Le XV de France a son destin entre ses mains dans le Tournoi des 6 Nations. Samedi 8 mars, les Bleus ont réalisé une prestation majeure en s’imposant (27-42) face à l’Irlande, double tenante du titre à Dublin. Un match référence de l’ère Galthié a marqué les esprits.

Les hommes de Fabien Galthié devaient impérativement l’emporter pour entretenir l’espoir d’une victoire finale lors du Tournoi des 6 Nations, et c’est chose faite. En clôture de la compétition, les Français recevront l’Écosse samedi 15 mars (21 h) au stade de France et à l’issue de la rencontre, les Bleus pourraient de nouveau soulever le trophée.
6 Nations 2026 - Grosse défaite en Écosse, pas de Grand Chelem : Tournoi raté pour les Bleus ?
Le Match Controversé Contre l'Écosse
S’ils sont toujours en position de gagner le Tournoi des Six Nations, les Bleus du rugby ne remporteront pas le Grand Chelem qui semblait leur tendre les bras, avant un match complètement raté samedi en Écosse (50-40). Un échec de plus dans un match décisif pour la génération Dupont.

On s'est alors rappelé qu'il était un peu souffrant en début de semaine, au point de ne pas participer à l'entraînement du mardi. On a alors essayé de savoir, de comprendre comment ce génie du rugby, si souvent couvert de louanges, avait pu passer autant au travers d'une rencontre aussi importante sur la route d'un potentiel Grand Chelem, malgré un arrachage décisif et un essai. Était-il vraiment dans son assiette ?
« Je n'ai pas eu de souci physique », a-t-il aussitôt répondu d'un ton neutre. Des propos corroborés un peu plus tard par ceux de l'arrière Thomas Ramos : « Connaissant son niveau de professionnalisme, Antoine n'aurait pas joué ce match s'il n'avait pas été à 100% de sa forme. Il a été un peu malade en début de semaine, c'est vrai, mais je ne crois pas qu'il s'en servira d'excuse pour dire que c'était un peu plus difficile aujourd'hui (samedi). C'est sûr que quand tu habitues tout le monde à traverser le terrain deux ou trois fois par match, tous les regards se pointent vers toi le jour où ça se passe moins bien.
Lui, d'habitude si rayonnant, n'a jamais vraiment pesé sur le jeu de son équipe. Ses choix n'ont pas toujours été pertinents, son jeu au pied n'a pas été aussi précis et aussi long que d'ordinaire, sa défense pas aussi impitoyable qu'à l'accoutumée. Bien sûr, le pressing monstrueux des Écossais y a été pour beaucoup.
« À chaud, c'est difficile d'analyser les performances de chacun, mais en effet, Antoine a été muselé, un peu à l'image de l'équipe, observait le flanker François Cros à l'issue de la partie. Quand on est un peu dominés, c'est plus compliqué pour lui. Mais il ne faut pointer personne du doigt, chacun a sa part de responsabilité. »
Présent à Murrayfield en tant que consultant pour France Info, l'ancien n°9 international Guy Accoceberry a cru voir un remake des précédents matches du Toulousain en Écosse : « Je peux me tromper, mais il me semble qu'ici, il n'a jamais été le vrai Antoine Dupont. J'ai l'impression qu'un plan anti-Dupont est mis en place à chaque fois avec des (Rory) Darge, des (Matt) Fagerson ou autrefois des (Jamie) Ritchie qui essaient de l'attraper, qui le plaquent souvent, même parfois un peu à retardement, et qui parviennent à le faire sortir de son match et à l'user physiquement. Les Écossais savent comment le faire déjouer. »
Les Erreurs d'Antoine Dupont
Au-delà de sa difficulté à exister sous la pression, Dupont a aussi commis deux grosses boulettes, hier, aussitôt transformées en essai par les Écossais. D'abord une passe interceptée au milieu du terrain par l'ailier Kyle Steyn (51e). Ensuite une passe en-avant sur une relance kamikaze de son propre en-but, qui sera sanctionné d'une mêlée à 5 mètres et d'un essai de Tom Jordan (63e).
« C'est vrai que j'ai commis des erreurs qui nous coûtent cher, a-t-il admis. Ça reste des faits de jeu, mais c'est sûr que la performance n'est pas là. Après, ça ne fera pas avancer le débat de discuter des performances individuelles. Il faut réfléchir collectivement. Aujourd'hui (samedi), on n'a pas réussi à rivaliser avec les Écossais, on a été indisciplinés, on a subi toutes les collisions. On n'a pas su se sortir de ça, et évidemment, c'est aussi de ma responsabilité en tant que membre de la charnière. »
« L'interception, ça peut arriver, estime Accoceberry. Sur son choix dans l'en-but, en revanche, vu qu'il y a trois mecs qui arrivent sur lui, il doit aplatir. Mais il veut tenter quelque chose parce que c'est Antoine Dupont, qu'il veut garder son rôle de patron, de leader de jeu. Sur le coup, il veut sauver la patrie, chose qu'on lui demande depuis des années et des années. Je pense qu'Antoine n'est pas encore revenu à 100% de ses capacités (après sa rupture des ligaments croisés du genou droit contractée il y a un an), ce qui a certainement dû jouer dans les quelques erreurs qu'il a commises. »
Le Tournoi n'est pas terminé. Dupont a encore un match devant lui (samedi prochain, 21 h10) pour redevenir lui-même et remporter un nouveau titre. « C'est un compétiteur, conclut Accoceberry. Je pense qu'il sera vexé et qu'il réalisera un match énorme contre l'Angleterre, samedi prochain.
Analyse du Match et Perspectives d'Avenir
Incorrigible rugby français. Il a beau avoir tout le talent nécessaire, un réservoir de joueurs à faire pâlir d’envie les Anglo-saxons, un public fidèle derrière lui, il continue à lui faire vivre ces incessantes montagnes russes émotionnelles. À peine arrivé à une marche de la gloire, que la réalité d’un match le ramène brutalement au sol. Ce rugby français qui reste latin, charmant, mais incapable de devenir cette machine à gagner sur tous les terrains, face à toutes les adversités.
La bande à Dupont lancée vers un Grand Chelem historique en 2026 ? Patatras, l’histoire retiendra que c’est cette année-là que ses Bleus ont pris 50 points à Murrayfield. « Le XV de France devait imposer son jeu et il ne l’a pas fait, regrette l’ancien sélectionneur Pierre Villepreux. Le problème est que ce n’est que l’Écosse. On en a fait des montagnes, mais les Écossais ont perdu en Italie (18-15) et ont eu du mal à battre les Gallois (23-26). L’équipe de France était prévenue, elle jouait le Grand Chelem.
| Équipe | Points | Statut |
|---|---|---|
| France | [Nombre de Points] | En lice pour la victoire |
| Irlande | [Nombre de Points] | Double tenante du titre |
| Écosse | [Nombre de Points] | Adversaire de la France |
| Italie | [Nombre de Points] | Vainqueur contre l'Écosse |
| Pays de Galles | [Nombre de Points] | Défaite serrée contre l'Écosse |
| Angleterre | [Nombre de Points] | Prochain match potentiel pour Dupont |