Le Record Inégalé de Robert Smith : Un Maître des Lancers Francs dans l'Histoire de la NBA

Le basket professionnel français a été témoin d'un exploit exceptionnel il y a trente ans : le record de Robert Smith aux lancers-francs sur une saison.

COMMENT MARQUER TOUS SES LANCERS FRANCS

Personne n'a probablement jamais fait aussi bien, au monde. Cet article explore ce record fabuleux et la carrière remarquable de Robert Smith.

L'Incroyable Saison de Robert Smith

Le 7 octobre 1987, à Nantes, Robert Smith loupe un lancer-franc. Ce qui semble être une statistique anodine marque le début d'une série impressionnante. Le meneur de jeu de Monaco ne va plus manquer un seul shoot de la saison sur la ligne de réparation.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes :

  • 6/6 contre Antibes
  • 10/10 à Mulhouse
  • 12/12 lors de la venue d’Avignon
  • 4/4 pour la 14e journée retour contre Orthez

Arnaud Sevaux, le statisticien de la ligue, a confirmé ces données en reprenant les feuilles de stats de l’époque. Résultat : l’Américain a bien réalisé un incroyable 99/100 aux lancers cette saison là en en convertissant 90 de suite. C’est cette marque qui est entrée dans l’Histoire mais il faut savoir que le « Petit Robert » en a encore transformé 4/4 au Tournoi des As. Pour la Coupe Korac et les playoffs, il était blessé.

Ce record pulvérise celui de Carmine Calzonetti qui, quinze ans auparavant, en avait enfilé 51 de suite, pour un total de 51/52.

Malgré cet exploit, il n'y a pas eu de grand tintamarre à l'époque. Contrairement aux Américains, les Français ne sont pas friands de chiffres et de plus la performance du meneur monégasque s’est réalisée à doses homéopathiques, presque en catimini. Il s’agit pourtant, très probablement d’un record mondial et c’est bien ce que son coach de l’époque, Bill Sweek relevait : « On n’en parle pas trop, mais il faut se rendre compte. Ce que Robert est en train de réussir aux lancers-francs n’a jamais été égalé. C’est une performance exceptionnelle. Et je n’ai jamais vu ailleurs, ni même en NBA ou en CBA, un joueur aussi adroit aux lancers-francs. Je n’en connais pas un dans le monde. »

La phénoménale série de Robert Smith s’est-elle prolongée au delà des 90 ? Nous n’en saurons jamais rien. Pour la rentrée de la saison 88-89, Monaco accueille Nantes et c’est face à la même équipe que l’Américain va dérailler, deux fois. 11/13. Seulement la feuille de match est tombée aux oubliettes et on n’a pas moyen aujourd’hui de savoir à quel instant Smith a manqué son premier lancer.

Même si l'exploit de Robert Smith n'a pas fait grand bruit à l'époque, il est important de noter que Steve Nash détient le meilleur pourcentage de réussite aux lancers francs en carrière avec 90,43 % (3060 lancers francs réussis sur 3384 tentés) pour les joueurs dont la carrière est terminée.

Robert Smith : De "Speedy" aux Parquets Européens

De 1974 à 77, Robert Leroy Smith fut le meneur de l’équipe de UNLV répertoriée sous le nom de « Hardaway Eight ». Elle comprenait des gars comme Reggie Theus, Eddie Owens, Sam Smith, Glen « Gondo » Gondrezick, et encore Larry Moffett (vu à Vichy) et Lewis Brown (vu au Mans), et cette génération là pouvait scorer plus vite que n’importe qui dans le pays. En 1977, les Rebels engrangèrent 107 points par match et la fac se qualifia pour la première fois pour le Final Four. Le coach, Jerry Tarkanian, au crane dégarni, se rendit célèbre en mâchouillant perpétuellement sur le banc une serviette blanche.

« Tarkanian ne voulait pas trop de moi. On me reprochait d’être trop petit -Robert mesurait un peu moins de 1,80m-. Mais un jour, il est venu me voir en junior college. Et il a changé d’avis… » se rappelait Robert pour Maxi-Basket. « Avec lui, si tu ne te donnes pas 100% de ce que tu as en toi, tu n’as rien à faire sur le terrain. Pendant la saison, il est à cran, inabordable. Mais après, c’est un homme charmant. A UNLV, j’étais surtout un passeur et un tireur de lancers francs. Mais on comptait aussi surtout sur ma vitesse. Dans l’équipe on m’appelait Speedy. »

« Un des meilleurs joueurs et l’une des personnes les plus merveilleuses que je n’ai jamais rencontrées. Il est allé aux Denver Nuggets et Larry Brown m’a dit qu’il était le kid le plus sympa qu’il n’ait jamais coaché » se souvenait le regretté Tarkanian. Dans la capitale du jeu, la demi-finale du Final Four 77 est forcément restée un moment de légende. UNLV lutta à mort avec North Carolina pour s’incliner d’un point, 83-84. Robert cumula 8 points et 3 passes et… loupa un lancer.

« Je m’en souviens d’autant mieux qu’avant ce match, j’avais eu quelques problèmes de santé, et j’étais à l’hôpital. Je ne m’étais pas entrainé de la semaine. Et deux jours avant le match, le médecin a dit qu’il ne me laisserait pas sortir parce que je n’étais pas en état de jouer. Je lui ai dit que ce n’était pas possible, que j’avais un match important. Mon coach et mes dirigeants ont discuté avec lui. Et il s’est incliné… Ce fut un match serré, âpre, un match de défense. On a mené une bonne partie du match, et puis ils sont revenus, et on a perdu dans les dernières minutes. Un match comme je les aime, avec beaucoup de pression. Mais que ça fait encore plus mal de perdre. »

Déjà à cette époque, Robert Smith était un expert du lancer-franc. Lors de cette fameuse saison 1976-77, il établit la meilleure performance de toute la NCAA : 98/106 (92,5%) avec 27 réussites consécutives, un record de la fac.

Ce qui est absolument fantastique, c’est que sa moyenne en 229 matches de NBA s’établit à 87,7% et monte à 93,2% en 157 games de CBA. Un don, une machine.

NBA et CBA : Un Parcours Éclectique

De 1980 à 85, Robert Smith fut un journeyman de la NBA mais lors de ses trois premières saisons, il joua tout de même 192 matches avec Denver et New Jersey pour 5,0pts en moyenne. C’est en Continental Basketball Association, une ligue qui recelait alors quelques pépites, que l’ancien Runnin’ Rebel va s’éclater. Il en fut même désigné le MVP en 83.

« Je n’ai jamais terminé une saison en CBA parce que j’étais chaque fois rappelé en NBA » expliqua t-il à Liliane Trévisan de Maxi-Basket. « La NBA a toujours été une priorité sauf lors de ma dernière saison à Toronto. Je n’avais vraiment plus envie de retourner en NBA. Parce que j’aime la CBA. On y gagne moins d’argent, c’est plus difficile, mais le jeu et la compétition, là, c’est quelque chose. C’est dur, tu voyages tout le temps, parfois tu joues sept matches en neuf jours, mais pour le basket, c’est le pied. La NBA, ça devient vite fatigant. Trop d’équipes n’admettent pas le droit à l’erreur, à la défaillance. Il suffit que tu ne joues pas pendant un moment, et tu entends dire partout que tu es fini, que tu n’es plus bon. J’étais fatigué de tout ça. »

Anti-Star en Europe

Le Petit Robert a décalé son départ en Europe à la trentaine. Partir à l’étranger l’effrayait, ce n’était pas encore quelque chose de naturel. La rumeur s’était répandue auprès des basketteurs américains que les payes ne tombaient pas quand il y avait trop de défaites, qu’il fallait se débrouiller seul pour dégotter un appartement, que femme et enfants ne bénéficiaient pas du moindre secours. Comble d’infortune, la première expérience européenne du Californien se solda par un aventure foireuse et avortée à cause d’un agent peu recommandable.

Robert ne voulait plus entendre parler d’une équipe « oversea », et c’est Bill Sweek, un ancien de UCLA, coach auparavant au Clermont Université Club et au Mans, qui lui fit changer d’avis. Quelle aubaine ! Robert Smith fut l’un des joueurs les plus spectaculaires, l’un des meneurs les plus performants -avec Delaney Rudd-, l’un des hommes les plus charmants qui aient jamais fréquenté les parquets de la LNB.

« Il est adroit, rapide, c’est un vrai meneur. Il fait les passes, et créé les situations pour les autres » notait alors Bill Sweek. « Déjà quand j’étais encore au Mans, j’avais un œil sur lui. Au début à Monaco, il n’était pas très démonstratif. Progressivement, il a donné l’exemple sur le terrain. Par l’action. Puis il est devenu meneur au niveau du groupe. Par la parole. Et il a progressé chaque année. Aujourd’hui, dans les préparations de matches, je lui demande son avis sur tout. Sur le terrain, c’est lui qui annonce les systèmes défensifs, les systèmes d’attaque, c’est lui qui choisit. Tout repose sur lui ! »

Robert Smith fut élu MVP du premier All-Star Game français, en 1987, à Limoges. Il récidiva trois ans plus tard. Pourtant s’il y en a bien un qui ne se prenait pas pour une starlette, c’était bien le meneur de l’AS Monaco. « Je ne me sens pas une star, je ne veux pas être une star. Je veux rester ce que je suis, ouvert, abordable, et que les gens n’aient pas d’appréhension à venir vers moi. »

Le Californien passa 4 saisons à Monaco puis 2 et demi à Antibes avec qui il fut champion en 91. Il laissa une dernière fois sa trace aux lancers-francs lors de l’exercice 91-92 : 54/56 sur la ligne de réparation.

Après le Basket : Consultant et Plus Encore

Robert Smith est retourné ensuite à Las Vegas et il est actuellement consultant pour la chaine de TV qui diffuse les matches de UNLV « Il bosse avec des gosses et à chaque fois que vous le voyez, il a un sourire sur son visage. Il est absolument merveilleux » appréciait Jerry Tarkanian.

Lorsque Liliane Trévisan lui avait demandé pour Maxi-Basket juste après son incroyable 99/100, le Petit Prince de Monaco avait éclaté de rire. « En fait, j’utilise le même geste, la même technique depuis que je suis junior. Mais ce n’est rien de vraiment spécial. Juste le travail d’un geste. Je ne fais aucun entrainement particulier pour ça. Simplement, j’ai l’habitude de m’exercer à en tirer une cinquantaine par jour. Après, je m’arrête… »

On imagine que Robert a réussit, seul, des séries incroyables, plusieurs centaines de lancers, jusqu’à tard dans la nuit… Ben, non. « C’est amusant parce que je n’ai jamais été au bout de mes possibilités, pour savoir jusqu’à combien je pourrais aller sans m’arrêter. » Son record ? 85. Pas plus.

Lancers Francs : Un Art Maîtrisé, Un Défi Constant

Au basket-ball tu peux rater un lancer-franc, mais pas onze. Tu peux rater deux lancers-francs, mais pas onze. À la limite tu peux rater trois lancers-francs, mais pas onze.

Le 8 décembre 2000, Shaquille O’Neal battait un record NBA que seul lui pouvait atteindre. Celui du plus grand nombre de lancers-francs ratés sans en réussir un seul dans le même match, avec 11 échecs consécutifs. En décembre 2000, le pivot des Lakers sort d’une des saisons les plus dominantes de l’histoire où il a remporté son premier titre de MVP de manière presque unanime et a, dans la foulée, remporté son premier titre de champion NBA. Le 8 du mois, il affronte les Sonics de Seattle dont le pivot est un Patrick Ewing de 72 ans, à peu près. Vous voyez venir le massacre et vous avez raison : 26 points, 17 rebonds, 5 passes décisives et 5 contre pour O’Neal, le tout à 13/24 au tir, franchement c’est du solide. What, 0/11 ?! Est-ce bien possible ? Non, il n’y a aucune erreur. Comme pour sanctionner ce manque d’effort et d’adresse, les Los Angeles Lakers s’inclinent 103 à 95 face à la franchise de Gary Payton. Pour l’histoire, treize jours plus tard, les Lakers ont affronté les Rockets et le Big Cactus a réalisé un hideux 7/22 dans l’exercice. Quinze lancers ratés dans une même rencontre donc.

La NBA a tenté de limiter les effets du hacking cette saison en adaptant son règlement. C'est indéniable, les big men les plus médiocres dans l'exercice vont beaucoup moins souvent sur la ligne. Pour ne rien gâcher, ils shootent mieux ! Parmi les "usual suspects", Dwight Howard va 5.8 fois sur la ligne en moyenne, au lieu de 6.7 fois en 2015-2016, et shoote à 52.4% contre 48.9 l'an dernier.

Les moins fiables de la NBA

On s'est donc demandé qui, étaient, cette saison, les moins shooteurs de free-throws les moins fiables de toute la NBA, en incluant évidemment certains paramètres. On notera par exemple que Dwight Howard a quitté le podium, sans doute aidé par son travail estival sur ce point spécifique, ou que Tristan Thompson, quoi qu'il en dise, est sans doute victime de la malédiction des Kardashian...

3- Tristan Thompson (Cleveland Cavaliers), 49.5%, 2.9 lancers par match, 67 matches disputés.

Pour ceux qui débarquent et qui n’ont jamais connu cette souffrance, on rappelle qu’un lancer franc est un tir effectué depuis la ligne en haut de la raquette suite à une faute commise par l’équipe adverse. Chaque lancer-franc vaut un point. Pour être sanctionné d’un lancer, la faute doit avoir été commise sur un joueur en train de tirer ou se retrouver dans la pénalité (appelée aussi bonus). Comme on se retrouve seul face au panier et à son destin une fois sur la ligne des lancers francs, sans pression de la défense adverse, posé au calme à 4,57 mètres (en NBA, la distance est de trois centimètres supplémentaires en FIBA) du panier, on s’imagine que c’est finger in ze noze pour faire ficelle. En effet, ça parait assez simple, il suffit de taffer un peu son geste en le répétant des milliers de fois en l’entrainement et derrière zou, emballé c’est pesé. Oui mais ça, c’est la théorie. La pratique semble plus compliquée tant certains ont œuvré pour envoyer des parpaings depuis la ligne des lancers francs. Quand un joueur pourtant dominant dans le jeu est aussi nul que Shaq dans cet exercice, la solution est alors toute trouvée : faire faute constamment sur lui pour qu’il galère à rentrer ses lancers francs plutôt que de se faire enfoncer dans la raquette pour un panier facile. Et oui, c’est moche, mais plutôt efficace.

Les Statistiques Étonnantes de Stephen Curry

Stephen Curry affiche des statistiques hallucinantes depuis le début de la saison. Tout le monde ne parle que de lui. Stephen Curry n’est pas seulement en train de réaliser une saison historique, il est en passe d’inscrire son nom dans les annales de la NBA et, potentiellement, de réinventer les lois qui régissent le basket-ball depuis sa création. Et ceci n’est nullement une exagération. Les performances individuelles enregistrées par Stephen Curry actuellement sont révolutionnaires à plus d’un titre. Surtout quand l’une des principales missions de l’équipe adverse est de vous empêcher de marquer le moindre point.

  • Le faire en ne tentant qu’un seul lancer-franc dans le match ? Personne n’a jamais réussi à faire cela.
  • Le seul joueur à s’approcher de ce record est Dana Barros, en 1995, qui avait atteint la barre des 50 points avec seulement 2 lancer-francs selon le site basketball-reference.com. Mais en 42 minutes de jeu, soit 8 minutes de plus que Stephen Curry le 25 février dernier face au Magic d’Orlando.
  • D’ailleurs, Stephen Curry a compilé trois matchs à 50 points ou plus sans jouer plus de 36 minutes cette saison. Une performance réalisée seulement 17 fois depuis la saison 1983-84 (dont trois pour Curry donc).

Après sa sortie irréelle face au Thunder, Stephen Curry a enregistré son 11e match à 40 points ou plus pour cette saison. Soit plus de la moitié de son total en carrière (20). Elu MVP l’an dernier, le numéro 30 des Warriors est définitivement plus fort cette année.

Avec 35 paniers inscrits sur 52 tentatives sur ses tirs situés entre 8,5 et 15,2 mètres (soit outrageusement éloignés de la ligne des trois points qui est à 7,23 mètres du panier), Stephen Curry a marqué plus de points que s’il avait réalisé un dunk à chacune de ses tentatives.

Pas de problème pour Stephen Curry puisque, cette saison, il affiche 50% de réussite sur ce type de tirs. Un pourcentage supérieur à n’importe quel joueur NBA, et ce malgré le fait qu’il prenne quatre fois plus de shoots de cette distance que son premier poursuivant.

En NBA, rares sont les joueurs qui font partis du club très fermé du «50/40/90», soit 50% de réussite aux tirs, 40% à trois points et 90% aux lancer-francs (avec au moins 20 points par match). Seuls Larry Bird (en 1987 et 1988), Dirk Nowitzki (en 2007) et Kevin Durant (en 2013) ont réussi cet exploit. Un club que Stephen Curry devrait intégrer cette saison. Et même complètement réinventer.

Stephen Curry pourrait créer son propre club à la fin de la saison avec un «50/45/90» (avec au moins 20 points par match) jamais vu dans l’histoire. Mieux encore, personne n’a jamais enregistré de telles statistiques au tirs - que ce soit le «50/40/90» ou le «50/45/90» - avec plus de 30 points inscrits en moyenne par match. Stephen Curry, cette saison, tourne à 30,7 points/match.

L’an dernier, le joueur tournait à plus de 8 tentatives par match (8,1) et affichait un pourcentage de réussite de 44,3% en moyenne.

Cette année, il est entré dans une toute autre dimension puisqu’il en est à 11 tirs à trois points en moyenne par match (!!!!!). Avec le pourcentage que l’on connaît. Le seul joueur de l’histoire à s’approcher un temps soit peu de cette marque est Ray Allen… avec 8,4 tirs longue distance en moyenne par match en 2005-2006 et une réussite de 41,2% en moyenne.

En 2013, Stephen Curry éclipsait le record de Ray Allen (toujours pendant la saison 2005-2006) du nombre de tirs à points inscrits en une saison avec 272 tirs (record précédent : 269).

L’an dernier, il a amélioré cette marque avec 286 tirs. Samedi dernier, ses 12 paniers à trois points face au Thunder (qui égal le record de paniers inscrits à trois points sur un match de Donyell Marshall et Kobe Bryant) lui permettait de battre ce record en atteignant le chiffre de 288. Stephen Curry l’a fait à la fin de ce mois de février à Orlando, puis à Oklahoma City. Ce qui porte le total de matchs avec ce nombre de tentatives à trois cette saison.

Le «Player Efficiency Rating» (ou PER) mesure l’efficacité d’un joueur d’un point de vue statistique sur l’ensemble de la saison. Les maîtres incontestés de l’histoire de la NBA concernant cette statistique très prisée outre-Atlantique se nomment Wilt Chamberlain (qui détient les deux meilleures marques avec 31,82 en 1963 et 31,74 en 1962), Michael Jordan (31,71 en 1988) et LeBron James (31,67 en 2009). Un classement qui se joue dans un mouchoir de poche avec des différences infimes.

Le PER de Stephen Curry cette saison : 32,96. Il domine un classement qui comprend les meilleurs joueurs de l’histoire.

Mais là encore, Stephen Curry crée la surprise avec un pourcentage équivalent à celui de Jabbar, soit 33,9%. Soit mieux que la meilleure saison de Wilt Chamberlain, LeBron James ou de Michael Jordan.

Shai Gilgeous-Alexander : L'Étoile Montante

- Brandon Ingram (LA Lakers, 62.6%). Il est presque un anachronisme. À l'heure où les meilleurs extérieurs du monde alternent entre tirs au cercle et bombes à 3 points, Shai Gilgeous-Alexander a conquis le titre de MVP 2024-2025 avec un jeu qui fleure bon les années 1990-2000.

Scoreur « à l'ancienne » , meilleur marqueur de la ligue (32,7 points, plus 5 rebonds et 6,4 passes de moyenne), le Canadien est capable d'énormes coups de chaud (quatre matches à plus de 50 points), et impressionne par sa régularité : en 76 rencontres cette saison, il n'est passé qu'une seule fois sous les 20 unités, en début de saison face aux Spurs (18 points). Ensuite ? 72 rencontres au-dessus de cette barre, une performance jamais vue depuis Michael Jordan en 1991 (voir graphique ci-dessous). Au-dessus du leader du Thunder, ne restent plus que Wilt Chamberlain et Oscar Robertson, à une époque bien lointaine et bien différente.

S'il présente une telle régularité au scoring, c'est parce qu'il est capable de marquer avec une efficacité invraisemblable. 52 % au tir, 89,8 % aux lancers francs, mais aussi 37,5 % à 3 points (sur un joli volume de 5,7 tentatives/match), domaine qui a longtemps été considéré comme son point faible. De quoi afficher une efficacité réelle au tir (TS %) de 63,7 %, un chiffre rare pour un arrière avec un tel volume de jeu. Parmi les 90 fois où un joueur a passé les 30 points sur une saison, l'exercice 2024-2025 de SGA rentre dans le top 10 à l'efficacité (voir graphique ci-dessous)

Côté stats brutes, l'exercice 2024-2025 de Gilgeous-Alexander a tout de la saison à la « Air Jordan » : plus de 30 points, 5 rebonds, 5 passes, 1 interception et 1 contre de moyenne, c'est rare, et le meneur du Thunder a rejoint un club très fermé composé de Michael Jordan (deux saisons), LeBron James (deux saisons), Dwyane Wade et Giannis Antetokounmpo. Si on pousse le curseur à au moins 32 points, il ne reste plus que Jordan et sa folle saison 1987-1988.

Fort de ce premier titre de MVP, Gilgeous-Alexander veut maintenant conduire le Thunder le plus loin possible. En play-offs, où les espaces sont plus rares et où les superstars doivent souvent faire la différence en isolation, ses capacités font merveille. Jusqu'à emmener OKC à son premier titre ?

Cette saison, Shai Gilgeous-Alexander a obtenu 9,3 lancers francs/75 possessions (le nombre de possessions jouées en moyenne chaque match par les meilleurs joueurs). Un chiffre impressionnant, le deuxième plus grand cette saison derrière Giannis Antetokounmpo (11,2), mais « seulement » le 150e de l'histoire. Antetokounmpo détient le record avec 13,7 lancers/75 possessions en 2022-2023.

En haut du classement, on retrouve de nombreux intérieurs (Joel Embiid, Shaquille O'Neal, Dwight Howard, David Robinson). Le premier extérieur du classement est James Harden, 17e avec ses 11,2 lancers/75 possessions en 2019-2020. Michael Jordan est 21e, (11,1 lancers/75 possessions en 1986-1987). Gilgeous-Alexander avait fait plus en 2022-2023 avec 10,9 lancers, la 34e moyenne de l'histoire sur une saison (stats via basketballreference).

Tableau comparatif des statistiques des joueurs mentionnés

Joueur Pourcentage de réussite aux lancers francs Points par match Rebonds par match Passes décisives par match
Robert Smith (NCAA 1976-77) 92.5% - - -
Robert Smith (NBA) 87.7% 5.0 - -
Steve Nash (Carrière NBA) 90.43% - - -
Stephen Curry (Saison actuelle) - 30.7 - -
Shai Gilgeous-Alexander (2024-2025) 89.8% 32.7 5 6.4

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