L'histoire de l'équipe de football du Mexique

L'équipe du Mexique de football, surnommée "El Tri", est une équipe nationale fière d'une histoire riche et de moments mémorables. Des légendes comme Antonio Carbajal et Hugo Sánchez aux stars modernes comme Javier Hernandez, le Mexique a toujours eu des joueurs talentueux et passionnés.

Les Pionniers et les Légendes

Antonio Carbajal: "El Cinco Copas"

Antonio Carbajal, surnommé "le Cinco Copas", est une figure emblématique du football mexicain. Souple et racé, Carbajal débute en 1948 au Club España, tournant le dos à ses études, au grand dam de son paternel. À l'âge de 19 ans, il est sélectionné pour les Jeux Olympiques de Londres en 1948, mais restera sur le banc pendant toute la durée de la compétition. Il devient très vite un gardien fiable réputé pour sa manipulation de la balle.

Ayant aidé son club à obtenir une quatrième place lors du championnat mexicain en 1950, Carbajal a été appelé à disputer le Mondial au Brésil. Pour son baptême de feu, il dispute la première rencontre face au pays hôte le 24 juin 1950 dans le tout nouveau stade inauguré Maracanã. Le jeune gardien se prend pour sa première une défaite cinglante 4 buts à 0 après les attaques répétées de Ademir et Zizinho.

Après ce Mondial, il signe au FC Léon après la disparition du Club España par le général Franco qui exige la dislocation des équipes d’origine ibérique évoluant au Mexique. Il y restera jusqu'à la fin de sa carrière et remporte ses deux seuls titres de champion qui sont ajoutés à un palmarès quasi néant. Les Coupes du Monde sont elles aussi catastrophiques.

Il obtient, en onze matches de phases finales, une victoire (en 1962 face à la Tchécoslovaquie, futur finaliste), deux nuls et huit défaites, avec un total de 25 buts concédés. Un maigre bilan pour ce portier qui gardera ses buts mains nues tout au long de sa carrière.

Il dispute son tout dernier match de Coupe du Monde le 20 juillet 1966 à Wembley en guise d'adieu face à l'Uruguay. Dans un acte de camaraderie, le gardien remplaçant de l'Angleterre lui avait offert une paire de gants avant la rencontre. Sur sa première prise de balle, Carbajal trébuche et préfère alors revenir à ses fondamentaux.

Une victoire aurait pu qualifier le Mexique pour la première fois au second tour, mais un match nul et vierge, là aussi inédit pour lui qui n'a encaissé aucun but pour la première fois dans ce tournoi, les ont éliminés. Un dernier match qui met un terme à la carrière du mythe, le géant, Antonio Carbajal. Avec La Tri, il connaîtra au total 48 sélections.

Après sa carrière de joueur, il devient entraîneur pour plusieurs clubs mexicains dans les années 70. Dans le cadre des célébrations du centenaire de la FIFA, en lui a remis le 4 octobre 2004 à Mexico la médaille de l'ordre du Mérite. Aujourd'hui, Carbajal tient toujours une vitrerie à León, ville où il a effectué l'essentiel de sa carrière. Il avait également était un temps consultant pour la télévision mexicaine.

Hugo Sánchez: "El Niño de Oro"

Considéré comme le meilleur footballeur mexicain de tous les temps, Hugo Sánchez avait l'habitude de fêter chacun de ses buts par un salto. Avant-centre de gabarit moyen (1 mètre 76), il était doté de grandes qualités techniques et d'une immense agilité. Son jeu était fait d'instinct, et de coups d'éclats. Sa capacité à marquer dans toutes les positions l'a hissé au rang d'idole pour de nombreux fans en Espagne.

Hugo Sánchez débute sa carrière à l'âge de 15 ans, grâce à son frère justement, qu'il accompagnait régulièrement aux entraînements de la sélection amateurs. Celui que l'on surnomme déjà "El Niño de Oro" paraphe son premier contrat professionnel avec les Pumas UNAM. En 1976, il participe au Jeux Olympiques de Montréal, durant lesquels il a inscrit un but contre l'équipe de France (défaite 4 buts à 1). À son retour de l'épreuve, il débute en professionnel avec les Pumas.

Sa carrière démarre sur les chapeaux de roues et se poursuit à un rythme effréné. Cette année-là, il remporte son premier titre de champion du Mexique avec les Pumas et débute peu de temps après pour la première fois avec la sélection "El Tri". Les cinq saisons de Sánchez avec l'UNAM correspondent à l'époque glorieuse du club.

Il lui faut du temps pour trouver ses marques en Liga, mais lors de la saison 1984-85, il plante régulièrement au sein d'une équipe qui remporte la Copa del Rey, termine au deuxième rang en Liga et remporte la Supercoupe d'Espagne. À l'apogée de sa carrière, Sánchez suscite alors la controverse en rejoignant l'ennemi juré en 1985, le Real Madrid.

Avec la Casa Blanca, il remporte cinq titres de champion consécutifs (de 1986 à 1990), la Coupe d'Espagne en 1989 et la Coupe de l'UEFA en 1986. L'attaquant explose au Real Madrid aux côtés de l'espagnol Emilio Butragueño. Il termine 5 fois Pichichi, le titre de meilleur buteur du championnat d'Espagne (1985, 1986, 1987, 1988 et 1990). Le buteur mexicain mettait donc le spectacle au service de l'efficacité, un bonheur pour les spectateurs.

Les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas pour Sánchez, qui connaît un exercice 1990/91 très compliqué en raison de blessures à répétition. En 1992, Hugol rentre au pays et s'engage avec l'América, avant de jouer le globe-trotter en Espagne, en Autriche et aux États-Unis. Il termine sa carrière en rejoignant la modeste formation de l'Atlético Celaya avec Emilio Butragueño et Míchel, ses anciens coéquipiers du Real Madrid.

En comparaison avec ses succès en clubs, Hugo Sánchez n'a pas eu une brillante carrière internationale avec l'équipe du Mexique. Il obtient 58 capes et inscrit 29 buts pour la sélection mexicaine, mais ses années internationales ont coïncidé avec une période difficile pour le football mexicain.

Anecdotes sur Hugo Sánchez:

  • Hugo Sánchez est l'inventeur du "coup du scorpion", ensuite popularisé par René Higuita.
  • Hugo Sanchez fêtait toujours ses buts de la même manière, avec un salto avant. Ce geste était d'une grande facilité pour lui, étant donné son jeu souvent très acrobatique, mais aussi car il a longtemps pratiqué la gymnastique.

Cuauhtémoc Blanco: L'Empereur Aztèque

Le numéro 10 au prénom d'Empereur, celui du dernier chef de guerre de Mexico (Tenochtitlan) lors de la lutte face à l'envahisseur espagnol. Un nom à consonance indigène signifiant "l'aigle descendant sur sa proie", donné au joueur en hommage à un héros national qui finira abattu par le conquistador Hernan Cortés.

Ramasseur de balles à l'Estadio Azteca quand il était plus jeune, il passe son enfance à Tepito, l’un des quartiers les plus malfamés de México, d’où le football et l’América, club le plus titré du pays, l’ont tiré de la perspective d’une vie de misère. Sacré showman au tempérament de feu, Cuauhtémoc Blanco est logiquement devenu l'idole absolue des Américanistas.

Légende du Club América, il remporte avec les Azulcremas une Ligue des champions de la CONCACAF et deux championnats du Mexique. Son exclusion à la 90ème minute dégénère alors en bagarre générale, dans lequel il prend part sans se priver. Même les supporters viennent distribuer des coups avec des bouts de ciment des tribunes, de la tuyauterie et même une pelle de chantier! Le numéro 10 de l'América sera exclu un an des compétitions de la CONMEBOL.

Son armoire à trophées reste raisonnable: un unique titre de champion national en 2005, deux Gold Cup, deux Coupes du Mexique, une Coupe des champions de la CONCACAF, et tout de même une Coupe des Confédérations en 1999, remportée chez lui, dont il termine meilleur buteur.

Le passage obligé par l'Europe pour qui veut prétendre à une reconnaissance internationale est un échec cuisant. Lorsqu'il débarque en Espagne à Valladolid, il subit une agression du défenseur de Trinité-et-Tobago, Ansil Elcock, lors d'un match international. Une blessure qui ruine sa première saison. Sa seconde sera mitigé, malgré un magnifique coup franc à Santiago-Bernabéu face au Real Madrid de Zidane. Blanco lui-même affirmait que sans sa blessure, il aurait rejoint la Casa Blanca.

Le monde du football le découvre au Mondial 98 en France, à Gerland face à la Corée du Sud. Il exécute un geste étrange: la "Cuauhtemiña", ou "coup du crapaud". En un éclair, il coince le ballon entre ses deux jambes avant d’effectuer un petit saut vers l’avant, avec une impulsion difficile puisque dépourvue d’élan, sans lâcher le cuir. Un geste technique de cour d'école réalisé en pleine Coupe du monde. Un geste qu'il retentera quatre ans plus tard face à la Squadra Azzurra entre Zambrotta et Nesta.

Un geste qui fera le tour du globe et qui sera même intégré au célèbre jeu vidéo FIFA. Un footballeur trapu qui savait répondre présent dans les bons comme dans les mauvais moments. Une semaine après son dribble, il plante un but spectaculaire face à la Belgique. En 2001, il avait précipité son retour à la compétition pour aider sa sélection à se qualifier pour le Mondial.

Qu'importe, le mythique attaquant a refermé une splendide carrière qui a duré plus de vingt ans dans son club de toujours, en 2016, à l'âge de 43 ans. Joueur charismatique, exigeant et plaisantin, détesté lorsqu'il jouait au Club América, idolâtré avec la sélection, "Temo" n’a jamais fait l’unanimité. C'est après avoir raccroché les crampons que les clivages sautent, et qu’un pays tout entier se souvient. Pas d’une frasque, d’un but ou d’un geste venu d’ailleurs en particulier, mais d’un ensemble de choses. Et d’une légende. Il s'est lancé depuis dans une reconversion à hauts risques sur le terrain glissant de la politique. Un guerrier.

Los mejores goles de Cuauhtémoc Blanco

Gerardo Torrado: Le "Borrego" Infatigable

Gerardo Torrado a couru sans jamais se fatiguer. Surnommé "le mouton" à cause de sa chevelure fournie, le joueur besogneux est avant tout un excellent milieu défensif, capé 146 fois avec le Mexique et participant à trois Coupes du Monde consécutives (2002, 2006 et 2010). Côté club, Gerardo a soufflé le froid et le chaud, manquant inévitablement de s'affirmer en Europe après des passages plus ou moins ratés en Espagne.

La Coupe du Monde: Une Quête de Gloire

L’équipe du Mexique de football dispute sa dix-septième Coupe du monde, du 20 novembre au 18 décembre. Les Mexicains vont disputer leur dix-septième Coupe du monde. Ils ont atteint les quarts de finale en 1970 et en 1986. Depuis la Coupe du monde 1994 aux Etats-Unis, le Mexique est toujours sorti des phases de poules mais il s’est incliné en huitièmes de finale.

Pour se qualifier à la Coupe du monde 2022, le Mexique a terminé deuxième du groupe de la zone CONCACAF avec 28 points, derrière le Canada.

Résultats récents du Mexique:

  • 30 novembre 2022 - Coupe du monde. Arabie saoudite - Mexique : 1-2
  • 26 novembre 2022 - Coupe du monde. Argentine - Mexique : 2-0
  • 22 novembre 2022 - Coupe du monde. Mexique - Pologne : 0-0
  • 28 septembre 2022 - Amical. Colombie - Mexique : 3-2
  • 25 septembre 2022 - Amical. Pérou - Mexique : 0-1

La Coupe du Monde 1986: Un Tournant Historique

Comme le Chili en 1962, le choix du Mexique comme organisateur laisse perplexe à l'approche du Mondial. Cette nation a été touchée par un très violent séisme en septembre 1985 (plus de 10 000 morts), mais il était trop tard pour faire marche arrière.

Au départ, c'est la Colombie qui était désignée comme hôte pour cette Coupe du monde 1986 à l'issue d'un comité exécutif tenu le 9 juin 1974. La Fifa a alors envisagé de confier l'organisation du tournoi au Canada ou aux États-Unis, mais le faible engouement de l'Amérique du Nord à l'égard du ballon rond a conduit les décideurs à prendre une autre option. Ce sera celle du Mexique qui peut mettre en avant la réussite du Mondial 1970 déjà organisé sur les terres de Pancho Villa.

Miracle, le tremblement de terre a laissé presque intacts les stades ! Le nombre d'équipes présentes en phase finale (24) demeure inchangé par rapport à l'édition de 1982, mais un profond changement a quand même été institué. Fini les deux phases de groupe, 16 équipes sortent désormais des poules et commencent à s'affronter au stade des huitièmes de finale.

En raison du "match de la honte" de 1982 au cours duquel RFA et Autriche s'entendent pour éliminer l'Algérie, la Fifa décide que les derniers matches d'un même groupe se jouent en même temps.

Joueurs Emblématiques et Records

Le meilleur buteur de l’histoire de la sélection mexicaine est Javier Hernandez, plus connu sous le nom de Chicharito. Il a inscrit 52 buts en 109 sélections depuis 2009. Le joueur le plus capé est le défenseur Claudio Suarez avec 177 sélections entre 1992 et 2006.

Record Joueur Nombre
Meilleur buteur Javier Hernandez (Chicharito) 52
Plus grand nombre de sélections Claudio Suarez 177

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