L'histoire du hockey sur glace à Paris-Bercy: Un récit de gloire et de défis

Le hockey sur glace français a une histoire riche et parfois tumultueuse à Paris-Bercy, aujourd'hui connu sous le nom d'AccorHotels Arena. Cet article explore les moments historiques, les défis et les espoirs de ce sport dans la capitale française.

L'AccorHotels Arena (anciennement Palais Omnisports de Paris-Bercy) a été le théâtre de nombreux événements de hockey sur glace.

Les débuts prometteurs des Français Volants

Créé avant la Seconde Guerre mondiale par Jacques Lacarrière, le club des Français Volants de Paris est rapidement devenu une attraction majeure du hockey sur glace français. Le club tient son nom de l’expression « Flying Frenchmen » donnée par la presse britannique aux sélections françaises de hockey qui se déplacent régulièrement en avion, moyen de locomotion peu courant à l’époque, pour disputer leurs matchs à Londres. Jacques Lacarrière, alors capitaine de l’équipe de France, adopte la traduction française de ce surnom pour baptiser la nouvelle équipe parisienne de hockey.

Le club renaît en 1965 sous l’impulsion des fils de Jacques Lacarrière, Philippe et Thierry. Les Français Volants jouaient régulièrement dans la grande patinoire du Vel’d’Hiv, attirant parfois plus de 10 000 spectateurs contre des professionnels canadiens.

Faute de trouver une nouvelle piste de glace pour l’héberger seul et en permanence, les Français Volants se sont volontairement mis en « hibernation » avec un retrait momentané du championnat élite jusqu’en 1964.

L'ère du Palais Omnisports de Paris-Bercy (POPB)

L’inauguration du nouveau Palais Omnisports de Paris-Bercy en 1984 a marqué un tournant. Les Français Volants, soutenus par de nombreux sponsors, ont trouvé un véritable point d’encrage et sont revenus au premier plan.

Quelques mois seulement après leur installation quai de Bercy, les « Volants » furent invités au journal télévisé de 13 heures sur TF1 animé par le célèbre présentateur Yves Mourousi. Dès son ouverture en 1984, tout le monde pensait que le Palais Omnisports de Paris-Bercy deviendrait à coup sûr la grande « vitrine » du hockey sur glace français. Sa magnifique patinoire, pouvant accueillir jusqu’à 14 000 spectateurs, allait permettre à cette discipline de prendre enfin un essor décisif.

Le club est installé dans le Palais Omnisport de Paris-Bercy, actuel Accor Hotel Arena, depuis son ouverture en 1984. L’installation des Français Volants dans la grande patinoire de Bercy offre une nouvelle vitrine au club qui possède alors le plus gros budget du championnat avec d’importants sponsors prestigieux.

On comptabilise une moyenne de 5000 spectateurs pour les matchs de cette période allant même jusqu’à 11 000 spectateurs présents dans l’enceinte de Bercy pour la finale de Nationale 1 en 1985 opposant les Français Volants au club de Saint-Gervais. Ainsi les années « Bercy » seront l’événement marquant du hockey français de la décennie 1980 - 1990.

Affluence des Français Volants à Bercy (1985) :

  • Premier match : 3785 spectateurs
  • Deuxième match : 4419 spectateurs
  • Troisième match : 6980 spectateurs
  • Match contre Saint-Gervais (7 décembre 1985) : 11 198 spectateurs

Cependant, malgré cet engouement initial, des obstacles se sont dressés. Andy Dickson, le directeur du POPB, considérait que le hockey n'attirait pas assez de spectateurs pour être rentable sur la grande piste de Bercy. Il déclara : « L’organisation d’un match de hockey sur glace dans la grande salle de Bercy nous coûte de l’argent, au minimum 50 000 francs, alors qu’un concert de Michel Sardou par exemple nous rapporte au contraire environ 500 000 francs... ».

En effet, entre-temps Andy Dickson, le directeur du POPB, qui voulait se débarrasser des sports d’équipe jugés trop peu rentables comme le basket et le hockey (malgré ses dénégations publiques), trouva mille prétextes pour obliger les Français Volants à jouer pratiquement tous leurs matches de la Nationale A, soit sur d’autres patinoires de la banlieue parisienne, soit sur la petite piste annexe de Bercy dont la capacité maximale était de trois cents places !

C’est ainsi par exemple qu’au mois de décembre 1986, une bonne centaine d’amateurs de hockey parisiens attendaient bien sagement l’ouverture des portes de la patinoire de Colombes, un samedi soir à 20 heures, pour assister à un match annoncé uniquement par le bouche-à-oreille entre les Français Volants et Villard-de-Lans.

En fait, aucune affiche n’avait été apposée par les dirigeants des Volants dans toute la région parisienne tant est si bien que finalement il s’avéra que la patinoire de Colombes n’avait jamais prévue d’organiser le match ce soir-là !

En désespoir de cause, les spectateurs et les journalistes laissés ainsi à l’abandon devant l’entrée de la patinoire, tentèrent de savoir par téléphone si ce match tant attendu n’allait pas avoir lieu finalement à Boulogne, à Asnières, voire à Courbevoie mais lors de tous ces appels personne n’était au courant.

D’autant qu’à l’époque internet et les réseaux sociaux n’existaient pas encore.

Le titre de 1989 et le déclin

Malgré ces difficultés, les Français Volants ont remporté le titre de champion de France en 1989. Toutefois, ce sacre s'est déroulé presque à huis clos, sur la patinoire de Colombes, avec une capacité limitée à 800 places. Cette victoire n'a pas permis au hockey français de conquérir une plus grande audience.

Cette lamentable conclusion, qui avait beaucoup déçu les nombreux partenaires des Volants, devait annoncer la fin de la présence de l’équipe parisienne dans l’élite du hockey hexagonal.

« C’est une question d’honneur et d’amour propre, dit-il. Je préfère saborder mon équipe avant qu’il soit trop tard plutôt que d’aller vers un inévitable dépôt de bilan et de demander ensuite à la ville de Paris d’éponger nos dettes.

Le club des Français Volants, créé par mon père, il y a cinquante ans, a une trop grande histoire pour utiliser de tels procédés et finir aussi lamentablement.

Aujourd’hui, plus de 30 ans après leur sacre, les Volants attendent encore une nouvelle occasion de retrouver leur standing passé dans le championnat élite de la Ligue Magnus.

Les défis contemporains

Aujourd'hui, les Français Volants évoluent modestement en Division 2. Plusieurs facteurs expliquent cette chute :

  • Manque de soutien financier et d'infrastructures adéquates.
  • Difficulté à attirer et à retenir les talents.
  • Concurrence d'autres sports et événements à Paris.

Cantonnés dans la petite patinoire de Bercy, les Français Volants de Paris tentent de survivre financièrement.

Concernant le club des Français Volants, le nouveau président, qui doit gérer cette fois des sommes autrement plus dérisoires sans commune mesure, explique son problème actuel : « La subvention de la mairie de Paris est de 80 000 euros pour notre club omnisports qui regroupe le hockey sur glace et le patinage.

La section du hockey ponctionne à elle seule 72 000 euros grâce à un effort collectif. Mais 70 % de cette somme va uniquement à l’équipe senior de la Division 2 pour pouvoir la maintenir à flot !

Comme nous avons très peu de partenaires (à hauteur de 20 000 euros), le budget global de nos séniors est donc de 108 000 euros. Comment faire pour pouvoir fonctionner avec si petit budget en Division 2 ? «

Le président qui lance, avec ses déclarations sans filtre totalement assumées, un sacré palet dans la mare, regrette également qu’il n’y ait plus d’interaction, autrement dit de contacts plus étroits, entre les trois entités qui forment la section hockey sur glace des Français Volants à savoir : la Division 2, le hockey mineur et le hockey loisir.

Mais l’entraîneur méritant des Français Volants a-t-il une perspective vraiment réaliste ? « Le club des Français Volant a impérativement besoin de rester en Division 2 pour pouvoir garder son aura, explique Jérôme Pourtanel.

Il y a encore de l’espoir. Mais, je reconnais que notre situation est très difficile avec un très petit budget. Il faut savoir que nos joueurs sont tous des amateurs car ils ne sont pas rémunérés !

Nos deux renforts étrangers, le russe Oleg Kusmin et le tchèque Jan Safar, ne sont pas payés non plus !

L’ex-gardien international, qui est resté fidèle au club parisien, m’a confié visiblement désabusé : « Cela fait plus de 30 ans que la situation est inquiétante pour les Français Volants.

Pascal Papaux ne fait que découvrir un problème récurrent. Pour parler trivialement, dans la région parisienne, c’est le bordel concernant le hockey ! Tous les clubs ne font plus que du loisir.

Ceci dit, il faut souligner que notre club est quand même le seul qui peut se vanter de n’avoir jamais déposé son bilan ! Malheureusement, les Volants n’ont pas d’outil de travail, ils sont juste dans une arrière-boutique.

Dans ces conditions, il est presque impossible de trouver des partenaires et des mécènes car le club n’a rien à vendre. Il n’a plus aucune visibilité ! Avec 300 spectateurs dans la petite patinoire de Bercy, il y a aucune médiatisation possible.

Par ailleurs, depuis l’élection de Bertrand Delanoë en 2001 comme maire de Paris, il n’est plus question de construire une nouvelle patinoire. Bref, que ce soit l’actuel président du club omnisports des Français Volants Christophe Carrez, ou pour Pascal Papaux le président de la section du hockey sur glace, l’affaire est entendue.

Ils doivent se résigner à végéter éternellement dans la petite patinoire Sonja Henie. Pour l’anecdote, c’est le nom d’une célèbre patineuse et actrice norvégienne qui fut triple championne olympique et dix fois championne de monde.

Concernant l’équipe de hockey sur glace des Français « Volants », pour rester dans le domaine aéronautique, c’est un véritable « crash » qui est à redouter cette fois dans les prochains mois.

« L’arrêt dans la Division 2 est envisagée très sérieusement, me confirme Pascal Papaux. La construction d’une nouvelle patinoire dans Paris n’est plus malheureusement dans l’air du temps.

C’est très regrettable car je pensais naïvement qu’avec l’installation du club de basket-ball dans l’Arena Adidas à la porte de la Chapelle, on aurait pu penser à l’installation d’une piste de glace dans la Halle Carpentier où se trouvaient jusqu’ici les basketteurs.

Là-bas il y a une surface beaucoup plus importante. Mais, il faut se faire une raison, de l’héritage historique des Français Volants, il ne reste plus désormais que le nom puisque seuls nos mineurs resteront confinés dans la cave de Bercy.

Dans ces conditions, comment voulez-vous avoir un réel esprit d’appartenance pour nos joueurs et aussi pour nos supporters dans un club aussi exigu et mal en point ?

Les espoirs pour l'avenir

Malgré les difficultés, l'espoir persiste. Lors des élections à la mairie de Paris en 2001, Philippe Séguin avait promis de construire une nouvelle patinoire de 5000 places dans le 13e arrondissement. Bien que ce projet n'ait pas été réalisé, l'idée d'une nouvelle infrastructure dédiée au hockey sur glace à Paris reste un rêve pour de nombreux passionnés.

En 1998, Jean de Gaulle, le député du 12e arrondissement et adjoint au maire de Paris, suggéra de profiter du départ de la foire du Trône pour construire une nouvelle patinoire sur la pelouse de Reuilly dans le bois de Vincennes.

Habitué aux promesses en l’air, Thierry Lacarrière, le président des Français Volants, ne se fit guère d’illusion.

D’autant que sept ans auparavant, Jacques Chirac, alors maire de Paris, avait déjà annoncé en 1991 son intention de créer une grande patinoire de 3000 places dans le 13e arrondissement de Paris.

Dans un article du journal Le Figaro, publié en 1998, la construction éventuelle d’une nouvelle patinoire fut également évoquée, mais cette fois dans le centre sportif Pailleron dans le 19e arrondissement.

En réponse, Thierry Lacarrière, visiblement résigné, déclara avec philosophie : « Si ses dimensions sont assez grandes, Pailleron nous permettra de renaître.

Je rappelle qu’un grand espoir était encore né au début des années 2000 concernant le club de hockey sur glace des Français Volants de Paris.

En effet, Philippe Séguin, qui avait effectué un long séjour au Québec, réussit le tour de force en 1989 de faire venir à l’époque l...

Par ailleurs, Anne Hidalgo, qui lui a succédé à l’hôtel de ville en 2014, est restée également …de glace.

Pour couronner le tout, le club des Français Volants, qui a la particularité de regrouper dans une même association le patinage artistique et le hockey, est victime actuellement de fortes turbulences internes.

En effet, le nouveau président général du club, Pierre Thauron, et le responsable de la section du hockey, Fabien Merel (nommé récemment par le comité directeur), devront gérer au mieux prochainement le projet de scission définitive des deux disciplines après 88 ans de vie commune.

Une scission dont ils ne sont pas a priori opposés si elle est concertée et bien préparée en amont avec l'aval de la ville de Paris et de l'AccorHotelsArena.

Car l’ancien gardien de but tricolore Eddy Ferhi (41 ans) et plusieurs membres parisiens ont pour objectif la création d’un nouveau club de hockey totalement autonome dans la capitale.

En conclusion, l'histoire du hockey sur glace à Paris-Bercy est un mélange de moments de gloire et de défis persistants. Les Français Volants, autrefois un club phare, luttent aujourd'hui pour retrouver leur prestige. L'espoir d'une nouvelle patinoire et d'un soutien accru pourrait raviver la flamme du hockey dans la capitale française.

J'ai testé le hockey sur glace

Coupe de France de Hockey sur Glace - Palmarès récent :

Année Vainqueur Score
2022 Angers 5-4 (a.p.)
2020 Amiens 3-2 (t.a.b.)
2019 Amiens 3-2 (a.p.)
2017 Grenoble 3-2 (a.p.)
2012 Dijon 7-6 (a.p.)
2011 Rouen 5-4 (t.a.b.)
2010 Briançon 2-1 (t.a.b.)
2008 Grenoble 3-2 (t.a.b.)
2006 Dijon 3-2 (a.p.)
2003 Villard de Lans 3-2 (t.a.b.)
1994 Grenoble 5-4 (a.p.)
1978 Tours 6-4 (a.p.)

La Coupe de France de Hockey sur Glace est un événement majeur du calendrier national.

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