il garda la cage des Panthers et est le meilleur gardien de l'histoire de Florida avec 247 victoires.
  • Jonathan Huberdeau, lui aussi natif de la Belle Province, joua dix ans à Miami (meilleur débutant de la saison en 2013 et 115 points en 2022). Il s'est perdu depuis à Calgary.
  • Également gardien de but, l'Américain John Vanbiesbrouck guida les Panthers vers la finale en 1996.
  • Pavel Bure, le « Russian Rocket », un des meilleurs attaquants de sa génération, joua trois ans et demi à Florida et fut meilleur buteur de NHL en 2000 et 2001.

Une Équipe Remodelée Après la Déception de 2022

Les Panthers ont alors décidé de changer de visage. Le manager général Bill Zito a tenté un coup de poker en échangeant à Calgary Jonathan Huberdeau, son meilleur attaquant, contre Matthew Tkachuk, joueur talentueux mais très physique comme on a pu le voir au récent Four Nations. D'une attaque de haut vol, les Panthers sont devenus une équipe qui jouait surtout le « forecheck » (jeu de couverture défensive surtout utilisé en zone offensive) et pratiquait un hockey robuste, sous la direction de l'entraîneur Paul Maurice.

Les nouveaux joueurs devaient être humbles pour adhérer au système de jeu. Ils étaient choisis pour leurs performances et leur caractère. Cette alchimie a mis du temps à prendre. Brad Marchand a rejoint les Panthers en cours de saison.

En 2022-2023, Florida a longtemps été éloigné des play-offs avant de s'offrir au premier tour Boston qui venait de réaliser la meilleure saison régulière de l'histoire de la NHL. L'adresse des Panthers mais aussi leur hargne et leur impertinence ont fait déjouer l'adversaire.

« Il y a ce petit côté, je ne sais pas si ''méchanceté'' est le mot juste, ce style de jeu agressif, a déclaré James Van Riemsdyk, ancien attaquant de Boston, à ESPN. Florida est agressif et instinctif. Combiné au niveau de patinage et au sens du hockey des gars, c'est la combinaison-clé du groupe. »

J. Tkachuk, Verhaeghe, Bennett, toutes griffes dehors

Matthew Tkachuk, Carter Verhaeghe et Sam Bennett forment un redoutable trio offensif. Le premier sait garder le palet et ralentir le jeu, quand le deuxième est davantage dans la vitesse et le troisième un mélange des deux. Certains ont pensé surnommer cette ligne d'attaque « l'Immunity Line », en référence à la façon dont ils parviennent à échapper à la discipline de la NHL tout en jouant à la limite.

Verhaeghe peut aussi jouer avec Aleksander Barkov, le capitaine, chez les Panthers depuis 2013, et le buteur Sam Reinhart.

En cours de saison, les Panthers ont recruté Brad Marchand, star de Boston, dur et provocateur. Son adaptation en Floride s'est bien passée.

Les joueurs de Miami savent qu'ils sont des « bad boys », peu appréciés en dehors de chez eux, mais s'en fichent. « On est une famille », a lancé Matthew Tkachuk sur ESPN. Au sujet de ce dernier, Paul Maurice a dit : « Je le détestais quand j'étais à Winnipeg. Puis je le rencontre et me dis : ''C'est un être humain formidable'' ».

Matthew Tkachuk, un joueur clé des Florida Panthers.

Palmarès de la Coupe Stanley

La Coupe Stanley, le trophée ultime de la Ligue nationale de hockey, est disputée chaque année depuis la saison 1926-1927 uniquement par les équipes de la NHL. Le nom de chaque vainqueur est gravé sur la Coupe Stanley, ce qui en fait un trophée vivant et unique. Plusieurs équipes mythiques se distinguent au palmarès de la Coupe Stanley.

Voici un aperçu des équipes les plus titrées :

Équipe Nombre de Coupes Stanley
Canadiens de Montréal 24
Maple Leafs de Toronto 13
Bruins de Boston 6
Red Wings de Détroit 11
Oilers d'Edmonton 5
Penguins de Pittsburgh 5

Les Canadiens de Montréal détiennent non seulement le record de Coupes Stanley gagnées, mais aussi celui du plus grand nombre de finales disputées (35 apparitions en finale). Les Islanders de New York ont remporté 4 Coupes consécutives de 1980 à 1983 (une des grandes dynasties du sport). D’autres équipes historiques comptent également plusieurs titres : les Rangers de New York (4), les Devils du New Jersey (3), l’Avalanche du Colorado (3), les Kings de Los Angeles (2), etc.

Henri Richard (Canadiens de Montréal) a remporté 11 Coupes Stanley en tant que joueur - un record absolu. Patrick Roy est le seul joueur élu trois fois MVP des playoffs (Conn Smythe Trophy) - en 1986 et 1993 avec Montréal, puis en 2001 avec Colorado.

Wayne Gretzky a gagné la Coupe Stanley 4 fois, toutes avec les Oilers d’Edmonton (en 1984, 1985, 1987 et 1988). Malgré son départ pour Los Angeles en 1988, il n’a pas remporté de titre avec les Kings (finale perdue en 1993).

Il est arrivé seulement 6 fois qu’un joueur de l’équipe finaliste reçoive le trophée Conn Smythe du MVP. Le cas le plus récent est Connor McDavid en 2024, récompensé malgré la défaite d’Edmonton.

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