Histoire et Signification du Logo du PSG et de la Tour Eiffel

Comme ceux des villes, les logos des équipes de foot forment un cas particulier: quelque part entre le symbole et le blason, ils lorgnent et du côté de la stylisation et du côté de l’allégorie. Au final, ils n’ont ni la simplicité radicale des insignes des entreprises classiques, ni les vertus narratives et illustratives du blason: ce sont des compromis souvent décevants.

Le Paris Saint-Germain est né de la fusion entre le Paris Football Club et le Stade Saint-Germain. C’est le club de football français le plus titré de l’histoire et son logo n’a eu de cesse d’évoluer durant ses 50 ans d’existence.

Le logo du Paris Saint-Germain , c'est tout une histoire. Alors que le club de la capitale se prépare à affronter Manchester United, en huitième de finale retour de la Ligue des champions, Fabrice d'Almeida, l'historien d'Europe 1, s'est penché sur les évolutions de son emblème.

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Le Paris Saint-Germain est né de la fusion du Paris Football Club et du Stade Saint-Germain. C’est en effet à Saint-Germain-en-Laye qu’est né le roi de France Louis XIV. Dès ses premiers jours, le Stade sangermanois rend hommage à son histoire et à son monarque, le Roi Soleil.

En 1970, alors que le tout-Paris veut lancer un plan de grande ampleur pour donner à la capitale un grand club de football, le Paris Football Club est créé. Après de multiples échecs de fusion avec plusieurs clubs, le PFC est finalement contraint de fusionner avec le Paris Saint-Germain le 21 mai 1970.

Moins de deux ans plus tard, alors que le PSGFC souffre de résultats financiers et sportifs compliqués, la mairie de Paris décide de scinder le club en deux. Les banlieusards du PSG restent en D3, alors que le PFC passe en D1. C’est à cette époque que le blason actuel du PSG fait son entrée en jeu, en 1972.

Un certain M. Vallot a l’idée de dessiner le berceau et la fleur de lys sous les pieds de la tour Eiffel. Pour éviter tout problème avec le PFC, blason et couleurs du club sont protégés par contrat.

Outre un changement de blason significatif en 1992, peu après le rachat du club par Canal +, le logo du PSG ne varie que très peu. Depuis 2013, le berceau n’est cependant plus présent sur le blason, merchandising oblige.

Au centre du blason, la Tour Eiffel rouge s’impose. Symbole mondialement reconnu de Paris, elle donne immédiatement un ancrage clair au club.

Mais c’est en bas du blason que tout se joue pour les initiés : une fleur de lys blanche, stylisée, parfois dorée selon les déclinaisons. Ce symbole héraldique est associé depuis le Moyen Âge à la royauté française. Il fait ici référence à Saint-Germain-en-Laye, ville royale où est né Louis XIV en 1638. Longtemps, un petit berceau accompagnait d’ailleurs cette fleur sur le logo, renforçant la référence au Roi-Soleil.

Avec l’actuel blason adopté en 2013, le berceau a disparu, laissant la fleur de lys occuper seule cette partie inférieure du logo. La refonte opérée sous l’ère QSI (Qatar Sports Investments) ne laisse aucune place au hasard. Mais la fleur de lys, elle, reste. Elle agit comme un garde-fou visuel, un rappel que le PSG n’est pas une marque parachutée, mais un club enraciné dans une histoire bien plus ancienne que son année de fondation.

Le rouge et le bleu sont eux les deux couleurs de la ville de Paris, celles-là mêmes qui sont venues s’incruster sur le drapeau tricolore. Au XIVe siècle, Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris et donc maître de celle-ci, fait du rouge et du bleu ses couleurs et force le dauphin Charles, fils du roi Jean Le Bon, à les adopter.

Aujourd’hui encore, le bleu, le rouge et la tour Eiffel sont des symboles internationalement reconnus de la ville de Paris.

Lorsque les deux clubs divorcent, le PSG, en pleine ascension, croise le chemin du PFC, en pleine descente aux enfers. Entre fusions, espoirs déçus et coups dans le dos de la mairie de la ville, le Paris Football Club a connu une histoire mouvementée. Pourtant, malgré les aléas inhérents à la vie d’une association sportive, le PFC a toujours fait figurer sur son blason un des éléments principaux des armoiries de la ville de Paris : la nef.

Dans l’Antiquité, alors que Paris est encore Lutèce, de riches armateurs mariniers approvisionnent le monde antique via la Seine et, depuis celle-ci, via tous les autres fleuves de Gaulle. Ces marchands étaient à l’époque réunis dans une corporation connue comme les Nautes de Lutèce.

Bien après l’Antiquité, durant le Moyen-Âge, cette corporation a continué de vivre sur la Seine et au-delà. C’est en 1190, durant le règne de Philippe Auguste, que la nef de Nautes fait son apparition sur les armes de Paris.

Par la suite, Saint-Louis donne à ce sceau une valeur officielle. La nef devient alors le signe des prévôts de Paris - anciens maires de la ville (oui, comme Étienne Marcel) -, avant que Charles V ne donne sa forme actuelle au blason en Y ajoutant les fleurs de lys.

Bien souvent, ce bateau est accompagné de sa devise : « Fluctuat nec mergitur » ( « Est battu par les flots mais jamais ne sombre » ). Une devise qui est depuis ce samedi celle de la lutte contre la barbarie.

Un logo rond, composé de bleu, de blanc et de rouge, avec la Tour Eiffel en son centre. "C'est presque une cocarde" qui fait une "synthèse des couleurs de la ville de Paris, le bleu et le rouge" avec celle de la monarchie, le blanc, explique Fabrice d'Almeida.

Entre les piliers de la Tour Eiffel apparaît une fleur de lys dorée qui, depuis 2013, masque une disparition. "C'est avec ce logo que le PSG a gagné la Coupe des coupes en 1996" qui reste, à ce jour, le seul trophée européen inscrit à son palmarès.

Deux ans après le rachat du PSG par le Qatar en 2011, le logo a donc évolué. Les nouveaux propriétaires, voulant privilégier Paris à Saint-Germain-en-Laye, ont décidé de faire disparaître le berceau. C'est pourquoi le nouveau logo, depuis 2013, présente Paris écrit en lettres capitales au-dessus de la tour Eiffel. Elle a été "grossie et même dorée".

Graphiquement, l’ensemble gagne en élégance et en modernité: la même structure globale, mais moins d’éléments et plus de cohérence graphique (une seule droite, le tiret au milieu, qui achève de représenter la tour Eiffel et sert de repère astucieux pour positionner le logo bien droit et centré, autour duquel s’agencent harmonieusement des courbes simples et plutôt élégantes).

Alors même que le rouge est quantitativement moins présent qu’avant, il parait plus éclatant: il s’oppose mieux à ce nouveau bleu plus lumineux, tirant moins vers le violacé. Le doré du lys est plutôt bienvenu: le choix reflète l’identité du club qui se veut prestigieux, et brise la monotonie de la perpétuelle bichromie.

On pourra aussi évoquer que les lettres qui composent "PARIS" donnent inévitablement l’impression que le mot penche très légèrement à gauche, mais dans l'ensemble, l’évolution proposée aère le logo, qui respire mieux. Bénéficiant d'un plus grand bandeau autour de l'image centrale, on n’a pas simplement agrandi le mot PARIS: l’interlettrage est plus grand, la graisse des lettres (leur épaisseur) est moindre, on distingue davantage les blancs de lettre (l’espace vide autour et à l’intérieur du dessin d’une lettre, par exemple le triangle au cœur du A), les lettres sont presque aussi larges que hautes.

En bref, le texte est moins concentré, plus lisible, plus approprié aux objectifs d’un logo (susceptible d’être imprimé ou affiché en tout petit).

Ce logo défend-il une nouvelle image de marque? "Ici c’est Paris", chantent les supporters: peut-être les a-t-on écoutés, car voilà apparemment le club repositionné vers la capitale.

En ce sens, ce nouveau logo participe bel et bien d’une stratégie de "simplification", pour reprendre le mot de Jean-Claude Blanc, directeur général délégué du Paris SG, et non pas d’une initiative strictement opportuniste qui abandonnerait Saint-Germain pour ne revendiquer que l’identité parisienne, très positive "à l’international".

Sans nul doute, on voit Paris plus que Saint-Germain - mais qui, très honnêtement, ne pense pas ainsi? La question est alors de savoir s’il fallait contribuer à insister, en quelque sorte, sur l’origine du club (la fusion du Paris FC et du Stade Saint-Germain), ou s’il fallait proposer un logo qui assume l’image de marque d’un PSG "club de la capitale".

C’est manifestement avec l’image actuelle du club (et celle que l’on veut voir advenir) que le logo se veut en conformité, mais la nature de l’acte fondateur du club n’est pas évacuée non plus: "Saint-Germain" et la fleur de lys sont toujours là.

Reste qu’un dernier choix à commenter apporte de l’eau aux moulins de ceux qui trouvent franchement à redire: la date de naissance du Paris SG a disparu. Ce choix s’explique par ce qu’il faut décrire comme une gêne, ou en tout cas un complexe, par rapport aux grands clubs européens ("aux autres grands clubs européens", reprendrait le service communication du Paris SG).

En clair: l’histoire du club n’est assumée que lorsqu’elle ne souffre pas de la comparaison avec les grands clubs européens. Ainsi, l'image, plus que l'histoire, causera l'identité.

Au-delà du caractère superficiel du critère, la méthode Coué est manifeste: le logo n'est pas tant le reflet de l’identité concrète du club qu’une prise d’initiative pour apparaître aux yeux du monde comme un grand, quitte à mentir par omission.

À la lumière de ce flagrant délit d'opportunisme, on est tenté d'estimer que, plutôt que de commémorer l'histoire dans un souci d'authenticité, le tri sélectif de tous ces éléments (la date, la couleur, la typographie, la simplification...) a insisté sur le paraître plutôt que sur l'être.

Le PSG aura une meilleure image s'il brille en Ligue des champions, si les supporters ne s’entre-tuent plus et si la Ligue 1 devient plus attractive.

Ce design innovant reflète non seulement l’identité de la ville, mais aussi la passion des fans pour l’équipe.

Évolution du Logo du PSG à travers les Années

Retrouvez ci-dessous les différentes versions du logo du PSG, illustrant son évolution au fil des décennies :

Année Description Image
1970 Premier logo du Paris Saint-Germain représentant un ballon bleu avec un bateau rouge.
1972 Logo avec la Tour Eiffel rouge sur fond bleu, symbolisant l'identité parisienne du club.
1982 Ajout d'une illustration du Parc des Princes en bas du logo.
1992 Logo simplifié avec le sigle du club sur fond noir.
1996 Retour à l'écusson avec la Tour Eiffel et les symboles de Saint-Germain.
2002 Le cercle est coloré en bleu avec des contours blancs.
2013 Version actuelle avec un bleu plus vif, la suppression du berceau et une fleur de lys en or.

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