Angleterre - Danemark : Un Duel Historique et Décisif

Les protagonistes de ce duel ont tous de bonnes raisons d'y croire. La sélection anglaise agrège les espoirs de tout un pays d'aller décrocher un premier Euro, cinquante-cinq ans après son seul sacre en compétition majeure, la Coupe du monde 1966, déjà à la maison. Seule l'Écosse voisine lui a tenu tête au premier tour (0-0), mais personne ne lui a encore marqué de but.

Le jeu chatoyant des Danois marquera de ce point de vue un formidable test, alors que les Trois Lions retrouvent leur antre de Wembley, à qui ils n'auront fait qu'une seule infidélité avec ce crochet par Rome au tour précédent contre l'Ukraine (4-0). Si elle allait au bout, l'Angleterre pourrait être considérée comme la 4e sélection hôte vainqueur de l'Euro après l'Espagne en 1964, l'Italie en 1968 et la France en 1984. Dans un mélange de patriotisme, de méthode Coué et de condescendance, ses fans craignent relativement peu le Danemark, maintenant que l'Allemagne a été croquée en huitièmes dans une ambiance survoltée (2-0).

Mais le petit Royaume de 5,5 millions d'habitants ne serait pas un vainqueur inédit, lui. Ses représentants ont déjà signé un exploit retentissant en 1992, et difficile de ne pas percevoir un bégaiement de l'histoire, entre le côté miraculés (les héros de Suède avaient remplacé la Yougoslavie, exclue ; les Danois de 2021 comptaient 0 point après deux matches), l'absence du meilleur joueur (Michael Laudrup était en conflit avec le sélectionneur Richard Möller Nielsen ; Christian Eriksen a quitté la compétition après un malaise cardiaque lors du premier match contre la Finlande) et la présence d'un Schmeichel dans le but (Peter le père ; Kasper le fils).

Il flotte en tout cas autour de ce Danemark offensif et rafraîchissant un je-ne-sais-quoi d'impalpable, une dynamique, une aura, un capital sympathie au-delà de ses frontières. Avec ses milieux excentrés bigrement haut (Maehle, Wass ou Stryger), son ailier imprévisible (Damsgaard), son poumon à moitié français (Pierre-Emile Höjbjerg), la formation de Kasper Hjulmand séduit autant qu'elle dévore.

Pour garnir le mythique stade de Londres, il faudrait que les fans danois aient anticipé une présence dans le dernier carré et déjà réalisé leur quarantaine. Ces demi-finales auraient mérité le vacarme de supporters autres que les seuls résidents anglais. Mais Gareth Southgate sait parfaitement que le meilleur des soutiens ne suffit pas toujours.

En 1996, aux portes de la finale, au même endroit devant 75 000 personnes, le défenseur d'Aston Villa (25 ans à l'époque) avait manqué son tir au but face à l'Allemagne d'un grand Dieter Eilts (1-1, 5-6 aux t.a.b.). Volontaire, là où Steve McManaman, Darren Anderton ou Tony Adams s'étaient défilés, il avait dû porter cet échec comme un fardeau, essuyer les reproches divers, jusqu'à sa mère (« pourquoi n'as-tu pas tiré en force ? »), les insultes dans la rue ou dans les stades. Vingt-cinq après, il retrouve le théâtre de ses pires cauchemars dans l'habit du sélectionneur. Pour une revanche personnelle et une absolution nationale.

Si les Anglais ont obtenu quelques succès aisés dans les années 1950, les choses se sont équilibrées et le Danemark a remporté ici-même le dernier duel (1-0, le 14 octobre). Sur un penalty d'Eriksen.

Euro 2024 : Angleterre tenue en échec par le Danemark

Contretemps pour les Anglais. Alors qu’ils pouvaient se qualifier pour les huitièmes de finale en cas de victoire, les Britanniques ont été tenus en échec par le Danemark, ce jeudi lors du deuxième match de la poule C de l’Euro 2024 (1-1). Pourtant, l’entame de match anglaise était excellente. Les joueurs de Gareth Southgate monopolisaient le ballon et siégeaient dans le camp danois. Après plusieurs situations autour de la surface scandinave, les Britanniques sont parvenus à trouver la faille, grâce à leur capitaine, Harry Kane. L’attaquant du Bayern Munich a repris un centre de Kyle Walker, mal contrôlé par Bukayo Saka, et a placé le ballon dans le petit filet (18e, 0-1).

Paradoxalement, le 64e but inscrit en sélection par Harry Kane a fait du bien aux Danois. Il les a réveillés, et a marqué la fin de la domination anglaise. Après cela, les Scandinaves ont joué beaucoup plus haut et posé des problèmes à Jordan Pickford. Les Danois ont finalement profité d’une mauvaise relance d’Harry Kane, plein axe, pour égaliser. La lueur est venue de Morten Hjulmand. À plus de 30 m du but anglais, le milieu de terrain a décoché une frappe parfaite, à ras de terre, qui a trompé le portier des Trois Lions.

En deuxième période, l’Angleterre a poussé pour reprendre l’avantage. Elle est passée très près de réussir à le faire, d’abord grâce à Phil Foden. Le milieu de terrain de Manchester City, à une vingtaine de mètres du but du Danemark, a décoché une frappe au sol, du pied gauche, qui a échoué sur le poteau (56e). Les Britanniques ont de nouveau eu une très belle occasion, par l’intermédiaire d’Ollie Watkins. Mais l’attaquant a manqué son face-à-face avec Kasper Schmeichel (71e). Même si, avec quatre points à son compteur, l’Angleterre a de grandes chances de se qualifier pour les huitièmes de finale, ce n’est mathématiquement pas fait. Les Trois Lions joueront leur dernier match de poules ce mardi, contre la Slovénie.

Les moments clés du match Angleterre - Danemark (20 Juin 2024)

  • 18' : But de Harry Kane ouvrant le score pour l'Angleterre.
  • 34' : Égalisation spectaculaire de Hjulmand pour le Danemark.
  • 56' : Phil Foden frappe le poteau, manquant de redonner l'avantage à l'Angleterre.
  • 71' : Ollie Watkins rate un face-à-face crucial avec Schmeichel.

Voici un résumé des principaux événements du match sous forme de tableau :

Minute Événement Équipe Score
18' But de Harry Kane Angleterre 1-0
34' But de Morten Hjulmand Danemark 1-1
56' Frappe sur le poteau de Phil Foden Angleterre 1-1
71' Occasion manquée d'Ollie Watkins Angleterre 1-1

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