Le Japon est certainement bien plus connu pour les mangas que pour le football. Pourtant, le Pays du soleil levant a bien la culture du cuir rond. Il compte même des joueurs très talentueux, dont des milieux de terrains. Qui sont-ils ? Comment ont-ils fait carrière ?
Voici un aperçu des joueurs japonais les plus marquants de l'histoire du football, de l'emblématique Kazuyoshi Miura aux stars plus récentes comme Hidetoshi Nakata et Keisuke Honda.
Japan's top goals from the FIFA World Cup
Kazuyoshi Miura : La légende éternelle

Kazuyoshi Miura, dit « King Kazu », est l’une des plus grandes légendes du football, de par sa longévité professionnelle. Sur les traces de Pelé, le Japonais, Brésilien d’adoption, a marqué l’histoire de son sport à l’international. Récit.
37. C’est le nombre d’années qui se sont écoulées depuis la première apparition de Kazuyoshi Miura sur un terrain de football professionnel. Star au Japon, l’attaquant âgé aujourd’hui de 55 ans bat tous les records, et écrit désormais sa légende à l’international. Dimanche, l’ancien international japonais est devenu le plus vieux footballeur à fouler une pelouse portugaise avec son club d’Oliveirense (D2 Portugaise).
Mais plus qu’un joueur, « King Kazu » est devenu un symbole de son sport. Comme le « roi du football » Pelé, Miura a commencé sa carrière professionnelle dans le mythique club brésilien de Santos. Surprenant pour un joueur japonais, vous dites-vous peut-être… Totalement ! Et il est d’ailleurs le premier à avoir eu le courage de quitter le Japon pour évoluer à l’étranger.
Très tôt, le jeune Kazuyoshi rêve de devenir footballeur professionnel. Mais au Japon, le football n’est pas suffisamment développé et aucune ligue professionnelle n’existe. Ainsi, à 15 ans, il n’a pas d’autre choix que de quitter le pays au Soleil Levant. Direction le Brésil, où s’y trouve une importante communauté japonaise.
La raison étant qu’à la fin du XIXᵉ siècle, le Brésil s’est tourné vers l’immigration à la suite de l’abolition de l’esclavage dans le pays. Ainsi, près de 800 fermiers japonais venus d’Okinawa ont débarqué dans le port de Santos pour venir travailler dans les plantations de café proches de São Paulo.
Comme dans son pays d’origine, Miura est au-dessus du lot et tape dans l’œil de Santos en 1986. Club qu’il connaît bien puisque Pelé, considéré comme le meilleur joueur de tous les temps, y avait passé toute sa carrière de 1956 à 1974. Douze ans après les derniers pas du Roi, ce sont ceux du jeune Miura, 18 ans, qui sont effectués au Stade Urbano-Caldeira.
Néanmoins, son destin ne sera pas le même que Pelé puisqu’il ne disputera que 13 matchs en quatre ans. Son parcours brésilien, unique, aurait pu inspirer bon nombre de dessinateurs de manga. Mais c’est plutôt l’inverse. En fait, c’est justement le manga Captain Tsubasa qui lui a donné l’envie de s’expatrier au Brésil pour commencer sa carrière.
Néanmoins, ce qui est vrai, c’est que sa ressemblance avec l’histoire d’Olivier Atton lui a donné l’image d’une star dans son pays ainsi que son nom « King Mazu » en référence au « Roi Pelé ».
En 1990, après son aventure brésilienne, Miura décide alors de rentrer au pays puisque le football est en plein développement. Et seulement trois ans plus tard, il effectue ses premiers pas en professionnel au Japon avec son club du Verdy Kawasaki et remporte les deux premiers championnats de l’histoire (la JLeague a été créée en 1993). Là-bas, il devient l’un des meilleurs joueurs du championnat et inscrira 133 buts en 239 matchs lors de ses huit années passées au club.
Star de la sélection nationale, Kazuyoshi Miura a la volonté de porter son pays vers sa toute première Coupe du monde de son histoire et en fait celle de 1994 un objectif. Le Japon est d’ailleurs considéré comme la meilleure équipe d’Asie puisqu’elle avait remporté la Coupe d’Asie chez elle en 1992. Compétition durant laquelle Miura avait terminé meilleur joueur.
Lors du barrage final à la qualification, le Japon affronte l’Irak pour décrocher son tout premier ticket à un Mondial. Comme attendu, « King Kazu » porte son équipe vers le succès mais un but à la toute dernière minute de l’Irak élimine le Japon. Une tragédie immense pour Miura et le football japonais, connu aujourd’hui comme la « tragédie de Doha ».
Quatre ans plus tard, le Japon décroche cette fois son ticket pour le Mondial 1998 en France. Mais à la surprise générale, « King Kazu » ne fera pas partie du voyage car le sélectionneur Takeshi Okada veut privilégier le groupe et ne veut pas du « Brésilien excentrique » Miura. Une décision qui poussera la star japonaise à prendre sa retraite nationale.
Alors qu’il avait tenté deux expériences en Europe entre 1995 et 1998, d’abord au Genoa puis à Zagreb, Miura va attendre la « fin de sa carrière » pour battre tous les records. En 2005, alors âgé de 38 ans, il rejoint le club du Yokohama FC en deuxième division japonaise. En 2014, alors âgé de 47 ans, il devient le plus vieux joueur à évoluer dans le championnat. En 2017, il devient cette fois le plus vieux buteur de l’histoire du football à 50 ans et 7 jours.
Trois ans plus tard, il dépasse le record du plus vieux joueur à prendre part à un match professionnel dans l’histoire du football. Dimanche 23 avril 2023, grâce à son entrée en jeu avec le club d’Oliveirense (club appartenant au Yokohama FC), où il est prêté, il a battu le record du plus vieux joueur en activité en Europe devant un certain Gianluigi Buffon.
Hidetoshi Nakata : Le pionnier en Italie

Aujourd’hui âgé de 45 ans, Hidetoshi Nakata a mis fin à sa carrière en 2006, alors qu’il n’était âgé que de 29 ans. Cependant, il reste l’un des joueurs japonais qui aura le plus marqué l’histoire du football nippon. Né en 1977, il est sélectionné pour la première fois en 1995, alors qu’il n’avait que 18ans.
Sa renommée, Hidetoshi Nakata la doit principalement à son parcours en tant que footballeur international. En effet, c’est en Italie que se déroule la majorité de sa carrière, ce qui lui permet de devenir l’un des joueurs d’origine asiatique les plus populaires à l’international.
Né à la fin des années soixante-dix au Japon, rien ne prédestinait le jeune garçon originaire de la province de Yamanashi à devenir l'un des footballeurs les plus bankables de la planète. À cette époque, le Pays du Soleil Levant n'est pas encore une terre de football même si la Japan Soccer League voit le jour au milieu des années soixante.
L'émergence du manga culte Captain Tsubasa publié dès 1981 et diffusé à partir de 1983 au Japon puis en 1988 en France, contribue à la popularisation de ce sport auprès des jeunes garçons japonais à l'instar d’Hidetoshi Nakata, mais également faire des vocations comme le raconte Fernando Torres à des journalistes japonais en marge de la Coupe du Monde des Clubs 2012 disputée au Japon avec Chelsea : « Je me souviens que lorsque j'étais enfant, nous ne trouvions pas vraiment le signal à la télévision, mais tout le monde à l'école parlait de ce dessin animé sur le football, en provenance du Japon. C'était une série qui s'appelait Oliver y Benji en Espagne et ces deux jeunes joueurs ont commencé en équipe de jeunes, sont entrés dans l'équipe nationale, ont gagné la Coupe du Monde et sont partis à Barcelone et au Bayern Munich, donc c'était comme un rêve. J'ai commencé à jouer au football à cause de ça. Je voulais être Oliver ».
Lors d'un entretien avec la FIFA, Hidetoshi se souvient : « Au Japon, il y a vingt ou trente ans, le base-ball était très populaire et le football n'en était qu'à ses débuts. Je n'avais donc aucun héros, aucune équipe de rêve, mais il y avait un dessin animé, appelé Captain Tsubasa, et quand je l'ai lu, j'ai vraiment aimé le football. Je pensais jouer au baseball ou au football et j'ai choisi le football ».
Ce choix intervient quand il intègre la Nirasaki High School et rejoint l'équipe de son lycée pour disputer les prestigieux tournois scolaires du pays. De 1992 à 1994, le novice démontre de belles prédispositions pour le ballon rond et des qualités athlétiques intéressantes au point d'être convoqué avec les U17 et les U20 du Japon.
En 1993, Nakata participe à la Coupe du Monde U17 et inscrit un but, même si son pays stoppe sa course en quarts de finale contre le Nigeria. Diplômé et espoir en devenir, le jeune homme a l'embarras du choix.
Professionnelle depuis 1993, la J-League veut promouvoir le championnat à travers des joueurs locaux même si des joueurs étrangers tels que Ramón Díaz, Dunga, Jorginho, Dragan Stojković ou Zico s'engagent en faveur de clubs nippons pour permettre le développement de la ligue. Le Bellmare Hiratsuka (actuel Shonan Bellmare) obtient la signature du jeune talent alors âgé de dix-huit ans.
Rapidement, Nakata se distingue en tant que meneur de jeu et gagne ses galons de titulaire avec notamment huit buts au compteur dès sa première saison. Ses performances lui permettent de participer à la Coupe du Monde U20 1995 au cours de laquelle il inscrit un corner direct contre l'Espagne.
En fin d'année, après avoir sorti Yokohama Flügels, le tenant du titre, en demi-finale, il marque et remporte son premier titre en club avec la Coupe d'Asie des vainqueurs de Coupe. Convoqué pour les Jeux Olympiques d'Atlanta de 1996, Hide continue sa progression.
Une courte expérience puisque le Japon ne sort pas de son groupe composé du Brésil (future médaille de bronze), de la Hongrie et du Nigeria (future médaille d'or). Si Bellmare Hiratsuka ne fait pas d'étincelles en championnat lors de son passage au club, Nakata tire son épingle du jeu avec une nomination dans le XI de J-League 1997 et deux titres de footballeur asiatique de l'année en 1997 et 1998.
La même année, il décroche sa première cape et, avec cinq buts, prend activement part à la première qualification de son pays pour une phase finale de Coupe du Monde. C'est en France qu'il est repéré notamment grâce à ses cheveux teintés en orange. Il peut alors suivre les pas du premier Japonais à avoir évolué en Serie A : le célèbre Kazuyoshi Miura prêté au Genoa lors de la saison 1994/95.
Quand il arrive en Ombrie, la perplexité est de rigueur dans la Péninsule. Encore peu connu en Europe, le Japonais est surtout vu comme un coup marketing et une machine à cash grâce à ses multiples contrats publicitaires avec des grandes marques internationales. Le joueur a même un site internet à son nom (une rareté à l'époque) auquel il attache une grande importance passant cinq heures par jour à répondre personnellement à ses milliers de fans.
Pourtant, Nakata est déjà venu en Italie auparavant comme il le déclare plus tard à TMW Magazine : « Avant Pérouse, la Juventus est venue me chercher. Quand j’avais dix-neuf ans, j’ai eu un essai là-bas, mais pendant un mois, je ne me suis même pas entraîné avec l’équipe première. C’est à ce moment-là que je suis retourné au Japon, mais j’ai toujours pensé que je voulais retourner jouer en Italie. Après la Coupe du Monde, c’est là que j’ai signé avec Pérouse. Il y avait beaucoup d’équipes après moi, mais Pérouse semblait être la meilleure option à l’époque ».
La ville de Pérouse devient une étape incontournable pour les touristes nippons en visite dans la Botte. Pas moins de cinq mille fans se rendent en Italie pour assister à ses débuts. Et ils sont pas déçus.
Lors de la première journée de Serie A, Perugia accueille le champion en titre et dernier finaliste de la Champion's League : la Juventus de Davids, Del Piero, Deschamps, Inzaghi et Zidane. Sous une pluie abondante, la Vecchia Signora gère une confortable avance rapidement acquise comme l'indique le score à la pause (0-3). Mais au retour des vestiaires, la nouvelle recrue japonaise s'illustre.
Trouvé sur le côté droit de la surface de réparation, il trompe Peruzzi, dans un angle assez fermé, d'une puissante frappe du droit au premier poteau. Six minutes plus tard, à la suite d'un corner, le ballon arrive sur le gardien turinois qui dégage du poing directement dans les pieds de Nakata qui reprend de volée et inscrit un doublé. L'espoir n'est que de courte durée puisque l'Uruguayen Daniel Fonseca redonne de l'air aux Bianconeri. Le but de Bernardini sur penalty à deux minutes du terme n'est finalement qu'anecdotique.
Ce qui ne l'est pas, c'est la prestation du numéro 7 japonais. Le calcio connaît désormais Hidetoshi Nakata. Le fils du président Gaucci, Antonio, déclare alors dans la presse : « Nous avons été intelligents mais aussi chanceux dans notre achat de Nakata. Franchement, nous avons découvert qu'il est encore meilleur que nous le pensions.
La suite de la saison donne raison aux dirigeants de Perugia. Buteur à nouveau contre la Lazio, Vicenza, Piacenza, la Fiorentina, l'Udinese, Milan, Hide contribue au maintien de son club grâce à ses dix buts. Économiquement, sa présence permet à la ville de Pérouse d'augmenter de 800% la fréquentation des touristes japonais avec 30 000 visiteurs en 1999.
En moyenne, les fans japonais sont environ trois mille à chaque match pour voir les prouesses de leur compatriote. Le club empoche aussi de belles retombées financières grâce au merchandising. L'arrivée de Carlo Mazzone sur le banc, qui succède à Vujadin Boškov, venu lui-même remplacer Ilario Castagner, conjuguée à celle de Nicola Amoruso en attaque et de Marco Materazzi en défense, permet au club de se renforcer à l'aube de la saison 1999/00. Perugia réalise une bonne première partie de saison.
Si Antonio Gaucci avait annoncé que Nakata était intransférable quelques mois plus tôt, l'offre de la Roma et la perspective de réaliser une énorme plus-value incitent son père à le vendre. Une opération gagnant-gagnant pour toutes les parties. Perugia récupère trente milliards de lires, soit près de quinze millions et demi d'euro, plus la signature de Dmitri Alenitchev. La Roma de Fabio Capello, qui a demandé personnellement le joueur à ses dirigeants, renforce son effectif et va générer de juteux profits (droits TV en Asie, merchandising, etc.).
Nakata évolue désormais dans une équipe plus huppée et accentue encore sa popularité. Ses nouveaux coéquipiers se nomment Cafu, Vincenzo Montella ou encore Francesco Totti. Il ne lui faut pas longtemps pour se mettre en évidence. Hasard du calendrier, c'est face à Perugia que Nakata marque son premier but giallorosso bien aidé par le gardien adverse Andrea Mazzantini.
Sur un long ballon en direction de Montella, Mazzantini tente de s'en emparer mais percute l'un de ses défenseurs et relâche la balle dans les pieds de l'Aeroplanino. Le bomber romain remise en retrait pour Hide à l'entrée de la surface de réparation. Le Japonais ne tergiverse pas et trouve le but d'un astucieux ballon lobé empêchant une intervention des défenseurs revenus vers leur cage. Le match suivant, il récidive contre la Fiorentina puis en avril 2000 contre l'Udinese, où bien servi par Paolo Poggi dans le dos de la défense frioulane, il lobe finalement le gardien Luca Turci. À l'issue de cette première moitié de saison, la Roma finit à la sixième position.
Malgré la folie ambiante qui entoure le club romain, Hidetoshi conserve une certaine réserve et n'apprécie pas spécialement les flashs ou les interviews. Très professionnel, il s'intéresse uniquement à ce qui se passe sur le terrain. Pas en dehors. Une rumeur dit même que parfois il ne connaissait même pas le classement. Si Capello l'avait installé au milieu de terrain juste derrière le trident offensif Delvecchio, Montella et Totti pour créer le jeu, entouré de Tommasi et Di Francesco pour s'occuper des tâches défensives, le coach frioulan change d'idée au début de la saison 2000/01.
Les arrivées de Batistuta, Emerson et Samuel renforcent un effectif déjà bien fourni et le scudetto devient alors l'objectif principal. Un titre justement gagné par la Lazio quelques semaines auparavant. Face à la concurrence, Capello décide de faire de Nakata le remplaçant de luxe de Francesco Totti. Une décision également imposée par la règle des trois joueurs non-UE maximum par match. Deux places sont occupées, quasiment en permanence, par les Argentins Batigol et Samuel. Il ne reste donc qu'une seule place pour le Japonais et le Brésilien Marcos Assunção qui se partagent le temps de jeu. La Roma est une vraie machine lors de cette saison avec un trio d'attaque de folie (Batistuta vingt buts, Montella et Totti treize buts). Nakata joue moins et a peu d'occasions de se mettre en évidence.
Pourtant, avec les suspensions de Totti et de Samuel, il retrouve une place de titulaire contre l'Udinese en avril 2001 et montre qu'il n'a rien perdu de ses qualités. Nakata hérite du ballon au milieu du terrain et lance parfaitement Cafu dans son couloir droit grâce à une magnifique transversale. Le Brésilien s'avance, lève la tête et envoie une merveille de centre pour Hidetoshi qui a poursuivi son action. Complètement esseulé dans la surface, il conclut d'une superbe volée de l'intérieur du droit. « Je suis content - pour moi et pour la Roma », déclare le Japonais à l'issue du match et ajoute, « je suis revenu dans le onze de départ et j'ai aussi marqué - même si je dois remercier Cafu pour cela.
Mais la masterclass de sa saison intervient quelques jours plus tard lors du déplacement à Turin contre une Juventus toujours en course pour le titre. Et Del Piero et Zidane mettent la Juve sur de bons rails avec deux buts à la quatrième et à la sixième minute. À l'heure de jeu, Capello tente alors un coup de poker en lançant Marcos Assunção à la place de Cristiano Zanetti et Hidetoshi Nakata pour un Francesco Totti incrédule.
Vingt minutes après son entrée sur le terrain, il gratte un ballon dans l'entrejeu, s'avance jusqu'aux vingt-cinq mètres et déclenche une lourde frappe du droit qui se loge dans la lucarne d'un Edwin van der Sar impuissant. La Roma se jette à l'attaque pour tenter d'arracher le nul. Quand l'arbitre assistant annonce cinq minutes de temps additionnel, Nakata décale Candela sur le flanc gauche. Le Français tente de centrer en première intention mais son ballon est repoussé par la défense. L'ancien guingampais récupère et ressort le ballon pour le Japonais. Sans hésiter et en dépit de la distance, il arme un tir si puissant du droit que le gardien batave n'arrive qu'à repousser. À l'affût, Montella est plus rapide que la défense et pousse le ballon au fond des filets. Les tifosi giallorossi exultent dans la tribune visiteur.
Héros du jour, Nakata déclare humblement après la rencontre : « J'ai vu l'ouverture et j'ai foncé. Dans son autobiographie écrite avec Paolo Condò, Totti raconte : « Je cours vers Nakata pour le serrer dans mes bras et l'embrasser, tout le monde est déjà sur lui, il a son habituel sourire tranquille, il se protège presque. Je lui crie à l'oreille "Tu es un mythe Hide !", plusieurs fois, et finalement il se retourne, s'exclame "Merci !" et s'en va ».
Appelé avec sa sélection pour disputer la Coupe des Confédérations (qui se joue du 30 mai au 10 juin), il emmène les Samurai Blue jusqu'en finale en marquant le but décisif face à l'Australie, mais ne participe pas à la finale perdue contre la France pour revenir prendre part au titre romain, un scudetto attendu depuis dix-huit ans dans la capitale italienne. Encore une fois, Francesco Totti s'amuse du décalage entre lui et son coéquipier : « Je suis immédiatement impliqué dans les chants et les danses, je trinque avec tout le monde et je suis étonné et amusé par Nakata, qui est assis dans un coin à lire un livre dans ce chaos.
À l'intersaison, la Roma achète l'enfant terrible de Bari : Antonio Cassano et cède Nakata à Parme pour soixante milliards de lire, soit environ trente millions d'euro. Orpheline de Buffon et Thuram partis à la Juventus, l'équipe parmesane connaît un début de saison compliqué avec une piteuse élimination dès le troisième tour préliminaire de Champion's League et de mauvais résultats en championnat.
De son côté, Hide soigne son arrivée avec le but décisif de la victoire contre Brescia, le seul succès de l'équipe lors des neuf premières journées. Renzo Ulivieri démissionne en automne et Daniel Passarella est viré avant Noël après cinq défaites consécutives. L'équipe est confiée à Pietro Carmignani qui stoppe l'hémorragie et parvient à redresser le classement de l'équipe jusqu'à la moitié du classement (dixième).
Mais Parme sauve sa saison grâce à une belle victoire en Coppa Italia et Nakata y joue un rôle prépondérant en marquant en demi-finale aller contre Brescia et en finale aller face à la Juventus. Âgé de vingt-cinq ans, le Japonais est au top de sa popularité. Sa carrière en Europe inspire une génération de jeunes talents nippons. Ce n'est plus un rêve inaccessible.
La Coupe du Monde 2002 organisée en Asie, conjointement par la Corée du Sud et le Japon, participe également à cet engouement po...
Au cours de sa carrière, il a obtenu plusieurs distinctions, entre autres celui de meilleur joueur japonais et sportif japonais de l’année (1997), footballeur asiatique de l’année (1997-1998), meilleur joueur de la coupe d’Asie de l’Est (1998). À la fin de sa carrière, il a été élu chevalier de l’ordre de l’étoile de la solidarité italienne (2005) et chevalier de l’ordre du mérite de la République italienne (2006).
Keisuke Honda : Le milieu de terrain globe-trotter

Au Japon, le nom de Keisuke Honda est certainement le second qu’on cite après celui de Hidetoshi Nakata. Né le 13 juin 1986, il commence sa carrière dans le football par un parcours junior dans 3 clubs locaux de 1994 à 2004. En 2004, alors qu’il était encore étudiant au sein du club Nagoya Grampus Eight.
Lors de son premier match en J-League, une passe décisive dont il est l’auteur le place sous le feu des projecteurs et lui permet de participer à une saison entière, avant de devenir joueur régulier.À partir de là, sa carrière professionnelle va s’envoler pour ne plus jamais s’arrêter.
Keisuke Honda joue essentiellement comme milieu de terrain, même s’il a aussi souvent joué en tant qu’ailier droit. Entre 2008 et 2022, il a parcouru 10 clubs à travers le monde (Pays-Bas, Russie, Italie, Brésil, Mexique, Australie, Portugal, Lituanie, Azerbaïdjan). Il a à son actif plusieurs sélections en équipe nationale des moins de 20 ans (2005), des moins de 23 ans (2006-2008) et en équipe séniore (2008-2018).
Après l’élimination du Japon en huitième de finale face à la Belgique, lors de la Coupe du monde 2018, Keisuke Honda annonce sa retraite internationale. Il se reconvertit en tant qu’entraîneur.
Autres joueurs notables
Outre les trois légendes mentionnées ci-dessus, plusieurs autres joueurs japonais ont marqué l'histoire du football :
- Masami Ihara : Un défenseur central solide qui a joué un rôle clé dans la qualification du Japon pour la Coupe du Monde 1998.
- Yoshikatsu Kawaguchi : Un gardien de but emblématique qui a gardé les cages de la sélection japonaise pendant plus de dix ans.
- Hiroshi Nanami : Un milieu de terrain créatif qui a brillé en J-League et en équipe nationale.
- Shinji Ono : Le premier joueur japonais à remporter un trophée européen, la Coupe UEFA avec Feyenoord en 2002.
- Shinji Okazaki : Champion d'Angleterre avec Leicester City en 2016.
- Yuto Nagatomo : Un latéral gauche polyvalent qui a joué pour de grands clubs européens comme l'Inter Milan et Galatasaray.
Cette liste n'est pas exhaustive, mais elle donne un aperçu des nombreux talents que le Japon a produits au fil des ans. Ces joueurs ont non seulement contribué au développement du football japonais, mais ont également inspiré des millions de jeunes à travers le pays à poursuivre leurs rêves sur le terrain.