L'Histoire Mémorable des Matchs Lille - Angers SCO

À l’occasion de la dernière semaine du SCO en L1, explorons les hauts et les bas de plusieurs saisons dans l’élite, notamment les confrontations marquantes avec le LOSC Lille. De la montée de 2015 à la descente en 2023, Angers a retrouvé une place perdue dans l’élite du foot français.

Montpellier, le 8 août 2015 : Un début en fanfare

Après 22 ans d’attente, le SCO retrouve la Ligue 1, sur le terrain de Montpellier, champion de France trois ans plus tôt. Angers plein de maîtrise et nouvellement promu, démarre sa saison de la plus belle des façons à La Mosson. Avec leur effectif largement renouvelé, composé de nombreux joueurs découvrant ou redécouvrant l’élite, les Angevins avancent dans cette aventure sans garantie… mais frappent un grand coup en s’imposant à la Mosson (2-0) grâce à des buts de Sunu et Camara.

Angers, le 1er décembre 2015 : Le PSG bute sur Kopa

L’inattendu choc de la 16e journée conduit le PSG, 1er, à Angers, 3e. Angers, le 1er décembre 2015. Zlatan Ibrahimovic et ses « pieds gigantesques » ne suffiront pas au PSG pour s’imposer sur la pelouse de Kopa. Le SCO attend les stars parisiennes, qui mettent pour la première fois les pieds dans ce stade étriqué et vibrant. L’entrée d’Ibrahimovic (72e) permet à Romain Thomas de constater « qu’il a des pieds gigantesques » mais pas au PSG de gagner.

Paris, le 27 mai 2017 : Finale de la Coupe de France

Pour sa deuxième saison en L1, le SCO est 19e mi-janvier. Il se remet d’aplomb avec un mercato réussi (Abdoulaye et Jonathan Bamba, Cissokho, Bérigaud)… et la Coupe de France. Pour le centenaire de la coupe de France, Angers-SCO s’est incliné face au PSG (0-1). Héroïque, le SCO, soutenu par 20 000 supporters, résiste jusqu’à la 91e minute. Le dernier corner et le but contre son camp de Cissokho emportent ses espoirs.

Angers, le 20 décembre 2017 : Maintien assuré

Sept mois après sa finale de Coupe de France, le SCO vit une tout autre réalité. Les Angevins se sont fait peur à la fin de la phase aller du championnat en 2017 mais ont réussi à se maintenir.

Nantes, le 21 décembre 2019 : Fin de la malédiction

Depuis son succès dans l’ancestral Saupin, en 1967, le SCO vit une malédiction longue de 52 ans en terre nantaise, en Ligue 1. Nantes, le 21 décembre 2019. Le SCO met fin à 52 ans de malédiction sur la pelouse nantaise en Ligue 1 en s’imposant 1-2. Menés 1-0, les Angevins égalisent juste après la pause sur une tête de Bobichon. Remplaçant et buteur, El Melali écrit l’histoire à trois minutes de la fin en reprenant un centre d’Aït Nouri. « Ce sera un des matchs dont les supporters se souviendront le plus », pense Stéphane Moulin.

Angers, le 23 mai 2021 : Dernier match de Moulin face à Lille

Le Covid sévit encore, et c’est à huis-clos que Kopa accueille un SCO-Lille décisif. Côté LOSC, 1er avec un point d’avance sur Paris, on vient pour gagner et assurer le titre. Quel que soit le dénouement, aux alentours de 22h50, ce SCO-Lille du 23 mai 2021 marquera leur vie de footballeur, et d’homme. Un dernier match avec le SCO, pour Stéphane Moulin, et peut-être pour Ludovic Butelle ou encore Pierrick Capelle, autant de noms inscrits désormais dans le patrimoine du club angevin. Un jour de sacre, ou d’immense déception, pour les Lillois et leur coach Christophe Galtier, potentiellement sacré champion de France dans un stade qu’il a fréquenté dans son passé de joueur. Angers, le 23 mai 2021. Dernier match - décisif - dirigé par Stéphane Moulin face à Lille.

Stéphane Moulin va saluer une dernière fois ses joueurs après la rencontre, ce dimanche.

Angers, le 12 décembre 2021 : Défaite contre Bayo

Mais en fin de première phase, la baisse de régime est palpable. Angers, le 12 décembre 2021. Le penalty transformé de Bayo signe la défaite des Angevins.

Angers, le 1er février 2023 : Record battu contre Ajaccio

Devant au score grâce à Sima, les Angevins, désormais entraînés par Abdel Bouhazama après le licenciement de Gérald Baticle, perdent totalement le fil de la rencontre en seconde période et se font crucifier dans les arrêts de jeu (2-1). Angers, le 1er février 2023. Record battu contre Ajaccio, avec 13 défaites consécutives.

Stéphane Moulin - Tours FC Angers, Coupe de la Ligue le 22 juillet 2011

Lille-Angers (1-2) : La plus belle victoire selon Moulin

« En s'imposant à Lille qui était invaincu au stade Pierre-Mauroy, on a réalisé un exploit. Le soir même, j'ai dit que c'était notre plus belle victoire depuis 2015. Je considère que pour nous, c'est le match parfait. On a réalisé une très grosse performance. On a su utiliser toutes nos forces et chacun de nos joueurs a joué à son meilleur niveau. C'est rare dans une saison. Et contre le peut-être futur Champion de France, ce n'est pas rien. Nous avons gagné logiquement, en faisant un très gros match, en jouant sans complexe et pas simplement en défendant.

Ce soir-là, vous avez l'impression que tout ce que vous avez préparé, ça marche. Notre prestation est dans la lignée de nos matches contre Rennes (2-1) et Marseille (2-1). On a été efficaces sur nos moments forts et on a su exploiter leurs failles, notamment sur coups de pied arrêté. Et puis, le doublé de Romain Thomas, c'est la belle histoire du foot. Il n'avait pas encore marqué de la saison, on ne savait pas s'il pourrait jouer car il s'était fait une entorse contre l'OM deux semaines plus tôt. Angers s'impose grâce à un doublé de Romain Thomas. »

Les 12 rencontres les plus marquantes de Stéphane Moulin :

Doyen des entraîneurs en place en Europe, Stéphane Moulin, nommé à la tête de l'équipe première du SCO en juin 2011, quittera le banc angevin ce dimanche soir, à l'issue de la 38e journée de Ligue 1 face à Lille, comme il l'avait annoncé le 26 mars dernier. Alors qu'il s'apprête à diriger Angers pour une 416e et ultime rencontre depuis le début de son magistère sur le banc du SCO, inauguré le 22 juillet 2011, par une défaite à Tours au 1er tour de la Coupe de la Ligue (1-2 a.p.), le technicien de 53 ans revient sur ses 12 rencontres les plus marquantes.

« Le plus frustrant » : Angers-Le Havre (1-2), 29 juillet 2011 (L2, 1re j.)

« C'est mon premier match en Ligue 2. Moi qui n'aurais jamais imaginé me retrouver un jour à la tête d'une équipe professionnelle, j'ai le sentiment d'arriver dans un autre monde. On s'incline 2-1 face au Havre alors qu'on aurait vraiment dû gagner. Le gardien du HAC Zacharie Boucher, qui deviendra notre 2e gardien quelques années plus tard (prêté par Auxerre en 2018-2019), commençait sa carrière. Entré en cours de match (23e, en remplacement de Johny Placide, blessé), il nous arrête deux penalties (Claudiu Keserü, 76e, et Férébory Doré, 90e+2), ce qui n'est pas commun ! À la fin du match, j'étais partagé. En seconde période, le gardien remplaçant du Havre Zacharie Boucher stoppe deux penalties face au SCO.

« Le plus abouti » : Angers-Nîmes (3-0) 22 mai 2015 (L2, 38e j.)

« C'est le plus beau sentiment que j'ai jamais vécu dans le football car cette montée (le SCO finit 3e de L2, synonyme à l'époque d'accession directe en L1, que n'avait plus côtoyée Angers depuis 1993-1994) fait chavirer toute une ville. Avoir la chance de pouvoir faire autant plaisir à autant de monde, c'est exceptionnel ! On fait du foot pour vivre de tels moments. Au coup d'envoi, un point nous suffit pour assurer la montée. Mais pour moi, la montée, on l'a obtenue la journée d'avant en faisant 0-0 à Nancy qui serait passé devant nous en cas de victoire. Cet ultime match contre Nîmes, je sais qu'on va le gagner, je le dis aux joueurs. Je sens l'équipe tellement sereine et sûre de son fait que je sais que ça va bien se passer. C'est un sentiment de plénitude que j'ai rarement connu dans le foot. On gagne 3-0 en maîtrisant le match de bout en bout. L'envahissement du terrain, ce partage avec le public et les célébrations de joie dans les rues d'Angers, je le vis comme l'aboutissement d'un long travail. C'est le rêve qui se réalise. Les supporters angevins envahissent la pelouse de Jean-Bouin pour célébrer la montée en L1 du SCO après 21 ans d'attente.

« Le plus réussi » : Montpellier-Angers (0-2) 8 août 2015 (L1, 1re journée)

« Pour notre tout premier match de L1, on se demande un peu à quelle sauce on peut être mangés. Et, en fait, ça n'arrive jamais. On s'était bien préparés, avec une équipe relativement nouvelle (6 recrues figurent dans le 11 de départ). On a croqué dans cette L1 avec beaucoup de fraîcheur et d'enthousiasme. Au cours de la préparation, on avait lu que certains Montpelliérains voulaient nous montrer ce que c'était la Ligue 1. On s'est servi de ces déclarations comme des leviers. Sur le terrain, l'orgueil a parlé, les joueurs ont montré qu'ils n'étaient pas des faire-valoir. On joue sans complexe et on réussit le coup parfait. On marque rapidement (Abdoul Camara, 4e), on affiche une vraie maîtrise récompensée par notre second but (Gilles Sunu, 80e). La victoire est méritée. Cette première était réussie au-delà de nos espérances. Il y a beaucoup de fierté dans cette victoire car, à l'issue de cette 1re journée, on est leaders. On a l'impression d'être dans la 4e dimension. Au soir de sa première sur un banc de Ligue 1, Stéphane Moulin et le SCO sont leaders du Championnat.

« Fierté et déception » : Angers-PSG (0-1) 27 mai 2017 (finale de la Coupe de France)

« On aborde cette finale avec l'état d'esprit de l'outsider qui peut battre le favori. Je sens qu'on peut le faire. Hélas, pour gagner contre Paris, il faut avoir ce petit brin de réussite qu'on n'a pas eu, à l'image de ce tir sur le poteau à 0-0 (Nicolas Pépé, 27e). Paris a le ballon mais n'y arrive pas. On souffre mais on n'est pas débordés. Le plan fonctionne parfaitement parce qu'on est dans le coup et les Parisiens commencent à s'énerver. Le temps passe, je sens qu'on va les mener en prolongation et je sais que mon équipe a la force physique et mentale pour les battre. Malheureusement, il y a ce coup du sort dans les arrêts de jeu (90e+1, c.s.c. d'Issa Cissokho sur corner) qui fait que la lumière s'éteint. En une seconde tout s'arrête, c'est assez violent. J'éprouve un sentiment mêlé de fierté et de déception car on est battus par meilleurs que nous mais on les a fait douter. On n'a pas réussi à les faire chuter mais ce n'est pas faute d'avoir essayé. On a fait durer le suspense presque le plus longtemps possible. Malgré le soutien des supporters angevins, le SCO s'incline sur le fil face au PSG en finale de la 100e Coupe de France.

« La plus belle victoire » : Lille-Angers (1-2) 6 janvier 2021 (L1, 18e j.)

« En s'imposant à Lille qui était invaincu au stade Pierre-Mauroy, on a réalisé un exploit. Le soir même, j'ai dit que c'était notre plus belle victoire depuis 2015. Je considère que pour nous, c'est le match parfait. On a réalisé une très grosse performance. On a su utiliser toutes nos forces et chacun de nos joueurs a joué à son meilleur niveau. C'est rare dans une saison. Et contre le peut-être futur Champion de France, ce n'est pas rien. Nous avons gagné logiquement, en faisant un très gros match, en jouant sans complexe et pas simplement en défendant. Ce soir-là, vous avez l'impression que tout ce que vous avez préparé, ça marche. Notre prestation est dans la lignée de nos matches contre Rennes (2-1) et Marseille (2-1). On a été efficaces sur nos moments forts et on a su exploiter leurs failles, notamment sur coups de pied arrêté. Et puis, le doublé de Romain Thomas, c'est la belle histoire du foot. Il n'avait pas encore marqué de la saison, on ne savait pas s'il pourrait jouer car il s'était fait une entorse contre l'OM deux semaines plus tôt.

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