Depuis que le football a été popularisé, les évolutions ont été flagrantes à tous les niveaux. Le football est un phénomène mondial qui a su se développer au fil des décennies pour devenir une discipline générant de nombreux revenus. Mais sur quoi se base-t-on pour avancer de telles spéculations ? Le football a-t-il vraiment évolué ?
Goal vous dresse une comparaison très imagée !
Quand Mbappé s'exprimait sur les quotas dans le football à 12 ans
Les origines du football
L’un des plus anciens ancêtres du football semble être le Cuju. Le Cuju était anciennement pratiqué sous la dynastie Han (206 av J.-C. / 220 apr. J.-C.), majoritairement par des soldats pour améliorer leur agilité et leur coordination. L’objectif de ce jeu était de déplacer une balle en cuir vers un village voisin. Il opposait deux camps qui se composaient de nombreuses personnes d’un même village.
C’est en Angleterre à partir du XIXe siècle, que le football a vu le jour. Les premiers matchs de foot se sont déroulés dans de nombreux collèges britanniques durant les années 1800. Ebenezer Cobb Morley, avocat britannique est cependant considéré comme le père du football moderne.

Les changements au fil du temps
Au fil du temps, il y a eu des débats perpétuels sur la meilleure formation, organisation, structuration de l’équipe. Bien qu’il y ait eu des tendances, des préférences, d’une formation qui prévaut sur les autres, il résulte qu’il n’y a tout simplement pas de formation « parfaite » dans le monde.
Initialement, le foot était plus lent et il se basait sur des performances individuelles comme la créativité. Les premiers matchs officiels de football étaient énormément portés vers l’attaque, il était fréquent de rencontrer des équipes qui évoluaient avec cinq attaquants.
Depuis sa création, le football n’a cessé d’évoluer, que ce soit sur le plan physique, tactique, ou encore technologique. Le football est désormais un « sport scientifique » où l’arrivée de nouveaux métiers comme l’analyse vidéo ou encore la data analyse ont révolutionné ce sport.
Évolution des demandes techniques et tactiques
L’analyse des finales de Coupe du monde de 1966 à 2010 révèle une modification significative des demandes techniques et tactiques. En l’espace de 44 ans, les matchs sont devenus plus exigeants techniquement, ce qui se traduit par un nombre de passes plus élevé (+35 %), et une vitesse de balle supérieure (+15 %). Le taux de réussite de ces actions est également plus important.
De cette évolution technique a découlé une évolution tactique. En effet, la vitesse de jeu a augmenté, notamment en raison de l’augmentation de la densité de joueurs sur le terrain. L’analyse des déplacements des joueurs lors des matchs a permis de montrer que les défenseurs laissaient de moins en moins d’espace à l’équipe en possession du ballon.
Donc oui, une fois la balle en jeu, les actions sont devenues plus rapides. Pour autant, le rythme du match a globalement ralenti. Bien que le nombre d’arrêts de jeu n’ait pas changé entre 1966 et 2010, la durée de ceux-ci s’est allongée, menant à une baisse significative du temps de jeu effectif d’un match.
Évolution des demandes physiques
Les demandes physiques sont modelées par les demandes techniques et tactiques du jeu. L’apparition d’actions plus rapides et de temps de récupération plus long au cours d’un match s’est accompagnée d’un changement de comportement, comme le révèle l’analyse des déplacements des joueurs.
Entre les saisons 2006-2007 et 2012-2013 en Premier League (le championnat anglais), les distances parcourues à haute intensité, le nombre d’actions réalisées à haute intensité et la distance parcourue en sprint ont augmenté respectivement de 29 %, 49 % et 8 %. Dans le même temps, la distance totale parcourue n’a subi qu’une augmentation triviale de 2 %.
Dans ce contexte, les équipes devront appliquer de plus en plus de pression pour gagner leurs matchs, ce qui se traduira par une augmentation des séquences de pressing haut, ainsi qu’une augmentation des contre-attaques et des sprints.
Pas d’augmentation significative des qualités cardiovasculaires
Il a été suggéré qu’un seuil minimal de VO₂ max était requis pour pratiquer le football au plus haut niveau, sans pour autant que ce soit une qualité prioritaire pour la performance.
Toutefois, le football moderne ne nécessite pas d’augmentation significative des qualités cardiovasculaires en comparaison des décennies précédentes.
Des capacités neuromusculaires en progression
Contrairement aux qualités cardiovasculaires, les qualités neuromusculaires (de force et de vitesse) des joueurs semblent avoir évolué positivement lors de ces dernières années. En effet, entre 1995 et 2010, l’évaluation continue des joueurs professionnels norvégiens a notamment montré une augmentation de l’ordre de 1,3 % de la vitesse en sprint.
Bien que les qualités neuromusculaires différencient largement les niveaux de pratiques, en 2017, une étude sur des joueurs de quatrième division danoise rapportait des temps en sprint encore inférieurs (vitesse plus élevée) à ceux présentés en 2011 en Premier League. Cela démontre à quel point cette composante physique a pris de l’importance dans le football moderne.
Autrement dit, le joueur de football actuel est plus rapide et plus fort que son homologue des décennies précédentes, même si ses qualités cardiovasculaires et anthropométriques n’ont que peu varié.
L’évolution des règles pourrait aussi changer le profil des joueurs
L’apparition de la règle des 5 changements, contre 3 auparavant, pourrait également faire évoluer le profil des joueurs de haut niveau. Dans un tel système, on peut imaginer que certains joueurs de l’effectif possédant des capacités accrues à réaliser des efforts de haute intensité, mais dotés de qualités cardiovasculaires réduites en comparaison de leurs coéquipiers, soient utilisés pour jouer des périodes réduites de match.
Compte tenu de ces évolutions, la détection de tels talents représente aujourd’hui un enjeu majeur pour les clubs élites, qui cherchent à fournir à leur équipe professionnelle des joueurs prêts à répondre aux demandes du football moderne.

Le football moderne
Aujourd'hui, le ballon rond a une toute nouvelle dimension financière, sociale, mais aussi et surtout sportive, puisqu’il laisse éclore des joueurs comme le monde n’en avait jamais connu avant, comme Cristiano Ronaldo ou Lionel Messi.
Le football est devenu un business, un spectacle. Ce n'est plus le même sport qu'avant.
Grâce à la mise en place de cette Coupe du Monde, le football a commencé à changer de dimension en devenant une discipline mondiale et en attirant des équipes de différents continents.
Les coachs
À l'époque, pour les entraîneurs de football, c'était plutôt jogging, chronomètre autour du cou et petit stylo à la main. Aujourd'hui, les plus grands tacticiens s'arment d'outils technologiques pour étudier leurs joueurs et surtout, ils n'hésitent plus à arborer des tenues de soirée sur les bords de terrain.
Le public
Il existait un temps où les supporters de foot avaient tous les droits dans les stades. Banderoles politisées, fumigènes, tifos impressionnants... Une chose est sûre, le public était tout sauf polissé. Désormais, dans des stades de football aseptisés, les clubs font comme ils peuvent pour contenir la passion de leur public : chacun est à sa place, avec son petit drapeau, et tout le monde y gagne. Ou presque.
Le style des joueurs
Avant, les joueurs avaient à peu près tous le même style : la crinière longue, et plutôt discrète. Désormais, toutes les excentricités capillaires sont permises. Des dessins sur le crâne aux coupes les plus folles, les terrains de foot sont devenus des vrais laboratoires de test pour les coiffeurs.
Les publicités
Avant, les footballeurs faisaient des publicités pour des voitures familiales ou pour du gazon. Aujourd'hui, ils posent dévêtus pour vendre des sous-vêtements et leur corps sculptés s'affichent partout.
Les sponsors
Avant les sponsors aidaient au développement des clubs et constituaient un appoint dans le budget global. Aujourd'hui, même s'il y a des exceptions, la relation avec les fans passe par les réseaux sociaux et la tonne de selfies publiés chaque semaine.
Le look et la silhouette
Avant, les joueurs "bedonnants" croisaient le fer avec des adversaires plus athlétiques. Aujourd'hui, le taux de masse graisseuse fait partie du vocabulaire de tous les joueurs qui enchaînent les séances de musculation et de gainage. Quant au look, des bons pères de famille hier, le football est passé aujourd'hui à toute forme d'excentricité, avec des couleurs criardes et un déclin du respect des couleurs traditionnelles des clubs.
L'influence des réseaux sociaux
Avant, un carton rouge débouchait sur une sanction avec une prise de décision rapide. Aujourd'hui, les clubs et leurs présidents tentent d'influencer les commissions à travers des tweets assassins, des montages photos et vidéos et les sanctions passent de la LFP au CNOSF et parfois même devant les tribunaux.
L'après-match
Avant, les joueurs pouvaient décompresser autour d'une bonne bière dans le vestiaire. Désormais, c'est un festival de 24, 47, 77 et 99. Et on peut même rajouter au feutre un "+5" ou "75" selon les versions...
La célébration
Avant, les célébrations de but étaient classiques et traditionnelles, désormais à chacun sa créativité avec notamment le selfie devant la tribune des supporters ou les fameux sauts périlleux
Le tirage au sort
Avant, certains matches qui se terminaient à égalité pouvaient se jouer au tirage au sort. Aujourd'hui.... eh bien cela n'a pas changé, comme l'a montré la Coupe d'Afrique des Nations 2015 avec la Guinée qualifiée pour les quarts de finale aux dépens du Mali, sur un coup de chance...
La relation avec les journalistes
Avant, il n'était pas rare de croiser des journalistes dans les vestiaires pour aller recueillir les impressions des joueurs... Les yeux dans les Bleus ! Désormais, c'est en zone mixte, derrière des barrières, avec 10m2 pour 20 personnes... et quand les joueurs s'arrêtent... autrement dit, après les défaites, la zone mixte ressemble plus à une scène dans le désert de Gobi.
La représentation
Avant, les photos des joueurs étaient limitées aux vignettes Panini et aux posters dans les magazines spécialisés. Désormais, en un clic, sur instagram ou snapchat, on voit les footballeurs au quotidien, seuls ou accompagnés, au réveil ou en soirée.
L'évolution des systèmes de jeu
S’il nous était possible de voir un match de football du milieu du XIXe siècle, nous serions surpris par le style du jeu et la disposition des joueurs sur le terrain. La raison de toutes ces conduites de balle solitaire n’était pas seulement parce que le football de l’époque manquait de sophistication, mais plutôt parce que la règle du hors-jeu était complètement différente de ce qu’elle est aujourd’hui.
Jusqu’en 1925, les règles prescrivaient qu’un joueur n’était pas autorisé à être devant le ballon (cf. hockey sur glace), il devait donc progresser avec le ballon et dribbler les opposants.
Ainsi, chaque attaquant prenait le ballon et le conduisait jusqu’à ce qu’il le perde à moins qu’il puisse tirer au but. Il n’y avait à cette époque-là qu’un seul défenseur qui avait donc pour tâche de livrer un duel avec le porteur de balle de l’équipe adverse.
L’équipe était composée d’un gardien de but, d’un défenseur seul et de neuf attaquants (Gardien de but-1-9). Mais, vers 1863, un des attaquants fut placé au milieu de terrain [appelé demi-arrière]. Le fait d’utiliser un seul défenseur et un seul milieu de terrain et de placer le reste des joueurs en attaque semble fou aujourd’hui, mais les matches étaient différents à l’époque, avec un minimum de passes utilisant la largeur du terrain.
Les acteurs de l'évolution
Plusieurs joueurs et entraîneurs ont transformé le football par leur philosophie de jeu, mais l’un des plus grands révolutionnaires de ce sport reste Johan Cruyff. Diego Maradona, légende argentine, a lui aussi révolutionné le football à sa manière en montrant qu’un joueur pouvait changer à lui seul le cours d’une rencontre.
Les nouvelles technologies
Grâce à l’utilisation d’outils comme WyScout et StatsBomb, le staff d’un club peut suivre les performances individuelles et collectives de leurs joueurs et également de leurs adversaires. Cela leur permet notamment d’ajuster leurs stratégies avant l’arrivée d’une rencontre.
L’arbitrage vidéo (VAR) a été introduit en avril 2017 dans la planète foot et officiellement lors de la Coupe du Monde 2018.
Les règles
Dans la continuité de la démarche consistant à avantager le football offensif, le Board interdit aux gardiens de saisir à la main les passes en retrait volontaires de leurs partenaires.
La règle du but en or servait à départager les équipes en prolongation, sur le mode de la mort subite : le premier onze à marquer était désigné vainqueur sur-le-champ, sans achever les deux périodes de la prolongation. La finale de l’Euro 1996 a ainsi été remportée par l’Allemagne, dès le début de la prolongation (2-1 contre la République tchèque). Grâce à cette règle, la France a pour sa part remporté son 8e de finale du Mondial 1998 (1-0 contre le Paraguay) et la finale de l’Euro 2000 (2-1 contre l’Italie).
Un quatrième remplacement est autorisé mais seulement lors de la prolongation.
Le football, miroir de la société
Plus qu’un jeu, le football est un miroir social. Il fédère les peuples, exprime les tensions et les rêves. De la Coupe du Monde à la Ligue des champions, il incarne la mondialisation en crampons.
Le football influence la diplomatie, la culture, l’économie. Il unit le Brésil et la France, oppose Barcelone à Madrid, rassemble l’Afrique et l’Europe devant un même écran. Derrière chaque drapeau, il y a un récit national, un sentiment d’appartenance.