France-Espagne au Stade de France : Un stade, une histoire

Le Stade de France, inauguré en 1998, est bien plus qu'une simple enceinte sportive. Il est le théâtre de moments historiques, de victoires mémorables et de rencontres passionnantes. Parmi ces événements, le match France-Espagne occupe une place particulière.

Stade de France, Saint-Denis

Dans sa longue robe blanche, Liane Foly entonne sa chanson Victoire, créée spécialement pour la cérémonie d’ouverture du Stade de France, dont la construction, initiée en 1995, voit germer le fruit des efforts consentis.

« J’ai fait partie du jury à l’origine du nom du stade… C’est même moi qui étais à l’origine de la proposition du nom, Stade de France. C’est pour cela que j’ai chanté lorsque le stade s’est ouvert au public. »

Un choix final de mettre en avant le pays, ses origines, le tout au sein de la banlieue nord de Paris, francilienne et multiculturelle.

Le premier match : France-Espagne, un symbole fort

Pour écrire cette page d’histoire, la FFF invite l’Espagne en tant que premier adversaire. Une marque de sympathie française envers son voisin du dessous, mêlée au désir de s’opposer à la crème de la crème européenne.

Solide comme un roc, la Roja reste invaincue depuis 31 matchs internationaux, et une défaite contre l’Italie en huitièmes de finale du Mondial 1994. De quoi s’obliger à sortir le bleu de chauffe.

Titulaire pour ce match fondateur, Alfonso Pérez entend résonner l’hymne espagnol en premier à Saint-Denis. Sans paroles, mais avec une certaine émotion. Dans un cas de figure comme celui-ci, c’est encore plus significatif de nos relations pacifiques avec la France. »

Malgré la chaleur humaine, il va falloir faire face à un élément de taille : le froid.

ELEVEN ALL STARS : FRANCE-ESPAGNE. Le défi d’une vie.

Sélectionneur de l’Espagne de 1992 à 1998, Javier Clemente est bien emmitouflé dans sa parka au moment où l’arbitre siffle le coup d’envoi de la rencontre, après une minute de silence pour les victimes de l’avalanche des Orres.

« Il fallait prendre en considération les conditions météorologiques, car le froid pouvait augmenter le risque de blessures, rappelle Clemente. En plus, le terrain devenait presque impraticable avec la cérémonie juste avant.

Plus habitué à la douceur hivernale, Alfonso confirme la version de son ancien coach. « La vraie difficulté, c’était le froid. La veille du match, l’entraînement avait été terrible. Je crois que c’est le jour le plus froid que j’ai connu de ma vie ! Quand tu passes du climat méditerranéen de Séville au nord de la France, le changement est radical. »

Frileuse, l’Espagne l’est aussi par son schéma tactique. Clemente concocte une défense à cinq et se retrouve confronté à subir les assauts tricolores.

Sur les ailes, le néo-international Bernard Diomède - qui a fêté ses vingt-quatre ans cinq jours plus tôt - et le feu follet girondin Ibrahim Ba donnent du fil à retordre à la Selección.

« Je savais que l’attaque française serait très dangereuse, car elle se projetait vite vers l’avant, assure Clemente. Youri Djorkaeff, c’était un joueur rapide et technique à surveiller de très près. Et puis Zidane faisait partie des tout meilleurs milieux de terrain au monde.

Zidane, premier buteur de l'histoire au Stade de France

Très vite, le numéro 10 cocorico fait étalage de toute sa classe devant les 78 836 spectateurs présents en Seine Saint-Denis. Un record d’affluence pour une manifestation sportive en France, bientôt suivi par le nom du premier buteur officiel.

Depuis les trente mètres, Djorkaeff voit son tir flottant repoussé sur la barre par Zubi, mais Zidane a suivi et fusille le portier de près, d’un plat du pied sous la barre (1-0, 20e).

« C’est un symbole de voir Zidane marquer le premier but de l’histoire du Stade de France, analyse l’ancien sélectionneur espagnol. Cela rajoute du romantisme à sa carrière de joueur. Si cela avait été fait par un joueur moins connu, on en parlerait beaucoup moins, non ? Quand tu commences par écrire l’histoire avec un but de Zidane, c’est beau. C’était le chouchou du public, il était déjà aimé. »

Pas avare de compliments sur Zizou, Clemente voit le meneur de jeu prendre le match à son compte. Contrôles, dribbles, passes. Yazid prend ses repères dans son jardin, avant de définitivement entrer dans la légende six mois plus tard.

« Zidane était omniprésent sur le terrain, rembobine Alfonso. Il touchait beaucoup de ballons, avec des qualités techniques et de finition indéniables. Vu son état de forme, on pouvait s’attendre à le voir faire un gros match. »

La taille patron. Défaite à Paris malgré une prestation honorable, l’Espagne voit sa série d’invincibilité internationale prendre fin, tandis que le groupe France poursuit son ascension vers le Graal.

« Être choisi pour inaugurer ce stade, c’était un véritable honneur, conclut Clemente. J’entretenais d’excellentes relations avec Aimé Jacquet à cette époque. Je dois dire qu’il s’est investi sans compter pour l’équipe de France… Son travail a été récompensé. Lors des meetings de l’UEFA, j’étais très intéressé par ses prises de parole, ses conférences. Son sérieux, sa méthode, sa volonté d’être à l’écart des médias… Tout cet ensemble me plaisait beaucoup. »

En fin connaisseur, Jacquet offrait ce soir-là les premières minutes internationales à un certain David Trezeguet, col relevé et visage d’éphèbe.

Les rencontres suivantes : une rivalité intense

Au fil des années, le Stade de France a été le théâtre d'autres confrontations mémorables entre la France et l'Espagne. Ces matchs ont souvent été décisifs dans les qualifications pour les grandes compétitions internationales.

Qualifications pour le Mondial 2014 :

La seconde opposition franco-espagnole des éliminatoires du Mondial 2014 se solde au Stade de France par une victoire 1-0 de la Roja, qui reprend ainsi la tête du groupe I.

Les Bleus, qui n'avaient jamais perdu au Stade de France en match qualificatif pour le Mondial, devront désormais se battre à distance avec la Roja pour obtenir leur billet pour le Brésil sans passer par les barrages.

Dans un 4-3-3 calqué sur celui des Espagnols, avec Raphaël Varane, Laurent Koscielny et Paul Pogba alignés au coup d’envoi, les Français ont soutenu la comparaison dans le jeu… pendant dix minutes, les dix premières.

Comme attendu, ils ont ensuite abandonné la possession aux visiteurs. Deschamps avait anticipé ce scénario avant la rencontre mais "il faudra bien utiliser le ballon quand on l’aura", espérait-il.

Ses joueurs ont appliqué la consigne à la lettre dans le premier acte, profitant du moindre espace pour amener le danger. D’abord par Karim Benzema, qui a envoyé sa frappe au-dessus à la conclusion d’un contre mené par Christophe Jallet (15e).

Ensuite par Franck Ribéry, qui s’est présenté seul face à Victor Valdés après un service parfait de Mathieu Valbuena. Mais le Bavarois, pas aidé par sa conduite de balle, est venu buter sur le gardien de la Seleccion (39e).

Deux opportunités qui démontraient la capacité des Bleus à faire mal à la défense espagnole.

La Roja a elle tenu le ballon les trois-quarts du temps durant la première période, mais ne s’est pas montrée bien plus menaçante.

Comme les Français, elle a eu deux occasions à négocier. Xavi en a vendangé une énorme dès la cinquième minute, comme pour refroidir les ardeurs d’un Stade de France plein à craquer.

Pedro aurait lui pu bénéficier d’un penalty pour un contact avec Hugo Lloris, même si le Barcelonais s'est couché avant même que le gardien de Tottenham ne le touche (31e).

Ce n’était que partie remise pour le meilleur buteur de l’Espagne dans cette campagne de qualifications. Le Catalan a inscrit son quatrième but en s'occupant de (presque) tout.

Il a servi Ignacio Monreal sur la gauche, dans le dos d’un Jallet parfois dépassé, avant de se précipiter dans la surface pour devancer Patrice Evra et crucifier un Lloris impuissant.

Cette réalisation a sanctionné un gros temps fort des Espagnols, symbolisé par une première frappe d’Andrés Iniesta (54e).

Dans la dernière demi-heure, les Français se sont procuré des occasions pour aller chercher ce match nul qui leur aurait permis de conserver la première place du groupe I.

Mais Benzema a passé le cap des 1 000 minutes sans marquer en sélection, Victor Valdés a écœuré Blaise Matuidi (64e) puis Patrice Evra (86e) et Raphaël Varane a manqué le cadre à bout portant suite à un cafouillage sur corner (74e).

Les Bleus ont même terminé la rencontre en infériorité numérique après l’expulsion sévère de Paul Pogba, qui a écopé de deux cartons jaunes en l’espace de 90 secondes venus ternir une prestation très intéressante (78e).

Invaincue depuis 50 rencontres en matches qualificatifs pour la Coupe du monde, un record planétaire, l’Espagne a pris une option pour disputer la prochaine, où elle espère défendre son titre.

Les Bleus devront eux faire le plein sur leurs trois dernières rencontres en attendant un coup de pouce du destin. Celui qui leur avait souri vendredi dernier lorsque la Roja avait été tenue en échec par la Finlande.

Preuve que l’espoir reste permis.

Match amical en 2014 :

La France n’avait plus gagné face à l’Espagne depuis le 27 juin 2006, en Coupe du Monde (3-1) et restait sur 1 nul et 4 défaites face à la Roja.

L’équipe de France n’a perdu aucun de ses 7 derniers matches amicaux (5 succès, 2 nuls), sa dernière défaite en amical datant du 9 juin 2013 au Brésil (0-3). Elle poursuivra sa préparation à l'Euro 2016 avec un déplacement en Serbie.

Le centre en retrait de ce dernier permet à Rémy de battre le gardien espagnol d'une reprise du gauche.

Statistiques clés des confrontations France-Espagne

Voici un tableau récapitulatif des confrontations récentes entre la France et l'Espagne :

Date Compétition Résultat Lieu
16 octobre 2012 Eliminatoires CM - Europe France 1 - 1 Espagne Vicente-Calderon
26 mars 2013 Eliminatoires coupe du monde Europe France 0 - 1 Espagne Stade de France - Saint-Denis
4 septembre 2014 Match amical France 1 - 0 Espagne Stade de France - Saint-Denis

La "Roja" : Une équipe emblématique

L’équipe, qui a vu le jour en 1920, est appelée la « Selección de fútbol de España ». Elle possède d’autres surnoms tels que la Selección, la Furia Roja, la Roja ou encore la Furia.

L’équipe a choisi comme emblème l’armoirie de l’Espagne ainsi que les couleurs rouge, jaune et bleue ou noire pour s’identifier.

Le siège de cette Selección, présidée par l’ancien footballeur espagnol Ángel María Villar, se situe à Madrid.

Depuis juillet 2008, Vicente Del Bosque, également ancien footballeur espagnol, est le sélectionneur de l’équipe.

La Roja évolue dans plusieurs stades tels que le stade Sanchez Pizjuan, le stade Santiago Bernabéu, le stade Vicente Calderón, Estadio de Mestalla et également Camp Nou.

La sélection espagnole a à son actif, entre autres, une Coupe du Monde remportée en 2010 et trois championnats d’Europe raflés en 1964, 2008 et 2012. Elle compte de nombreux joueurs emblématiques comme Alfredo Di Stéfano, Ricardo Zamora et Luis Suárez.

France-Espagne en Ligue des Nations : une défaite improbable

Le choc entre la France et l'Espagne en demi-finale de la Ligue des nations, jeudi, a accouché d'un improbable scénario avec un succès 5-4 de la Roja.

Dans leur histoire, les Bleus avaient rarement autant coulé défensivement.

Longtemps en perdition avant de se réveiller brusquement, l’équipe de France s'est inclinée ce jeudi face à l’Espagne (5-4), en demi-finale de la Ligue des nations, à Stuttgart.

Des retrouvailles ratées avec la Roja, un an après la défaite en demi-finale de l’Euro (2-1).

Orphelins de nombreux tauliers en défense (William Saliba, Dayot Upamecano, Jules Koundé), les Bleus ont d'abord affiché trop de lacunes pour résister à ce qui se fait sans doute de mieux en Europe.

À la pause, le score était déjà de 2-0 pour les hommes de Luis de la Fuente. Il était passé à 4-0 au moment où Kylian Mbappé a relancé le suspense sur penalty à l’heure de jeu (59e).

C’était avant le nouvel éclair de Lamine Yamal (67e), simplement trop fort pour des Français dépassés.

Il a fallu attendre le génie de Rayan Cherki, auteur d’un but fantastique pour ses grands débuts (79e) et à l'origine de l'action sur le csc de Vivian (84e), pour apporter de la lumière dans la dernière demi-heure.

C'est encore lui qui a déposé le ballon sur la tête de Randal Kolo Muani pour le 5-4 (90e+3).

Insuffisant pour éviter la défaite à cette équipe de France qui devra se farcir dimanche un match pour la troisième place contre l’Allemagne (15h), pendant que l’Espagne, tenante du titre, défendra son bien face au Portugal.

Faits marquants de la rencontre

Quelques statistiques viennent illustrer les ratés français en défense: d’abord, c’est la première fois que cette équipe encaisse cinq buts ou plus depuis le 12 mars 1969 et une défaite 5-0 face à l’Angleterre.

Yamal, déjà buteur à l’Euro, est lui devenu le premier joueur à coller trois buts à la France avant l'âge de 18 ans depuis Pelé en 1958.

Le(s) but(s) en détail 58' - 0-1, Pedro. Sur un service de la gauche de Monreal, Pedro devance Evra et trompe Lloris de près.

La "bête noire" des Bleus ?

L'équipe de France va affronter l'Espagne jeudi soir, en demi-finales de Ligue des nations. Un adversaire que les Bleus n'ont pas souvent battu ces dernières années.

Les Bleus face à leur bête noire. Opposés à l'Espagne, jeudi soir en demi-finales de Ligue des nations à Stuttgart (Allemagne), ils vont retrouver une équipe souvent en réussite face à eux.

La Roja a en effet gagné à 7 reprises en 11 matches face aux Français au XXIe siècle, soit 64 % de victoires.

Il s'agit sur la période, du seul adversaire ayant remporté plus de la moitié de ses matches contre la France, parmi les sélections défiées plusieurs fois.

On se souvient évidemment de la demi-finale du dernier Euro, perdue par les Français à Munich après le but extraordinaire de Lamine Yamal (1-2).

Les Espagnols avaient aussi triomphé en quarts de finale de l'Euro 2012 (2-0 à Donetsk) avant, dans les deux cas, de soulever le trophée à la fin de la compétition.

Ils l'avaient également emporté en qualifications à la Coupe du monde 2014 (1-0 au Stade de France en 2013), forçant les Bleus à passer par un barrage contre l'Ukraine (0-2, 3-0) pour se qualifier au Mondial.

Les autres victoires espagnoles contre les Bleus sont plus oubliables, puisque toutes acquises lors de matches amicaux : 2-1 à Valence en mars 2001, 1-0 en février 2008 à Albacete, et deux fois 2-0 à Saint-Denis, en mars 2010 et mars 2017.

Les rares succès des Bleus

La France a elle aussi décroché des succès marquants contre la Roja, dont, évidemment, le huitième de finale de la Coupe du monde 2006 à Hanovre (3-1) ou la finale de Ligue des nations 2021 (2-1 à Milan) - le quart de finale de l'Euro 2000, remporté 2-1 à Bruges, est considéré comme faisant partie du XXe siècle.

On note aussi une victoire en amical (1-0 en septembre 2014 au Stade de France) et un seul nul (1-1) au Vicente-Calderon, arraché à la dernière minute en octobre 2012 en qualifications pour le Mondial 2014.

Les Français n'ont par ailleurs pas un passif très prolifique contre les champions d'Europe en titre. En 11 matches, ils n'ont marqué qu'une seule fois plus d'un but, contre le Portugal en phase de poules de l'Euro 2021.

Il fallait auparavant remonter à... la demi-finale France-Allemagne du Mondial 1982 (3-3 a.p., 4-5 aux t.a.b.) pour trouver trace du précédent cas.

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