Coupe de France: Désillusions et Surprises pour l'Olympique Lyonnais

La saison de Coupe de France a été riche en émotions contrastées pour l'Olympique Lyonnais. Entre désillusions et espoirs, le parcours de l'OL a été marqué par des surprises, des déceptions et des moments historiques.

L'élimination Choc face à Bourgoin-Jallieu

Grand coup de froid dans le Rhône. L'Olympique lyonnais a été éliminé dès les 16es de finale de la Coupe de France. Les hommes de Pierre Sage ont été sortis aux tirs au but par Bourgoin-Jallieu, club de cinquième division. Un camouflet.

Sous une température glaciale et sur un terrain bosselé, l'OL a de nouveau livré une trop pauvre performance dans la lignée de celles affichées depuis le début de l'année 2025. En seconde période, les Gones ont profité d'un but de Georges Mikautadze pour mener 2-1 à vingt minutes de la fin du temps réglementaire.

La séance de tirs au but a ensuite été un calvaire pour Alexandre Lacazette et Corentin Tolisso, deux figures majeures de l'Olympique lyonnais, qui ont manqué les deux premières tentatives de leur formation, arrêtées par le gardien Ronan Jay. De son côté, Lucas Perri n'a pu en repousser qu'une seule.

"Il y a un sentiment de honte sur ce match au cours duquel nous avons manqué de tout. Bourgoin a livré son match. Nous n'avons pas su répondre. "Nous n'avons fait preuve ni de fierté, ni d'honneur. Il va falloir assumer la honte face à nos proches, aux gens qui aiment le club, nos dirigeants. C'est presque une tragédie", a commenté, de son côté, l'entraîneur de Lyon, Pierre Sage.

En tribune, les supporters berjalliens sont aux anges. "On se sent bien, on se sent comme des gagnants. Le lendemain matin, ce jeudi 16 janvier, la joie était toujours présente sur les visages des habitants de la commune iséroise. L'équipe berjallienne est en Une de l'édition du jour du journal L'Équipe avec un joli jeu de mot : "Bourgouin Joyeux". "C'est un très beau titre. Je peux vous dire que ça fait plaisir de se voir à la Une de L'Équipe. Les gens sont souriants, ils ne parlent que de ça.

Poussés aux tirs au but, les Lyonnais ont dû s'incliner après deux grosses parades du portier berjallien devant Alexandre Lacazette et Corentin Tolisso. Bourgoin file en huitièmes de finale pour la première fois de son histoire.

Pierre Sage, entraîneur de l'OL, a déclaré : "C’est ce que je leur ai dit à la mi-temps. Je n’ai pas eu la chance qu’ils ont eue d’être un grand entraîneur et un joueur talentueux donc j'ai connu ces niveaux-là. Je sais exactement comment se vivent ces choses là, les ingrédients qui sont nécessaires lorsqu'on est un club professionnel qui affronte un club amateur. Aujourd’hui, dans notre première mi-temps, nous avons renié trop trop trop de principes. Nous n’avons pas fait preuve de fierté ni d’honneur, et dans ce sens, je pense que Bourgoin mérite sa qualification au vu du match qu’on a produit."

"Je n’en veux à personne en particulier, je nous en veux à tous en même temps. Il y a une chose qu’il va falloir qu’on assume, c’est la honte, la honte face à nos proches, la honte face à nos familles, aux gens qui aiment ce club, la honte face à nos dirigeants, les gens qui sont venus au stade, la honte face au monde entier. C’est un devoir de battre un équipe qui évolue quatre niveau en dessous."

Ronan Jay (23 ans), le gardien et héros de Bourgoin, raconte son secret sur les tirs au but (RMC) : "On avait travaillé en amont les tirs au but avec l'entraîneur des gardiens et les analystes vidéos, il y a un gros travail de base de données sur ce qui a été fait sur les 5 dernières années. Il fallait prendre une décision ensuite. Lacazette en a tiré énormément. Pour Tolisso il y avait moins de datas. On s'est dit que c'était à la sensation sur le moment. Ca a réussi ! C'est un travail du staff."

"Je me suis fait les croisés il y a deux ans, ça rend les choses encore plus belles ce soir. On est sur une bonne dynamique en Coupe, on va se régaler à regarder le prochain tirage ! Il n'y a pas de très bon choix, j'espère qu'on recevra. Peu importe l'adversaire ! On écrit petit à petit l'histoire." "J'aspire à viser un peu plus haut, forcément, mais on ne joue pas que pour ça. Je suis encore étudiant, en alternance, je jongle entre mon métier, mes études à Lyon et le foot. On essaie de remonter en haut pour ne vivre que du foot. Je veux me faire plaisir. Je reviens d'une grosse blessure, me réconcilier avec le foot. J'étudie en Masters 2 en ingénierie d'affaires et business développement."

"On va profiter ce soir, on va se reconcentrer sur le championnat dès demain. Il y a école demain matin à 8h30."

Freddy Morel, l’entraîneur de Bourgoin-Jallieu, a exprimé : "Ça représente un moment incroyable. Je pense qu’au delà de l'effervescence créée dans la préparation de ce match, je n’ose pas imaginer aujourd’hui, toutes le personne qui se sont investies pour qu'on puisse déjà jouer ici, faire au mieux pour que ça vibre autour du stade, que chacun puisse participer à la fête. Je n'ose pas imaginer la fierté qu'il doive avoir. C'est un moment historique pour le club et pour nous, c’est aussi une occasion de mettre en avant le dynamisme du club. Il avance depuis de nombreuses années. Cette victoire face à un cador va mettre en lumière le club. Ce n'est pas pour autant qu’on a le niveau européen ce soir, mais ça vient simplement montrer que le club avance."

Sofiane Atik (Bourgoin) sur RMC : "J'ai 38 ans, c'est certainement ma dernière épopée ! J'ai cette image au moment de frapper mon tir au but. Soit je marque et on continue de rêver, soit je loupe et c'est finir. Je suis tellement heureux de qualifier l'équipe. C'est le club où j'ai commencé. Pour l'anecdote, je suis en 5e tireur et je veux faire une panenka. Sauf qu'un coéquipier loupe sa panenka avant moi, mon plan tombe à l'eau ! J'en ai même parlé avec Pierre Sage. Tant mieux pour moi, au final leur gardien savait que je pouvais faire ça ! Je suis surveillant à côté dans un collège."

Ronan Jay, le gardien et héros de Bourgoin : "On joue au foot pour ça ! On a fait le taf sur les tirs au but ! Il faut donner du crédit à tout le monde, ça va nous marquer à vie, c'est incroyable ! Merci à tous les bénévoles ! C'est incroyable ! On n'était pas favoris (rires), on a montré de belles valeurs, on va voir ce qu'on peut faire ! Ce n'est pas anodin." (beIN Sports)

Incroyable exploit de Bourgoin !!! La pelouse est envahie !! Bourgoin, qui a ouvert le score avant d'être mené, a su égaliser et résister jusqu'au coup de sifflet final. Devant leur public, les Berjalliens ont finalement éliminé l'OL aux tirs au but (2-2, 4-2 tab) !!! Direction les 8es de finale !!

ATIIIIK QUALIFIE BOURGOIN !!!! PERRI LA TOUCHE MAIS ÇA NE SUFFIT PAS !!! Nuamah maintient l'OL en vie ! (3-2) Bien placé de la part du Ghanéen ! Mais Perri doit encore sortir un tir au but ! MOUJETZKY RATE SA PANENKA !!! (3-1) Geste fou mais Perri, parti du bon côté, sort la tentative !! Niakhaté relance l'OL ! (3-1) Bien placé, et Jay, même parti du bon côté, ne peut rien. Mendy !! C'est parfait !! (3-0) Sublime de sang-froid ! L'OL est dos au mur ! JAY !!!! TOLISSO SE MANQUE AUSSI !! (2-0) INCROYABLE !!! Le gardien de Bourgoin vient de stopper la tentative de Tolisso ! Nordé transforme !! (2-0) Parfaitement frappé, au ras du poteau ! Lacazette se manque !!! (1-0) Jay avait lu que le capitaine allait ouvrir son pied !! Bozkurt lance Bourgoin ! (1-0) C'est plein axe ! 1-0 !

Le portier de Bourgoin a son carnet. Jay, en concertation avec son entraîneur, consulte un livret, probablement avec les habitudes des Lyonnais sur penalty. C'est fini !!! Bourgoin pousse l'OL aux tirs au but !! Incroyable performance de la part des pensionnaires de N3 qui ont tenu l'OL en échec (2-2). Pas de prolongation, place aux tirs au but !

Carton pour Cherki ! Il est sanctionné d'une simulation dans la surface ! C'est capté par Jay ! Cherki passe le mur mais pas assez travaillé pour tromper Jay ! Très bon coup franc pour l'OL ! Cherki est déséquilibré à l'entrée de la surface et offre une belle opportunité aux Lyonnais.

Cinq minutes de temps additionnel. Bourgoin, club de N3, n'est plus très loin de pousser l'OL aux tirs au but ! Corner pour Bourgoin ! Temps fort pour les locaux qui profitent de la fébrilité défensives de l'OL pour gagner du temps. Mais le corner est mal joué et le ballon rendu aux Lyonnais.

Le centre complètement loupé de Mata ! Le terrain n'aide pas, le ballon saute et le centre de Mata est complètement dévissé. Derniers changements pour les Berjalliens. Mendy et Mbaé cèdent leur place à Nordé et Mecheri.

Que c'était chaud pour Bourgoin !! Jay se troue complètement sur une sortie aérienne, mais Mbaé dégage in extremis alors que Fofana attendait de pousser le ballon au fond des filets ! Carton pour Atik. Il n'a pas maîtrisé son tacle sur Mata.

Pas de prolongation en 16es. Il n'y a pas de prolongation en 16es de finale, donc il reste encore un bon quart d'heure à l'OL pour éviter une séance de tirs au but ! Deux changements côté lyonnais. Nuamah et Veretout remplacent Benrahma et Matic.

Fofana ne cadre pas sa tête ! Bon centre de Benrahma, que personne ne reprend, si ce n'est Fofana au second poteau, mais il ne redresse pas suffisamment la trajectoire ! Double changement pour Bourgoin. Mainge et Mersel remplacent Moumen et Ezzaytouni.

OHHH L'OCCASION LYONNAISE !! Fofana se présente seul face à Jay mais le gardien s'interpose ! Dans la foulée, Cherki tente de lober le portier, mais son piqué passe juste au-dessus de la transversale !

MOUJETZKYYYY ÉGALISE !!! Quelle erreur d'Omari !! L'ancien Rennais veut la remettre en retrait vers Perri mais ne met pas assez de puissance et laisse Moujetzky filer au but, battre le portier lyonnais, et s'offrir un doublé ! Double changement pour Lyon. Ce but était le dernier ballon de Mikautadze, puisqu'il est remplacé par Lacazette. Mata prend la place de Maitland-Niles.

MIKAUTADZEEEE DONNE L'AVANTAGE À L'OL !! Lyon prend les devants ! Cherki a un peu d'espace, fixe la défense, et sert Mikautadze qui envoie une puissante frappe croisée malgré l'angle fermé. 1-2 ! L'occasion pour les Berjalliens !! Mendy file côté droit et centre fort devant le but. C'est Imbert qui hérite du ballon au second poteau, mais l'angle est trop fermé!

Changement pour Bourgoin. Kohser est remplacé par Atik. Grosse main berjallienne dans la surface. Nirlo stoppe dans sa surface une frappe de Tolisso avec la main, bien décollée au corps, mais l'arbitre ne siffle pas. Pas de VAR à ce stade de la compétition, on le rappelle!

Déjà des crampes côté Bourgoin. Mendy se plaint déjà de crampes et casse le rythme, qui n'était pas bien élevée. Carton pour Maitland-Niles. Il est en retard sur Kohser. Mauvais match de l'Anglais, trop en dilettante.

"On n'a pas d'honneur, pas de fierté pour agir comme ça sur un terrain" : les mots durs de Pierre Sage ! "On va commencer notre match maintenant, il le faut. On a été complètement absents en première mi-temps. C'est inadmissible. On n'a pas d'honneur, pas de fierté pour agir comme ça sur un terrain de football", a lancé le coach au micro de beIN Sports juste avant la reprise.

C'est reparti ! Les Berjalliens lancent cette seconde période! C'est la pause !! L'OL a égalisé au "bon moment" mais livre une prestation très compliquée pour l'instant, entre errances défensives et implication minimale...

MATIIIIIIC ÉGALISE !! Son premier but avec l'OL ! Lyon joue un corner à deux et Matic est complètement oublié par la défense. Le Serbe, pas forcément dans un grand soir pour l'instant, finit d'une reprise à bout portant. 1-1 !

L'OL pousse. Les Lyonnais insistent côté gauche et sur la vitesse de Fofana, mais pour l'instant Bourgoin tient le choc! Au-dessus aussi pour Fofana. L'OL commence à bien combiner devant la surface, mais la tentative de Fofana est complètement hors cadre. La frappe complètement loupée d'Abner. Le Brésilien tente sa chance de loin, mais ça passe bien au-dessus.

Oh la la !! Balle de 2-0 !! Bourgoin file en contre avec des Lyonnais qui ont du mal à se replacer. Bozkurt est trouvé au second poteau mais n'arrive pas à redresser la trajectoire! La tête de Tolisso ! Il gagne son duel aérien sur un corner mais son coup de tête n'est pas assez puissant pour battre Jay.

MOUJETZKYYYY OUVRE LE SCORE !! C'est fou !!! Omari renvoie un centre de la tête mais c'est plein axe et Moujetzky se saisit du ballon. Il se déplace légèrement sur la droite et décoche une belle frappe croisée, sur laquelle Perri est trop court. 1-0 pour Bourgoin !!

Encore Bozkurt ! L'entente entre Moujetzky et Bozkurt est parfaite, et ce dernier trouve encore une fois de l'espace dans le dos d'Omari. Il frappe dans un angle fermé et Perri capte. Mais attention! PERRI S'INTERPOSE !! Superbe passe de Moujetzky vers Bozkurt mais Perri est vigilant et devance le Berjallien! C'était chaud!

Premier corner pour Lyon. Le centre de Fofana est contré et c'est un premier corner pour les visiteurs. Mais ça finit en six mètres après une tête de Tolisso. Domination lyonnaise. Sans surprise, c'est l'OL qui a posé le pied sur le ballon. Mais aucune occasion encore pour l'instant.

C'EST PARTI ! L'OL donne le coup d'envoi ! Bourgoin peut-il le faire? Pas de VAR. À ce stade de la compétition, toujours pas de VAR. Arbitrage "à l'ancienne", donc. L'entrée des 22 acteurs! Le stade Pierre-Rajon est évidemment plein! Quasiment 10 000 spectateurs pour ce match!

Lyon souvent au rendez-vous en Coupe de France. Sans compter la saison 2021/2022, où l'OL avait été exclu en 32es de finale après des échauffourées face au Paris FC, Lyon est rarement décevant en Coupe de France. La dernière fois que le club a été éliminé en 16es remonte à la saison 2016/2017, sorti par l'OM.

L'entraîneur de l’OL ne pourra pas compter sur Nicolas Tagliafico, sorti à la pause dans le Finistère, sur la pelouse du stade Pierre-Rajon. Il récupère en revanche le milieu serbe Nemanja Matic qui postule à une place dans le onze de départ.

Composition des équipes

Voici la composition des équipes pour le match :

  • Bourgoin-Jallieu : 3-4-1-2, Entraîneur : Freddy Morel
  • Olympique Lyonnais : 4-3-3, Entraîneur : Pierre Sage
Bourgoin-Jallieu Olympique Lyonnais
13P. Mombong 12E. Nuamah (75')
14 S. Benrahma
15(73') M. Mainge 13Clinton Mata (64')
A. Ez Zaytouni A. Maitland-Niles
16M. Adigüzel 14D. Caleta-Car
17(72') K. Mersel 15T. Tessmann
Billel Moumen 16R. Descamps
18 17J. Veretout (75')
19R. Kada N. Matic
20S. Tchangodei 18A. Lacazette (64')
G. Mikautadze

Incroyable exploit de Bourgoin contre Lyon en Coupe de France Dans 50 ans, on s’en rappellera encore

Supporters de Bourgoin-Jallieu célébrant la victoire face à l'OL.

La Finale Perdue face au Paris Saint-Germain

Paris était au-dessus. Et Paris retrouve la Coupe. Les hommes de Luis Enrique ont maîtrisé l’Olympique lyonnais (1-2) en finale de Coupe de France et remportent un trophée qu’ils n’avaient plus gagné depuis 2021.

A Pierre-Mauroy (Villeneuve d’Ascq), les Lyonnais ont trop subi et encaissé deux buts tôt dans la rencontre, marqués par Ousmane Dembélé et Fabian Ruiz. Kylian Mbappé n’a pas marqué, mais repart de la capitale avec un dernier trophée.

Dans cette finale délocalisée hors d'Île-de-France, le PSG a été à la fête. Les coéquipiers de Marquinhos (qui disputait sa 7e finale de Coupe de France, un record) ont fait le boulot pour signer le doublé championnat-coupe. Ils n’ont jamais tremblé, alors même que le match avait débuté dans l’euphorie des feux d’artifice et des festivités. Trois premières minutes totalement dingues avec des occasions des deux côtés. Puis Paris a remis de l’ordre.

Rayan Cherki (Lyon) au duel avec Nuno Mendes (PSG), en finale de la Coupe de France 2024. Crédit: Getty Images

Face à un bloc lyonnais bas et dans la difficulté pour sortir le ballon, l’attaque parisienne a fait parler la poudre. Ousmane Dembélé s’est chargé d’ouvrir le score de la tête (22e), pas sa spécialité. Mais le n°10 avait surtout été laissé seul au deuxième poteau et n’avait qu’à conclure de près. Les mêmes errances défensives ont permis à Fabian Ruiz de doubler la mise (34e), cette fois sur l’autre poteau et du pied, en deux temps. Suffisant pour assommer les hommes de Pierre Sage, trop passifs et pas rentrés dans leur finale.

Mbappé avait faim mais quitte Paris sans marquer. Le Paris Saint-Germain aurait même pu saler la note sans un Lucas Perri inspiré. Même si l’action a été annulée sur un hors-jeu au départ, le portier s’était même imposé face à un ciseau magnifique de Kylian Mbappé (31e). Pour son dernier match avec les Rouge et Bleu, le n°7 avait faim et a montré beaucoup de détermination. Il a manqué un peu de réussite et d'espace alors que la plupart de ses tentatives ont été contrées par le bloc lyonnais regroupé devant lui.

Fabian Ruiz (PSG) exulte après avoir inscrit le deuxième but de son équipe contre Lyon en finale de la Coupe de France 2024. Crédit: Getty Images

Mbappé part donc avec une dernière médaille dans ses valises. Ses coéquipiers, eux, pourront compter sur d’autres atouts la saison prochaine, à l’image d’un Dembélé encore au niveau et d’un Barcola qui aurait mérité de s’enflammer tant il a allumé des mèches sur le côté droit. Mais aussi sur une faculté à tenir le ballon, à garder la possession et faire courir son adversaire.

Les coéquipiers d’Alexandre Lacazette ont subi cette loi sur la majeure partie du match et surtout pendant 20 dernières minutes interminables. Pourtant, le but de Jake O’Brien sur corner avait réveillé tout le virage nord et relancé les Gones.

Un Coup du Sort Historique en 1967

On célèbre souvent "la magie de la Coupe de France" quand un club amateur, un "petit Poucet" fait tomber un géant professionnel. Mais en 1967, c’est une autre force qui a dicté l’issue de la compétition : le hasard pur et simple.

Le 21 mai, Fleury Di Nallo - capitaine emblématique de l’Olympique Lyonnais et meilleur buteur de l’histoire du club avec 222 réalisations - soulève la Coupe au Parc des Princes après une victoire (3-1) face à Sochaux. Mais dix jours plus tôt, personne n’aurait parié sur une victoire de l'OL.

Accroché trois fois par Angoulême, modeste pensionnaire de D2, Lyon a dû attendre... un pile ou face en vestiaire pour obtenir son ticket. Pas de magie ici, mais une pièce lancée en l’air. Une qualification "gagnée" non pas sur la pelouse, mais sur un coup du sort - et un épisode aussi improbable qu’unique dans l’histoire du football français. Je vous raconte. Légendaire.

Le premier match, joué à Limoges le 23 avril, donne un résultat spectaculaire : 3-3 après prolongations. L’OL mène d'abord grâce à Di Nallo (doublé) et Palka, mais Angoulême revient au score avec un doublé de Goujon et un but de Phélipon. Résultat : match à rejouer, comme le stipulait le règlement de l’époque. Pas de tirs au but, pas de but en or. On recommence la partie.

Le scénario se répète à Saint-Étienne le 3 mai : nouveau match nul, 1-1, malgré des prolongations. Face à l’impasse, la presse commence à évoquer une clause rare du règlement : si trois rencontres ne départagent pas deux équipes, un tirage au sort désignera le finaliste. Le dernier espoir d’éviter cette décision tombe à Marseille, le 10 mai. Mais après un troisième match nul consécutif (1-1 après prolongation), les deux clubs sont toujours à égalité. Impossible de jouer une quatrième fois, le calendrier ne le permet plus. Il faut en finir.

L’arbitre René Vigliani convoque alors les deux capitaines dans les vestiaires. Devant témoins, il lance une pièce en l’air. Yvon Goujon, capitaine d’Angoulême, choisit "pile". Mais c’est "face" qui sort. "C’était folklorique. J’ai gagné et j’ai gardé la pièce en souvenir, une pièce de 5 francs à l’époque", racontera Fleury Di Nallo des années plus tard, comme le rapporte une archive de la Fédération française de football. Lyon est qualifié. Angoulême, qui n’a perdu aucun de ses trois matchs, est éliminé. Une injustice ressentie par beaucoup. Et dire qu'on pleurniche à chaque intervention de la VAR...

L'émoi passé, l'heure de la finale arrive. Le 21 mai, devant 32 523 spectateurs au Parc des Princes, l’OL affronte Sochaux. Grâce à des buts de Rambert, Perrin et Di Nallo, les Lyonnais s’imposent 3-1. Mais c’est une autre image qui va marquer les esprits : celle du général de Gaulle, renvoyant à deux mains un ballon qui avait atterri à ses pieds après un dégagement de Maison. La scène amuse le public et devient une photo iconique du football français. Le chef de l’État ne s’arrête pas là : il embrasse les deux capitaines, Di Nallo et Quittet, lors de la remise du trophée. Un geste inédit qui scelle une édition déjà pleine de rebondissements.

Le tirage au sort comme méthode de qualification ne survivra pas longtemps. Dès l’édition 1968-1969, les matchs aller-retour et les tirs au but sont introduits pour éviter ce genre de dénouement absurde. En attendant, l’histoire de cette pièce tombée à Marseille continue d’illustrer l’imprévisibilité du football et ses instants de pur hasard.

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