Deux immenses bonheurs en l'espace de quelques heures. Après avoir assisté à la naissance de son fils, Rudy Gobert a été élu meilleur défenseur NBA pour la saison 2023-2024. Une distinction qui vient récompenser la formidable saison du Français de 31 ans avec les Timberwolves de Minnesota.
"C'est un honneur incroyable. Quand je suis arrivé en NBA en 2013, je n'aurais jamais imaginé ça. Je voulais déjà me faire respecter, gagner ma place. Devenir un vrai joueur NBA, en somme" a réagi auprès de L'Équipe le pivot français. Élu pour la quatrième fois de sa carrière meilleur défenseur NBA après les trois distinctions obtenues en 2018, 2019 et 2021 lorsqu'il évoluait à Utah, Gobert est encore un peu plus entré dans l'histoire de la grande ligue nord-américaine.
"Ça s'est fait étape par étape, jusqu'au jour où j'ai réalisé que j'avais ça en moi, que je pouvais devenir le meilleur défenseur au monde. C'est ce que je suis devenu aujourd'hui", estime-t-il.
Rudy Gobert entre dans l'histoire de la NBA. En remportant une nouvelle fois le titre de meilleur défenseur de l'année ce mardi, il a rejoint deux légendes cumulant, comme lui, quatre trophées de « Defensive Player Of The Year » (DPOY). Deux « Hall of Famer », Dikembe Mutombo et Ben Wallace, qui, comme lui, ont terrorisé les attaquants de la ligue nord-américaine.
Leader incontournable de la meilleure défense de la Ligue, Rudy Gobert a été désigné ce mardi défenseur de l'année en NBA. C'est la 4e fois que le pivot des Timberwolves reçoit cette distinction, égalant le record de Dikembe Mutombo et Ben Wallace.
Au panthéon des meilleurs défenseurs de l'histoire, Rudy Gobert a été élu ce mardi meilleur défenseur de l'année en NBA. C'est la quatrième fois que le pivot des Minnesota Timberwolves remporte le trophée de « Defensive Player Of The Year » (après 2018, 2019 et 2021), ce qui fait de lui l'égal de Dikembe Mutombo et Ben Wallace, co-recordmen en la matière. Il devance son compatriote Victor Wembanyama (San Antonio) et Bam Adebayo (Miami).
Depuis la saison 1982-1983, la NBA désigne le « NBA Defensive Player of the Year » (DPOY), soit le meilleur défenseur de la saison régulière écoulée. Un jury composé de 124 journalistes américains et canadiens vote ainsi pour trois joueurs, et leur allouant chacun 5, 3 et 1 point.
Depuis 1983, la NBA récompense le meilleur défenseur de la saison régulière avec le prestigieux trophée DPOY (Defensive Player of the Year). Ce titre honorifique célèbre les spécialistes défensifs les plus impactants, capables de changer le cours d’un match par leur intensité et leur intelligence de jeu.
Le trophée de Défenseur de l’année NBA, connu sous l’acronyme DPOY (Defensive Player of the Year), a été instauré lors de la saison 1982-1983 pour récompenser le joueur ayant eu l’impact défensif le plus significatif en saison régulière. Depuis la saison 2022-2023, ce trophée porte le nom de Hakeem Olajuwon Trophy, en hommage au légendaire pivot des Houston Rockets, double lauréat du DPOY en 1993 et 1994, et considéré comme l’un des meilleurs défenseurs de l’histoire de la NBA.
Depuis la saison 1982-1983, la NBA récompense chaque année le meilleur défenseur de la saison régulière avec le trophée du Défenseur de l’année, également connu sous l’acronyme DPOY. Depuis la saison 2022-2023, ce trophée a été renommé en l’honneur du légendaire pivot des Houston Rockets, Hakeem Olajuwon, et est désormais appelé le Hakeem Olajuwon Trophy.
Si l’on s’en tient aux nombre de titres de défenseurs de l’année, alors ils sont deux à être les meilleurs défenseurs de l’histoire NBA : Dikembe Mutombo et Ben Wallace, avec 4 titres chacun. Viennent ensuite Dwight Howard (trois trophées consécutifs entre 2009 et 2011) et notre frenchy Rudy Gobert (trois également).
Les lauréats sont bien évidemment quasiment tous d’origine américaine, étant donné que l’ouverture de la NBA aux joueurs internationaux est relativement récente par rapport à son histoire.
Actuellement co-détenteur du nombre de titre de défenseur de l'année avec deux Halls of Famers (Dikembe Mutombo et Ben Wallace), le Français rêve cette année de décrocher sa première bague NBA.
Rudy Gobert’s Top 10 Defensive Plays of the 2021-22 NBA Season
L'ascension de Gobert à Minnesota
Arrivée à Minnesota à l'été 2022, en échange de plusieurs joueurs et tours de draft, le Français avait une mission : faire des Wolves l'une des meilleures défenses de la NBA. Après une première saison de tâtonnements, à chercher ses marques avec l'autre intérieur Karl-Anthony Towns (longtemps blessé), la mission est plus que réussie.
Treizième défense NBA avant l'arrivée de Gobert, la franchise de Minneapolis est désormais la meilleure dans ce domaine, avec 108,4 points encaissés/100 possessions, et a réalisé une magnifique saison régulière (3e à l'Ouest).
Joueur des Wolves depuis la saison dernière, le Français de 2,16m n'a eu besoin que d'une seule saison pour véritablement imprimer sa patte sur sa nouvelle équipe. Autrefois en difficulté en défense, Minnesota est devenu cette année, en grande partie grâce au Saint-Quentinois, la meilleure défense NBA. Une évolution que l'ancien joueur de Cholet a vécu de l'intérieur.
Avec 14 points, 12,9 rebonds (n°2 en NBA cette saison) et 2,1 contres de moyenne, l'ancien pivot du Jazz n'a certes pas signé sa meilleure saison statistique, mais les chiffres sont très solides et surtout, son impact n'avait sans doute jamais été aussi grand. Il est deuxième (derrière Draymond Green) au classement des joueurs qui font le plus baisser le % de réussite de leur adversaire direct (-6,1). Lorsqu'il est sur le terrain, les Wolves sont aussi l'équipe qui concède le moins de tirs près du cercle, le tout avec le plus faible % de réussite adverse, tant le Français est intimidant.
« Il a été à l’origine de notre culture défensive », témoignait le coach Chris Finch après la victoire éclatante contre les Nuggets dans le Game 2 des demi-finales de Conférence (80-106). Les Wolves ont complètement éteint les champions en titre sans leur meilleur défenseur, qui fêtait la naissance de son premier fils, mais ils ont tout de même trouvé le moyen de rendre hommage à Gobert.

« Sa défense élite est l'une des principales raisons de notre succès dans les matches serrés », déclarait son coach Chris Finch en janvier. Trois fois récompensé avec Utah, Gobert a transformé Minnesota en défense d'élite avec sa science dans le domaine, et permis à sa franchise de jouer le haut du tableau à l'Ouest. Contreur redoutable, figurant toujours parmi les meilleurs rebondeurs NBA, le Français est capable de protéger la raquette presque à lui seul.
Un modèle pour ses coéquipiers
Tour de contrôle de son équipe, capitaine de défense exemplaire, il a entraîné tous ses coéquipiers. « Il m'aide à être un meilleur défenseur, il me permet de mieux jouer », expliquait Towns. « Il me parle et m'aide beaucoup », enchérissait Anthony Edwards, la star des Wolves, tandis que le meneur Mike Conley comparait l'impact du Français à celui d'un LeBron James ou d'un Stephen Curry. « Il a instauré une culture défensive ici », louait son coach Chris Finch après la victoire lors du match 2 face aux Nuggets, alors que Minnesota était privé du Français pour cause de paternité.
Snobé par les coaches lors du All-Star Game - où Minnesota était représenté par le duo Edwards-Towns -, le Français tient sa revanche. En attendant un dénouement heureux à la campagne de play-offs en cours ?
Peut-être un changement de paradigme en NBA, qui tend désormais à récompenser des défenseurs plus complet, versatiles et capables de défendre sur de multiples postes. Auparavant, le focus était plus mis sur les statistiques défensives, soit rebonds, contres, interceptions (d’où la domination des pivots sur le scrutin, eux qui traditionnellement dominent les classements des rebonds et contres). Même Rudy Gobert, bien que leader dans ces catégories statistiques, est reconnu pour sa capacité à défendre très intelligemment, notamment face à des joueurs plus petits et rapides, ou sur le pick and roll.
Enfin installé dans le Minnesota mais surtout en paix intérieurement, Rudy Gobert est, à 31 ans, au sommet de son art. Il est le meilleur défenseur de la ligue, n’en déplaise à certains de ses pairs qui ne l’ont classé que sixième de la catégorie. Les journalistes, eux, n’ont pas hésité au moment de décerner le trophée de Defensive Player Of the Year. C’est la quatrième fois que le natif de Saint-Quentin rafle la mise.
Dikembe Mutombo et Ben Wallace : Les autres légendes à 4 titres
Il y a quelques grands oubliés dans l’histoire quand on parle de défense en NBA. Cela s’explique par le fait que jusqu’en 2014, les votants n’étaient pas les mêmes que pour le trophée de DPOY, ce qui a pu amener à des incongruités, comme le lauréat qui n’est pas choisi dans la NBA First Defensive Team !
Parmi les 5 postes d’une équipe de basket, ce sont les pivots qui ont raflé le plus de titres de meilleurs défenseurs de l’année avec 25 trophées depuis la création ! Suivent ensuite les ailiers forts et les arrières shooters (5), et les ailiers (3). Longtemps donc, les big men ont régné dans la raquette et à force de contres et de rebonds, et ont impressionné le jury. Mais cela tend à changer, puisque depuis Joakim Noah en 2014 (cocorico !), un seul pivot a remporté le trophée : Rudy Gobert (3 fois, certes). Re-cocorico !
Seuls deux joueurs ont été nommés DPOY à quatre reprises : les légendes Dikembe Mutombo et Ben Wallace.
Dikembe Mutombo, l'art du contre
DPOY en 1995, 1997, 1998 et 2001
L'index tendu qui oscille de droite à gauche, pour signifier à sa victime « tu ne passeras pas ». Le « finger wag », c'était le geste signature de Dikembe Mutombo lorsque celui-ci contrait un attaquant trop présomptueux. Le pivot américano-congolais, 2,18 m sous la toise, a terminé trois fois meilleur contreur NBA (de 1994 à 1996).
Sur les conseils de Bill Russell, l'un des précurseurs de ce geste défensif, l'ancien joueur de Denver, Atlanta ou Philadelphie s'est construit une solide réputation de protecteur de cercle.
Dikembe Mutombo est donc parti, mais son héritage restera à jamais gravé dans la mémoire collective du basket. La balle orange pleurera toujours l'un de ses plus farouches défenseurs. Décédé hier d’un cancer à l’âge de 58 ans, Dikembe Mutombo était l’un des plus féroces défenseurs de l’histoire de la NBA.
Contrairement à de nombreux talents qui débarquent en NBA à 18 ou 19 ans max, Dikembe Mutombo a lui découvert les parquets de la Grande Ligue bien tardivement. Il ne faut pourtant pas longtemps au pivot pour dominer dans la raquette. 16,6 points, 12,3 rebonds et 3 contres de moyenne dès sa saison rookie ! De quoi s’offrir une sélection au All-Star Game dès sa première année NBA.
Surtout, Mutombo montre déjà les prémices de ce qui sera sa carrière NBA par la suite. Certes, des limites sur le plan offensif, mais quel mur en défense. Non content d’être un excellent rebondeur (il monte jusqu’à 14 rebonds par match en 2000), il est surtout un contreur de légende, doté d’un sens du timing ahurissant, avec son fameux finger wag après chaque bâche, un geste qui a marqué toute une génération d’intérieurs.
Comme expliqué un peu plus haut, Dikembe Mutombo est un grand habitué du trophée de meilleur défenseur en NBA, il l’a remporté à quatre reprises durant sa carrière (1995, 1997, 1998 et 2001). Seuls Rudy Gobert et Ben Wallace peuvent en dire autant, alors que Dwight Howard arrive juste derrière avec trois récompenses. Dans une Ligue avec tant de talents et tant de joueurs prodigieux dans leur moitié de terrain, remporter quatre fois ce trophée est assez incroyable.
Où placer Dikembe Mutombo parmi les meilleurs défenseurs de l’histoire de la Ligue ? Il aurait probablement pu monter plus haut dans les livres de stats s’il n’avait pas commencé si tard, même s’il a duré très longtemps en NBA (il s’est arrêté à plus de 42 ans). Ce qui est certain, c’est qu’il fait partie de la crème de la crème, l’élite de l’élite. Le meilleur ? Peut-être pas, d’autres noms viennent à l’esprit avant mais il est en très bonne compagnie parmi ces gardiens du temple.
Talent, trashtalking et surtout aucune peur à l’idée de défier les meilleurs.
Ben Wallace, l'incarnation de l'engagement défensif
Champion en 2004 face aux Lakers, après un duel de haute lutte avec Shaquille O'Neal, Ben Wallace brillait par son engagement au rebond et sa science du contre.
Pivot non-drafté devenu quadruple All-Star... en ne dépassant jamais les dix points de moyenne, il est le seul joueur de l'histoire qui compte plus de contres que de fautes et plus d'interceptions que de pertes de balle. Une polyvalence qui lui a permis de remporter quatre trophées de DPOY et de figurer cinq fois dans le premier cinq défensif.
Une franchise à son image, rugueuse et axée sur la défense.
Il est des jours sombres dans l’histoire du sport, et ce 30 septembre 2024 en fera sans doute partie. Dikembe Mutombo est parti à jamais. Il avait 58 ans. Le natif de Kinshasa en République Démocratique du Congo souffrait d’une tumeur au cerveau détectée en 2022. Cette nouvelle attriste le monde du basket et du sport afriain en général. Si aujourd’hui certains enfants du continent arrivent à briller en NBA, c’est parce que Mutombo a su montrer la voie.
Et pour sa 1ère saison, il termine avec 16,6 points, 12,3 rebonds, 2,2 passes et 3 contres de moyenne. Ses 2m18 refroidissent les ardeurs des attaquants. Montagne infranchissable, il porte les couleurs des Nuggets pendant 5 ans. Le mastodonte portera ensuite les couleurs d’Atlanta, Philadelphie, les Nets de New Jersey, les Knicks de New York, et les Rockets de Houston où il va arrêter sa carrière en 2009.
Durant sa carrière, Dikembe Mutombo a remporté 4 titres de meilleur défenseur de l’année en NBA (1995, 1997, 1998 et 2001), record codétenu avec Ben Wallace et Rudy Gobert. Il aura été 8 fois All Star. En 2015, la légende est pérennisée puisqu’il est intronisé au Hall of Fame de la NBA (Temple de la Renommée) de la NBA.
A travers son président Adam Silver, la NBA a rendu hommage à la légende qui figurera au panthéon de la balle orange. « Dikembe Mutombo était tout simplement plus grand que nature. Sur le terrain, il était l’un des plus grands contreurs et l’un des meilleurs défenseurs de l’histoire de la NBA. En dehors des terrains il a consacré son cœur et son âme à aider les autres. Il n’y avait personne de plus qualifié que Dikembe pour devenir le premier ambassadeur mondial de la NBA. Il était un humanitaire dans l’âme. Il aimait ce que le basket-ball pouvait faire pour avoir un impact positif sur les communautés, en particulier dans sa République démocratique du Congo natale. Congo et à travers le continent africain. J’ai eu le privilège de voyager à travers le monde avec Dikembe et de constater par moi-même comment sa générosité et sa compassion ont élevé les gens lors des événements de la NBA au fil des ans - avec son sourire contagieux et sa voix profonde et retentissante. et sa signature qui l’a fait aimer des fans de basket de toutes les générations. L’esprit indomptable de Dikembe perdure chez ceux qu’il a aidés et inspirés tout au long de sa vie extraordinaire. Je fais partie des nombreuses personnes dont la vie a été touchée par le grand cœur de Dikembe et il me manquera beaucoup.
Ce dernier a limité ses vis-à-vis à 45% de réussite effective, le plus petit pourcentage parmi les joueurs qui ont défendu au moins 1000 tirs. Les adversaires de Minnesota n’ont converti que 56% de leurs layups, le plus petit total en NBA là aussi. Au-delà de toutes les statistiques, Rudy Gobert comprend tellement bien le jeu et ses instincts défensifs sont si développés qu’il impacte le plus souvent les scoreurs d’en face sans même avoir besoin de mettre un contre ou de voler un ballon.
« En octobre dernier, on est arrivé au camp de pré-saison en étant déterminé à devenir la meilleure défense de la Ligue. J'ai dû élever encore plus mon niveau pour permettre à cet effectif de maximiser son potentiel", raconte-t-il.
Actuellement à la lutte avec les Nuggets de Denver en demi-finale de conférence Ouest, les Wolves ont fait le break lundi soir et mènent désormais 2-0. Une deuxième victoire en autant de matches décrochée sans leur pièce maîtresse en défense, le Français étant parti assister à la naissance de son petit garçon.
Gobert court après sa bague de champion"Plus que les récompenses, mon but est vraiment de continuer à écrire mon histoire et de n'avoir aucun regret à la fin. Je vais continuer à me battre chaque jour pour être le meilleur joueur et la meilleure personne possible. Et quand ce sera le moment de compter les bagues et les médailles, on le fera", témoigne-t-il encore.
Evan Mobley est le DPOY 2025. L’intérieur des Cavaliers a succédé à Rudy Gobert.
Plusieurs joueurs ont enchaîné les titres de DPOY, notamment Sidney Moncrief, Dennis Rodman et Kawhi Leonard.
Qu'ils soient pivots, ailiers ou arrières, les lauréats du DPOY ont marqué l'histoire de la NBA par leur impact de chaque instant. Le palmarès du Défenseur de l'année NBA continue de s'enrichir avec de nouveaux talents génération après génération.
Le trophée du Défenseur de l’année NBA incarne l’excellence défensive ultime.
Les pivots dominent l’historique du trophée, devant les ailiers défensifs.
Impressionnante infographie présentant les statistiques clés de Rudy Gobert lors de ses saisons récompensées.
| Saison | Points par match | Rebonds par match | Contres par match | % de réussite effective adverse |
|---|---|---|---|---|
| 2017-2018 | 13.5 | 10.7 | 2.3 | 47.7% |
| 2018-2019 | 15.9 | 12.9 | 2.3 | 45.5% |
| 2020-2021 | 14.3 | 13.5 | 2.7 | 46.1% |
| 2023-2024 | 14.0 | 12.9 | 2.1 | 45% |