Le Thunder d'Oklahoma City en route vers le meilleur démarrage de l'histoire en NBA

Pour expliquer le fascinant début de saison du Thunder, le pivot Chet Holmgren a listé trois ingrédients : « l'exigence », « le respect mutuel » et le « plaisir à jouer ensemble ». Simple, basique.

« Au final, tout cela consiste à tirer des leçons de chaque expérience, qu'elle soit positive ou négative, qu'il s'agisse d'un match serré ou d'une victoire écrasante, a développé l'actuel deuxième meilleur marqueur de la franchise d'Oklahoma City. Il s'agit simplement de continuer à apprendre, à progresser et à prendre du plaisir. »

C'est ce qui transpirait du quart de finale de NBA Cup jeudi face à Phoenix, la pire défaite de l'histoire des Suns (138-89). Un succès qui permet au Thunder de rester invaincu à domicile après 12 rencontres, mais surtout d'égaler le meilleur démarrage de l'histoire en saison régulière : comme les Warriors de 2015-2016, OKC a lancé sa saison de champion en titre avec 23 victoires pour une défaite.

Avec un bilan de 23 victoires pour seulement une défaite, OKC réalise le deuxième meilleur démarrage de l'histoire de la NBA, à égalité avec les Knicks de 1969/70 et derrière les fameux Warriors de 2015/16, qui avaient lancé leur saison avec un 24-0 avant de s'incliner face aux Bucks.

Sans Shai Gilgeous-Alexander, le Thunder a pulvérisé le Jazz (101-131) et est donc à 23-1, signant ainsi le 3e meilleur démarrage de l'histoire de la NBA en saison régulière.

Le Thunder signe donc sa 15e victoire de suite, et s'offre, avec un bilan de 23-1, le 3e meilleur démarrage de l'histoire de la saison régulière.

Faut-il vraiment s’attarder en détail sur le match du Thunder cette nuit dans l’Utah ? Pas vraiment.

En dominant largement le Jazz de Utah (101-131), la bande à Shai Gilgeous-Alexander a signé un 15e succès de rang en NBA.

Déjà devant au tableau d'affichage à la fin du premier quart-temps (20-45), OKC a compté sur les 25 points de Jalen Williams (8 passes) et Chet Holmgren (9 rebonds) pour contrôler la franchise de l'Utah. L'écart a même grimpé à 42 unités au début du 4e quart.

Shai Gilgeous-Alexander (Oklahoma City)

Top 10 des Meilleures Actions de Chaque Équipe – Saison NBA 2025

Face à cette titanesque domination, forcément, la chasse au record historique de victoires en NBA semble lancée : les 73 succès pour 9 défaites des mêmes Warriors, ceux d'un Stephen Curry à son apogée.

Un record dans les cordes de ce collectif au jeu bien huilé, à la défense de fer, porté par une harmonie rare, dans la continuité du jeune groupe champion 2025 (des 16 joueurs utilisés cette saison, seuls deux - et ce sont des éléments de rotation - n'étaient pas là la saison dernière) ? Quand on voit que son seul revers jusqu'ici ne s'est joué qu'à deux points seulement (121-119 contre Portland, le 6 novembre), l'idée ne semble pas saugrenue.

Pour entrer dans ce club très fermé, il faudra ne pas remplir l'infirmerie et bien gérer un calendrier intense.

Si ce début de saison historique bluffe autant, c'est aussi par l'aisance affichée par le groupe, qui inflige en moyenne 15 points d'écart à son adversaire. Et le technicien Mark Daigneault n'a même pas pu compter sur son effectif au complet (le All-star Jalen Williams a par exemple manqué les 19 premiers matches sur blessure).

Le staff du Thunder, qui s'appuie sur un large réservoir de joueurs, sait aussi préserver ses stars. À l'image de son MVP Shai Gilgeous-Alexander (32,8 points en moyenne par match, record en carrière), mis au repos pour la première fois il y a trois jours (victoire face au Utah Jazz 101-131) et régulièrement ménagé lors des derniers quarts. Preuve aussi que le record ne semble pas la priorité.

OKC reste actuellement sur 15 victoires de suite, record de la franchise.

« Il ne faut pas se focaliser sur la série de victoires, a rappelé Daigneault à ESPN, soulignant le potentiel de développement de ses joueurs, y compris les leaders. Il faut simplement se concentrer sur la possession suivante, progresser le lendemain, gagner le prochain quart-temps et être compétitif lors du prochain match. Si on fait ça et qu'on reste concentré sur ce processus, parfois on finit par enchaîner les victoires. Mais il est important de comprendre qu'on a encore beaucoup de progrès à faire. »

L'objectif final prime : conserver sa couronne, ce qu'aucune équipe n'a réussi à faire depuis 2018. Un discours répété. Pour ne pas vivre le cauchemar des Warriors en 2016 : s'ils ont marché sur la phase régulière, Golden State a plié en finale face aux Cavaliers de LeBron James et ce, après avoir mené 3-1 dans la série. Du jamais vu.

En attendant les play-offs, OKC, a l'occasion de battre ces prochaines semaines un autre record de début de saison des Warriors (29-2 cette année-là).

Aucune équipe NBA n’a été en mesure de faire le doublé depuis les Warriors de Stephen Curry, Kevin Durant, Klay Thompson, Draymond Green et compagnie en 2018. Une équipe qui comptait alors au moins quatre futurs Hall Of Famers. C’est la mission périlleuse qui attend le Thunder cette saison.

Un mois après le début de cette campagne dans la peau du chassé, le champion en titre semble déjà plus fort que jamais. Et surtout sans concurrence ou presque, aussi bien dans sa Conférence que dans le reste du pays.

Oklahoma City a remporté 15 de ses 16 premiers matches. Mais au-delà du bilan exceptionnel, c’est surtout le sentiment de domination totale qui marque les esprits.

Comme si rien ne pouvait arriver à ce groupe, comme s’il maîtrisait complètement son sujet des deux côtés du terrain et comme s’il allait gagner chaque rencontre quelles que soient les circonstances de jeu ou les absents. Le Thunder n’est même pas encore à pleine puissance, même pas encore au complet, et il est déjà nettement au-dessus du lot.

Les joueurs de Mark Daigneault sortent pourtant d’un exercice historique bouclé avec 68 victoires, le quatrième meilleur bilan de tous les temps, tout en battant le record NBA de la plus grande marge de victoires sur une saison (+12,57) et celui du nombre de succès par 10 points d’écart ou plus (55). Faire mieux semblait quasiment impossible.

Ils sont pourtant lancés sur des bases encore plus effrayantes.

Une équipe championne en titre encore plus forte

Toujours portés par le MVP Shai Gilgeous-Alexander (32 points, 5 rebonds et 6 passes par match à 53% aux tirs et 38% derrière l’arc pour l’instant), le Thunder possède la cinquième meilleure attaque de la ligue avec 118,1 points sur 100 possessions.

Le tout en l’absence de Jalen Williams, deuxième All-Star de l’équipe qui tournait à 21 points de moyenne l’an dernier et qui se remet actuellement d’une opération du poignet.

Chet Holmgren devance Nicolas Batum lors du match entre OKC et les Los Angeles Clippers

D’autres joueurs se sont révélés en son absence. Chet Holmgren, par exemple, est en train de passer un cap offensivement. Il a grimpé à 20 points de moyenne contre 15 en 2025. Parce qu’il maîtrise mieux son corps, ses gestes, son timing, etc. Ses drives sont plus percutants. Et de manière générale, l’intérieur a gagné en efficacité. Il affiche un incroyable 59% de réussite aux tirs et 38% derrière l’arc. Cette version d’Holmgren peut hausser d’un cran le niveau de sa formation.

Surtout que la franchise s’est trouvé un sixième homme capable de scorer. Le seul registre qui lui manquait jusqu’à présent. Et personne ne l’avait vu venir. Ajay Mitchell, drafté au second tour l’an dernier à sa sortie d’une fac moins en vue (Santa Barbara), très peu utilisé pour sa saison rookie, est à la fois un candidat au trophée de meilleur sixième homme et de joueur ayant le plus progressé. Il est actuellement le troisième meilleur marqueur d’OKC avec 16 points par match. Grâce à lui, Mark Daigneault peut parfois aligner cinq remplaçants ensemble et tout de même avoir un joueur capable de créer son propre tir et de débloquer des situations compliquées.

Les titulaires peuvent se reposer plus longuement, ce qui, sur l’ensemble d’une longue saison, fait clairement des différences. Aucun joueur ne passe plus de 30 minutes sur le terrain à l’exception de Gilgeous-Alexander (33 minutes). Ce dernier est même souvent déjà au chaud sur le banc dans les quatrièmes quart-temps, quand les matches sont déjà pliés.

Parc que le champion montre une capacité incroyable à l’emporter quels que soient les joueurs présents ou forfaits.

Mais c’est surtout en défense que SGA et ses coéquipiers sont encore plus impressionnants. Déjà titulaires du meilleur rendement de ce côté du parquet l’an dernier avec 106 points encaissés par 100 possessions, ils ont fait baisser ce chiffre à 102,7 depuis le début de la saison. Leur "net rating" de +15,4 constituerait un nouveau record NBA s’ils le tenaient sur 82 matches.

Le Thunder lancé vers une saison historique

Ils vont peut-être réussir la meilleure campagne de tous les temps pour un champion en titre. Voire même la meilleure saison de tous les temps. Pour ça, ils ont tout de même encore du chemin à faire. Le record absolu est détenu par les Warriors de 2016, vainqueurs de 73 matches. Golden State avait notamment débuté par 24 victoires de suite. Seule une autre équipe a déjà atteint ce plateau des 70 victoires, à savoir les Bulls de 1996 (72 succès). Avec 15 victoires en 16 matches, le Thunder est dans les temps de passage pour atteindre les 70 "W". Ils dominent même plus franchement leurs adversaires que Golden State (+10,6, même pas premier au "net rating" cette saison-là) ou Chicago à leurs époques respectives.

Les 74 victoires sont peut-être dans leurs cordes mais… ont-ils seulement intérêt à essayer d’aller les chercher ? Le Thunder a beau être une équipe jeune, chasser un tel record demande une énorme débauche d’énergie physique et surtout mentale. Chaque défaite prend plus de place dans les têtes que ce qu’elle ne le devrait. Il est bon de rappeler que les Warriors, par exemple, s’étaient écroulés alors qu’ils menaient 3-1 en finales NBA l’année de leurs 73 succès.

Sauf que la concurrence paraît moins rude pour OKC. Parce que ce groupe étouffe ses adversaires. "Qui n’a pas pris une claque contre eux ?", questionnait Stephen Curry. Tout le monde subit. C’est même à se demander s’il y a une équipe capable de contester la domination du Thunder. Seuls les Nuggets semblent éventuellement avoir réellement la capacité à gêner le champion sur une série au meilleur des sept manches. Ils l’ont fait lors des derniers playoffs avant de s'incliner.

"J’ai le sentiment que nous n’avons pas joué notre meilleur basket, même si nous avons gagné", avouait Gilgeous-Alexander à propos du run victorieux de son équipe.

C’est avec un effectif restreint que le Thunder se rendait à Salt Lake City puisque Shai Gilgeous-Alexander, Isaiah Hartenstein ou encore Alex Caruso n’étaient pas en tenue.

« Les gars ont fait preuve d’un grand professionnalisme notamment en début de match tant en attaque qu’en défense, »se réjouit Mark Daigneault. « Nous avons très bien défendu en les forçant à se battre pour chaque point ensuite nous avons bien fait circuler le ballon en attaque, ce qui nous a permis de prendre des bons tirs.

Si Jalen Williams et Chet Holmgren ont tous les deux mis 25 points, le Thunder a aussi été porté par l’apport de son banc. Ousmane Dieng s’est montré avec 14 unités avec quatre tirs à 3-points réussis (record en carrière égalé), mais celui qui a fait beaucoup parler c’est Branden Carlson.

Originaire de l’Utah, il a ainsi pu profiter des différentes absences pour jouer 24 minutes, et le pivot a surtout réalisé une magnifique entrée en jeu dans le premier quart-temps en réussissant trois tirs à 3-points et un poster sur Isaiah Collier.

« Nous avions un peu d’avance quand il est entré en jeu et dans ces conditions, le match peut basculer d’un côté comme de l’autre, »rappelle l’entraîneur du Thunder. « Quand vos remplaçants entrent et qu’ils creusent l’écart, cela donne vraiment le ton. Son petit coup de chaud a vraiment changé le match pour nous.

Branden Carlson, de son côté, s’est réjoui de cette jolie prestation devant son public natal : « C’est génial. C’est toujours amusant de revenir ici. Pouvoir jouer et performer, cela rend les choses encore meilleures.

Au final, le Thunder s’impose 131 à 101 et valide un 15e succès consécutif.

Le calendrier du champion en titre jusqu'à Noël le verra disputer une double confrontation face aux Spurs les 24 et 25 décembre prochains.

La saison est encore jeune, mais le Thunder est déjà en train de marquer son empreinte et de décourager les candidats à sa succession. Après sa victoire sur le parquet des Warriors cette nuit, pour décrocher un 21e succès en 22 matches, Oklahoma City confirme être sur le chemin d'une saison tout simplement historique.

Et pour cause, le groupe de Mark Daigneault vient de rejoindre le club fermé des équipes à avoir gagné au moins 21 de leurs 22 premiers matches. Si la fameuse équipe de Golden State qui s'était inclinée en Finales contre Cleveland était sur un 22-0, OKC a fait aussi bien que les Knicks de 1969 et que les Rockets de 1993, deux franchises qui ont soulevé le trophée quelques mois après ce départ canon.

Tout roule pour le moment pour Shai Gilgeous-Alexander, encore étincelant la nuit dernière, et OKC, qui continue de gagner des matches malgré les absences et, parfois, des fins de partie serrées. Au point d'aller chercher les 73 victoires sur une saison des Warriors ?

Les Warriors de Golden State ont réalisé la meilleure saison régulière de l'histoire de la NBA en 2015-2016

tags: #meilleur #demarrage #nba