Rouge intégral, Hechter, blanc à bandes, les tenues parisiennes ravissent ou déçoivent saison après saison. Au cœur de la tribune Auteuil, Le 21 juillet dernier, Michaël Tommasi est debout au moment où le PSG et le Celtic Glasgow font leur entrée sur la pelouse verdoyante du Parc des Princes. Membre du bureau du Collectif Ultras Paris, « Mika » sait que ce match amical face aux Ecossais relève d’un double enjeu pour les ultras parisiens.
D’une part, montrer à la France entière que les supporters peuvent se rendre au stade tout en respectant les gestes barrières après la polémique qu’il juge disproportionnée. Vous ressentez ce lien collectif en passant la tunique rouge et bleue, tout un pan de l’histoire parisienne bat dans le tissu.
L’histoire des tuniques mythiques du PSG commence parfois sous la pluie, d’autres soirs dans la liesse des tribunes plein cœur du Parc des Princes. Une seule image suffit à réveiller la passion : Daniel Hechter, président alors styliste, impose en 1973 cette large bande rouge centrale, encadrée de blanc sur un fond bleu profond.
La bande Hechter, devenue insigne de reconnaissance, résonne dans l’imaginaire de tous les amoureux du club parisien. Il ne s’agit plus seulement de couleur, mais d’une appartenance qui collectionne les émotions du Paris Saint-Germain. Les tout premiers fans défilent avec fierté, exposant l’élégance parisienne héritée de cette époque.
Le design des années soixante-dix ne se contente pas d’habiller le joueur, il forge un mythe et met à nu l’esprit de la capitale. Une simple chemise, vraiment ? Non. Un manifeste, une déclaration d’amour, un héritage tangible. Le club bascule dans l’ère moderne. Sponsors affichés, innovation textile, le PSG s’ouvre à l’Europe.
Dans le cercle des initiés, certaines tuniques enflamment toutes les discussions. Vous n’espérez pas toujours mettre la main sur la légendaire tunique domicile 1973-1974 ? Qui oublie la pièce portée contre le Real Madrid lors d’une nuit européenne de 1993 ? Certaines discussions n’en finissent jamais, anecdotes de familles, génération après génération.
Dites-moi, avez-vous déjà vu un enfant recevoir la manche symbolique tendue par un parent, geste lourd de sens ? « Quand je l’accroche dans le salon, je revois mes premiers frissons devant la télé. Ma fille, elle, s’en amuse, mais elle écoute mes souvenirs de la finale 1996 ». Ne cherchez pas un supporter qui cite Paris sans penser à Sušić, Pauleta, Ronaldinho, ou Artur Jorge soulevant une coupe.
Le récit s’invente à voix basse, il vibre dans la rue ou au stade, auprès des nouveaux fans aussi curieux que les anciens. Étrange époque, étrange passion. En 1970, à l'adoption du nom Paris Saint-Germain, les couleurs du Stade, bleu et blanc, fusionnèrent avec celles de la capitale, le rouge et le bleu.
En 1973, le couturier Daniel Hechter dessine l'équipement du club. Il arbore, sur le cœur, l'écusson du club, que ce soit le logo « bateau » ou le logo « tour eiffel ».
Pourquoi le club a-t-il un jour décidé d'en faire sa tenue domicile ? La réponse est donnée dans le dernier numéro du magazine officiel du club. Guy Adam, ancien coordinateur sportif, explique que l'idée vient de Georges Peyroche, emblématique entraîneur (entre 1979 et 1985). « Il avait la conviction qu'avec une tenue blanche […] les joueurs se trouvaient mieux, visuellement, sur le terrain, explique Guy Adam.
« Il était logique de remonter au tout début de cette union et de s'inspirer de la tunique portée par les joueurs lors de la saison 1989-1990, confie Hoppins. Ça faisait vraiment plaisir. Cela faisait près de vingt ans, depuis la saison 1999/2000, que les plus attachés aux symboles du club espéraient la retrouver.
Une longue attente, expliquée surtout par les excentricités de Nike à ce niveau mais aussi par le conflit ouvert entre les ultras et le club lors de la mise en place du plan Leproux en 2010 rendant le dialogue à ce sujet impossible. « Durant les premières années, je faisais des procès au PSG et les seules relations que j’avais avec eux se caractérisaient par croiser mon confrère avocat qui représentait le club, explique Cyril Dubois, avocat du CUP.
On était adversaires. Au cours de ces réunions, Romain Mabille (actuel président du CUP), Michael Tommasi ou encore James Rophe tentent de recréer du lien avec le club. On leur avait dit que ce serait bien de rencontrer Nike. Le premier gros combat qu’on a gagné, c’était notre retour au Parc des Princes.
À force de le répéter, Jean-Claude Blanc nous a promis de nous convier à la réunion lorsque les personnes de Nike Etats-Unis seraient de passage au siège. Pour qu’on leur expose notre vision. Octobre 2018. Le fameux coup de fil arrive enfin. Pour des raisons de santé ou d’engagements pris en amont, seuls Cyril Dubois et Mickaël Tommasi peuvent se rendre au siège du Paris Saint-Germain à Boulogne-Billancourt.
À l’intérieur, dans l’une des salles du bâtiment, le directeur de la communication du club, Jean-Martial Ribes, les reçoit en compagnie des référents supporters ainsi que des représentants et designers américains de Nike. Le but ? Montrer en direct à des gens qui ne connaissent pas grand-chose à l’histoire du club - et qui pensent avant tout business - ce qui compte réellement aux yeux des supporters du PSG.
Et ça marche. Je leur ai dit que quand j’étais en voyage, à 300 mètres, je pouvais d’ores et déjà reconnaître un supporter de Liverpool. Les discussions se poursuivent, la bande rouge historique qui traverse le dos est écartée assez rapidement à cause des normes de l’UEFA. Ce qui n’empêche pas Mickaël Tommasi d’en remettre une couche : « Moi, j’en avais un peu rien à foutre de leurs statistiques économiques.
Je leur ai dit qu’on pouvait comparer avec d’autre clubs qui sont économiquement bien placés. Le Real, ils jouent en blanc ? Oui. Le Barça, ils ont leurs couleurs traditionnelles à domicile ? Aussi. Tous les grands clubs ont cela, sauf nous. Si eux s’en sortent, pourquoi pas nous ? Il n’est pas orange ou violet, il est rouge et bleu.
C’est l’histoire du club, de notre ville. Les designers américains, ils ne sont pas vraiment au courant de ça. L’avocat des ultras prend peur : « Je pensais qu’il allait les ramener avec lui aux USA pour les étudier ! J’ai pensé que je ne m’étais pas bien fait comprendre, qu’il y avait eu une erreur de traduction.
Je lui ai alors rappelé que c’étaient les miens, ce à quoi il a répondu avec humour qu’il voulait juste les plier correctement ! Pour les retrouver ensuite, ça aurait été compliqué (Rires). » Les deux hommes ne peuvent alors absolument pas mesurer l’impact de ce qui vient de se produire. Ils savent simplement déjà que, pour des questions de délais, leurs remarques ne pourront pas êtres prises en compte pour la saison 2019-2020 à cause du temps de fabrication.
« On était un peu déçus, mais on a eu une bonne surprise en voyant ceux qui sont prévus pour cette saison des 50 ans, complète Mickaël Tommasi. C’est une belle victoire, vu qu’en plus il est magnifique. Honnêtement, je ne sais pas si cette réunion a vraiment compté dans leur choix, mais le rendu nous plaît. » Les autres fans parisiens aussi ont l’air conquis.
Pour France Bleu Paris, Kévin Gandois, le manager de la boutique du PSG, expliquait que le jour de sa sortie « de nombreux fans étaient présents avant l’ouverture (…) Sur une journée, on a fait l’équivalent d’une semaine de ventes. » Même Daniel Hechter en personne, malgré le logo qui coupe la bande sur le devant, le trouve « à peu près fidèle » .
Spoiler : c’est encore loin d’être gagné. C’est celui que les supporters historiques du club aiment et veulent, conclut Cyril Dubois. Nous, on a fait ce qu’on a pu à notre niveau, mais c’est maintenant à tous les fans du PSG et au club de faire en sorte que ça ne reparte pas dans deux, trois ans sur d’autres motifs.
Car outre sa forme, la présence de ces trois couleurs n’est pas anodine. Le bleu et le rouge représentent en effet la ville de Paris qui dispose de ce code couleur sur son drapeau tandis que le blanc représente la ville de Saint-Germain-En-Laye. On ne sait pas pourquoi. Dans la rue, j’ai vu une Ford Mustang avec sa bande centrale sur le capot qui se prolonge sur le toit et j’ai transposé ça.
Seul l’Ajax Amsterdam avait une bande centrale ; certains ont d’ailleurs cru que je m’en étais inspiré, ce qui n’étais pas le cas. Deux ans plus tard, un magazine italien a estimé que la tenue du PSG était la plus belle d’Europe » peut-on lire dans le livre « Une histoire populaire du PSG » de Paris United. Personne ne regarde le passé de la même façon.
Un détail de col, une bande rouge cousue au centre, et voilà le tumulte des gradins qui s’invite dans votre salon. Porter l’histoire, partager l’orgueil, cela compte. RTL explose sur le torse, Commodore puis Canal+ font une entrée remarquée. Les souvenirs se déclenchent comme une pluie fine sur le Parc, la nostalgie résonne, et les exploits se racontent sans fin.
Peu de collections affichent l’intégralité des modèles mythiques, tant les raretés circulent sous le manteau. Examinez jusqu’au dernier fil, ne laissez passer aucune égratignure ou détail suspect. Ajoutez à votre trésor personnel une édition limitée ou une tunique portée lors d’un événement phare, et vous verrez la valeur s’envoler.
Le marché du rétro, vous croyez le maîtriser ? Attention, les fausses raretés circulent vite, l’authenticité ne réside pas dans la simple étiquette ou le souvenir. Ce qui compte : l’histoire du modèle, sa provenance directe, l’état général, et l’originalité du sponsor. Certains experts ne jurent que par une preuve de provenance, parfois une photo d’époque ou un reçu d’achat.
Ne vous contentez pas des circuits classiques, fouillez, comparez, discutez sur les plates-formes spécialisées. Le PSG sous ses couleurs historiques en 2007/08, plutôt rare dans les années 2000. Les seules différences entre les deux viennent du teint de rouge et du col, l’un rouge l’autre bleu et d’un motif dessiné dans le rouge de la version 2007/08.
Il faut attendre 2005/06 pour revenir aux sources, du moins au niveau de la tenue principale. Un Hechter à l’écusson central, au logo nike surélevé et sponsorisé Thomson pour la dernière saison. L’extérieur est lui blanc avec de fines bandes bleues et rouges ainsi qu’un col bleu. Les Années 2000 : Retour aux Sources et Modifications Les années 2000, cette décennie où les résultats sportifs auront été en dent de scie et où la ferveur populaire autour du club a atteint son paroxysme.
En dix ans, le PSG n’aura joué sous ses véritables couleurs que durant… trois saisons. Domicile traditionnel Hechter avec liseret blanc, écusson du club central et logo nike surélevé côté gauche. Domicile Hechter bleu nuit avec la bande rouge centrale plus fine qu’à l’accoutumée. écusson de retour côté coeur.
Extérieur couleur marron avec des imprimés fleurs de lys, tour eiffel et PSG en or. Col rouge ras du cou. Extérieur gris avec bande horizontale rouge et liseret noir. Esprit début des années 2000. Le pyjama est beige, avec des manches rouges. Sponsors : Pour la première fois depuis 1994, le sponsor interrompt la bande rouge pour des questions de visibilité.
Détails : Le col présente des petites touches de blanc et de rouge. Son côté vintage fait en effet l'unanimité chez les supporteurs. C'est aussi cette saison-là que Fly Emirates devient le sponsor officiel du PSG pour 13 ans avant d'être remplacé par ALL, le programme de fidélité du groupe Accor. Un retour et le début d'une nouvelle politique commerciale : Paris n'accueille désormais plus qu'un sponsor principal, Opel.
Le Paris Saint-Germain abandonne son sponsor Opel pour Thompson. On y trouve imprimé dessus deux motifs : la « Tour Eiffel » et la fleur de lys. Son dégradé bleu violet sur les manches n'a guère convaincu. À noter que l'on retrouve dessus, l'écusson « Tour Eiffel » qui a fait son retour depuis 1989.
Accentuation des Couleurs La bande centrale est quelque peu amaigrie et les couleurs son accentuées. Retour à un modèle plus traditionnel et à une bande rouge centrale plus large (uniquement devant). Le modèle est rejeté par les supporters qui, comme en 2001, appellent unanimement au boycott. Côté visuel, on se rapproche d’un Hechter avec un résultat bleu nuit et une bande rouge malgré tout très fine.
Continuité et Changements Subtils En 2000/01, cette saison reste sur la continuité des années 90 pour la dernière fois avec deux changements : le domicile perd ses liserets blancs et le col devient ras de cou. Un choix qui ne ravit pas les supporters opérant même des manifestations à ce sujet. L’extérieur est lui dans la continuité des deux exercices précédents avec une tenue grise, mais cette fois-ci en déclinaison de teints.
L'appel des supporters n'a été qu'à moitié entendu. Si les bandes verticales blanches sont de retour, il n'en est pas de même pour la bande rouge qui demeure une fois de plus diminuée et décalée sur la droite.
Voici un tableau récapitulatif des sponsors principaux du PSG à travers les années :
| Période | Sponsor Principal |
|---|---|
| Années 1990 | Opel |
| Début des années 2000 | Thompson |
| Plus tard | Fly Emirates |
| Actuellement | ALL (Accor) |


