Histoire du FC Metz en Ligue 2: Des défis financiers aux moments de gloire

Le FC Metz, club emblématique de la Lorraine, a connu des périodes contrastées en Ligue 2, oscillant entre difficultés financières et moments de gloire. Cet article retrace l'histoire du club dans cette division, en mettant en lumière les défis rencontrés, les figures marquantes et les moments clés qui ont façonné son parcours.

Les années 1990 : L'ère Joël Muller

Les années 1990 marquent le début de l'ère Joël Muller. Né le 2 janvier 1952 à Donchery dans les Ardennes, cet ancien joueur de Metz, Lyon, Nice et Dunkerque, a traversé la France avant de revenir poser ses valises au FC Metz, tout d'abord en tant que responsable du centre de formation, puis en tant qu'entraîneur. Fin tacticien, habile pédagogue, il prône des valeurs chères au club lorrain: fidélité, rigueur, réalisme et combativité sur le terrain sont les maîtres-mots de sa conception du football. Perfectionniste, Joël Muller aime construire sur le long terme, insuffler ses valeurs aux jeunes du centre de formation afin ensuite de récolter les fruits de ce labeur collectif. Ses quatre premières années à la tête du FC Metz ne sont pourtant pas flamboyantes.

12ème lors de la saison 1990-91, Metz effectue un bon parcours à domicile, ne subissant que deux défaites. Mais il ne décroche que quatre victoires en déplacement, malgré la présence d'Aloïcha Asanovic, le redoutable et fantasque meneur de jeu yougoslave, qui termine au 6ème rang des buteurs avec 13 réalisations à son actif. La saison suivante voit l'éclosion d'un attaquant opportuniste, adroit et puissant, François Calderaro, qui inscrit 19 buts et se hisse à la 2ème place du classement des buteurs. Il rejoindra ensuite le PSG d'Artur Jorge, mais n'aura que très peu d'occasions de s'y exprimer. Il faut attendre 1994-95 pour que l'équipe messine prenne réellement son envol. Metz termine le Championnat à la 8ème place mais accède aux demi-finales de la Coupe de France. Après avoir battu Montpellier (2-1) lors des huitièmes de finale et Mulhouse (D2) lors des quarts de finale (2-0), l'équipe s'incline de justesse, sans avoir démérité, face au Racing Club de Strasbourg (0-1).

En plus de cette honorable 4ème place, le FC Metz de Robert Pirès, Jocelyn Blanchard, Sylvain Kastendeuch et Patrick M'Boma, remporte sa seconde coupe de la Ligue. Après avoir écarté Lille et Niort (D2) sur le score de 2-0, Metz s'impose contre Guingamp (2-1) lors des demi-finales et affronte Lyon en finale, le 6 avril 1996 au Parc des Princes.

La saison 1997-1998 : Un titre de champion manqué de peu

Mais s'il y a une saison qui restera à jamais gravée dans la mémoire collective lorraine, c'est 1997-98. Elle aurait pu définitivement consacrer le club et lui permettre d'inscrire son nom en lettres d'or au palmarès des grands clubs français. En effet, le FC Metz passe tout près du titre de champion de France. Le club doit se contenter d'une place de dauphin (à la différence de buts) qui va s'avérer délicate à gérer, après de multiples rebondissements et un final dramatique. En tout début de saison, Joël Muller affiche ses prétentions et entend bien figurer en Championnat.

Après un mois d'octobre noir ponctué par une défaite à Strasbourg (0-2), une autre à Marseille (0-2) et une dernière à domicile contre Montpellier (0-1), une élimination au premier tour en Coupe de l'UEFA contre le club allemand de Karlsruhe SC, le FC Metz se reprend et entame une nouvelle série d'invincibilité, qui permet au club d'être champion d'automne et leader à la trêve, et se poursuit jusqu'au 2 janvier 1998. Après dix journées sans défaites, Metz s'incline à domicile devant Bastia (0-1). La France du football se délecte par avance du duel entre Metz et Marseille. Les messins s'imposent à Saint Symphorien (3-2) le 6 mars, lors de la 28ème journée du Championnat. A ce moment là tout sourit aux messins et le titre leur paraît promis. Mais c'est sans compter sur la menace lensoise.

C'est le tournant de ce championnat : Le RC Lens prend alors la tête, qu'il n'a plus occupée depuis la 1ère journée et s'assure une sérieuse option pour le titre, à quatre journée de la fin. Lens ne perdra plus et sera sacré champion, le samedi 9 mai, en réussissant un nul chanceux à Auxerre (1-1) lors de la dernière journée. Les grenats relèvent pourtant un challenge jugé impossible et remportent tous leurs derniers matchs. Le 9 mai 1998, devant 17952 spectateurs, Le FC Metz reçoit l'Olympique Lyonnais et ouvre le score par Bruno Rodriguez (4ème). Metz préserve son avantage, s'impose 1-0, mais n'est plus maître de son destin. Les supporters exultent et chantent " On est les Champions ". Cette ambiance de folie vivra une heure, le temps pour le RC Lens de partager les points avec l'AJ Auxerre dont le gardien s'est rapidement blessé, ce qui lui suffit pour être sacré champion de France. Metz, à égalité de points avec son adversaire nordiste, est battu à la différence de buts (+25 pour Lens, +20 pour les Messins). Le titre s'envole.

Pourtant les joueurs sont ovationnés par leur public, la foule massée Place d'Armes, acclame ses héros venus en camion plate-forme depuis le stade, avec au volant le Président Molinari en personne... Concentré sur le Championnat, le FC Metz est éliminé lors des huitièmes de finale de la Coupe de France par le petit club amateur de CFA2 de Bourg-Péronas (0-2). Les Grenats parviennent également en quarts de finale de la Coupe de la Ligue, où ils s'inclinent face au PSG (0-1), futur vainqueur de la compétition. Tout Metz est fier de la saison de la " bande à Pirès ", même si elle n 'est ponctuée par aucun titre.

La saison 1999/2000 et les années suivantes

La saison 1999/2000 s'annonce prometteuse, avec une participation en coupe Intertoto (élimination au dernier tour contre West Ham) et la venue sur les bords de la Moselle du jeune milieu de terrain de l'AS Nancy-Lorraine Christophe Bastien (plus gros transfert de l'histoire du club), du rennais Nicolas Goussé et de l'attaquant ukrainien Sergeï Skachenko. Malheureusement Christophe Bastien se blesse lourdement à une cheville et les deux attaquants peinent à confirmer tout le bien que l'on pense d'eux.

Pour la saison 2000/01 l'effectif est stable : les "cadres" sont épaulés par les jeunes du centre de formation qui ont fait leurs preuves: Grégory Leca, Grégory Proment, Sylvain Marchal, Eric Hassli et Stéphane Morisot hélas victime d'une rupture du ligament croisé antérieur en cours de saison. Après un bon début de saison qui vit notamment Eric Hassli faire une entrée fracassante dans le monde professionnel, la formation lorraine s'enlise en queue de peloton. Manquant de panache offensif, les Messins comptent sur l'arrivée de l'espoir colombien Tressor Moreno pour retrouver des couleurs. Joël Muller n'aura que trop peu l'occasion de domestiquer le talent brut du Sud-Américain. Il est limogé à l'intersaison après de longues années au service du FC Metz. Albert Cartier, son adjoint, reprend les rennes de l'équipe. Pourtant, ce n'est que retarder l'échéance.

L'année suivante, le club conserve sa confiance en l'équipe en place, cette dernière ayant réalisé une deuxième partie de saison plus que satisfaisante (4ème sur les matches retour). Malheureusement, la formation messine, l'effet de surprise et Faryd Mondragon en moins, ne parvient pas à confirmer les promesses entrevues quelques mois auparavant. Metz ne tirera pas non plus profit de ses nombreux matches en retard (5) dus aux conditions climatiques difficiles en hiver. Le couperet tombe le soir de l'ultime journée de championnat. Metz concède le nul face à Lorient dans un stade Saint-Symphorien comble mais finalement médusé. Après trente-cinq saisons passées au plus haut niveau, Metz retrouve la seconde division.

La saison 2002-2003 : Remonter en Ligue 1 avec Jean Fernandez

En difficulté financière, le Club à la Croix de Lorraine vit une intersaison difficile. La masse salariale est bien trop élevée pour le budget d’un club de Ligue 2. Metz doit dégraisser et se sépare de plusieurs joueurs tels que Baticle, Meyrieu ou Régis. C’est dans des conditions difficiles que Jean Fernandez prend place au poste d’entraîneur en remplacement de Gilbert Gress. Alors qu’il reste sur une bonne période à Sochaux, club qu’il avait également repris en main à l’étage inférieur, Fernandez a la lourde tâche de remonter directement au sein de l’élite avec un effectif rajeuni. Si le début de saison s’avère difficile, l’équipe décollera au lendemain d’une nouvelle défaite à Valence (3-1). Dès lors, la formation lorraine entame son ascension au classement alors qu’elle occupe une triste seizième place.

Solides à domicile (15 victoires, 3 nuls et 1 défaite), les Messins s’appuient sur une efficacité remarquable au niveau des coups de pieds arrêtés ainsi que sur un duo d’attaquant Niang - Adebayor qui fera merveille lors des matches retour. Le premier, prêté par Troyes lors du mercato d’hiver, sera également un acteur important de l’aventure messine en Coupe de la Ligue. Malheureusement, la coqueluche de Saint-Symphorien ne peut rester sur les bords de la Moselle au terme de la saison. La ré-accession à l’élite a beau être acquise, le club se doit d’apurer un passif qui l’empêche de recruter le Sénégalais.

Comme si cela ne suffisait pas, Metz est également contraint de vendre. Ainsi, Adebayor s’envole pour Monaco et la ligne d’attaque doit être repensée. Cette saison 2003-2004 verra le onze messin afficher un bilan paradoxal. Ce dernier, plus apte à contrer qu’à faire le jeu, engrange la plupart de ses victoires à l’extérieur. La vitesse de Toifilou Maoulida (12 buts), prêté par Rennes toute la saison, représente une arme offensive de premier choix dans le système de Jean Fernandez. Malgré tout, le club reste en constante difficulté tout au long de l’année, naviguant à vue juste au dessus de la zone rouge. A dix journées de la fin, après une double défaite à domicile (contre Toulouse puis Lens, 2-0), Jean Fernandez bouleverse sa formation afin d’y intégrer de jeunes joueurs. Les Obraniak, Renouard, Gueye ou encore Béria participeront à la bonne fin de saison des Grenats. Si l’issue de cette première année en Ligue 1 est positive, les nerfs des uns et des autres ont été mis à rude épreuve. Toujours sans le sou, Metz renouvelle tout de même largement son effectif. Avec pour objectif de s’assurer du maintien avant les dernières journées de championnat.

Malgré un départ époustouflant (leader après quatre matches et une nouvelle victoire à Marseille 3-1), la formation de Jean Fernandez ne parvient pas à trouver son rythme de croisière. La révélation de l’année, Franck Ribéry, quittera même le navire à la mi-saison pour rejoindre Galatasaray. Privée de son meilleur pourvoyeur de ballons, l’attaque messine accuse le coup, les renforts enregistrés au mercato ne suffisant pas à la redynamiser. C’est avec les tripes que les Messins parviendront à prolonger leur bail parmi l’élite. En accrochant, au courage, deux victoires à l’arraché contre des concurrents directs (Caen puis Istres), ils resteront à distance de la zone rouge. Il leur faudra tout de même attendre la dernière journée pour obtenir mathématiquement leur maintien.

Jean Fernandez s’envole alors pour Marseille, entraînant le retour de Joël Muller. Un cycle prend fin. Si ces trois saisons furent douloureuses, le club est remis à flot sur le plan financier au moment d’aborder un exercice particulier parmi l’élite.

La saison 2018-2019 : Un démarrage historique

Le FC Metz réalise un début de saison absolument exceptionnel. Avec leur dernière victoire lundi 17 septembre 2018 contre Béziers (3-1), les Grenats ont enchaîné une septième victoire en autant de matchs pour cette saison 2018-2019.

Ce septième succès de rang constitue le meilleur démarrage de l’histoire pour un club de deuxième division. Le record de six victoires lors des six premiers matchs, établi par Montpellier en 2000 puis Le Mans en 2002, est donc battu.

Les Grenats possèdent également dans leurs rangs le meilleur buteur du championnat, Habib Diallo, déjà neuf buts en sept matchs dont un quadruplé (pour seulement quatre titularisations), ainsi que le meilleur passeur, Farid Boulaya, seul en tête avec quatre passes décisives. Ces deux éléments participent à la bonne forme offensive du FC Metz, déjà la meilleure attaque du championnat avec 18 buts. Mieux encore, le club de Moselle a parfaitement su négocier le match au sommet contre le RC Lens samedi 1er septembre (2-0) et a pu asseoir sa domination sur le championnat.

Les Grenats ont montré qu’ils avaient de la ressource dans la difficulté. Au classement, les joueurs de Frédéric Antonetti possèdent quatre points d’avance sur Lorient et six sur Lens (avec un match en moins).

Le FC Metz a effectué un démarrage historique, avec sept victoires en autant de matchs. Sept victoires en sept matchs : le FC Metz a battu le record du meilleur démarrage en deuxième division. Les Grenats peuvent légitimement conserver leurs ambitions.

Meilleur démarrage en Ligue 2
Club Saison Nombre de victoires consécutives
FC Metz 2018-2019 7
Montpellier 2000 6
Le Mans 2002 6

Au fil des saisons, le FC Metz a connu des moments difficiles, mais a toujours su se relever et retrouver sa place parmi l'élite du football français. L'histoire du club en Ligue 2 est marquée par la passion, la détermination et l'attachement à ses valeurs.

Le FC Metz a visité une fois la mythique enceinte du Stade de France. C'était à l'occasion de la finale de la Coupe de la Ligue 1999, malheureusement perdue par les Grenats face à Lens (1-0). En 2003, ils ont également effectué un parcours honorable dans cette compétition en battant Bordeaux puis Nantes, deux formations de niveau supérieur (Metz était alors en Ligue 2), avant de chuter à Sochaux en demi-finale au terme d'un match héroique. Il s'agit là de l'un des premiers faits d'arme du FC Metz, quelques années après sa création. Disputée au Parc des Princes le 8 mai 1938, la finale contre l'Olympique de Marseille fit grand bruit à l'époque en Lorraine.

En première division, le meilleur classement obtenu par le club est second en 1998. Le FC Metz a participé à plusieurs reprises à la Coupe d'Europe, à la faveur de ses victoires en Coupe et de ses bons classements en première division. Le club réalisa son meilleur parcours lors de la saison 1996/1997 puisqu'il accéda aux huitièmes de finale de la Coupe de l'UEFA.

A l'entame de la nouvelle saison, Le FC Metz ne parvient pas à garder ses meilleurs éléments. Même si Joël Muller reste, Robert Pirès, leader du groupe et figure emblématique de la formation lorraine, décide finalement de partir à l'Olympique de Marseille. Il annonce son départ le 22 mai, peu avant la Coupe du monde à laquelle il participe avec l'équipe de France. Le FC Metz, qui a cru, un moment, pouvoir conserver Pirès, reçoit environ 50 MF de la part de l'OM, ce transfert, reste à ce jour , le plus gros transfert de l'histoire du club. Comment aurait-il pu se douter qu'à l'orée de la saison 1998-99, l'équipe allait être cruellement affaiblie par les blessures de plusieurs de ses éléments clés ?

Le FC Metz intègre malgré tout la Coupe de l'UEFA et y affronte l'Etoile Rouge de Belgrade. Les messins tombent avec les honneurs en s'inclinant aux tirs aux buts à domicile (2-1 / 2-1 et 3 tab à 4), dans un match qui sent la poudre, en raison du conflit yougoslave. En Coupe de la Ligue, le FC Metz rencontre le 18 avril 1999 à Saint-Symphorien le Montpellier Hérault Sporting Cub de " Loulou " Nicollin ; dans cette demi-finale époustouflante et riche en rebondissements Nenad Jestrovic inscrit trois buts (victoire 4 à 3). Les grenats découvrent le désormais mythique Stade de France, le 8 mai 1999, contre le RC Lens en finale de la Coupe de la Ligue.

Les meilleurs buts de la saison !

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