Le volley-ball italien a toujours été une force dominante sur la scène internationale, non seulement grâce à ses joueurs talentueux, mais aussi grâce à ses entraîneurs visionnaires. Cet article explore l'histoire riche et complexe du coaching de volley-ball en Italie, en mettant en lumière des figures emblématiques comme Andrea Giani et Julio Velasco, et leur impact sur les équipes nationales françaises et italiennes.

L'Ère Velasco: Un Tournant Décisif
Julio Velasco, l'Argentin de 71 ans, a marqué l'histoire du volley-ball italien. Il a été nommé sélectionneur de l'Italie et a dirigé l'équipe masculine, championne du monde en 1990 et 1994. Sa nomination en tant que sélectionneur de l'équipe féminine italienne marque un retour aux sources, après une période difficile pour l'équipe.
Velasco revient à la tête de l'équipe qu'il avait dirigée en 1997-1998, après avoir passé sept saisons en tant que sélectionneur de la formation masculine. Il mènera les Italiennes en Ligue des nations dès le printemps prochain, pour assurer leur qualification aux Jeux Olympiques de Paris au ranking.
Andrea Giani: De Joueur Légendaire à Entraîneur Respecté
Andrea Giani, une légende du volley-ball, a également brillé dans le costume d'entraîneur. Après avoir été l'un des meilleurs joueurs du monde, il est aujourd'hui l'un des tout meilleurs entraîneurs. Il succède à Bernardinho à la tête de l'équipe de France. Giani a l'habitude, depuis qu'il s'est lancé dans la carrière d'entraîneur, de coacher les plus grands joueurs.
En tant que sélectionneur de la Slovénie, il a mené la jeune nation en finale de l'Euro en 2015, perdue contre... la France. Sélectionneur de l’équipe allemande depuis 2017, l’Italien Andrea Giani succède à Bernardinho. Nous nous étions d’ailleurs déjà intéressés à son profil lorsque nous cherchions un successeur à Laurent Tillie, explique Eric Tanguy, président de la Fédération Française de volley.
Les prochains objectifs de l’équipe de France seront la Ligue des Nations de mai à juillet 2022 et le championnat du monde, du 26 août au 11 septembre.

L'Impact de Giani sur l'Équipe de France
Arrivé à la tête de l’équipe de France de volley au printemps 2022, le technicien transalpin a réussi à construire une relation de confiance avec ses joueurs. Il retrouvera en demi-finale des Jeux de Paris l'équipe d'Italie, son pays d'origine. Proche des joueurs, sollicité par les cadres, au soutien, tactile et même protecteur, Andrea Giani (54 ans) semble avoir réussi la lourde tâche de succéder au si apprécié Laurent Tillie à la tête des Bleus du volley, trois ans après le titre olympique de Tokyo.
Surtout, « Giangio » s’est définitivement intégré à ce collectif qui a un temps peiné à se relancer. Pour RMC Sport, le technicien italien a répondu aux critiques et expliqué sa vision pour défendre le titre olympique des Tricolores aux JO de Paris 2024. Andrea Giani a eu d'ailleurs l'opportunité de coacher certains joueurs français en Italie comme Earvin Ngapeth et Jénia Grebennikov à Modène ou encore Trévor Clévenot à Milan.
« C’est le coach parfait pour nous. Il arrive bien dans la lignée de Laurent (Tillie) parce qu’il nous a emmenés au haut niveau, il nous a fait gagner et Giani nous permet de rester au haut niveau. C’est un très bon coach. Il est là pour nous guider pour Paris-2024 », raconte Grebennikov qui apprécie particulièrement l'ouverture d'esprit de son nouveau sélectionneur.
Pour Andrea Giani, cette communication est primordiale pour faire appliquer ses méthodes de travail. « Ça me permet d’être très direct avec mes joueurs », confie-t-il, même si, quand il veut être sûr d'être précis dans ses explications, il « parle en italien et Toniutti (Benjamin), qui comprend super bien, va traduire pour moi. La communication est plus importante que la technique. »
Les Bleus n'ont plus qu'à se lancer. Le 27 mai 2022, Andrea Giani dirigeait son premier match avec les Bleus, tout frais champions olympiques. Trois ans et quarante-cinq jours plus tard, le sélectionneur italien s'apprête, au même endroit, à mener l'équipe de France pour la 80e fois, ce vendredi soir face à Cuba, un match amical entre les deuxième et troisième étapes de Ligue des nations (VNL).
Les Défis et les Objectifs de Giani
Coach Giani, l’équipe de France a été éliminée en quart de finale de la VNL et a fini quatrième de l’Euro 2023. C’est la pire saison internationale des Bleus, non ? Il faut faire attention à ce que l’on dit. De 2012 à 2023, les Bleus n’ont gagné que deux médailles (JO en 2020 et Euro 2015). Je mets de côté les trois succès en VNL. Alors quand je lis que c’est la pire saison internationale des Bleus, je rigole. Ce n’est pas la pire. Il faut être réaliste et regarder le passé. Cette équipe de France n’a gagné que deux médailles en 11 ans de tournois internationaux.
L’objectif était une demi-finale minimum. Et là aussi on a pu passer outre les difficultés, les problèmes physiques de Yacine (Louati), Trevor (Clévenot) et Earvin (Ngapeth). Bon on n’a pas pu exprimer toute notre qualité de jeu. L’objectif minimum a été atteint mais face à l’Italie la marche était trop haute, malgré tout, pour gagner. Je l’accepte. Mais la défaite pour la médaille de bronze (face à la Slovénie) me reste en travers la gorge. Ça, je ne l’accepte pas. C’est une déception. On aurait dû gagner. Cette petite finale était importante. On avait une chance de décrocher une médaille, il fallait tout faire pour l’avoir.
Il n’existe pas un style car un coach s’adapte aux joueurs à sa disposition. Mon seul style c’est de gagner. On est là pour améliorer les caractéristiques techniques et physiques d’un volleyeur. J’ai joué 57 finales dans ma carrière. C’était toujours pour les gagner. Maintenant c’est la même chose. Mon style il est là, ce sont mes titres, mes médailles européennes, mondiales et olympiques. C’est ça mon style.
Pour cela, il faut de la volonté et du sacrifice. Nous pouvons les trouver tous ensemble. Avec le staff, si on peut créer un environnement propice à la victoire, il faut dire aussi que tout part du joueur. De son implication. De sa volonté de s’améliorer. Il doit y penser tous les jours. Si un joueur se contente de ce qu’il a, c’est difficile de s’améliorer. Il doit faire un choix : veut-il s’améliorer, veut-il gagner ou non ? Car vouloir gagner implique beaucoup de sacrifices.
Il faut trouver les joueurs qui peuvent entrer dans cette équipe. J’ai eu des réponses lors de la VNL et l’Euro. Et cette saison sera importante pour ce groupe car les joueurs devront aussi démontrer qu’ils voudront porter les couleurs tricolores aux JO. Ce n’est pas parce que certains ont gagné l’or olympique en 2021 qu’ils seront aux JO de Paris. L’équipe de France se conquiert chaque année. Rien n’est trop tard pour entrer dans cette équipe.
"On est là-haut et on y reste" : La joie des Bleus après leur victoire en Ligue des Nations - Volley
La Rivalité Franco-Italienne: Un Classique du Volley-Ball
La France, championne olympique sortante, face à l’Italie, championne d’Europe et du monde en titre, le tout dans l’impressionnant Palais des Sports de Rome, sans doute plein à craquer pour pousser derrière ses Azzurri, difficile de proposer plus belle affiche que cette seconde demi-finale de l’EuroVolley 2023 !
Les Français l’avaient prouvé en 2015, année de leur seul titre européen - et de la quatrième finale disputée à ce jour par la France, après 1987, 2003 et 2009 - en renversant la Bulgarie chez elle à Sofia (3-2). Une performance remarquable quand on sait que, sous la houlette de Fernandino de Giorgi, nommé entraîneur après l’échec de Tokyo il y a deux ans (défaite en quarts de finale par l’Argentine), le groupe transalpin a été en très grande partie renouvelé avec l’arrivée d’une nouvelle génération qui a réussi l’exploit de conquérir le titre européen dès sa première compétition, en septembre 2021, puis le sacre mondial un an plus tard !
Les atouts de cette équipe, qui affiche moins de 24 ans de moyenne d’âge - contre 29 et demi pour la France ? "C’est le leader de cette équipe, il est très important. Ces derniers, passés tout près d’un retentissant exploit, ont en tout cas prouvé que les tenants du titre, s’ils sont costauds dans tous les secteurs du jeu, ne sont pas infaillibles, eux qui auront en outre eu un jour de moins de récupération que les Bleus, plus facilement qualifiés pour les demi-finales (3-0 contre la Roumanie lundi soir).
Ce qui fait dire à Benjamin Toniutti : "On peut leur faire mal si on arrive à les pousser dans leurs retranchements. Bref, "on devra être à plus que 100%", selon Jenia Grebennikov qui, comme ses partenaires, estime que le contexte, une demi-finale de Championnat d’Europe devant plus de 11 000 Italiens, va galvaniser des Bleus souvent plus à l’aise dans cette configuration. "On se connaît tous, beaucoup d’entre nous ont évolué ou jouent encore en Italie, on se rencontre en sélection tous les étés, "Fefe" (Fernandino de Giorgi, le sélectionneur italien) a été mon coach pendant deux ans à Zaksa (Pologne)…", a ainsi résumé Benjamin Toniutti.
| Entraîneur | Équipe | Réalisations notables |
|---|---|---|
| Julio Velasco | Italie (masculine et féminine) | Champion du Monde (1990, 1994), Finaliste Euro 2015 (Slovénie) |
| Andrea Giani | France, Slovénie, Allemagne | VNL (2022, 2024), Or Olympique (2024), Finaliste Euro 2015 (Slovénie) |
| Fernandino de Giorgi | Italie | Champion d'Europe (2021), Champion du Monde (2022) |