Le Rugby Club Montceau Bourgogne (RCMB), un club avec une histoire riche et des moments difficiles, continue de marquer le paysage sportif de Montceau-les-Mines.

Un club en transition
Récemment, le RCMB a connu des changements au niveau de son encadrement technique. Jean-Baptiste Moreau a quitté son poste d'entraîneur, une décision qu'il décrit comme un besoin de renouveau dans le discours de l'équipe. Ils sont trois à avoir pris en charge l’équipe première : Romain Rouchon, entraîneur général arrivé en début de saison, entouré de Benjamin Fourier et Jean-Baptiste Moreau.
« J’ai pris cette décision entre le match à Montchanin et celui à Bellegarde », précise l’intéressé. Sans aucune animosité, Jean-Baptiste Moreau s’exprime clairement. « Le groupe a besoin d’un renouveau dans le discours. Je me suis expliqué avec Jacky Rozier. « Il fallait le faire maintenant. C’est un choix personnel. Sur le fond, avec Romain Rouchon, il n’y a pas de souci. Il estime néanmoins avoir réussi la transition entre Stéphane Robbe et Romain Rouchon.
« J’ai été fier d’entraîner ce club. Mon seul regret est de ne pas aller au bout. « Romain Rouchon et Jean-Baptiste Moreau sont deux fortes têtes », reconnaît Jacky Rozier, le président du RCMB, qui, officiellement, n’a pas été informé de la démission de Jean-Baptiste Moreau. « Moi, je veux le garder, qu’il reste auprès du club.
Un drame qui a marqué le club et la région
Le club a été marqué par un événement tragique survenu le 19 novembre 2006. C’est sur cette même pelouse que, le 19 novembre 2006, Laurent Repiquet, 36 ans, talonneur du Rugby Club Montceau Bourgogne, s’écroule, cervicales brisées. Ce sombre jour de derby, Montceau reçoit Digoin, autre ville de Saône-et-Loire, posée en équilibre sur la frontière de l’Allier, une quarantaine de kilomètres plus à l’ouest.
Les rencontres entre les deux équipes ont toujours été rugueuses, dit-on ici de mémoire. Ce dimanche-là, elle l’est particulièrement. Les deux équipes évoluent alors en Fédérale III, au sein du Comité de Bourgogne, et luttent pour éviter la rétrogradation. Il reste moins de dix minutes à jouer. Montceau mène 23 à 15. Mêlée. En première ligne, côté Digoin, les deux frères Large : Nicolas, talonneur et capitaine, et Richard, l’aîné, pilier droit, respectivement 25 et 30 ans. Face à eux, enchâssé entre ses deux piliers, Laurent Repiquet.
Les deux frangins, conclura plus tard la juge d’instruction, «serrent volontairement leur tête pour gêner l’entrée en mêlée de Laurent Repiquet». Une entrée «au casque», dont la pratique vient alors juste d’être proscrite par la règle 20 de la FFR (1), «en l’espèce, lit-on sur l’ordonnance de renvoi, en empêchant en tant que talonneur (et en tant que pilier droit pour Richard Large), par son mauvais positionnement dans la mêlée, en serrant la tête, que la victime talonneur de l’équipe adverse puisse s’imbriquer correctement dans la mêlée», causant involontairement la mort de Laurent Repiquet.
Encore conscient, le talonneur du RC Montceau est évacué vers l’hôpital universitaire de Dijon et opéré compte tenu d’une tétraplégie à la suite d’une fracture des cervicales 4 et 5. Placé en coma artificiel, le père de famille âgé de 36 ans décède le 24 décembre «à la suite de complications respiratoires», selon les conclusions du médecin légiste.
À la suite d’une procédure interminable, précédée dans un premier temps d’un non-lieu puis d’un appel, et finalement close le 27 mai 2015, les frères Large sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône, le 12 octobre 2015 pour «les faits d’homicide involontaire par manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par le règlement de la FFR». Le 6 juin dernier, près de dix ans après les faits, la sanction tombe : les deux frères sont condamnés à neuf mois de prison avec sursis et une interdiction de jouer de deux ans. Du point de vue pénal, le droit a été dit.
Réactions et conséquences
Nicolas Large, charcutier de métier devenu ouvrier, tout comme son frère aîné, dans une entreprise locale, embraye d’une voix posée et basse : «Les médias nous ont fait du mal en nous faisant passer pour des brutes épaisses», dit-il. Au procès, des témoins avaient en effet qualifié les réponses des frères Large à la présidente de «maladroites», brossant en creux un portrait de «types assez rustiques». Pour Me Lucien Simon, conseil des deux joueurs de Digoin et membre du comité directeur de la Ligue nationale de rugby, joint au téléphone, «les Large n’avaient pas les moyens de se payer un conseiller en communication». Ainsi y aurait-il eu chez eux «la sincérité des gens simples», poursuit Lucien Simon, qui précise : «Mais ce sont des piliers et quand on joue pilier, on se doit d’être dur au mal.»
Nicolas Large est un homme prudent ou qui a appris à l’être : «Je ne reviens pas sur les décisions de la justice. C’est un passé révolu, jugé, douloureux pour la famille (Repiquet). Mes nuits ne sont pas tranquilles, et je souffre aussi de cette histoire. Ce n’est pas la même souffrance que celle de la famille Repiquet, bien sûr, mais, croyez-moi, ce n’est pas facile d’en reparler…» souffle-t-il.
Le président du club de Digoin, Didier Terrier, 63 ans, ancien troisième-ligne, est un homme au visage inquiet : «C’était une époque, aujourd’hui disparue, où le spectateur voulait ça, de la bagarre.» De cette époque, il reste la chanson du FCD, composée en 1949, Allez Digoin, dont voici les premières strophes : «À Montceau (gare à la bagarre)/ Ils sont là les gars de Digoin/ Quinze costauds en noir et vert, il faut voir comme/Au bon moment chacun sait marquer son bonhomme/ ».
David Guyonnot est un homme inconsolable. Il a longtemps joué avec Laurent Repiquet à ses côtés et, à 46 ans, ne se remet pas de la disparition de son ami : «Une première ligne, c’est une famille.» Il était dans les tribunes, le 19 novembre 2006. «Je ne sais pas ce qui leur a pris, aux Large, ce jour-là… C’était un rugby de démolition, avec une volonté de faire mal. Les règles sont mieux appliquées, mais notre rugby pour autant n’a plus rien à voir avec celui qui est donné à la télé. C’est un sport tellement différent…»
Thierry Bonnot a passé la main l’an dernier comme président du RC Montceau, où l’on retrouve cet historien, chercheur en anthropologie au CNRS, qui a par ailleurs longtemps travaillé à l’Écomusée du Creusot. «Au-delà de cette histoire douloureuse, explique-t-il, au pied du monument aux morts surmonté d’une lampe de mineur, c’est la fin de l’engagement des hommes, d’un bénévolat marqué par un sentiment d’écrasement fédéral. C’est au fond l’histoire d’une lassitude, d’un déclin sourd du rugby amateur, de la judiciarisation de ce sport, et d’une moindre tolérance certainement de la société à l’égard de la violence.»
Thierry Bonnot y voit notamment la fin «d’une identité» dans une ville «où les mineurs, et fils de, ne jouaient pas forcément au rugby. Eux, c’était le foot. De plus, ce sport que nous pratiquions n’a plus rien à voir avec celui du Top 14. C’est un autre sport que le nôtre dans une ville où le principal employeur est un centre d’appel téléphonique, comme dans les pays en voie de développement.»
Christelle Repiquet, veuve de Laurent, n’a pas refait sa vie. Elle élève seule ses trois enfants et travaille à mi-temps comme infirmière au bloc opératoire de l’hôpital de Montceau. C’est une femme sportive et incroyablement vive qui frôle la cinquantaine. Je rencontre ainsi les amis de Laurent. J’aime toujours le rugby même si celui que je vois à la télé me semble bien lointain de celui que j’aimais. Je suis même retournée à Digoin, voyez-vous… J’ai eu du mal, mais il fallait que j’exorcise cette appréhension», confie-t-elle avec un ton frappant d’optimisme.
«Et puis il a bien fallu élever les enfants, finir les travaux quand Laurent est parti…» Elle se remémore avec douceur ce que lui avait dit son fils aîné, alors âgé de 6 ans, quand elle lui a appris la mort de son père : «Papa est parti au ciel avec les anges, c’est ça ? Je suis restée sans voix et j’ai finalement dit : oui, oui, c’est ça, papa est avec les anges.» Son mari a été inhumé selon le rite catholique, «et moi, du coup, j’ai perdu la foi», dit Christelle en souriant légèrement. Laurent Repiquet repose au cimetière de Blanzy, la ville voisine de Montceau, qui abrite le Musée des gueules noires, témoin d’un passé de rudes combats, comme au rugby, ce sport qui a arraché aux siens le talonneur des Rouge et Blanc, la veille de Noël 2006.
Évolution sportive et perspectives d'avenir
Malgré les défis, le RCMB continue de se battre. La saison prochaine, le RCMB Montceau évoluera en championnat Fédérale 3. Après avoir brillamment remporté le titre de champion de Bourgogne Franche-Comté, le RCMB disputait ce dimanche son premier trente-deuxième de finale de phase finale de championnat de France à Jean Bouveri. Et ce, face à EMD Plaine de l’Ain (Meximieux).
Cette saison, le RCMB règne en maître sur le championnat territorial Régionale 1. Avec pour objectif de finir sur la plus haute marche du podium avant de rejoindre au plus vite la Fédérale 3. Gaspard Robbe, formé au RCMB et jeune Crabos de l’ASM (Clermont), a fêté récemment ses premières sélections en équipe de France U18. Une fierté pour tout un club et toute une ville.
Ce dimanche, les montcelliens du RCMB ont enchaîné un nouveau succès dans leur antre de Jean Bouveri, face à cette Dole cette fois-ci (21-5), pour le compte de la deuxième journée du championnat Honneur. Montceau est 3ème au classement. Ce samedi en fin d’après-midi, le stade Jean Bouveri vibrait de nouveau au rythme du ballon ovale. Et pour cause, le RCMB débutait sa saison par un match amical face à Buxy, pensionnaire du championnat Fédérale 3. Face à une telle adversité, le score (défaite 0-31) demeure anecdotique.
Depuis le 1er décembre, les clubs de rugby peuvent de nouveau accueillir leurs licenciés adultes. Les cadets se sont inclinés sur un sévère 32 à 9, à Dijon. Les juniors quant à eux, se sont imposés, 10 à 6, à l’issue d’une belle partie.Les moins de 15 ans étaient quant à eux en tournoi à Autun . Ils ont joué successivement contre l’Ovale Charolais, l’AS Autun et Saint-Martin du Lac. Les Montcelliens ont concédé deux défaites et remporté un match. C’est somme toute, une sortie très encourageante pour ce groupe en construction.
Le Sporting club d’inspiration fortement corporatiste était composé en grande majorité de joueurs et dirigeants employés aux houillères. Vêtus de noir et de blanc, ces footballeurs jouaient déjà au stade des Alouettes. Pas facile de jouer au football à l'époque certains déplacements s'effectuaient en camionette, voir même à vélos jusqu'à Chalon par exemple.
L'UNION SPORTIVE BLANZY-MONTCEAU que de nombreux sportifs du bassin minier évoquent toujours avec une certaine nostalgie a été un virage capital dans l'évolution du football à Montceau les Mines. En 51-52 le club termine invaincu en DH (21 gagnés et 3 nuls). C'est à partir de 1955 que l'USBM se stabilise en championnat CFA, et cela jusqu'en 1963, avec en point d'orgue le première place du groupe sud-est en 1957(4ème en phase finale), et un 16ème de finale en coupe de France éliminé par Cambrai (DH) 2-0 à Amiens le 17 février 1963. C'est un certain André DESCHAMPS qui fera remonter le club en CFA en 1968 avant d'être relégué aussi sec.
Prudent BACQUET devient coach en 1978 et fera monter le club en 2ème division à la fin de la saison 81/82. L'ENTENTE devient le FOOTBALL CLUB MONTCEAU BOURGOGNE. L' aventure de la 2ème division se terminera deux saisons plus tard suite au retrait de M. Clayeux. Le club fut tout prêt de disparaitre, il passa de la D2 à la DH en quatre ans. Avec l'arrivée de M. C'est à nouveau une longue traversée du désert pour le club Montcellien, désormais dirigé par M. Turpin, jusqu'à ce véritable exploit en coupe de France en atteignant les 16ème de finale éliminé par le FC Nantes 6-0 devant 6000 spectateurs aux Alouettes le 12 février 2000.
Un vent nouveau arrive en 2003 avec M. Bailly à la tête du club et le duo d'entraineurs Lionel Large et Yannick Chandioux prend la direction technique. Après une rapide saison en DH le club passera deux saisons en CFA2 puis en CFA grace à un but marqué par Devillard dans les ultimes minutes de l'ultime journée. Mais c'est en 2007 qu'un engouement sans précédent va inonder Montceau les Mines, avec encore une fois la coupe de France, avec cette fois ci une demi-finale à la clé et un parcours marathonien de 10 matches. Réussissant à éliminer Bordeaux puis Lens avant d'être défait par Sochaux après prolongations devant 12000 spectateurs au stade Jean Laville le 17 avril 2007. Le FC MONTCEAU BOURGOGNE est le second club de 4ème niveau à atteindre le dernier carré.
Depuis 2010 le FCMB évolue en CFA 2 relégué par des problèmes financiers et administratifs. Le FCMB est remonté en CFA de 2012 jusqu’en 2017.

Match du RCMB à Jean Bouveri