Soupçons de trucage lors du match de Ligue des Champions entre le PSG et l'Étoile Rouge de Belgrade

Deux communiqués, puis le silence est tombé sur le "Marakana", vétuste stade de l'Etoile Rouge de Belgrade : accusé d'avoir truqué son match de Ligue des champions contre le PSG, le club serbe se retranche dans le mutisme. Le déplacement mercredi à Anfield pour y affronter Liverpool, haut lieu de la C1, aurait dû être une fête, vingt-sept ans après le sacre de Bari en 1991, premier et ultime triomphe du football de l'ex-Yougoslavie. Mais il s'agira d'un match empoisonné par le soupçon pour ce géant du foot tombé dans l'anonymat depuis les guerres balkaniques des années 1990.

A en croire un informateur anonyme, un responsable du club aurait parié cinq millions d'euros sur une défaite de son équipe par cinq buts d'écart, comme l'a révélé le quotidien L'Equipe. Sauf que cette défaite est entachée d'un soupçon susceptible, s'il était avéré, d'entraîner une longue suspension. Cette accusation a entraîné l'ouverture à Paris d'une enquête judiciaire qui en est au stade des vérifications préliminaires.

Le club s'est dit "dégoûté". Après deux communiqués exigeant une enquête rapide pour être "blanchi", le club, "dégoûté", a brandi la menace d'une plainte en diffamation en France puis a choisi la stratégie du silence, se contentant du soutien du président serbe Aleksandar Vucic, venu à la rescousse de l'équipe dont il est supporter. Le président d'honneur du club et légende du football yougoslave, Dragan Dzajic, ne répond plus au téléphone portable. Le directeur général Zvezdan Terzic explique lui que le club a choisi de ne pas communiquer sur le sujet.

"Je ne commenterai pas les écrits des médias, je peux dire qu'ils n'affectent pas l'équipe", a dit l'entraîneur Vladan Milojevic. "Les joueurs et moi-même sommes concentrés sur les compétitions en cours", a-t-il insisté.

Consultant sportif, Mihajlo Todic doute qu'un bookmaker ait pu accepter un pari de cinq millions d'euros sur ce qui est à ses yeux "une évidence", à savoir que l'Etoile Rouge est incomparablement plus faible que le PSG.

"Le pied gauche de Neymar (ndlr: un droitier) vaut plus que toute l'équipe de l'Etoile Rouge", dit Dragan Nikolic, 42 ans, supporter. Certes, "la certitude sur l'innocence de tous (...) n'est pas entière", mais "un trucage aurait nécessité la participation du PSG", extrapole Mihajlo Todic.

L'hebdomadaire indépendant Vreme est plus prudent. "Les match truqués, le blanchiment d'argent sonnent comme une chose courante en Serbie" et la fameuse "évidence" sur la différence de niveau est "ébranlée par les écrits de l'Equipe". Le football serbe en général, et ses deux géants en particulier, le Partizan et l'Etoile Rouge, sont accompagnés d'une réputation sulfureuse. La structure des clubs, officiellement propriétés publiques, reste mystérieuse. Personne ne sait vraiment qui les contrôle.

L'Etoile Rouge a longtemps été plombée par une dette importante, mais celle-ci a été "amenée à 13 millions d'euros, ce qui veut dire que nous avons remboursé 41 millions d'euros", a déclaré en septembre le patron Zvezdan Terzic.

Elu directeur-général en 2014, il est lui-même une figure controversée. Soupçonné de malversations sur des transferts douteux quand il dirigeait un autre club de la capitale, l'OFK Beograd, cet ex-président de la fédération avait fui le pays en 2008 avant de se livrer en 2010.

En l’absence de coopération serbe, l’affaire sur le match du 3 octobre patine. L’Etoile rouge de Belgrade a porté plainte en France pour dénonciation calomnieuse.

Comment j'ai détecté les MATCHS TRUQUÉS de la Conférence League avant tout le monde ?

Deux mois après la retentissante révélation de L’Equipe d’une enquête portant sur un éventuel match truqué entre le Paris-Saint-Germain et l’Etoile rouge de Belgrade en Ligue des champions, l’affaire est au point mort. Les enquêteurs n’ont rien d’autre qu’un tuyau imprécis et le score d’un match de football. Le trucage supposé reposait sur le pari, par un dirigeant du club serbe, d’une somme de cinq millions d’euros portant sur une défaite belgradoise par cinq buts d’écart, le 3 octobre. La victoire 6-1 du PSG a crédibilisé le renseignement de l’informateur anonyme, même si, après la rencontre, le score ne surprenait personne, compte tenu de l’océan sportif et financier séparant les deux clubs.

La veille du match, les policiers du service central des courses et jeux avaient investi l’hôtel de luxe The Peninsula, à Paris, pour écouter discrètement l’entretien qui devait s’y tenir, selon l’informateur, entre le président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, et le dirigeant serbe. Aucun des deux hommes n’est venu. Le soir même, le dirigeant devait, selon l’informateur, se rendre à une soirée dans un établissement de la capitale. Las, l’endroit était fermé.

De quoi mettre en doute la crédibilité des informations du lanceur d’alerte, pourtant jugé fiable par l’UEFA. Cette source n’a jamais été en contact direct avec les Français : ses informations transitaient via l’UEFA et le Parquet national financier, ce qui a freiné la réactivité des policiers lors de ces quarante-huit heures décisives. Un rapport d’expert sur la rencontre est attendu mais, quand bien même il devrait confirmer la passivité inhabituelle des joueurs serbes, cela ne constitue jamais un élément décisif dans les affaires de match truqué.

« Soit les Serbes nous débloquent la situation, soit quelqu’un nous donne des infos, soit… » Cette source proche de l’enquête s’avoue désabusée. « Sans coopération serbe, l’enquête va s’éteindre d’elle-même. On leur a envoyé une demande via Europol, mais nous n’avons toujours pas de réponse. »

Ce silence contraste avec l’engagement du chef de l’Etat serbe, Aleksandar Vucic, au lendemain des révélations de L’Equipe : « Nous ferons notre travail. Nos autorités seront en totale collaboration avec Interpol et la police française. » Mais cette absence de réponse surprend moins lorsque l’on connaît les liens étroits entre Aleksandar Vucic et l’Etoile rouge de Belgrade, dont il est un fervent supporteur et un proche du président du club, l’ancienne légende yougoslave Dragan Dzajic. Par ailleurs, l’état dégradé des relations entre la France et la Serbie n’incite pas non plus Belgrade à se montrer particulièrement coopératif.

Du côté de l’Etoile rouge de Belgrade et de ses avocats en France, Me Eric Dupont-Moretti et Antoine Vey, on attend sereinement la clôture de l’enquête. Le directeur général du club, Zvezdan Terzic, se dit à la disposition des enquêteurs français : « J’attends de savoir quelles personnes la police française veut interroger et le lendemain nous prenons l’avion pour Paris. Je veux qu’au plus vite ce montage se termine et que la tâche sur l’Etoile rouge soit effacée », a-t-il dit au Monde dans sa première interview depuis la naissance de l’affaire.

Les dirigeants serbes devraient être convoqués au début de l’année prochaine. Ceux du Paris-Saint-Germain ont déjà été entendus et mis hors de cause : les enquêteurs n’ont plus de doute sur le fait que le club parisien n’a jamais été contacté par un corrupteur dans le cadre de cette rencontre, comme une source proche de l’enquête l’a confirmé après un article du Point.

L’Etoile rouge de Belgrade a déjà déposé plainte contre X pour dénonciation calomnieuse, afin de connaître l’identité de l’informateur de l’UEFA. Avec la conviction qu’il s’agit d’une manipulation qui visait à nuire, non pas à l’Etoile rouge, mais au Paris-Saint-Germain et plus particulièrement à son président, Nasser Al-Khelaïfi. « Il faudra à un moment que ce nom soit donné, que quelqu’un endosse la responsabilité de toute cette affaire », insiste M. Terzic. La plainte devrait, selon toute vraisemblance, être instruite après la fin de la procédure principale.

Au stade Marakana de Belgrade, officiellement stade « Rajko-Mitic », l’enquête sur le présumé trucage du match de Ligue des champions entre le Paris-Saint-Germain et l’Etoile rouge, le 3 octobre, est oubliée depuis que le club a battu Liverpool, une victoire de prestige qui a redoré son blason défraîchi.

« Cette histoire, c’est juste un épisode de plus dans l’histoire hors du commun de l’Etoile rouge, s’amuse Dusan Ozegovic, l’avocat et supporteur historique. C’est un peu écoeurant de voir Zvezdan Terzic à la tête du club mais je me dis que le club est plus grand que ses dirigeants et que ses joueurs. »

Ce vendredi, une bombe a perturbé la tranquillité de la trêve internationale, au lendemain du match nul concédé par l'équipe de France face à l'Islande à Guingamp (2-2). Le journal L'Equipe a en effet révélé l'ouverture d'une enquête judiciaire concernant des soupçons de match truqué pour la rencontre opposant le Paris Saint-Germain à l'Etoile Rouge de Belgrade en Ligue des champions, le 3 octobre dernier au Parc des Princes (6-1). Une enquête "hors norme" selon une source proche du dossier à LCI.

Selon le journal sportif, peu avant la rencontre, l'UEFA a alerté le parquet national financier (PNF) qu'un "très haut dirigeant" du club serbe s'apprêtait à placer, avec des complices, près de 5 millions d'euros sur une défaite de son équipe par cinq buts d'écart, en vue d'encaisser plusieurs dizaines de millions par le biais de différents sites de pari. Le dirigeant en question aurait mis dans la boucle plusieurs joueurs titulaires de l'Etoile Rouge.

Pour le moment, le club de la capitale n'est pas visé par l'enquête judiciaire ouverte par le PNF et confiée aux policiers du service central des courses et jeux (SCCJ). Alors qu'une coopération judiciaire internationale pourrait voir le jour très prochainement, le PSG n'est cependant pas à l'abri d'être concerné par les investigations, dans les semaines ou mois à venir. Les dirigeants parisiens pourraient dès lors être amenés à répondre aux questions des enquêteurs. Peu de temps après la parution de l'article de L'Equipe, le PSG a publié un communiqué précisant découvrir avec "stupeur" les événements : "À aucun moment, un membre du Club, quel qu’il soit, n’a été sollicité pour évoquer des questions autres que celles strictement liées à l’organisation du match, à savoir les réunions, visites et autre déjeuner protocolaire d’usage en marge de chaque rencontre d’UEFA Champions League."

Si les faits ne sont pas encore avérés, l'UEFA n'a pas pour réputation d'être clémente dans ce genre d'affaires, surtout quand cela touche les rencontres ayant lieu dans le cadre de "ses" compétitions. En 2014, l'instance européenne du football a signé un protocole d'accord avec Europol dans la lutte contre les matches de football truqués et a adopté une résolution contre ce genre de pratiques, à savoir "uniformiser les sanctions sur le principe de la tolérance zéro".

Ainsi, le club albanais de Skenderbeu a été privé de coupe d'Europe pendant dix ans en juillet dernier, pour avoir truqué près de 53 matchs depuis 2010, tant au niveau national que continental. Lors du match retour du 2e tour de qualifications pour la Ligue des champions, face aux Nord-Irlandais des Crusaders, les Albanais, qui menaient 2-1, ont encaissé dans le temps additionnel 2 buts pour un score final de 3-2 pour les Crusaders. Selon l'UEFA, "des centaines de milliers de dollars" avaient été misés pour qu’au moins quatre buts soient inscrits.

Ces dernières années, plusieurs scandales de matchs truqués ont enflammé l'Europe du football. A commencer par l'un des plus retentissants, le "Calcioscommesse". Durant la saison 2010-2011 en Italie, au moins 50 matches, dont une vingtaine en Serie A (ndlr : la première division italienne), ont été arrangés, rapportant au total plusieurs centaines de millions d’euros aux instigateurs.

En Belgique, le football a également été victime de scandales de matchs truqués ces dernières années. Le dernier en date a connu un nouveau rebondissement ce vendredi : la justice belge a inculpé 19 personnes, dont deux arbitres, des agents de joueurs et l'entraîneur du Club Bruges, toutes soupçonnées de fraudes ou d'avoir arrangé des matches du championnat. Toujours en Belgique, 18 rencontres avaient été truquées entre 2004 et 2006, le tout téléguidé depuis la Chine par des mafias asiatiques. Plusieurs joueurs de Ligue Jupiler (ndlr : la première division belge) avaient ainsi touché entre 5000 et 40.000 euros. L'homme d'affaire chinois Zheyun Ye, personnage central de l'affaire, a été jugé par contumace et condamné à cinq ans de prison ferme pour corruption active, tandis que l'ancien entraîneur de La Louvière Gilbert Bodart a lui écopé de 6 mois de prison avec sursis.

En France, une histoire avait fait grand bruit lors de la saison 2013-2014 : la rencontre opposant Caen à Nîmes, le 13 mai 2014, s'était terminée sur un score nul de 1-1, permettant au club normand d'accéder à la Ligue 1 mais aussi aux Nîmois de se maintenir en deuxième division. Les joueurs des deux équipes avaient alors clairement levé le pied dans les derniers instants du match pour conserver le score. En septembre dernier, sept personnes - dont les ex-dirigeants de Nîmes - ont été condamnées à des peines allant de 8 mois avec sursis à 18 mois de prison ferme, pour "association de malfaiteurs en vue de la constitution du délit de corruption sportive".

Europol a sans doute mis au jour le plus grand trafic de matches de football de l'Histoire. Selon l'Office européen de police, 425 arbitres, dirigeants de clubs et joueurs de 15 nationalités différentes auraient pris part au truquage de 380 matches en Europe et 300 autres dans le reste du monde entre 2008 et 2011, dont des rencontres de Ligue des Champions (2) ou de qualification pour la Coupe du monde. 8 millions d'euros de profits auraient été réalisés.

Lors d'une conférence de presse, le directeur général d'Europol, Rob Wainwright, a dévoilé qu'une enquête de ses services avait permis de révéler qu'une réseau criminel, basé en Asie mais avec des complicités en Europe, est soupçonné d'avoir truqué 380 matches, et que 425 arbitres, dirigeants de clubs et joueurs provenant de 15 pays, sont soupçonnés d'y avoir pris part, entre 2008 et 2011.

"Il nous semble clair qu'il s'agit de la plus grande enquête de tous les temps sur des matches truqués présumés", a déclaré Wainwright.

Europol a dénombré 380 matches truqués en Europe et 300 autres en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Un enquêteur allemand, Freidhelm Althans, a expliqué que le réseau employait des "courriers" transportant des enveloppes pouvant contenir jusqu'à 100.000 euros par match, qui servaient à rémunérer joueurs et arbitres. "Nous avons réuni des preuves dans 150 cas", a-t-il précisé. Des complices prenaient ensuite des paris sur internet ou par téléphone avec des bookmakers en Asie, où sont acceptés des paris qui seraient illégaux en Europe.

"Un match truqué pouvait impliquer jusqu'à 50 suspects dans dix pays sur différents continents", a déclaré Freidhelm Althans.

Europol a notamment montré lors de la conférence de presse, une rencontre internationale des moins de 20 ans entre l'Argentine et la Bolivie lors de laquelle un arbitre hongrois accorde un penalty plus que litigieux en faveur de l'Argentine. Ce n'est pas la première fois que de telles révélations sont faites dans le milieu du football. Cela avait déjà notamment concerné un match de qualification pour l'Euro-2008, aboutissant à la suspension pour dix ans d'un joueur maltais. En revanche, de part son ampleur, elle pourrait être la plus grande.

La plupart des matches truqués ont été joués dans les championnats turcs, allemands et suisses. Le but du trucage était de gagner d'importantes sommes d'argent grâce à des paris sportifs.

Concerné au premier chef, l'UEFA a réagi dans un communiqué à ces révélations: "L'UEFA a pris connaissance des déclarations d'Europol sur de présumés matches arrangés qui ont eu lieu dans différentes compétitions et s'attend à recevoir plus d'informations dans les jours à venir. Une fois que les détails de ces investigations seront entre les mains de l'UEFA, ils seront transmis aux instances disciplinaires compétentes afin que les mesures adéquates soient prises. Comme acteur de la lutte contre ce fléau, l'UEFA coopère déjà avec les autorités sur ces questions dans le cadre de son programme de 'tolérance zéro' vis à vis des matches arrangés dans notre sport".

Les enquêteurs ont refusé de dévoiler le moindre nom de joueur ou de club tant que les investigations ne seront pas achevées. L'enquête a été menée par les autorités allemandes, finlandaises, hongroises, autrichiennes et slovènes en collaboration avec Europol et a été soutenue par huit autres pays européens.

L'affaire des paris truqués concerne au moins sept matchs du tour préliminaire de la Ligue des Champions 2009 et de l'Europa League, a révélé hier l'UEFA à l'issue d'une réunion avec les neuf fédérations impliquées (Autriche, Belgique, Bosnie, Croatie, Allemagne, Hongrie, Slovénie, Suisse, Turquie).

Selon l'UEFA, les matchs truqués seraient : Stabaek IF - KF Tirana (2 e tour qualification Ligue des champions), Bnei Yehuda Tel Aviv - FC Dinaburg (2 e tour qualification Europa League aller et retour), KS Vilaznia - Rapid Vienne (2 e tour qualification Europa League aller et retour), NK Ljubljana - FC Metalurg Donetsk (3 e tour qualification Europa League) et Fenerbahce Istanbul - Honved Budapest (3 e tour qualification Europa League).

« L'UEFA va ouvrir sa propre enquête sur une possible implication de trois arbitres, a indiqué Gianni Infantino, le secrétaire général de l'Union européenne de football. Nous allons déposer des plaintes contre les clubs, les officiels ou les joueurs impliqués.

Encore une histoire de matches truqués. Mais cette fois, c'est une affaire de grande ampleur. L'office européen de police Europol a démantelé un vaste réseau soupçonné d'avoir truqué 680 rencontres de football entre 2008 et 2011. 380 ont été disputées en Europe, les 300 autres ont été jouées en Afrique, Asie, et Amérique Latine. Dans ce lot de matches suspects, on trouve des rencontres de Ligue des Champions et de qualifications pour la Coupe du monde.

"C'est la plus grande enquête de tous les temps sur des matchs truqués présumés", a déclaré le directeur d’Europol Rob Wainwright.

C'est un cartel criminel basé à Singapour qui serait à la tête de ces opérations. Le réseau concerne 425 personnes impliquées dans une quinzaine de pays. On y trouve des arbitres, des dirigeants de clubs et des joueurs. Le réseau aurait rapporté au moins huit millions d'euros. La plupart des matchs truqués ont été joués dans les championnats turcs, allemands et suisses, indique Europol, tout en rajoutant que d’autres matches à travers le monde sont également concernés.

Un enquêteur allemand, Freidhelm Althans, explique que le réseau employait des "courriers" transportant des enveloppes pouvant contenir jusqu'à 100 000 euros par match. Ces sommes servaient à rémunérer les joueurs et les arbitres. Des complices prenaient ensuite des paris sur internet ou par téléphone avec des bookmakers en Asie.

Parmi les autres rencontres examinées, figurent deux matches de Ligue des champions, dont l'un s'est joué en Grande-Bretagne, ainsi que des matches éliminatoires de l'Euro et des matches de première division dans plusieurs championnats européens.

Dans un communiqué, l'UEFA annonce qu'elle a "pris connaissance des déclarations d'Europol sur de présumés matches arrangés (...) et s'attend à recevoir plus d'informations dans les jours à venir. Une fois que les détails de ces investigations seront entre les mains de l'UEFA, ils seront transmis aux instances disciplinaires compétentes afin que les mesures adéquates soient prises".

Tableau Récapitulatif des Affaires de Matchs Truqués Mentionnées

Compétition/Pays Année(s) Nombre de matches truqués (approx.) Détails
Italie (Calcioscommesse) 2010-2011 50+ Au moins 50 matches arrangés, dont une vingtaine en Serie A.
Belgique 2004-2006 18 18 rencontres truquées, téléguidées depuis la Chine.
Belgique N/A N/A 19 personnes inculpées (arbitres, agents, entraîneur).
France (Caen vs Nîmes) 2013-2014 1 Match nul arrangé pour promotion/maintien.
Europe (Europol) 2008-2011 380 Vaste réseau impliquant 425 personnes, incluant des matches de Ligue des Champions.
Qualifications Ligue des Champions/Europa League 2009 7 Au moins 7 matchs suspects dans les tours préliminaires.

Guus Hiddink, ancien entraîneur de Chelsea, n'en revient toujours pas des décisions arbitrales prises lors de la renversante demi-finale retour de Ligue des champions contre le FC Barcelone en mai 2009. L'entraîneur néerlandais s'est même demandé si le match n'avait pas été truqué.

"C'était tellement frustrant". Le 6 mai 2009, en demi-finale retour de la Ligue des champions, Chelsea accueille le FC Barcelone. Le club catalan se qualifie par la règle du nombre de buts à l'extérieur, grâce à une égalisation miraculeuse (1-1) d'Andrés Iniesta dans le temps additionnel. Mais avant cela, le match est marqué par plusieurs décisions litigieuses de l'arbitre Tom Henning Ovrebo en défaveur de l'équipe anglaise. Ce qui provoque le fameux "fucking disgrace" de Didier Drogba.

Plus de dix ans après, Guus Hiddink, qui était alors l'entraîneur des Blues, est toujours aussi amer. Il admet même avoir pensé que l'issue de la confrontation avait été arrangée.

"C'est la seule fois où j'ai soupçonné qu'un match avait été truqué", lance le coach néerlandais dans un entretien diffusé sur YouTube (vidéo non accessible en France). Une réflexion qui s'appuyait sur le fait qu'une qualification de Chelsea aurait eu pour conséquence un remake de la finale de la précédente édition de la Ligue des champions, puisque Manchester United s'était qualifié la veille en écartant Arsenal.

"Manchester United était déjà en finale, à ce moment-là. J'avais déjà vu cet arbitre lors de matchs européens du PSV et il officiait parfaitement. Après ce match, il n'a plus jamais dirigé de match international", s'étonne Guus Hiddink, soulignant cependant qu'il n'a "aucune preuve" de ce qu'il suspectait. "Je suis toujours en colère à ce sujet, aujourd'hui! Je me dis: comment est-ce possible?", s'interroge-t-il encore.

Dans le documentaire Erreur diffusé au début de l'année 2020 par RMC Sport, l'arbitre norvégien Tom Henning Ovrebo a reconnu avoir commis des erreurs ce soir-là.

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