Le choc au sommet entre le Danemark et la France dès l'entame du tour principal de l'Euro a tenu ses promesses. Le pays hôte a fini par l'emporter au terme d'une rencontre accrochée de bout en bout (32-29), bien aidé par son gardien Emil Nielsen (11 arrêts) et les 9 buts de sa superstar Mathias Gidsel. Après une première période maîtrisée défensivement, les Bleus ont été bousculés en deuxième et s'inclinent pour leur entrée dans le tour principal.
Malgré cette défaite, les Tricolores peuvent encore se qualifier pour les demi-finales. En revanche, ils ne devront pas trembler lors de leurs prochains matchs face au Portugal (samedi), à l'Espagne (lundi) et à l'Allemagne (mercredi).
Avec cette défaite, la France pointe à la 4e place du groupe I derrière l'Allemagne (4 points), le Portugal (2 points) et le Danemark (2 points). Les deux premiers de la poule seront qualifiés pour les demi-finales.
Avec 11 arrêts sur 39 tirs (28%), le gardien danois Emil Nielsen est nommé homme du match. Avec respectivement 9 et 8 buts, Mathias Gidsel et Simon Pytlick ont aussi grandement contribué au succès danois.

De gauche à droite : Emil Nielsen et Mathias Gidsel.
Un Match Accroché Dès le Début
Dans une ambiance survoltée, les Bleus avaient pourtant affiché en première période une attitude défensive remarquable. La France montrait les muscles d'entrée, tandis que le Danemark, sous pression forcément avec une arrivée à zéro point dans le tour principal, voulait poser les débats sur le champ physique. Ludovic Fabregas montait haut pour toucher la pépite Gidsel, empêtré et agacé. Dylan Nahi colmatait remarquablement, Dika Mem faisait l'effort, Elohim Prandi contrait, Karl Konan bagarrait, Charles Bolzinger (5 arrêts à la mi-temps) étirait les compas : le champion d'Europe en titre défendait vaillamment son lopin et hormis Simon Pytlick (8/10 au tir au final), le Danemark avait du mal à évoluer offensivement.
Certes, la France ne déroulait pas non plus en attaque. Trois pertes d'une balle visiblement glissante d'affilée et quelques arabesques d'Emil Nielsen (6 arrêts à la pause) réinstallaient les champions olympiques dans le match (4-5, 12e). Mais l'agressivité des Tricolores sur les un-contre-un leur permettait de capitaliser sur la ligne des 7 mètres avec un impeccable 5/5. C'était physique, c'était rude. Mais la France était en bataille et menait d'un but à la pause (12-11), tandis que le coach danois, Nikolaj Jacobsen, regagnait son vestiaire fou de rage.
La Deuxième Période : Un Tournant Décisif
Malheureusement, l'histoire allait prendre un tout autre sens en deuxième période. Si l'association nantaise Aymeric Minne-Thibaud Briet offrait de l'intensité et des solutions offensives sur la ligne arrière, l'équipe de France était chahutée et perdait de sa superbe défensive au fil des minutes.
Les 13 000 Danois de la Jyske Bank Boxen hurlaient maintenant un peu plus fort. La pression était forte et Gidsel sonnait la révolte. Scotché à 3/7 à la pause, l'arrière droit de Berlin laissait un peu plus le jeu aux copains et devenait plus efficace, donnant aux siens deux buts d'avance pour la première fois du match (17-19, 41e). Ça tanguait maintenant dangereusement côté français. Il y avait un peu plus de mou dans le repli défensif et le tandem Prandi-Mem (4/13 au tir à eux deux) était clairement en échec en attaque.
Le match restait sur un fil. Nicolas Tournat sur les fondamentaux du pivot égalisait à 20-20 (45e), avant que Nahi, lancé tout droit derrière une interception de Benoît Kounkoud, ne redonne même deux longueurs d'avance aux Bleus (23-21, 48e). Briet et Minne continuaient de faire la musique en attaque (11 buts cumulés), portant les champions d'Europe. Mais une balle perdue de Richardson et un passage en zone malheureux de Tournat replaçaient d'un coup le Danemark devant (26-27, 55e).
Il fallait un geste de classe pour clore les débats. L'auteur en serait le meilleur joueur du monde, pardi ! D'un reverse dans l'axe, Gidsel mystifiait la ligne défensive française et repoussait pour de bon la France à moins d'une minute de la fin. L'ancien gardien nantais est monté en puissance dans ce match. C'est terminé à Herning, après un dernier but de Kirkelokke !
« Beaucoup de frustration à chaud car on était dedans tout au long de la partie. C'est dur, mais je pense qu'on a quand même fait un gros match », a-t-il déclaré.
France-Danemark : l'analyse
Moments Clés du Match
- 59'. Gidsel inarrêtable (29-31): Le Danois fait du mal aux Tricolores et inscrit son 9e but de la partie. Temps mort à suivre pour la France.
- 55'. La France en supériorité numérique (27-27): Rasmus Lauge est exclu 2 minutes, la France joue à 7 contre 6.
- 48'. Du mieux pour les Français ! (23-21): Grâce à Briet et Nahi, les Bleus repassent devant. Le sélectionneur danois demande un temps mort.
- 41'. Plus deux pour le Danemark (17-19): Les Bleus peinent à trouver des espaces face à la défense danoise et perdent encore le ballon. Gidsel trompe Bolzinger dans la foulée.
Statistiques du Match
| Équipe | Buts | Arrêts du gardien |
|---|---|---|
| France | 29 | Bolzinger (5), Desbonnet |
| Danemark | 32 | Nielsen (11) |

Classement actuel du groupe I après le match.
Prochains Matchs des Bleus
- Samedi (15h30): France-Portugal
- Lundi (18h): Espagne-France
- Mercredi (18h): Allemagne-France