Histoire et Évolution du Handball : Focus sur le Limoges Handball et la Coupe de France

L'histoire du handball est riche et complexe, marquée par l'ascension de clubs et de joueurs d'exception. Cet article se penche sur l'évolution du Limoges Handball (LH), son impact économique et sportif, ainsi que sur les moments forts de la Coupe de France.

Terrain de handball avec zones

L'Ascension du Limoges Handball

Fort des succès sportifs de son équipe de handball masculin, qui n'a cessé de progresser depuis sa création il y a 20 ans, évolue depuis 5 ans en Elite et vit sa première coupe d'Europe, le Limoges Handball n'a cessé de diversifier ses activités. L'histoire du LH débute en 2005 avec la création du club, qui s'appelle alors le LH 87, à l'initiative de la ligue de handball du Limousin, qui annonce déjà de grandes ambitions sportives.

Et dix ans après ses débuts en nationale 1, l'équipe accède en 2015 à la Proligue, la deuxième division du handball professionnel. Cinq ans plus tard, le LH 87 hausse encore le niveau, grimpe en première division, la Starligue, et change de nom pour devenir le LH.

2024 a été une saison historique pour l'équipe qui finit à la 5ème place du classement de la Starligue, et se qualifie pour la première fois pour une coupe d'Europe. "On a vraiment franchi un palier. Quand on pense au chemin parcouru depuis la création du club en 2005. D'abord en Nationale 1, en fond de classement, on se disait que la D2 ce n'était pas pour nous, et puis lorsque l'on est monté en D2, la D1 nous paraissait inaccessible. On est monté en D1 sans imaginer jouer la coupe d'Europe un jour et maintenant, on y est. Aujourd'hui, il faut rester dans le bal des prétendants pour jouer le top 5 tous les ans." déclarait Alain Aubard, alors directeur exécutif du Limoges Handball à l'issue de cette saison.

Au-delà d'une équipe de handball masculin performant, le LH c'est désormais aussi une agence événementielle, un voyagiste, un activateur de réseau d'affaires. Dernier exemple en date, en décembre dernier, la branche LH Event a co-organisé la Lovely Xmas Party qui a réuni 5000 personnes au Zénith de Limoges, pour danser furieusement sur les mix du DJ Martin Solveig notamment. Et prochainement la branche LH Dotation co-organisera, à l'occasion de l'édition 2025 des Défis du Sport, une rencontre caritative de futsal au palais des sports de Beaublanc, en présence de Zinédine Zidane.

"Au fil des ans, les clubs sportifs acquièrent des savoir-faire dans de nombreux domaines avec l'organisation d'évènements sportifs, qu'ils peuvent mettre à profit en se diversifiant dans d'autres secteurs d'activité", explique Florence Peyer, juriste au CDES, le centre d'études de droit et d'économie du sport à Limoges. "C'est un schéma que l'on retrouve dans le football, le rugby, le basket. Le LH fait figure de précurseur dans le milieu du handball", indique-t-elle.

Alain Aubard, président de la société sportive du LH

Nouvellement élu président de l'union professionnelle des clubs de handball, Alain Aubard a désormais le titre de président de la société sportive du LH, dans la holding LSI. "Le fil conducteur reste l'équipe professionnelle, mais on a développé pas mal d'activités connexes à notre activité principale de club de sport, parce qu'on pense que c'est une bonne façon d'envisager l'avenir et de pérenniser ce club", déclare-t-il ce 18 février. Six nouveaux associés ont rejoint les six associés historiques au sein de l'entité Holding LSI et ses filiales LH. "Avec cette nouvelle organisation, qui conserve son ADN originel et une attache forte au territoire, le club ambitionne de progresser dans tous les secteurs, sportifs et extra-sportifs, et ainsi se présenter sous son meilleur jour lorsqu’il sera temps d’intégrer les nouveaux équipements sportifs de Beaublanc", déclare le club sportif LH dans un communiqué.

Pour la juriste du CDES Florence Peyer, c'est un montage juridique qui permet de sécuriser les risques : "Si une des sociétés a des difficultés financières, cela n'impactera pas la société sportive. Et à l'inverse la holding pourra réinjecter les bénéfices des sociétés annexes dans la société sportive", détaille-t-elle.

Aujourd'hui la galaxie LH ce sont des affaires fructueuses, qui tournent autour du sport. Une étude du CDES réalisée en 2024 évalue le poids économique du LH à presque 6 millions d'euros, décompte 358 partenaires privés et publics, 95% d'entreprises locales pour prestataires, et estime la branche LH Business premier réseau d'affaires du département de la Haute-Vienne avec 1 400 VIP par match en moyenne.

Car n'en déplaise aux purs supporters de l'équipe du LH, les matchs de handball sont aujourd'hui bien plus que des rencontres sportives. Son et lumières, concert d'après match, petits fours et champagne pour les financeurs et leurs invités, ce sont désormais des soirées spectacle, et des rendez-vous d'affaire.

Un spectacle qui permet d'attirer dans les tribunes un public plus large que les passionnés de handball, notamment parmi les acteurs économiques. "Pour certains, l'après match est largement aussi important que le match proprement dit. Être présent lors de ces soirées c'est l'occasion de se donner de la visibilité, de faire du réseau. Les entrepreneurs se rencontrent, et font du business entre eux dans un moment convivial", explique Florence Peyer.

Ce business en marge des matchs peut aussi profiter au club sportif, qui utilise ces soirées pour séduire de nouveaux partenaires.

Le succès du LH en European League est aussi une bonne nouvelle pour les affaires, les soirées d'après match sont l'occasion de nouvelles rencontres, et ouvrent des perspectives de développement d'activités dans un horizon plus large.

Sur le plan purement sportif, de jolis défis attendent les hanballeurs du LH : En European Ligue, une victoire au match retour le 25 février prochain à Irun signifierait une qualification directe pour les quarts de finale de la compétition. "Cette année c'est la saison des premières, on ne pensait jamais arriver aussi loin en coupe d'Europe", reconnaissait Alain Aubard à l'issue de la victoire à Beaublanc.

Le LH brille aussi en coupe de France. Avec cette victoire au bout du suspense 32-31 face à Irun en European Ligue ce 18 février, les handballeurs du LH se montrent décidément à la hauteur des enjeux sportifs à relever, et des ambitions des dirigeants du club.

Domination Messine en Coupe de France

Le duel a duré... moins de dix minutes à l'Accor Arena. Juste le temps de quelques réglages (1-3 à la 5e minute) pour les grandissimes favorites messines et la finale de la Coupe de France a tourné court avec une seule équipe sur le terrain.

Invaincues cette saison, les Dragonnes ont largement dominé (32-18) Paris 92 pour remporter samedi leur quatrième Coupe de France d'affilée, la treizième de leur histoire. Beaucoup trop timides en défense, les Franciliennes n'ont jamais existé et ont vu le rouleau-compresseur adverse prendre l'avantage à la 8e minute sur un but de Lucie Granier (4-3) pour ne jamais plus être inquiétées.

Avec six buts d'avance à la pause (16-10), les protégées d'Emmanuel Mayonnade ont pu rentrer aux vestiaires l'esprit tranquille. La deuxième période s'est transformée en démonstration.

« On a rempli notre premier objectif : remporter la Coupe de France. C'est une dernière saison incroyable. Je prends énormément de plaisir avec cette équipe » Cléopâtre Darleux, gardienne de Metz

Meilleures dans tous les compartiments, les Lorraines ont asphyxié les Franciliennes, sans solution. « On a joué contre la meilleure équipe de France, on perd contre meilleures que nous, il faut l'avouer. On s'est battues, on a essayé avec nos armes du moment avec des hauts et des bas, a analysé Barbara Moretto au micro de la Chaîne L'Équipe. Jusqu'à la fin, on n'a rien lâché. Ça fait toujours mal au coeur de perdre, l'écart fait mal mais c'est un souvenir incroyable. »

Cette large victoire leur permet de s'offrir un premier trophée dans cette saison exceptionnelle où elles occupent la première place en Championnat et sont qualifiées pour le Final Four de la Ligue des Champions (31 mai-1er juin à Budapest, demi-finale contre Odense).

Devant les 700 supporters messins venus à Paris, Cléopâtre Darleux (15 arrêts) a complété sa collection et commencé en trombes la dernière ligne droite de sa carrière. « On a rempli notre premier objectif : remporter la Coupe de France, a commenté la gardienne. C'est une dernière saison incroyable. Je prends énormément de plaisir avec cette équipe. Maintenant que des bons moments arrivent. »

Les meilleurs buteurs de l'histoire de la D1

Le duel entre Montpellier et St-Raphaël, qui viendra conclure la 12ème journée de Starligue jeudi soir, réunira sur le terrain deux des meilleurs buteurs de l’histoire de la D1 : Raphaël Caucheteux et Michaël Guigou.

Créée en 2004, la LNH a depuis comptabilisé l’ensemble des buts marqués en championnat. Le classement des buteurs, diffusé ces dernières semaines par la ligue, se limite donc à la période 2004-2018. Pour certains joueurs qui ont commencé leur carrière professionnelle en 2004 ou après, tels que Raphaël Caucheteux, Baptiste Butto, Nicolas Claire ou encore Valero Rivera, le total de buts marqués durant leur carrière en première division française est déjà connu.

Même en ajoutant les statistiques d’avant 2004, Raphael Caucheteux reste le meilleur buteur de l’histoire de la première division. Avec 1608 buts inscrits en 14 saisons, l’ailier varois compte près de 5 buts inscrits en moyenne par rencontre (4,99). Un chiffre qui en dit beaucoup sur sa régularité. Pourtant, l’ancien héraultais n’a été sacré meilleur buteur que lors de la saison passée (167 buts). Il avait dû se contenter de la 2ème place en 2015 malgré 194 buts inscrits, de la 4ème position en 2016 et 2017 ou encore de la 5ème en 2009 et 2013.

Avec une telle régularité, Raphaël Caucheteux peut viser la barre des 2.000 buts d'ici 2021. Showman sur le parquet, « Duggi » était aussi (et surtout) un formidable buteur.

Troisième du classement des meilleurs buteurs de l’histoire en D1, Guillaume Saurina n’est pas en reste non plus. Pendant 11 saisons (et une pige à Nantes pour finir), l’arrière gauche a été le cauchemar des gardiens adverses, aussi bien sur attaque placée que sur jets de sept mètres. Après avoir débuté à Villefranche en D2, il débloque son compteur en D1 avec Villeurbanne en 2002. Ses deux saisons villeurbannaises au plus haut niveau ne sont qu’un aperçu de son potentiel de buteur. Même s'il n'est pas le joueur le plus médiatique du championnat, il fait preuve d’une belle régularité depuis près de dix ans dans le Nord. Avec 4,3 buts en moyenne par rencontre, il devrait prochainement dépasser Guilaume Saurina et devenir le 3ème joueur à avoir inscrit le plus grand nombre de buts au plus haut niveau.

Absent du top 10 de la LNH, Sébastien Bosquet est pourtant le cinquième meilleur buteur de l’histoire de la D1. C’est avec Villefranche que Matthieu Drouhin s’est fait un nom en première division. Septième meilleur buteur en 2005 (122 buts), il a ensuite toujours été au moins une fois dans le top 10 des buteurs de l’année en D1 dans chacun des clubs qu’il a fréquentés : 3ème en 2008 avec Istres (152 buts), meilleur buteur en 2013 avec Tremblay (180 buts) et 3ème avec Saran en 2018 (140 buts).

L’ancien toulousain Anouar Ayed (7ème) et le nantais Valero Rivera (9ème) ont un point commun, au-delà de faire partie du top 10 des buteurs de l’histoire de la D1. Ils ont tous eu besoin de moins de 10 saisons pour rentrer dans ce club très fermé : 9 saisons pour le tunisien Ayed (5,6 buts par match en moyenne) et 7 pour Rivera (6,39 buts en moyenne). Machines à marquer, ils ont tous les deux eu un ratio par match très élevé par rapport à leurs compères du classement. Quant à Valero Rivera, le compteur tourne encore pour le nantais, qui a retrouvé la Starligue cette saison après deux années à Barcelone. A 33 ans, il devrait encore grimper au classement dans les prochains mois. Décrochera-t-il le titre de meilleur buteur sur une saison ? L’espagnol a pour l’instant cumulé quatre deuxièmes place, en 2012, 2013, 2014 et 2016.

Michaël Guigou a disputé 18 saisons en première division. S’il n’est jamais apparu dans le top 10 des buteurs sur une saison, l’ailier du MHB n’en est pas moins un incroyable finisseur, doté d’une technique parfaite. Lancé dans le grand bain de la D1 avec le Paris Handball en 2006, Nicolas Claire n’a quitté les parquets de D1 qu'une année depuis, lors de la saison 2009-2010 en D2 avec le club de la capitale. A l’instar de Guigou, il n’occupe pas le top 10 des marqueurs sur une saison (10ème en 2015 et 2017) mais a toujours su porter Paris puis Nantes à la finition. Avec 989 buts à son actif, il devrait très bientôt franchir la barre symbolique des 1000 buts en D1.

Le handball continue d'évoluer, avec des clubs comme Limoges Handball qui innovent et se diversifient, et des compétitions comme la Coupe de France qui offrent des moments de sport exceptionnels. L'histoire du handball est aussi celle de ses joueurs, dont les performances marquent les esprits et inspirent les générations futures.

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