La Belgique et la France, deux nations voisines, partagent une longue et riche histoire de confrontations footballistiques. Ces rencontres, qu'elles soient amicales ou en compétitions officielles, ont toujours suscité un grand intérêt et une forte rivalité entre les supporters des deux pays. Cet article explore en détail l'historique de ces matchs, en mettant en lumière les moments clés, les statistiques importantes et les anecdotes marquantes.

Les supporters des deux équipes lors d'un match France-Belgique.
Bilan Général des Confrontations
Au nombre des affrontements, la Belgique, qui est l'adversaire que l'équipe de France a le plus joué dans son histoire, mène toujours.
Belgique 2-3 France, le résumé - Demi Finale UEFA Nations League I FFF 2021
Avantage aux Bleus en Compétitions Officielles
Donc côté bilan, avantage à la Belgique, sauf si on se restreint aux matchs de compétition. Parce que là, l’équipe de France est largement devant avec 10 victoires pour 3 défaites et 3 nuls, et encore, ces trois défaites ont toutes eu lieu en matchs de qualification. En phase finale, c’est carton plein avec 6 victoires françaises en 6 matchs.
Voilà pourquoi, entre autres, les Bleus ont un palmarès incomparable avec celui des Diables Rouges : deux fois champion du monde, deux fois champion d’Europe, double vainqueur de la Coupe des Confédérations, ainsi que de la Coupe intercontinentale et de la Ligue des Nations d’un côté, champion olympique de l’autre. Encore faut-il préciser que cet unique titre belge date de 1920, à Anvers et en seulement trois matchs. Depuis 1920, la Belgique n’a disputé qu’une finale, celle de l’Euro 1980 (perdue 1-2 contre la RFA à Rome) et deux demi-finales mondiales, perdues elles aussi face à l’Argentine en 1986 (0-2) et à la France en 2018 (0-1).
Évolution du Nombre de Rencontres
Sur l’ensemble des matchs disputés depuis 1904, l’équipe de France u une avance de 73 rencontres (923 à 850) au printemps 2025. Ça n’a pas toujours été le cas : juste avant la première guerre mondiale, les Belges comptaient 46 matchs, les Français 36. En 1939, l’écart s’est creusé : 178 à 154 en faveur de la Belgique. Au début de 1970, il est à peu près le même (346 à 324). En juin 1986, quand les deux équipes se retrouvent pour la troisième place de la Coupe du monde au Mexique, l’écart a fondu (461 à 457). Les Bleus dépassent les Diables Rouges une première fois au printemps 1994, mais ces derniers jouent la Coupe du monde aux Etats-Unis et reprennent provisoirement l’avantage.
L’explication est simple : les Bleus n’ont plus manqué une seule phase finale européenne ou mondiale depuis 1994 et a disputé huit fois des demi-finales. Sur la même période, la Belgique a manqué deux Coupes du monde (2006 et 2010) et quatre Euros (1996, 2004, 2008 et 2012) et n’a atteint qu’une seule fois les demi-finales (en 2018, battue par la France).
Focus sur les Joueurs
Côté joueurs, logiquement il y a plus de Français que de Belges. Avec 942 internationaux A pour 923 matchs, l’équipe de France a un taux de renouvellement de 1,02 joueur par match. Pour la Belgique, avec 735 Diables rouges pour 850 matchs, le taux de renouvellement est beaucoup plus faible : 0,86 seulement. Signe évidemment d’un réservoir beaucoup plus restreint (66 millions d’habitants d’un côté, 11 millions de l’autre).
Les Éphémères et les Carrières Longues
Un indicateur plus intéressant est celui du nombre d’éphémères. Côté français, il est important, avec 250 internationaux n’ayant qu’une sélection (26,5 % du total), contre 144 côté belge (19,5 %). Ce qui confirme le fait que la Belgique a consommé moins de joueurs que la France et les a beaucoup plus sollicités.
Côté carrières, le Belge Hector Goetinck a eu la carrière la plus longue, 17 ans, 6 mois et 10 jours entre avril 1906 et novembre 1923 (17 sélections) dont 3 contre la France en 1905, 1907 et 1910. La Belgique compte aussi 7 joueurs ayant dépassé les 37 ans, le vétéran ayant même frôlé les 40 ans (Timmy Simons, à 28 jours près en novembre 2016). Les internationaux belges commencent plus tôt également, puisque les moins de 18 ans à leur première sélection sont 11, dont 3 débutants à moins de 17 ans. Le dernier, et pas le moindre, est Romelu Lukaku en 2010.
Meilleurs Buteurs
Enfin, du côté des meilleurs buteurs, net avantage à la Belgique, du moins pour le premier rang : Romelu Lukaku et ses 88 buts écrasent la concurrence, très loin devant Olivier Giroud. Mais on compte sur Kylian Mbappé pour faire mieux, même s’il lui manque 40 buts (et qu’il n’en a plus marqué depuis l’Euro 2024). La différence se voit en dessous : les Français compte 5 buteurs à plus de 40 buts, contre un seul côté belge.
Matchs Amicaux: Genèse d'une Rivalité
La Belgique est, de très loin, l’adversaire le plus souvent rencontré par l’équipe de France : les 75 rencontres entre les deux pays représentent 9% du total des matchs des Bleus depuis 1904. En effet, les deux équipes se sont affrontées 75 fois au cours de l'histoire du football. Jusqu’à la Coupe du monde 1930, France-Belgique était synonyme de match international. Dans cette première partie, seuls les matchs amicaux seront étudiés. Ils représentent 62 des 75 rencontres, et si la majeure partie d’entre eux ne présente pas beaucoup d’intérêt, une dizaine d’entre eux seront détaillés.
Les Premiers Affrontements
Officiellement, cet amical Belgique-France à Bruxelles est le premier match de l'histoire des deux sélections, le 1er mai 1904. Avant le coup d'envoi, les Français sont douze et ont recours à un tirage au sort pour déterminer qui de Jacques Davy ou Emile Fontaine jouera cette partie, à une époque où il n'y a pas de remplaçants dans le football. C’est un match étrange disputé sur le stade du Vivier d’Oie, à Uccle dans la banlieue de Bruxelles, un stade doté d’une seule (petite) tribune en stuc, qui existe toujours. L’équipe de France est en fait composée de joueurs parisiens complétée par l’attaquant de Tourcoing Adrien Filez. Deux anecdotes : les Français sont douze, et c’est un tirage au sort qui détermine le titulaire entre Jacques Davy et Emile Fontaine. Le second ne sera donc jamais international.
La partie se termine sur un score nul (3-3) mais un trophée étant en jeu (par le mécène Evence Coppée), il est partagé entre les deux équipes, six mois chacune. Le deuxième match contre la Belgique, toujours à Bruxelles, démarre avec une heure de retard. La raison ? L'arbitre John Lewis s'est perdu en calèche dans les rues de la capitale belge... Le décalage du coup d'envoi oblige le soldat Georges Crozier à quitter les Bleus dès la 65e minute pour attraper un train et tenter de rentrer à temps dans sa caserne.
Ce quatrième derby entre Belges et Français est aussi le premier du genre remporté par l’équipe de France, le seul des dix joués, avec une régularité d’horloge d’un par an, jusqu’en 1913. C’est également la première victoire à l’extérieur de l’histoire des Bleus, à une époque (celle précédent la première guerre mondiale) où ceux-ci ne gagnaient que 10 matchs sur 36 disputés (pour 4 nuls et 22 défaites).
Matchs d'Avant-Guerre et d'Après-Guerre
A trois mois du voyage en Amérique du Sud où va se dérouler la première Coupe du monde de l’histoire, l’équipe de France accueille la Belgique à Colombes pour la 23e fois depuis 1904. Dans les buts, le gardien Antonin Lozes n’a pas dormi de la nuit, pendant laquelle il a assisté aux Six jours cyclistes de Paris. Il dort sans doute debout pendant le premier quart d’heure où il encaisse trois buts (12e, 14e, 16e).
Alors que la bataille fait rage dans les Ardennes où Hitler a lancé une offensive de la dernière chance, Français et Belges fêtent la libération par un match très amical au Parc des Princes, par un froid de gueux (les vestiaires n’étaient pas chauffés). C'est la première rencontre internationale de l'équipe de France depuis la Libération de Paris. Le match se solde par une victoire des bleus 3-1.
En cette fin de printemps 1950, la question qui agite la Fédération française concerne la Coupe du monde au Brésil : ira, ira pas ? Eliminée en barrage par la Yougoslavie en décembre, l’équipe de France est repêchée le 30 avril suite au forfait de l’Ecosse. Mais le 4 juin, les Belges mettent une raclée à des Français arrogants qui se demandaient à quoi bon jouer contre une équipe aussi faible. Résultat, 4-1 pour les Diables Rouges, triplé de Jeff Mermans et la FFF qui jette l’éponge le lendemain et renonce à aller au Brésil. Motif officiel : des déplacements trop longs entre les matchs. Officieux : la peur d’une humiliation face à l’Uruguay au premier tour.
Matchs Amicaux Récents
Après une épouvantable série de dix matchs sans victoire depuis 1957 (quatre nuls, sept défaites dont six d’affilée entre 1961 et 1966), l’équipe de France bat enfin la Belgique, et à Bruxelles, ce qui ne gâche rien. La rencontre est marquée par la réussite de Marco Molitor, débutant de 22 ans auteur d’un doublé, et par le carton rouge pour le latéral droit français, un certain Roger Lemerre.
Pour préparer l’Euro 1992, Michel Platini fait des essais en mettant deux milieux défensifs, Sauzée et Petit, comme latéraux, et Cantona en meneur de jeu. Résultat, les Belges de Scifo mènent trois fois au score, mais les Bleus ne se découragent pas et égalisent à chaque fois. Le dernier but (3-3) est signé Jean-Pierre Papin d’un somptueux ciseau retourné à cinq minutes de la fin, de l’entrée de la surface.
A deux semaines du match d’ouverture de la Coupe du monde en Corée du Sud, les Bleus de Roger Lemerre sortent le barnum au Stade de France pour un amical contre la Belgique en forme de message d’amour. Il en faut plus que ça pour impressionner les coéquipiers de Marc Wilmots (alors attaquant). Les champions du monde et d'Europe en titre subissent un revers surprise pour leur dernier match à domicile avant le Mondial nippo-sud-coréen. Les Belges marquent même tous les buts, par Glen De Boeck (40e) puis dans la même minute par Timmy Simons contre son camp. Marc Wilmots arrache la victoire dans le temps additionnel.
Le dernier France-Belgique avant la demi-finale de 2018 perpétue une tradition bien installée depuis trente ans : en amical, personne ne gagne à domicile. Ce jour-là, les Bleus se font hacher menu par des Belges déchaînés qui mènent 2-0 à la mi-temps (doublé de Fellaini) puis 4-1 avant l’heure de jeu (Nainggolan et Hazard, Valbuena ayant réduit le score). Vexés, les Français manquent de peu égaliser après des buts de Fekir et Payet dans les cinq dernières minutes (3-4). Les Bleus de Didier Deschamps sont malmenés par la génération d'Eden Hazard qui mène même 4-1 avant que Nabil Fekir et Dimitri Payet ne réduisent l'écart dans les toutes dernières minutes, chacun marquant son premier but en Bleu. "C'était un match très disputé, où la Belgique avait été très efficace, impressionnante", s'est souvenu l'attaquant français Olivier Giroud dimanche.
Confrontations en Compétitions Officielles
Si les matchs amicaux ont une saveur particulière, les rencontres en compétitions officielles sont celles qui marquent le plus les esprits. Les Diables Rouges ont notamment été le tout premier adversaire officiel de l'Équipe de France en 1904, un match qui s'était soldé par un score de 3-3.
A domicile, les Bleus prennent l'avantage dès la 40e seconde puis corsent le score dès la 11e minute, avant de remettre ça à la 69e (3-1). C'était lors du huitième de finale de la coupe du monde 1938.
Les Bleus se qualifient pour les demi-finales dès ce deuxième match en écrasant les Belges et leur vedette Enzo Scifo 5-0. Michel Platini s'offre un superbe triplé, annonciateur du sacre à venir en finale contre l'Espagne (2-0). C'était lors du premier tour de l'Euro 1984.
La France et la Belgique ont perdu 2-0 en demi-finales (face à la RFA et l'Argentine respectivement) et se retrouvent dans un stade qui sonne creux. C'était lors du match pour la troisième place du Mondial 1986. La France gagne le match 4-2 après prolongations.
Plus récemment, les deux dernières confrontations entre les deux équipes ont tourné à l'avantage des Bleus : 3-2 en demi-finale de Ligue des nations 2021 et 1-0 en demi-finale du Mondial 2018.

La joie des joueurs de l'équipe de France après leur victoire face à la Belgique en demi-finale de la Coupe du Monde 2018.
Statistiques Clés
Si l'on en croit les statistiques, les oppositions France-Belgique ont plutôt tendance à être prolifiques en buts. On compte ainsi un total de 293 buts marqués par les deux équipes en 75 matchs, ce qui porte la moyenne à 3,9 buts par rencontre !
Pour trouver trace d'une victoire des Diables Rouges contre les Bleus, il faut remonter à juin 2015. Au Stade de France, les hommes de Didier Deschamps avaient été surclassés par leurs voisins, alors entraînés par Marc Wilmots, en match amical (3-4), avec deux buts de Nabil Fekir et Dimitri Payet en toute fin de match pour rendre le score un peu plus présentable.
Mais les Diables Rouges n'ont jamais réussi à battre les Tricolores en phase finale d'une grande compétition internationale, que ce soit lors des Coupes du monde 1938, 1986 et 2018 ainsi qu'à l'Euro, en 1984 et donc en 2024.
Tableau Récapitulatif des Confrontations
Voici un tableau récapitulatif des chiffres clés des confrontations entre la France et la Belgique :
| Statistique | Chiffre |
|---|---|
| Matchs joués | 78 |
| Victoires de la France | 29 |
| Matchs nuls | 19 |
| Victoires de la Belgique | 30 |
| Buts marqués par la France | 136 |
| Différentiel de buts | -27 |
| Buts encaissés par la France | 163 |
L'équipe de France va disputer à Bruxelles le 919e match de son histoire. Avec un bilan de 462 victoires, 193 matchs nuls et 263 défaites, et 1653 buts marqués pour 1244 encaissés. Et ce sera la 163e rencontre avec Didier Deschamps sur le banc.
Les Bleus défient la Belgique en huitième de finale de l'Euro 2024 ce soir à Düsseldorf. Le voisin belge est un adversaire que les Français connaissent plutôt bien.
En l'absence de Kylian Mbappé (86 sélections), laissé, non sans polémique, à la disposition du Real Madrid, et d'Antoine Griezmann (137 sélections), qui a pris sa retraite internationale à la surprise générale, Ousmane Dembélé (52 sélections) est le joueur tricolore le plus capé de ce rassemblement. L'ailier parisien était aussi le seul champion du monde 2018 à jouer le match gagné contre Israël à Budapest jeudi (4-1).