Depuis des décennies, les confrontations entre la France et l'Italie ont captivé les amateurs de football du monde entier. Ces matchs, souvent disputés au plus haut niveau, ont été le théâtre de moments mémorables, de retournements de situation spectaculaires et de performances individuelles exceptionnelles. Cet article vous propose de plonger au cœur de cette rivalité passionnante, en revenant sur les rencontres les plus marquantes de l'histoire.

Le Tournant de 1982
Le 23 février 1982 marque-t-il la naissance de la grande équipe de France, celle qui dominera l’Europe puis (presque) le monde sur les quatre années à venir ? Ce match amical au Parc des Princes est bien plus qu'une simple rencontre. Les Bleus n'ont alors plus gagné face à leurs rivaux transalpins depuis 62 ans et un succès 3-1 le 29 août 1920 lors des Jeux olympiques à Anvers ! Soit une invincibilité italienne longue de 19 matchs (14 victoires et 5 matchs nuls).
À ce moment-là, les Bleus mènent depuis la 19e minute grâce à Platini. Ce France-Italie est aussi l’occasion de découvrir deux jeunes monégasques qui brillent en championnat : le défenseur Manuel Amoros, qui a fêté ses vingt ans trois semaines plus tôt, et l’attaquant Daniel Bravo, qui a à peine dix-neuf ans. Le premier réalise un sans-faute en défense où il remplace Max Bossis. Le second remplace Didier Six peu après l’heure de jeu et marque le deuxième but suite à un redoublement de passes avec Rocheteau conclu par un tir de près.
Avec la victoire de 1982, où Platini réalise un match éblouissant, le rapport de force bascule. En tout cas, Michel Platini (déjà très inspiré en février 1978 à Naples) réalise un très grand match qui le fait changer de statut : de meilleur joueur français, il devient du jour au lendemain un des meilleurs joueurs du monde. Désormais, et pour le quart de siècle à venir, ce seront les Italiens qui redouteront d’affronter les Bleus.
Coupe du Monde 1986 : Confirmation Française
La rencontre suivante, le 17 juin 1986, sera bien plus importante. Elle oppose au stade olympique de Mexico le tout nouveau champion d’Europe au champion du monde en titre. Sans Paolo Rossi (retenu dans le groupe mais qui ne jouera pas), les Italiens sont sur la pente descendante, alors que les Bleus d’Henri Michel semblent placés sur une trajectoire mondiale.
Il suffit d’un quart d’heure à l’équipe de France pour prendre l’avantage par Michel Platini qui pique une balle en profondeur de Rocheteau par dessus Galli. De fait, jamais les hommes d’Enzo Bearzot ne semblent en mesure de l’emporter. C’est son quarantième et avant-dernier but en sélection, son troisième contre l’Italie. Et en début de deuxième mi-temps, un contre fulgurant de Tigana relayé par Rocheteau est conclu en force par Stopyra. Nombreux sont ceux qui croient alors assister à une passation de pouvoir.
Années 1990 : Entre Espoirs et Déceptions
Il faudra près de huit ans pour voir le prochain Italie-France. En février 1994 à Naples, Aimé Jacquet inaugure son mandat de sélectionneur par une victoire inattendue contre le futur finaliste de la coupe du monde (1-0), ce qui rétrospectivement laisse bien des regrets. C’est Youri Djorkaeff qui marque juste avant la pause et qui signe la première victoire des Bleus en Italie depuis 82 ans.
En juin 1997, lors du Tournoi de France, les Italiens veulent leur revanche mais ils n’obtiendront qu’un nul (2-2) dans les arrêts de jeu sur un pénalty de Del Piero après que Zidane et Djorkaeff aient donné deux fois l’avantage aux Bleus.
Coupe du Monde 1998 : La Tension à Son Comble
Quand ils se retrouvent au Stade de France le 3 juillet 1998 en quart de finale de la coupe du monde, Français et Italiens repensent forcément à Mexico.
France contre Italie Coupe du Monde 1998 Quarter Final
En prolongations, alors que la règle du but en or peut interrompre le match à tout instant, Roberto Baggio entre dans la surface et pique une balle au second poteau, hors de portée de Barthez. Il s’en faut de quelques centimètres. Les Bleus s’imposent aux tirs au but grâce au sang-froid de ses jeunes attaquants Henry et Trezeguet et, il faut bien le dire, à un maximum de réussite, la transversale de Barthez renvoyant la tentative de Di Biagio. L'histoire est en marche.
Euro 2000 : La Délivrance en Prolongations
Cette fois, ça y est, l’Italie tient sa revanche. Nous sommes le 2 juillet 2000 à Rotterdam, il ne reste que quelques secondes dans le temps additionnel de la finale de l'Euro et les Bleus sont toujours menés 1-0. Montella récupère un ballon dans le camp français, cherche Totti d’une balle piquée, mais le Romain est hors-jeu.
Barthez tire le coup-franc, sa trajectoire tendue arrive sur Trezeguet qui dévie de la tête sur Wiltord lequel amorti le ballon le laisse rebondir deux fois et ajuste un tir croisé du gauche qui propulse les Bleus en prolongations. La suite, on la connait, avec un rush de Pires côté gauche d’une défense italienne tétanisée de fatigue, un centre en retrait sur Trezeguet qui claque une reprise du gauche imparable.
Comment faire mieux ? Plus grand ? Plus émouvant ? Plus dramatique ? Facile : une finale de coupe du monde, dernier match de la carrière de Zidane.
Coupe du Monde 2006 : Le Crépuscule de Zidane
Berlin, le 9 juillet 2006. Septième minute de jeu, Malouda est balancé dans la surface par Materazzi. Pénalty. Zidane va le tirer, bien sûr, mais comme Buffon, gardien de la Juventus, le connaît par cœur, le Français tente un geste insensé. Une panenka plein axe, un poil trop haute car elle tape sous la transversale, tombe juste derrière la ligne de but, remonte sous la barre et ressort des cages italiennes.
Les Bleus vont alors prendre le dessus en gagnant la bataille du milieu, où le duo Makelele-Vieira est souverain. Mais Henry n’est pas assez soutenu en pointe de l’attaque, Ribéry et Malouda jouant un peu trop bas dans les couloirs. Et surtout, Vieira sort après dix minutes en seconde période, victime de contractures aux cuisses. Dès lors le ressort est cassé (Alou Diarra jouant plus bas et plus prudemment), et les Italiens, épuisés, visent clairement les prolongations.
Celles-ci vont voir le match basculer en quatre temps : à la 99e, une frappe de Ribéry termine de très peu à l’extérieur du poteau de Buffon qui était battu. A la 103e, sur un centre parfait de Sagnol, Zidane décoche une tête croisée parfaite que Buffon sort d’une claquette magistrale. Il était dit quelque part que l’équipe de France ne gagnerait pas ce match.
Pour une fois, les Italiens ne manquent aucun tir au but, alors que celui de Trezeguet, qui cherchait la lucarne, est renvoyé par la transversale devant la ligne de but. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Le sort, favorable aux Français depuis 24 ans, tourne ce soir-là.

Depuis 2006 : Un Équilibre Fragile
Cet équilibre parfait casse après le Mondial allemand. En septembre 2006, malgré l’arrêt de Barthez et Zidane, les Bleus donnent des regrets à leurs supporters en battant facilement les nouveaux champions du monde à Saint-Denis (3-1) avec notamment un doublé improbable de Sidney Govou. Cette victoire de prestige, qualificative pour l’Euro 2008, marque pourtant le début de la fin de la grande équipe de France.
Mais le 17 juin 2008 à Zurich au premier tour de l’Euro, le vent a tourné. Alors que les deux équipes ont lourdement chuté contre les Pays-Bas, les Bleus réalisent un début de match catastrophique : Ribéry se blesse après dix minutes, et un quart d’heure plus tard, Eric Abidal crochète Luca Toni dans la surface. Pénalty et carton rouge. Réduits à dix et menés au score, les coéquipiers d’Henry n’ont plus rien à espérer. Le score final (0-2) est même flatteur.
Le 14 novembre 2012 à Parme, les Bleus retrouvent les vice-champions d’Europe et continuent sur la lancée de leur match nul à Madrid. L’ouverture du score par El-Shaarawy est immédiatement suivie par une égalisation de Mathieu Valbuena après un slalom dans la défense et un superbe tir en lucarne. Une percée de Ménez pour Gomis donne l’avantage aux Français (2-1) qui le garderont jusqu’au bout.
Bari, ça vous dit quelque chose ? Demandez aux supporters marseillais... C’est là que les Bleus s’imposent plutôt facilement contre une Squadra moyennement concernée le 1er septembre 2016, quelques semaines après l’Euro et dix ans après leur dernière victoire post-phase finale. En attaque, Anthony Martial se réveille enfin et ouvre le score, Giroud redonne l’avantage après l’égalisation de Pellè sur une erreur de placement de Varane et Kurzawa conclut en fin de match (3-1).
Pour le deuxième des trois matchs de préparation à la Coupe du monde 2018, l’équipe de France croise à Nice la grande absente de l’édition russe, l’Italie. Didier Deschamps aligne une équipe assez proche de celle qui jouera l’essentiel des matchs de la phase finale à venir : seuls manquent au coup d’envoi Raphaël Varane, Blaise Matuidi et Olivier Giroud, remplacés par Adil Rami, Corentin Tolisso et Ousmane Dembélé.
A Nice, les Bleus prennent très vite le dessus avec deux buts d’Umtiti (après un tir de Mbappé repoussé par Sirigu) et de Griezmann (sur pénalty) dans la première demi-heure. Mais les Italiens reviennent sur un coup franc de Balotelli repoussé par Lloris dans les pieds de Bonnucci, avant que Dembélé, qui avait touché la barre, ne scelle le résultat d’un intérieur du droit parfaitement exécuté (3-1).
Opposés à l'Italie (10e FIFA), les Bleus manquent leur rentrée 2024 et leurs débuts dans la 4e édition de la Ligue des Nations. Ils s'inclinent (3-1) face à la sélection transalpine au Parc des Princes en ouverture du groupe A2 de la phase de ligues de la compétition. Bradley Barcola inscrit pourtant son premier but international mais aussi le plus rapide de l'histoire tricolore après seulement douze secondes de jeu. Mais les joueurs de Didier Deschamps sont ensuite dominés par le réalisme italien.
L'Équipe d'Italie : Une Légende du Football
Surnommée la Squadra Azzurra ou encore Gli Azzurri, l’équipe arbore les couleurs bleue azur et blanche. L’équipe, ayant son siège à Rome, a été fondée en 1898 mais elle n’a disputé son premier match international qu’en 1910. Son logo est constitué de la lettre Italia, du sigle FIGC de la Federazione Italiana Giuoco Calcio, de quatre étoiles ainsi que du drapeau de l’Italie.
La Nazionale se rassemble à Florence, au centre technique de Coverciano. L’actuel sélectionneur en titre de l’équipe italienne est Antonio Conte, un ancien footballeur international du pays. Elle compte parmi son palmarès quatre coupes du monde et figure ainsi parmi les équipes nationales les plus titrées pour cette compétition. L’équipe italienne a également à son actif le championnat d’Europe de 1968 et a gagné les jeux olympiques de 1936. Au 3 mars 2016, selon le classement de la FIFA, elle occupait la 14ème place.
La Squadra Azzurra compte de nombreux joueurs emblématiques tels que Dino Zoff, Roberto Baggio et Franco Baresi.
Bilan chiffré des France-Italie
C'est le 39e épisode d'une histoire qui dure depuis 1910 et le succès de l'équipe d'Italie sur la France (6-2). Pour mieux appréhender l'ampleur de cette rivalité, voici un tableau récapitulatif des rencontres les plus marquantes :
| Date | Compétition | Résultat | Lieu |
|---|---|---|---|
| 23 février 1982 | Match amical | France 2-0 Italie | Parc des Princes, Paris |
| 17 juin 1986 | Coupe du Monde | France 2-0 Italie | Mexico |
| 3 juillet 1998 | Coupe du Monde | France 0-0 Italie (4-3 tab) | Stade de France, Saint-Denis |
| 2 juillet 2000 | Euro | France 2-1 Italie (ap) | Rotterdam |
| 9 juillet 2006 | Coupe du Monde | Italie 1-1 France (5-3 tab) | Berlin |
| 1er septembre 2016 | Match amical | Italie 1-3 France | Bari |
