Histoire d'Avesnes-les-Aubert

Avesnes-les-Aubert est une commune française du département du Nord dans la région des Hauts-de-France. Elle se trouve sur la D942 entre Cambrai et Solesmes à 12 km à l'est de Cambrai. Elle est traversée par L'Erclin, petite rivière, affluent de l'Escaut.

Pour connaître « Le Grand Village » d'Avesnes-Les-Aubert, suffit-il de le parcourir les yeux rivés sur son smartphone ou avec ses soucis en tête ? Les Journées du Patrimoine sont l’occasion de s’interroger sur ce qui le caractérise. En le comparant à d’autres communes, surtout à celles situées en dehors du Cambrésis, on prend vite conscience que sa situation géographique, son histoire et ses activités économiques ont profondément marqué son urbanisme, son architecture et la façon d’être de sa population.

Le parcours permettra d’aborder des sujets aussi divers que l’emplacement de la commune, la période dite « espagnole », les différents types de construction traditionnelle, les quartiers de mulquiniers et leurs corons, les activités disparues telles que les tissages, les exploitations agricoles, les estaminets, la brasserie … et son urbanisme favorable à la mixité sociale.

Origines et évolution du nom

L'on retrouve sur certains actes les noms "d'Avenae Oberti et Gobert" en 1080 ; "Avesnes Wauberti" en 1322 ; "Avesnes les Waubier" en 1486. Gobert pouvant venir de "gueux" du nom des révoltés qui se liguèrent en 1566 contre l'administration espagnole des Pays-Bas.

On trouve à ce stade une constance dans le mot Avesnes, toutefois certains prétendent qu'"Avesnes" viendrait d'avoine, terre maigre plus apte à la culture de l'avoine qu'aux autres céréales.

Pour la troisième partie du nom de notre commune, l'on trouve déjà le nom de gobert au début du 11ème siècle. Nos ancêtres descendraient-ils des Goths, peuple germanique ayant envahi le Nord de la France.

Le traité de Verdun de l'an 843 fixe à l'Escaut, la séparation entre le royaume de France et le royaume de Lotharagie que la Germanie ne tarde pas à rattacher à elle. On pourrait alors penser que l'administration royale voulu imposer le mot "Aubert" au détriment de "Gobert", notre commune se situant proche d'une seigneurie renommée : Saint-Aubert.

Enfin le mot de liaison entre Avesnes et Aubert porte encore polémique sur son écriture : les, lès, lez. Toutefois l'écriture officielle actuelle est : Avesnes les Aubert.

Avesnes les Aubert a été très longtemps appelé par les habitants de ses environs : "Le Grand Village" probablement par son étendue territoriale de 900 hectares 90 ares et 90 centiares, mais aussi certainement au regard du nombre de ses habitants.

L'église d'Avesnes-les-Aubert : Un édifice emblématique

Chaque église est unique. Celle d’Avesnes-les-Aubert a l’avantage depuis ses origines d’avoir survécu à la plupart des destructions dues aux guerres ou à la Révolution. Ses agrandissements successifs ont été décidés par les édiles locaux pour une seule et même raison : faire face à l’accroissement de la population du « Grand Village ».

Quelques dates ont marqué sa construction. Avant 1076, existait une première église. Avesnes les Aubert est déjà citée comme paroisse avant 1076, ce qui laisse supposer qu'une première église existait avant celle dont le clocher date de 1543. En 1543, s’y est ajouté un beffroi dont la fonction était à la fois religieuse, sociale et militaire. A cette époque le Cambrésis faisait partie des Pays-Bas Espagnols, eux-mêmes inclus dans le Saint-Empire Romain Germanique depuis plus de 6 siècles. Il fallait protéger la population de l’envahisseur français !

L'église actuelle fit l'objet de travaux d'agrandissement à partir de 1732. En 1734, la nef actuelle a été construite après démolition de l’ancienne. Puis de 1890 à 1892 le coeur et le transept furent agrandis. De 1890 à 1900, l’église a été transformée en mini cathédrale !

Pendant le grande guerre, les allemands s'emparèrent des 3 cloches pour les faire fondre afin d'approvisionner leurs usines d'armement. Le 10 Octobre 1918, le clocher fut détruit au cours d'une bataille entre l'artillerie anglaise et allemande. On peut supposer que l'artillerie allemande voyant en ce clocher un point d'observation idéal pour les britanniques, soit à l'origine de sa destruction.

Église Saint-Martin d'Avesnes-les-Aubert

La tour a dû être reconstruite en 1922, après avoir été endommagée lors d'une bataille entre les artilleries anglaise et allemande. La reconstruction du clocher actuel démarra le 04 Septembre 1921 date à laquelle eut lieu la pose de la première pierre. La bénédiction solennelle eut lieu le 08 Juillet 1923 par Mgr MASSART, archevêque de Cambrai.

Il compte à nouveau 3 cloches : Renée-Pacifique-Françoise, offerte par la municipalité, Linette-Véronique, issue de la souscription des paroissiens et Marie-Agnès-Rémigia, grâce au don de l'abbé Farineaux, curé de l'époque.

L’édifice est aujourd’hui le plus ancien et le plus emblématique de la commune. Un passage rapide ne suffit pas à le découvrir. Dans un bâtiment religieux aussi ancien rien n’est anodin.

Pour partager ce trésor, nous vous proposons depuis quelques temps des visites guidées gratuites d’environ 1h15, limitées à une vingtaine de personnes. C’est ainsi que lors des dernières journées du patrimoine, certains avaient pu se familiariser avec « L’histoire millénaire de l’église » et/ou « Sa décoration intérieure du 18ème siècle ».

Le symbole de la renaissance du Havre : l'église St Joseph

Le développement économique d'Avesnes-les-Aubert

Avesnes les Aubert comptait parmi sa population de nombreuses familles de tisserands, le tissage à la main était depuis des siècles, l'industrie renommée du Cambrésis. L’activité principale, comme dans de nombreux villages du Cambrésis, est le tissage à domicile de toiles fines, de batiste et de linon, par les mulquiniers.

Les métiers à tisser se trouvaient dans les caves, on y tissait des toiles fines, des mouchoirs de batiste ou linon qui avaient grande réputation. En 1789, notre ville comptait 433 métiers à tisser, au recensement de 1910, on dénombre 1588 tisseurs et tisseuses. En 1789, la ville compte 433 métiers à tisser qui occupe 1588 personnes en 1910. Le tissage commence à être mécanisé au début du XXème siècle, et l'activité se concentre dans des ateliers.

Une autre particularité des avesnois était le travail saisonnier. Au printemps les familles se rendaient dans les départements voisins pour effectuer les travaux des champs et rentraient à l'automne, ce qui explique que de nombreux avesnois sont natifs de l'extérieur. Une statistique de 1949 fait état de 1000 avesnois partis pour les betteraves dans les départements de l'Aisne, Somme, Seine et Marne, Marne et Haute Marne, Meuse et également en Normandie.

Ces deux activités de nos aînés ont été mise à l'honneur par la création en 1985, sous l'égide des élèves du Collège Paul Langevin, de nos deux géants "Grind'Rasette et Tiot'Epoele". Depuis 2008, l'association "Y s'ront Toudi là" remet sur pied nos géants.

Mairie d'Avesnes-les-Aubert

En 1872, la sucrerie d'Escaudoeuvres près de Cambrai, installe, rue Sadi Carnot près de la voie ferrée reliant Solesmes à Cambrai, une râperie. En 1872, la sucrerie d'Escaudœuvres, nouvellement construite, installe une râperie à Avesnes. Les cultivateurs des environs y amenaient leurs récoltes et les betteraves provenant de Bavay, de Le Quesnoy... étaient aussi acheminées par la ligne de chemin de fer. Les cultivateurs des environs y amènent leurs récoltes et les betteraves provenant des communes voisines. Le jus des betteraves sucrières reccueilli sur place approvisionnait, par un réseau de canalisations souterraines, l'usine centrale par Rieux et Naves...

Pendant la grande guerre elle a servi de grenier à grain et de dépôt de munitions pour les allemands. Pendant la Première Guerre Mondiale, elle sert de grenier à grain et de dépôt de munitions pour les allemands qui la détruise lors de leur retraite en 1918. Elle fût détruite par ces derniers lors de leur retraite en 1918 et n'a jamais été reconstruite. Elle n’est pas reconstruite mais reste un dépôt de betteraves pendant encore de nombreuses années.

Avesnes les Aubert possédait également une malterie qui était érigée à l'angle des rues du 8 mai 1945 et du 19 mars 1962. Elle est connue sous les noms de brasserie-malterie l'Union, puis malterie Chevalier Martin, et malteries franco-belges.

Fondée vers 1920, elle produit de la bière jusqu'en 1929, puis du malt.

En juin 1872, l'Assemblée Nationale décide la construction d'une ligne de chemin de fer de Cambrai à Dour, près de Mons en Belgique, passant par Avesnes-les-Aubert et Solesmes. En Belgique la ligne est inaugurée en 1882 jusqu'à la frontière.

Après la guerre, la ligne souffre de la concurrence du transport routier et de la crise des années 1930, et le coup de grâce lui est porté par la Seconde Guerre Mondiale.

La Mairie d'Avesnes-les-Aubert

En 1893, la vieille Mairie étant dans un état lamentable, la construction de l'actuel bâtiment et de logements pour le directeur de l'école et les instituteurs est envisagée par les élus. Le projet connut quelques réticences de la population qui n'était pas favorable à la construction sur la Grand Place, ainsi que le Préfet du Nord qui souhaitait faire procéder à la réparation de l'ancienne mairie.

Le dimanche 15 Juin 1902, à onze heures précises eut lieu l'inauguration officielle de la nouvelle mairie et des locaux scolaires par M. Jean-Baptiste LEMAIRE, maire, sous la présidence de M. Paul BERSEZ, maire de Cambrai, député du nord, accompagné de M.

Le 14 février 1991, dans la nuit, un incendie s'est déclaré au rez de chaussée de l'hôtel de ville et a détruit les services administratifs. La commune a perdu une partie de son patrimoine, notamment les registes d'état civil.

Les travaux de reconstruction de l'hôtel de ville ont duré deux ans. La façade de la mairie a été conservée. L'intérieur du bâtiment a été aménagé pour répondre aux normes actuelles de sécurité et d'accessibilité. Les deux vitraux ont été récupérés après l'incendie et restaurés.

Figures notables liées à Avesnes-les-Aubert

  • Wedric d’Avesnes (°962)
  • Wedric II d’Avesnes dit Le Roux (990/1038), époux en 1018 de Yolande Gent
  • Wedric III d’Avesnes dit Le Barbu (1020/1076), époux en 1048 de Jehanne de Chièvres
  • Thierry d’Avesnes (1049/1106), époux de Richilde de Hainaut puis de Ade de Roucy
  • Richilde d’Avesnes (1078/1132), fille du précédent, épouse Fastre II d’Oisy (+1112)
  • Gauthier Ier d’Avesnes d’Oisy (1100/1147), époux d’Ide de Doornick
  • Nicolas d’Avesnes (1120/1171), époux en 1149 de Mahaut de Laroche
  • Jacques d’Avesnes (1150/1191), époux en 1160 d’Alix de Guise, il se distingue à la tête des chevaliers de Flandre et périt à la Bataille d'Arsouf en Terre Sainte lors de la 3ème croisade
  • Gauthier II d’Avesnes (1170/1246), époux en 1201 de Marguerite de Blois, et son frère, Bouchard d’Avesnes (1182/1244), époux en 1212 de Marguerite de Hainaut, ils participent tous les deux à la Bataille de Bouvines en 1214
  • Jean Ier d’Avesnes (1218/1257) comte héritier du Hainaut, fils de Bouchard, défait l’armée flamande à la Bataille de West Cappel en 1253 avec son beau-frère Guillaume Ier du Saint-Empire (1227/1256).
  • Jean d'Esclaibes (+1433), écuyer, époux en 1406 de Jeanne d'Avesnes (+1465) inhumée dans l'église
  • Charles de Croÿ (1467/1527), prince de Chimay en 1486, chevalier de la Toison d’Or en 1491, seigneur d’Avesnes par son mariage en 1495 avec Louise d’Albret, dame d'Avesne et vicomtesse de Limoges, sœur de Jean III d’Albret (1469/1516), roi de Navarre.
  • Raymond Gernez (1906/1991, sa maison natale ci-contre), homme politique et résistant, né à Avesnes-les-Aubert.

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