Les Règles Essentielles du Hockey sur Glace

Le hockey sur glace est un sport rapide et physique qui se joue sur une patinoire avec des règles spécifiques. Soixante-douze fédérations sont affiliées à la Fédération internationale de hockey sur glace (2014). Voici un aperçu des règles de base, de l'équipement nécessaire et des pénalités courantes.

Disposition du terrain de hockey sur glace

Les Bases d'un Match

Un match de hockey sur glace implique deux équipes de six joueurs chacune : un gardien, deux défenseurs et trois attaquants (un centre et deux ailiers). Chaque équipe inscrit vingt-deux noms sur la feuille de match : deux gardiens et vingt joueurs de champ, lesquels sont répartis en quatre "blocs" ou "lignes" de cinq.

Durée et Déroulement

Un match dure 60 minutes (3x20 mn) avec une pause de 15 minutes et un changement de côté à chaque tiers-temps. Le temps de jeu est effectif, c'est-à-dire que le chronomètre est arrêté à chaque interruption de jeu.

  • Temps réglementaire : 3 périodes de 20 minutes
  • Pause entre les périodes : 15 minutes
  • Changement de côté : À chaque tiers-temps

Prolongation et Tirs au But

En cas d'égalité à la fin des 60 minutes, on dispute, en Ligue Magnus, une prolongation de 5 minutes à la "mort subite" : le match s'arrête dès qu'une formation a marqué. Afin d'augmenter les chances de but, on retranche deux joueurs de champ de chaque côté. Si le score est toujours nul, on procède à une séance de tirs au but. Chaque joueur s'élance du centre de la patinoire, sans possibilité de revenir en arrière, pour aller défier le gardien. Le vainqueur est désigné après une série de dix penalties (5 de chaque côté)... ou à la mort subite si l'égalité demeure.

Attribution des Points

Au classement, trois points sont en jeu à chaque match. Ils reviennent au vainqueur, sauf en cas de prolongation ou de tirs au but, où ils sont partagés entre l'équipe gagnante (2 pts) et l'équipe perdante (1 pt).

Résultat Points attribués
Victoire en temps réglementaire 3 points
Victoire en prolongation ou tirs au but 2 points
Défaite en prolongation ou tirs au but 1 point
Défaite en temps réglementaire 0 point

Les "Blocs" et les Remplacements

Le hockey est un sport qui se pratique à 6 contre 6 mais chaque équipe peut coucher jusqu'à 22 noms sur la feuille de match : deux gardiens et vingt joueurs de champ, lesquels sont répartis en quatre blocs ou "lignes" de cinq comprenant deux défenseurs et trois attaquants. L'entraîneur peut donc rapidement changer ses cinq joueurs de champ sur la glace, une ligne remplaçant l'autre. Ce qui se produit toutes les 45 secondes environ.

"C'est une question que l'on nous pose fréquemment : pourquoi les joueurs changent-ils aussi souvent ?, avoue Jonathan Zwikel, le manager des Spartiates. La réponse, c'est que tant qu'on n'a pas mis les patins, on ne peut pas se rendre compte à quel point le hockey est énergivore. En général, au-delà de la minute, l'acide lactique vous coupe les jambes et il n'est plus possible de patiner. Vous allez aussi mettre beaucoup plus de temps à récupérer".

D'abord, parce que la posture sur patins n'est pas naturelle. Les footballeurs peuvent récupérer en s'arrêtant, en marchant ou en trottinant. Pas les hockeyeurs, obligés de garder un certain équilibre. Ensuite, parce que le hockey implique des courses à haute intensité, de surcroît avec un équipement de protection lourd.

Généralement, ces changements s'opèrent lors des temps morts. Ils peuvent aussi être "volants", c'est-à-dire pendant qu'une action est en cours, mais on évite de les faire en phase défensive, quand l'équipe adverse a le palet. Ils doivent être rapides, bien huilés. Chaque joueur connaît et scrute celui qu'il doit remplacer. Il doit impérativement attendre que son prédécesseur soit sorti de la glace avant d'entrer, sous peine de pénalité.

Grossièrement, les entraîneurs composent leurs lignes par niveau, la première faisant office de "cinq majeur" (pour reprendre une expression du basket). Jonathan Zwikel précise plutôt que "les 1re et 2e lignes sont plus offensives, alors que les 3e et 4e marqueront peut-être moins mais elles peuvent être pensées pour user, neutraliser ou presser l'adversaire".

L'Aire de Jeu

À Marseille, les dimensions de la patinoire du POMGE sont celles d'une patinoire olympique : 61 m de long pour 30 m de large (61x30). L'aire de jeu minimale est de 56x26. Tout autour, on dresse des balustrades (1,07 m à 1,22 m) rendues plus souples ces dernières années pour rendre les mises en échec moins rugueuses (quand un joueur en coince un autre). On y ajoute au-dessus des protections en plexiglas (plus hautes derrière les buts) puis en filet.

Sur la glace, on remarque des lignes de couleur, des cercles et des points. Les deux lignes bleues partagent le terrain en trois zones : la défensive, la neutre et l'offensive. Il en existe aussi trois rouges : la ligne centrale et les deux lignes de buts. Toutes sont utiles pour juger des deux principales fautes à connaître en hockey sur glace : le icing (ou dégagement interdit) et le hors-jeu. Contrairement à beaucoup de sports, les lignes de but ne délimitent pas l'aire de jeu : il est possible de jouer dans l'espace situé derrière les cages.

Les neufs points marqués sont des lieus de renvoi en jeu (ou de bully). Cinq (les quatre en zone offensive/défensive et le central) sont particulièrement visibles puisqu'ils sont les centres d'un cercle. Les quatre autres se situent dans la zone neutre.

On distingue également, devant la cage du gardien, un demi-cercle bleu clair au trait rouge : il s'agit de la surface de but, dans laquelle un joueur peut circuler sans pouvoir stationner.

Hors-Jeu et Icing

"On pense que les règles du hockey sont compliquées. Moi, c'est ce que je pense du rugby, même si j'aime beaucoup ce sport. Dans le nôtre, hors fautes, il y a deux règles à comprendre : le dégagement interdit et le hors-jeu" pose le manager des Spartiates, Jonathan Zwikel.

Le Dégagement Interdit (Icing)

Le dégagement interdit (ou icing en anglais) empêche l'équipe défendante d'envoyer le palet derrière la cage adverse. En clair, un joueur dans sa moitié de terrain (matérialisée par la ligne rouge centrale) ne peut dégager la rondelle derrière la ligne de but (elle aussi peinte en rouge). Dans le cas où il le ferait quand même, le match serait arrêté et suivi d'un renvoi dans la zone de remise en jeu la plus proche de l'endroit où le joueur a commis la faute. De plus, son équipe ne pourrait pas commettre de changement jusqu'au prochain temps mort.

Mais il existe des exceptions à cette règle. Par exemple, quand l'équipe qui défend est en infériorité numérique. Ou encore, quand un joueur adverse touche le palet au passage ; si le poteau ou la transversale de la cage sont touchés ; s'il y a but ; et enfin, si l'équipe en attaque ne cherchait pas à jouer le palet (par exemple en procédant à des changements).

Le Hors-Jeu

Quant au hors-jeu, il implique de s'intéresser aux lignes bleues, qui délimitent les trois zones du terrain (offensive, neutre, défensive). Il concerne cette fois l'équipe qui attaque et la règle est simple : aucun de ses joueurs, y compris le porteur de palet, ne peut pénétrer dans la zone offensive avant le palet.

Pour constater ces infractions, le corps arbitral compte deux juges de ligne.

Dans l'Intimité du Palet

Le palet (ou la rondelle, ou le puck) est l'objet que les deux équipes convoitent en espérant le propulser dans le but adverse. À sa création en 1877, il s'agissait en fait d'une demi-sphère coupée en deux en son centre, le but étant d'éviter les rebonds de la balle sur la glace ou en tribunes. Il s'agit désormais d'un disque épais en caoutchouc vulcanisé. Ceux des Spartiates proviennent de République tchèque (il n'existe pas de fabrique en France).

Pour comprendre ses mensurations et son poids, il faut se référer aux vieux systèmes de mesure et de masse toujours utilisés dans les pays anglo-saxons. Haut d'un pouce (2,54 cm) et long de trois (7,62 cm), il pèse entre 156 g et 170 g, ce qui correspond à 5,5 et 6 onces avoirdupois (un dérivé de vieux français signifiant "marchandise de poids").

"Ça ne paraît pas beaucoup, mais vu qu'il va très vite, il peut faire très mal", souligne Jonathan Zwikel, le manager des Spartiates. En effet, le record de vitesse d'un palet, détenu depuis 2012 par le défenseur russe Alexander Ryazantsev, est de 183,67 km/h.

Ces dernières années, il a été la cause de faits divers tragiques en France comme outre-Atlantique. D'où l'intérêt des nombreuses et lourdes protections corporelles que porte le joueur de hockey, mais aussi des barrières de plexiglas et des filets qui cernent le terrain pour éviter qu'il ne touche un spectateur.

Le palet doit être dur et condensé pour rester un maximum sur la glace et éviter de s'envoler. Mais il doit être un minimum élastique, afin de ne pas briser les protections de plexiglas.

L'Équipement : Des Protections de Bas en Haut

Pour se prémunir des contacts avec l'adversaire, le palet ou la glace, le hockeyeur bénéficie d'un équipement de protection important, qui avoisine les 5 kg (et même les 10 kg pour les gardiens) et nécessite un bon quart d'heure d'habillement. "Tous ces équipements prennent le relais les uns des autres, par superposition. Il y a quand même quelques zones moins protégées que d'autres", explique le manager des Spartiates, Jonathan Zwikel, en montrant une cicatrice à l'intérieur de son avant-bras.

Après les patins, de bas en haut, viennent les jambières, qui remontent jusqu'aux genoux. Coquées devant, elles sont renforcées par de la mousse sur les côtés et à l'arrière. Puis la culotte (ou la gaine) qui se porte bien au-dessus de la taille pour protéger le coccyx mais aussi le bas du dos. Les parties sensibles sont préservées par une coquille.

Autre élément que l'on ne distingue pas, "et ça fait beaucoup rire les gens", concède Zwikel, le hockeyeur utilise des porte-jarretelles chargés de maintenir les chaussettes qui recouvrent les jambières. "Les collants serreraient trop. Et sans porte-jarretelle, les bas finiraient pas descendre".

Plus haut, le hockeyeur enfile une armure comprenant un plastron particulièrement rembourré et deux épaulières coquées. Les bras sont protégés par des coudières. Enfin, les gants qui remontent au-dessus des coudières prennent le relais.

Pour le visage, les joueurs de champ portent des casques anti-commotion cérébrale avec visière jusque sous le nez pour les adultes (dans ce cas, l'usage du protège-dents est plus que conseillé), et grille intégrale pour les -18 ans.

Le gardien craint moins les contacts mais il est plus sujet aux shoots de palet et aux chocs devant sa cage (crosse, patins, joueur). C'est pourquoi il a un masque (et non un casque) et des bottes (et non des jambières). Sa crosse est surmontée d'un bouclier au niveau de l'avant-bras. Dans l'autre main, il n'a pas de gant mais une mitaine, qui lui permet de bloquer et saisir le palet.

Équipement de protection pour hockey sur glace

De l'Art de Bien Choisir sa Crosse

La crosse (ou le bâton, ou le stick) est l'instrument avec lequel les hockeyeurs conduisent ou frappent le palet. Initialement en bois, elle est de nos jours fabriquée à base de composite carbone (ou de PVC).

Elle est composée d'un manche (partie haute) et d'une palette (partie basse). L'angle entre les deux est plus ou moins ouvert et dépend des sensations du joueur, qui doit aussi trouver le bon alliage entre souplesse et rigidité du manche. Schématiquement, plus il est grand, plus le manche sera rigide. La taille de la crosse varie aussi mais généralement, elle arrive au niveau de la bouche (sans patins) ou du nez (avec patins).

Il existe des crosses pour gauchers (main gauche en bas, main droite en haut) et droitiers (main droite en bas, main gauche en haut) et la palette est toujours orientée vers l'intérieur (même s'il est possible de frapper avec le revers).

Lors d'une frappe, il est important de comprendre que la crosse touche d'abord la glace avant le palet. C'est l'effet ressort qui donnera plus de force au shoot.

Comment BIEN choisir sa crosse de hockey ?

Les Patins de Hockey et Leurs Spécificités

Avec la crosse, le patin (ou plutôt la paire de patins) est l'autre outil de l'équipement auquel le hockeyeur doit particulièrement faire attention.

Il est composé d'une botte (dans laquelle on glisse le pied et qui le maintient) et d'une lame (qui permet de glisser sur la glace). En hockey, la botte est plus haute, plus épaisse et rembourrée, surtout à l'avant pour éviter les risques de coupures dues à un coup de patin adverse ou à un choc avec le palet. L'intérieur comporte également un protège-tendon d'Achille.

Quant à la lame, elle est incurvée, plus large et plus profonde. Elle est aussi plus courte, exactement de la même taille que la botte à laquelle elle est rattachée par un holder en plastique. Le hockeyeur doit pouvoir rester droit, aller vite et changer rapidement de direction, d'où les spécificités de ses patins. La contrepartie, c'est que l'équilibre sur la glace est plus précaire.

Il existe quelques marques spécialisées dans les patins de hockey. Le confort étant primordial, les hockeyeurs portent des bottes sur mesure ou thermoformables.

Le Système (Très Complexe) des Pénalités

Autant l'avouer d'emblée : on n'expliquera pas au béotien, en aussi peu de temps, l'intégralité du système des pénalités en hockey sur glace.

La plus fréquente est la pénalité mineure : le joueur sanctionné va en prison, pendant 2 minutes, et son équipe évolue à un élément de moins pendant ce temps. Mais cette règle rencontre deux exceptions : une équipe ne peut pas avoir plus de deux joueurs en prison (dans ce cas, la troisième pénalité prend effet quand la première se termine) ; et une équipe en infériorité numérique qui encaisse un but voit une pénalité annulée (mais pas deux). Il existe aussi des pénalités de banc mineures (pour faute d'équipe ou d'entraîneur), où le joueur qui purgera la pénalité sera choisi par son coach.

Vient ensuite la pénalité majeure : le joueur fautif est exclu de la rencontre et son équipe joue à un de moins pendant 5 minutes, même en cas de but encaissé.

D'autres sanctions, plus rares et plus sévères sont prévues : celles pour méconduite n'entraînent aucune infériorité numérique mais le joueur est indisponible temporairement (10mn) ou définitivement. Celles dites "de match" provoquent l'exclusion du joueur et une infériorité pendant 5 minutes.

Cerise sur le gâteau : les pénalités peuvent être cumulées.

Le Hockeyeur, un Athlète Complet

Oubliez les clichés du hockeyeur bodybuildé prompt à se battre. L'image était valable du temps des premiers jeux vidéo NHL sur PC, mais elle a vécu. "Dans les années 90, il y avait plus de gabarits lourds, pas très rapides. Mais les règles ont beaucoup changé, pour favoriser les joueurs de talent et la vitesse", pose en préambule Jon Zwikel.

Il en résulte une morphologie "d'athlètes plus complets, toujours puissants des membres inférieurs mais plus secs et gainés sur la partie supérieure du corps afin de trouver le bon rapport poids-puissance".

L'entraîneur marseillais, Luc Tardif, résume : "Physiquement, c'est un sport complet. Tu dois pouvoir allier vitesse, puissance et stabilité. D'où l'intérêt d'avoir aussi de bonnes ceintures abdominale et lombaire".

Le hockeyeur moderne doit encaisser les chocs, encore nombreux : sans parler des bagarres, de moins en moins fréquentes, les mises en échec (fait de bousculer le porteur du palet avec l'épaule, la hanche ou le bras) font partie du jeu.

Sport viril, voire brutal - les contacts sont permanents, les charges contre l'adversaire (bodychecks ou mises en échec) autorisées -, et spectaculaire en raison du rythme endiablé des parties (les joueurs se déplacent à plus de 60 km/h sur la glace et un slap-shot peut propulser le palet à plus de 200 km/h), le hockey sur glace est une discipline majeure en Amérique du Nord (5 millions de pratiquants) : la Coupe Stanley, organisée par la National Hockey League (N.H.L.), y constitue un événement important du calendrier sportif. Il est également très prisé en Europe de l'Est (Russie, République tchèque, Slovaquie) et du Nord (Suède, Finlande).

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