La Major League Soccer (MLS) est la principale ligue professionnelle de football en Amérique du Nord. Alors que le championnat nord-américain va bientôt s’achever, il est important de comprendre son fonctionnement et son impact croissant.

Structure et organisation de la MLS
Contrairement à l’Europe, les sports américains n’ont pas cette tradition de plusieurs échelons au sein d’un championnat, en instaurant des montées et des descentes en première division. A l’image de la NBA, de la NFL et des autres ligues majeures américaines, la MLS est fondée sur un système fermé, c’est-à-dire organisée autour de franchises réparties en deux conférences (Est et Ouest) déterminées à partir des zones régionales des villes.
Les meilleures équipes de chaque conférence disputent ensuite les Playoffs (MLS Cup), afin de connaître l’affiche de la grande finale opposant le vainqueur de l’Est à celui de l’Ouest. D’après le format actuel adopté pour la saison 2023, 18 équipes se qualifient pour le tournoi éliminatoire sur la base des totaux de points de la saison régulière, soit les neuf équipes les mieux classées de la Conférence Est et de la Conférence Ouest.
À la fin de la saison régulière, l’équipe avec le total de points le plus élevé reçoit le bouclier des supporters et ainsi l’avantage du terrain tout au long des Playoffs. Avec 29 équipes en 2023, chaque équipe joue deux matchs, à domicile et à l’extérieur, contre toutes les équipes de sa conférence et un match contre toutes les équipes sauf quatre ou cinq de la conférence opposée.
Au-delà de cet aspect logistique et sportif du calendrier, la MLS tire une certaine originalité dans son organisation interne. Etant une ligue fermée, les négociations pour réformer le championnat se font directement entre les 29 franchises avec des dirigeants et des propriétaires qui prennent bien plus de place dans l’évolution de la ligue, construite en partie sur une égalité des chances - relative selon l’attractivité des villes.
Fonctionnement financier
La Major League Soccer fonctionne sous une structure à entité unique dans laquelle les équipes et les contrats des joueurs sont détenus de manière centralisée par la ligue. Chaque équipe a un investisseur-opérateur qui est actionnaire directe du championnat. La ligue compte désormais 29 investisseurs-opérateurs pour ses 29 clubs actuels, aucun membre du groupe d’investisseurs d’un club n’ayant une participation dans celle d’un autre club.
Depuis décembre 2015, date à laquelle AEG a vendu sa participation restante de 50% des Houston Dynamo, les anciens opérateurs à équipes multiples AEG et Hunt Sports, avec respectivement le LA Galaxy et le FC Dallas, ne contrôlent plus qu’une seule franchise. Afin de contrôler les coûts, la MLS partage les revenus et détient les contrats des joueurs au lieu que les joueurs passent des contrats avec des équipes individuelles.
Free Agency et Draft
Dans chaque grande ligue de sport américain, on retrouve plusieurs constantes qui sonnent peu communes en Europe, dont deux principales : la Free Agency et la Draft. Des événements d’inter-saison majeurs qui permettent aux effectifs américains de se renforcer. La Free Agency est le moyen le plus traditionnel de réaliser des manœuvres dans les sports américains : il est rare de voir une équipe acheter un joueur puisqu’en MLS comme dans les autres ligues de sports américains, les équipes signent des joueurs libres de tout contrat.
Fidèle à son système de ligue fermée, la MLS a mis en place plusieurs types de contrats avec des salaires plafonnés. Lorsqu’un club MLS vend un de ses joueurs à l’étranger, le club et la ligue se partagent les revenus de transfert, le club conservant de 33% à 75% selon le statut et l’ancienneté du joueur. Les équipes MLS ont un nombre limité de places sur leeur liste qu’ils peuvent utiliser pour recruter des joueurs internationaux.
Quant à la Draft, elle permet aux équipes les moins bien classées de la saison écoulée de sélectionner les meilleurs jeunes joueurs universitaires. Pour cette nouvelle saison 2023, la ligue a confirmé ses nouvelles règles de dépenses qui comprennent de réelles augmentations.
Plafond Salarial et Règle David Beckham
Le plafond salarial (salary cap) est fixé à 5 210 000 $ par équipe, soit une hausse de 6,33 % par rapport au plafond salarial MLS 2022 (4 900 000 $ annuels). Le salaire minimum MLS pour un joueur est de 85 444 $ annuels. Le plafond salarial maximum atteint pour un salaire d’un joueur MLS est de 651 250 $ par an, mais une clause appelée "Règle David Beckham" permet aux équipes de signer des joueurs via un contrat désigné.
Les équipes peuvent payer jusqu’à trois joueurs désignés au-delà du salaire max de 651 250 $ sans aucune modification supplémentaire de leur plafond. -l’argent d’allocation ciblé (TAM) peut être utilisé pour payer les signatures des joueurs dont les salaires dépassent le seuil maximal autorisé de 651 250 $ mais ne dépassent pas le seuil TAM de 1 651 250 $ pour 2023.
Croissance et popularité de la MLS
D’abord sportif puisque le commissaire de la ligue, Don Garber continue de travailler pour augmenter le nombre de franchises après la création du Charlotte FC en 2022 et du St. Louis City Soccer Club en 2023 : le milliardaire égypto-britannique Mohamed Mansour a versé à la MLS un droit d’expansion record de 500 millions de dollars pour obtenir les droits de création de cette 30e équipe qui sera basée à San Diego, en Californie, à partir de la saison 2025.
Pour rester sur le côté intra-sportif, la ligue américaine, à l’image de la NBA avec sa G-League, a aussi crée des championnats secondaires avec la MLS Next, fondée en 2020 pour les jeunes espoirs de 16 à 20 ans, et la MLS Next Pro avec des équipes réserves composées de jeunes professionnels en quête de contrat fixe. En s’éloignant un peu plus des pelouses et si on jette un coup d’œil dans les bureaux, la MLS n’a pas laissé de côté son économie et son marketing - bien au contraire.
La MLS connaît une croissance commerciale importante en s’appuyant sur de nombreuses marques (Audi, Mercedes, PayPal, Red Bull, Gillette, Bank of California, Allianz, Toyota…) pour le naming des stades. Le club du Los Angeles FC, tenants du titre, est récemment devenu la première franchise à atteindre une valorisation de plus d’un milliard de dollars selon Forbes, tandis qu’une équipe moyenne vaut désormais 579 millions de dollars, soit une augmentation de 85% depuis 2019.
Le service d’abonnement MLS Season Pass, qui fait partie du partenariat historique de la ligue avec Apple, est la grande nouveauté de 2023 et permet aux fans de plus de 100 pays de regarder en direct ou en replay les rencontres du championnat. Avec ce contrat de 10 ans signé avec Apple à hauteur de 2,5 milliards, la MLS recevra ainsi près de 300 millions de dollars par saison, alors que la ligue gagnait en moyenne 90 millions de dollars annuels avec ses précédents accords de 8 ans avec Fox, ESPN et Univision.
Le championnat américain a également prolongé sa collaboration avec la marque allemande adidas d’une valeur de 830 millions de dollars sur les six prochaines années, soit jusqu’à la saison 2030 selon les médias américains. Le nombre de fans de football aux États-Unis a augmenté de près de 30% d’une année sur l’autre en 2022, et tout le monde s’attend à des chiffres encore plus importants alors que les États-Unis, le Mexique et le Canada se préparent à coorganiser la Coupe du Monde 2026.

Quelques 26 millions de téléspectateurs américains ont regardé la finale de la Coupe du Monde 2022 en décembre, devenant la finale la plus regardée de l’histoire.
MESSI CONQUIERT L’AMÉRIQUE 🇦🇷🇺🇸 – Le Soulier d’Or MLS 2025, une histoire incroyable
Format de la saison régulière et des séries éliminatoires
En 2025, la saison régulière de la Major League Soccer (MLS) s’étend du 22 février au 18 octobre. Chaque équipe, alors, dispute 34 matchs. A la fin de la saison régulière, les sept meilleures équipes de chaque conférence se qualifient pour les séries éliminatoires (Playoffs). Le premier tour oppose, dans chaque conférence, l’équipe classée 2e à l’issue de la saison régulière à l’équipe classée 7e.
Les Play-offs de la MLS
Aux États-Unis, mieux que partout ailleurs, il est une tradition. Quel que soit le sport, au terme d'une saison, on fait durer le plaisir... Pour être véritablement sacré champion, celui qui a fini en tête de la première phase doit le rester jusqu'au bout des play-offs, sorte de prolongation à élimination. Durant les play-offs, la moindre défaite peut coûter le titre qui reviendra, à l'issue d'une finale, à la seule équipe rescapée de ces séries éliminatoires.
Voici le format des play-offs :
- Dix clubs participent chaque saison aux play-offs: cinq à l'Est et autant à l'Ouest.
- Barrages: Sur un seul match, disputé chez la mieux classée des deux équipes, les quatrième et cinquième de chaque conférence s'affrontent pour désigner l'ultime qualifié pour le tableau final.
- Demi-finales de conférence: Elles se disputent en matches aller-retour, avec la deuxième rencontre toujours à domicile pour le mieux classé à l'issue de la première phase. Le vainqueur de la saison régulière hérite du barragiste victorieux, tandis qu'en parallèle, les deuxième et troisième de chaque conférence sont opposés.
- Finales de conférence: Sur le même modèle, les vainqueurs des demies se retrouvent. À l'issue de cette nouvelle double confrontation, seule une équipe de chaque conférence se qualifie pour la grande finale.
- Finale (MLS Cup): Elle n'oppose pas forcément les deux meilleures équipes de la saison mais celles qui ont été capables de franchir chaque étape des play-offs avec succès. Ce rendez-vous unique se tient dans le stade de la franchise qui a obtenu le plus de points à l'issue de la saison régulière. Son vainqueur, désigné champion de la saison, se qualifie pour la Ligue des champions de la Concacaf.
Joueurs et équipes notables
La MLS regroupe 30 formations sur le territoire nord-américain. Avec David Bechkam, Thierry Henry, Kaka ou encore Zlatan Ibrahimovic, la MLS a vu passer beaucoup de stars dans ses rangs. Mais tous ces joueurs avaient un point commun, ils n'étaient plus au sommet de leur carrière.
Mais cette époque est terminée. Depuis quelques saisons, les stars en pré-retraites ont laissé place à des jeunes prometteurs. Par exemple, l'arrivée de Lionel Messi à l'Inter Miami a eu un impact significatif, attirant l'attention mondiale sur la ligue.
Visibilité en France
Alors qu'elle n'était plus diffusée ces dernières saisons, la MLS sera de nouveau visible en France. Pour pouvoir regarder les exploits de Mukhtar, Driussi ou d'Almada, il faudra s'abonner au MLS Season Pass proposé par Apple. En France, l'abonnement est disponible au prix de 13,99 euros par mois ou de 89 euros par saison. En déboursant 2,5 milliards de dollars, le géant de la tech s'est offert les droits de diffusion de la MLS dans le monde entier pour une période de 10 ans.
Valorisation des clubs de la MLS
Le magazine économique Forbes s’est intéressé à la valorisation et aux gains des 24 clubs participants. Et ce qui frappe c’est la valeur estimée des équipes, de plus en plus proche des standards européens.
- Une valorisation moyenne de 313 millions de dollars (281 millions d’euros).
- Allant de 500 millions de dollars (449 millions d’euros) pour Atlanta United, le tenant du titre, à 190 millions (170 millions d’euros) pour les Colorado Rapids.
Sa croissance est estimée à 30% par an, selon le magazine Forbes, soit deux fois plus que la croissance du championnat phare, la NBA, à 13%, et bien plus que la NFL (11%), la MLB (8%) et la NHL (6%).
Investissements massifs
Le milliardaire Joe Mansueto, 195e fortune mondiale, a notamment dépensé la bagatelle de 400 millions de dollars (359 millions d’euros) pour s’accaparer l’intégralité du club des Chicago Fire.
Aujourd’hui, une équipe de MLS, classée 8e lors de la saison régulière et même pas qualifiée en play-offs, peut être vendue 359 millions d’euros. Alors qu’en France, tout le monde s’étonnait des 100 millions d’euros dépensés par Jim Ratcliffe pour s’offrir l’OGC Nice.
Toujours d’après Forbes, 11 clubs sont valorisés à plus de 300 millions de dollars (269 millions d’euros) et la société financière propriétaire de la MLS, la Soccer United Marketing (SUM), génère 350 millions de dollars (314 millions d’euros) de revenus annuels.

L'avenir de la MLS
Les observateurs pronostiquent en effet une explosion du soccer, avec notamment la renégociation des droits TV nationaux et internationaux, en 2023, qui pourraient atteindre des sommets, et surtout l’organisation de la Coupe du monde en 2026 (au Canada, aux Etats-Unis et au Mexique). L’objectif est de dépasser la popularité de la NBA, de la NFL ou de la MLB, les sports majeurs en Amérique.
Il y a 25 ans, lorsque les Etats-Unis avaient accueilli, pour la première fois de leur histoire, la Coupe du monde 1994, le championnat de MLS avait été lancé dans le plus grand anonymat. Mais la découverte du sport le plus populaire de la planète avait provoqué un boom de sa fréquentation et de sa pratique.
Avec cette deuxième Coupe du monde, dans 7 ans, les propriétaires espèrent le même effet et parient sur les équipes de MLS. En conséquence, les prix flambent.
Tableau récapitulatif des données financières de la MLS
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Valorisation moyenne des clubs | 313 millions de dollars |
| Club le plus valorisé | Atlanta United (500 millions de dollars) |
| Droit d'expansion pour la 30e équipe (San Diego) | 500 millions de dollars |
| Revenus annuels de Soccer United Marketing (SUM) | 350 millions de dollars |
| Contrat avec Apple (MLS Season Pass) | 2,5 milliards de dollars sur 10 ans |
| Contrat avec Adidas | 830 millions de dollars sur 6 ans |