Coupe de France : L'histoire des rencontres épiques entre Martigues et le PSG

Les confrontations entre le Football Club de Martigues et le Paris Saint-Germain en Coupe de France sont chargées d'histoire, de passion et parfois de tensions. Ces matchs ont souvent été l'occasion pour le petit club provençal de se mesurer à l'ogre parisien, avec des fortunes diverses.

Le Football Club de Martigues est fondé en 1921. En remportant le titre de champion de D2 en 1993, le FCM accède à la D1. Martigues reste trois ans en D1 avant de descendre en D2 à la fin de la saison 95/96. Lors de sa première saison dans l'élite, le club termine 18ème mais sera repêché (descente administrative de Marseille). La 2ème saison Martigues, termine 11ème et rate de peu l'Intertoto. Le club est relégué en National à la fin de la saison 97/98. Il remonte en D2 pour la saison 2000/2001 et y reste jusque en 2001/2002 puis est relégué en National. Pour la saison 2003/2004, Martigues est rétrogradé administrativement en CFA.

Martigues - PSG en 1994/1995 : Un match sous haute tension

C’est en effet avec en mémoire les incidents du 5 novembre dernier que la délégation parisienne se présenta au stade Francis Turcan. Outre le fait que les dirigeants du club francilien aient déconseillé à ses supporters de se déplacer (18 se sont tout de même rendus dans le Sud), Luis FERNANDEZ avait également décidé de laisser en région parisienne son attaquant international David GINOLA, trop souvent pris pour cible (insultes, jets d’objets) par les supporters (sic) du Sud de la France. Le tirage au sort aurait pu être plus clément pour les joueurs de la Capitale. Non pas que le FC MARTIGUES soit un foudre de guerre, mais vue la courte distance séparant la « Venise de Provence » de Marseille, personne ne pouvait réellement croire à une ambiance champêtre et dans la bonne humeur, du moins en ce qui concerne les tribunes.

C’est donc devant un peu plus de 4 000 personnes vraisemblablement passionnées de ballon rond, mais également avides de pouvoir s’extérioriser face à la « vermine » rouge et bleue, que les 22 acteurs partirent en quête d’une place en huitièmes de finale de la Coupe de France. Entre-temps, Bernard LAMA pouvait remercier sa transversale de l’avoir sauvé d’une magnifique reprise de volée de Maurice BOUQUET. MARTIGUES venait de louper le coche et ce d’autant plus, qu’à la 41ème, Filho Candida VALDO bien servi côté gauche par Paul LE GUEN réussissait à tromper DURAND… d’une jolie tête plongeante.

Bernard LAMA qui avait passé les 45 premières minutes adossé à une tribune quasi-vide, se retrouva juste devant les supporters les plus virulents et ce qui était à craindre se produisit, le portier guyanais devint la cible de ces abrutis. S’ensuivirent alors des jets de pierres, de boulons, de pièces, de bananes et d’oranges qui retardèrent finalement le match d’une bonne dizaine de minutes. Et lorsque la rencontre put enfin reprendre, bis repetita avec le lancement d’un fumigène sur la pelouse. Après que ces empêcheurs de jouer au ballon rond aient épuisé leurs projectiles, le foot reprit son droit et MARTIGUES se rua vers les buts parisiens.

Ce qu’il réussit à faire de manière éblouissante dès l’heure de jeu en détournant un pénalty de Didier THOLOT suite à un double contact d’Alain ROCHE et d’Antoine KOMBOUARE sur l’attaquant local. Elle aurait pourtant pu l’être définitivement à deux reprises si, d’une part, VALDO n’avait vu son tir bien stoppé par DURAND, à la 81ème minute, et d’autre part, si la pichenette de Mister George n’était passée de peu à côté du montant droit. Mais comme l’on ne fait pas un match avec des si, la qualification en huitièmes de finale allait finalement être acquise par l’imperturbable gardien parisien, réussissant une magistrale claquette à la dernière minute.

LAMA (suite au jet du fumigène en seconde mi-temps) : « J’avais vraiment envie de le balancer à mon tour. Je sais que cela aurait été inadmissible mais cela devient dur d’être toujours au-dessus de tout cela. On en arrive à mettre notre vie en jeu. Cette hostilité imbécile est pénible. Il faudrait vraiment que cela cesse. Sinon les incidents graves vont se multiplier. FERNANDEZ : « Mes joueurs ont confirmé leur réveil. Je voulais que l’on continue à aller de l’avant. Leur mission a été difficile et ils ont réalisé un très bon match. ROCHE : « De grosses équipes sont tombées ce soir. A nous d’en profiter. La Coupe est désormais notre objectif essentiel. Nous avons fait une très bonne première mi-temps. VALDO : « Je crois que nous allons de mieux en mieux. Maintenant, il faut se dire que rien n’est impossible. Même en championnat. On doit juste s’accrocher derrière Nantes.

Les notes des joueurs :

  • LAMA : 16/20. Le gardien tricolore, malgré l’environnement difficile, a réalisé un sans faute, arrêtant un pénalty et sauvant une balle de prolongation à la dernière minute.
  • KOMBOUARE : 11/20. A alterné le bon et le moins bon.
  • RICARDO : 11/20.
  • ROCHE : 11/20.
  • COLLETER : 13/20. Patrick a une fois de plus effectué un gros travail de sape en se livrant sur tous les ballons passant à sa portée.
  • LE GUEN : 12/20.
  • GUERIN : 13/20. A l’image de son compère COLLETER, il a réalisé une prestation impressionnante avec un apport offensif primordial.
  • VALDO : 14/20. Le petit brésilien a réalisé un, match parfait.
Bernard Lama attaqué par des supporters lors du match Martigues-PSG. Crédit: Getty Images

Martigues - PSG en 2003 : Ronaldinho délivre le PSG

En 2003, le FCM et le PSG se croisent à nouveau en Coupe de France. Cette fois, Martigues évolue en National. Un but de Ronaldinho à un quart d’heure du coup de sifflet final permet aux Parisiens de poursuivre leur aventure en Coupe de France.

» Supporters de Marseille, faites du bruit ! » Ce lapsus du speaker martégal en dit long sur l’ambiance qui entourait ce quart de finale de coupe de France. Un stade chauffé à blanc par une sono débitant les percussions d’un groupe local au milieu d’un public tout acquis à la cause des Sang et Or, bien décidés à venger son grand frère marseillais. Isolés dans un coin de tribune, les 400 fans du PSG en entendent de toutes les couleurs. Face à des supporters vomissant leur haine sur tout ce qui vient de la capitale, le PSG répond par un engagement physique de tous les instants.

Ogbeche est le premier à inquiéter les Martégaux, mais son but est logiquement refusé par Monsieur Duhamel, le Nigérian ayant poussé le ballon de la main (7e). Comme face à l’OM, le milieu de terrain Rouge et Bleu impressionne et récupère de nombreux ballons. Le déluge de projectiles qui s’abat alors sur la pelouse oblige l’arbitre à stopper quelques instants la rencontre après qu’Alonzo ait ramassé dans sa surface un objet non identifié… (32e). Dans la foulée, Fiorèse trouve sur son chemin un téléphone portable. Drôle d’ambiance !

Le jeu reprend tant bien que mal, et Pédron adresse une puissante frappe que Klein capte sans trop de difficulté (35e). Il faut attendre la fin de cette première période pour voir les Martégaux pointer le bout de leurs crampons dans la surface d’Alonzo. La frappe de Bilici (42e) manque le cadre, et le centre de Mazzuchetti ne trouve pas preneur. Les vingt-deux acteurs regagnent donc les vestiaires sur ce score nul et vierge.

Après une entame délicate, le PSG ne tarde pas à réagir. Fiorèse déborde côté droit et adresse un bon centre que Leroy expédie de la tête sur le poteau (49e). Il s’en est fallu de quelques centimètres pour que le milieu parisien n’inscrive son sixième but en cinq rencontres. Décidément revigoré par ses sorties provençales, Leroy est une nouvelle fois à l’origine d’une contre-attaque parisienne. Alors que Monsieur Duhamel est à deux doigts d’interrompre définitivement la rencontre, toujours en raison de jets de projectiles, Hugo Leal fait son grand retour après deux mois d’arrêt.

La domination parisienne s’intensifie avec un jeu en mouvement fait de passes courtes. Les longues chevauchées de Fiorèse font très mal à l’arrière-garde martégale. C’est d’ailleurs après un nouveau débordement que l’attaquant du PSG dépose la balle sur la tête de Ronaldinho. Les martégaux ne se relèveront pas de ce nouveau fait d’arme du champion du monde. Paris continue de dominer les débats, et Hugo Leal se voit même offrir l’occasion de signer son retour, mais sa volée heurte la barre transversale de Klein (90e). Une semaine après sa victoire au Vélodrome (3-0), le PSG se sort sans accroc du piège » Francis-Turcan « , et poursuit ainsi sa route en coupe de France.

» La décision que j’ai prise cette semaine n’a pas déstabilisé le groupe. J’avais demandé à mes joueurs d’être concentrés, et ils ne se sont jamais affolés. Même si cela n’a pas été facile, ils ont toujours réussi à bien resortir le ballon. Mes joueurs ont été solidaires. Je voudrais enfin féliciter les acteurs de cette rencontre ainsi que le service d’ordre. Ce match n’était pas facile à arbitrer car c’était un vrai match de coupe avec beaucoup de duels. » Nous savions à quoi nous attendre en nous rendant à Martigues, et ils ont mis tout leur cœur à l’ouvrage. Nous avons essayé de développer un bon football dans un contexte bien particulier. Nous avons vu ce soir un PSG solide à défaut d’être brillant. A notre entrée en coupe de France, il y avait 64 équipes. Aujourd’hui, il n’en reste plus que quatre, et nous en faisons partie. Je constate aussi que la Provence réussie au PSG cette année. (S’exprimant au sujet de l’interruption du match à la 32e minute). J’ai simplement signalé à l’arbitre les quelques pierres que je recevais car il s’apprêtait à me mettre un carton jaune au prétexte que je gagnais du temps. » Lorsque l’on arrive en demi-finale, on a forcément envie d’aller au bout. Après la victoire à Marseille, c’est une très belle semaine qui s’achève pour nous. » Ce genre de rencontre se joue toujours dans la tête, et nous avons fait preuve d’un très bon mental. Nous avons su garder la tête froide durant toute la rencontre malgré le contexte particulier. L’ambiance était aussi chaude que la semaine dernière à Marseille, et cela n’a pas été facile. Mais nous avons bien respecté les consignes de Luis, en étant solides en première période. Au fil du temps, Martigues s’est fatigué et nous avons pu trouver la faille. Nous avons évité le piège, qui aurait été de sous-estimer notre adversaire. Nous nous sommes montrés sérieux et hyper-motivés. En octobre, lorsque nous l’avions emporté face à Marseille, nous nous étions laissés aller et avions pris une gifle. Là, nous avons bien travaillé durant la semaine et cette qualification est fabuleuse pour nous. » Nous avons réalisé un match sérieux, en respectant les consignes du coach. Nous avons été très vigilants tout au long de la partie, à l’exception d’une fois, mais face à une L1 cela ne pardonne pas. Malgré la défaite, ce match reste tout de même positif.

Ronaldinho taclé par Ali Boumnijel lors du match Martigues-PSG en 2003. Crédit: Getty Images

Martigues - PSG en 2011 : Hoarau et Luyindula assurent la qualification

En 2011, le PSG se déplace à Martigues pour les 8es de finale de la Coupe de France. Les Parisiens, emmenés par Guillaume Hoarau et Péguy Luyindula, s'imposent 4-1 dans un match où Martigues, pensionnaire de CFA, aura posé des problèmes.

Privé de Sakho et Tiéné - suspendus - et Makelele - blessé -, Antoine Kombouaré a choisi de faire tourner : Coupet, Traoré, Maurice et Luyindula remplacent Edel, Armand, Nenê et Giuly. La première occasion, parisienne, intervient dès la 6e minute : un long ballon vers Erding est mal repoussé par le gardien martégal, sorti loin de ses buts. Le FCM réagit sur un ballon mal contrôlé par Cearà au deuxième poteau. La balle revient sur Dembélé, qui frappe sans contrôle aux six mètres : Coupet est battu, mais le tir passe à côté. Après cette frayeur, Paris multiplie les offensives. Jean-Eudes Maurice se retrouve notamment devant le gardien, bien sorti (10e).

Le PSG ouvre le score au quart d’heure de jeu : un défenseur martégal rate complètement son dégagement devant Maurice, et lance ainsi Hoarau seul face aux buts. Quelques minutes plus tard, Erding se retrouve en face-à-face avec le gardien martégal, mais sa tentative de lob est bien repoussée par le portier des pensionnaires de CFA. Dans la foulée, Dembélé est expulsé pour une semelle sur Chantôme. Le jeune Parisien est obligé de céder sa place à Armand, qui se positionne au milieu. Martigues réagit sur un centre venu du côté droit parisien : près de la ligne de buts, Traoré ne peut empêcher son vis-à-vis de trouver Bochu au second poteau. Le Martégal bat Coupet, mais son but est annulé pour un contrôle de la main.

Les occasions se font rares en fin de première période, jusqu’à un contre parisien : la balle arrive sur Luyindula, à proximité du rond central. L’attaquant parisien tente de s’emmener le ballon sur le côté gauche, mais il n’assure pas suffisamment sa déviation pour lui-même. Martigues récupère le ballon, et le transmet rapidement en attaque. Makonda fait faute en tentant d’intervenir à l’angle de la surface, alors que Sammy Traoré se trouvait en couverture.

La première occasion au retour des vestiaires est à l’actif de Martigues : une frappe sur la droite de la surface parisienne passe à côté des buts de Coupet sans pouvoir être coupée par les Martégaux. À l’heure de jeu, Paris double la mise sur un centre d’Erding, côté droit, que le gardien ne peut que relâcher devant lui. Luyindula contrôle et croise parfaitement sa frappe pour tromper le défenseur sur sa ligne (1-2, 64e). Luyindula sortira sur blessure quelques minutes plus tard, remplacé par Kebano. Kebano inscrit un quatrième but de la tête, refusé pour une faute du jeune Parisien sur son adversaire.

» Nous avons réalisé un match sérieux, en respectant les consignes du coach. Nous avons été très vigilants tout au long de la partie, à l’exception d’une fois, mais face à une L1 cela ne pardonne pas. Malgré la défaite, ce match reste tout de même positif. C’est l’une des affiches rêvées… Plus la peine d’expliquer pourquoi. Le tenant du titre qui vient rendre visite au petit voisin marseillais, c’est David contre Goliath, mais le FCM espère sortir de son anonymat en réussissant à faire oublier l’OM en disposant du PSG !!! Ce FCM-PSG sera le 6ème du nom à Turcan (3 en championnat et 3 en coupe) et le 9ème match entre les deux en comptant les matches à Paris (3 au Parc des Princes et 6 à Turcan)… Et plus qu’un exploit, c’est un miracle qu’il faudra réaliser pour les hommes de Priou.

Autrement dit, le FCM est à 90 ou 120 minutes d’écrire l’une des plus belles pages de son histoire, en battant le PSG. Martigues qui fait chuter Saint-Etienne, Bastia… Ce sont des souvenirs trop lointains. NEUF… C’est à la fois un chiffre, et en cette saison 2010-2011, la saison du renouveau et d’une nouvelle ère.

Football / Coupe de France: la déception de Martigues

Saison Compétition Tour Match Score Spectateurs
1994-1995 Coupe de France 16es de finale FC Martigues - Paris Saint-Germain 0-1 6 000
2002-2003 Coupe de France Quarts de finale FC Martigues - Paris Saint-Germain 0-1 6 000
2010-2011 Coupe de France 8es de finale FC Martigues - Paris Saint-Germain 1-4 7 500
Guillaume Hoarau a inscrit un triplé face à Martigues en 2011. Crédit: AFP

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