Le Paris Saint-Germain (PSG), avec son Parc des Princes emblématique et ses supporters passionnés, a marqué l'histoire du football. Depuis leur sacre en Ligue des Champions, une première en 55 ans d’existence, il est fascinant de revenir sur l’histoire de ce club. Le PSG n’a pas seulement forgé son identité sur le terrain, mais l'a aussi façonnée à travers ses créations vestimentaires.
En tant qu’ancien dirigeant du Paris Saint-Germain, Leonardo a forcément vibré lorsque le club de la capitale a remporté la première Ligue des champions de son histoire. Il salue notamment le travail de Luis Enrique, qui est "au centre du projet".
Invité exceptionnel de l’After Foot ce mardi sur RMC, l’ex-directeur sportif du PSG (2011-2013 puis 2019-2022) a raconté ses souvenirs de cette soirée mémorable. "Tout était tellement beau. Les dernières années, y compris la dernière où j’étais là, ce n’était pas facile. Il y avait beaucoup de choses. C’était un peu déséquilibré. Il y avait des choses où c’était compliqué de dire ‘on va arriver en finale’. Mon deuxième passage a été marqué par le Covid, c’était très bizarre. On arrive en finale (en 2020) sans le public lors du Final 8 au Portugal. C’était très différent", confie-t-il.
Si le club a débloqué son palmarès sur la scène européenne, il le doit en partie à Leonardo, à l’origine de la venue de plusieurs joueurs majeurs comme Marquinhos, Gianluigi Donnarumma, Achraf Hakimi ou Nuno Mendes, les trois derniers ayant rejoint la capitale en 2021. "Quand tu vois l’équipe un peu en difficulté lors du premier semestre, tout ce qu’il commence à arriver… Luis Enrique est central dans ce projet, pas seulement en tant que grand entraîneur, il a beaucoup transmis aux joueurs plus jeunes. C'était le destin du PSG de finir avec ce type d'effectif et cette nouvelle énergie. Ça se transforme en rêve pour tout le monde. Ce n’est pas seulement le rêve du PSG, c’est le rêve de tout le monde de voir une équipe française gagner la Ligue des champions avec la manière. Faire une équipe plus jeune avec Donnarumma, Hakimi ou Nuno Mendes était déjà une idée."
Relancé sur l’ambition du PSG de remporter la C1 depuis l’arrivée de QSI en 2011, le dirigeant brésilien assure que le club n’en faisait pas "une obsession". "Quand j’arrive, l'idée était de faire une équipe compétitive pour la Ligue des champions dans les cinq prochaines années. Ce n’était pas de dire ‘on va gagner la C1'. C’était de construire quelque chose d'important pour être compétitif en C1 sous cinq ans. Ça a été fait."
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On ne présente plus le Paris Saint-Germain, son Parc des Princes et ses supporters passionnés. Depuis leur sacre en Ligue des Champions - une première en 55 ans d’existence - comment résister à l’envie de revenir sur l’histoire de ce club qui n’a pas seulement forgé son identité sur le terrain mais l'a aussi façonnée à travers ses créations vestimentaires ?
L'Ère Daniel Hechter et l'ADN Visuel du PSG
Tout commence en 1973, avec l’entrée en scène de Daniel Hechter, styliste et président du club. Ce modèle dit « Hechter » devient instantanément l'ADN visuel du PSG, traversant les décennies sans prendre une ride. Son design sobre, élégant, inspiré de Mondrian et de l'Ajax Amsterdam, est aujourd’hui la signature visuelle du club.
Dans les années 80, les sponsors apparaissent - RTL, puis Canal+ et Opel - sans bouleverser la ligne graphique. Il est typique du début des années Canal+, période où le PSG passe dans une nouvelle dimension. Certains modèles s'arrachent à des prix très élevés, et ce n’est pas simplement une question d’ancienneté : leur valeur dépend d’un subtil mélange de rareté, d’esthétique, d’histoire sportive et d’émotion.
Le design sobre, blanc avec bandes rouge et bleu, est immédiatement associé à cette épopée. D’un brun chocolat inattendu, il comporte un motif ton sur ton de fleurs de lys et Tour Eiffel évoquant les toiles de Louis Vuitton… sans que la maison n’ait jamais été partenaire !
Spécificités :
- Design très 90s avec col boutonné
- Sponsor Commodore en blanc
- Flocages parfois très usés (sérigraphie fragile)
Le must ? La version « Commodore » Tourtel. Ce qui fait grimper les prix :
- Rareté : édition limitée, faible tirage, flocage joueur précis.
- Histoire : titres remportés, moments marquants.
Certaines tuniques du PSG s'arrachent aujourd'hui à prix d'or sur le marché du vintage. Entre passion des collectionneurs et spéculation, ces tissus racontent une épopée qui dépasse le simple cadre sportif.
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Leonardo : Jeunesse et Débuts au Flamengo
« Fais jouer le gaucher, il sera à la hauteur ! » Leonardo, fils de bonne famille, surdoué du sport et étudiant brillant, apprend le foot au Flamengo. À 18 ans, il est repéré par la légende Zico.
Septembre 1987, Rio de Janeiro. Assis au premier rang du bus du Flamengo, Carlinhos se ronge les ongles. À 50 ans, l'ancien milieu de terrain du club carioca est inquiet. Il vient d'être nommé coach numéro 1 par sa direction, à la fois pour le récompenser de ses bons résultats avec les juniors mais surtout pour remplacer en urgence Antonio Lopes. Flamengo n'a gagné que deux de ses huit derniers matches. En bon capitaine, Zico, la légende âgée de 34 ans, s'assied à ses côtés pour s'enquérir de ses soucis. « Je n'ai pas d'arrière gauche pour dimanche », rétorque celui qui doit préparer la réception du Vasco da Gama, le grand rival. « Mais fais jouer le jeune milieu, le gaucher ! Il sera à la hauteur », lui conseille Zico avec l'assurance que son génie lui autorise.
Le gaucher en question, c'est Leonardo, à peine 18 ans, qui s'entraîne depuis quelques jours avec les pros et vient de goûter à ses premières minutes au Maracana, face au Sao Paulo FC. Des débuts amers, ponctués par une défaite (0-2, doublé de Müller), le limogeage d'Antonio Lopes et la révolte des supporters... Ce dimanche 20 septembre, la pression est encore plus grande pour Leonardo Nascimento de Araujo. Profitant des blessures d'Adalberto et d'Airton, le voilà donc titulaire comme arrière gauche au sein d'une équipe new-look qui doit absolument remporter le derby devant 80 000 torcedores survoltés. Avec son numéro 4 dans le dos, il doit faire face au talent d'un certain Romario et aux coups bas de Vivinho, véritable pitbull enragé. Le débutant s'en sort bien, ne commet aucune erreur et voit avec bonheur Zico, son idole, inscrire le but de la victoire sur penalty à la dernière minute (2-1).
« Il a saisi sa chance, se souvient Gonçalves, son coéquipier depuis les juniors. Ce n'était pas une surprise, il avait beaucoup de talent et savait garder la tête froide. En 1989, lors d'un match du Flamengo contre Cabofriense. Le jeune défenseur n'est pas épais mais il n'a pas peur des contacts. Après son baptême convaincant, Carlinhos lui maintient sa confiance. La technique raffinée et l'élégance du gaucher séduisent le public. Son audace se développe au fil des matches. Il n'est pas épais mais n'a pas peur des contacts et, physiquement, il galope comme un cheval sauvage. « Quand tu es formé au Flamengo, tu deviens un monstre, témoigne le milieu de terrain Adilio, de quinze ans son aîné. Tu joues en plein été, en banlieue, à Bangu ou Olaria quand il fait 40 °C à l'ombre. Tu progresses vite. »
La chevauchée du club carioca cette saison s'étire jusqu'en finale du Championnat brésilien, face à l'Inter Porto Alegre. Au match retour, dans un Maracana en fusion, c'est Bebeto qui inscrit le but du titre (1-0), le premier pour Leonardo, le dernier pour Zico. « C'était un beau symbole, comme un passage de témoin, résume Martha Esteves, reporter au magazine Placar. Zico ne misait pas sur n'importe qui et il ne s'est pas souvent trompé. Il l'a fait car il a senti que Leonardo avait du talent, qu'il était intelligent et discipliné. »
Peu après cette première conquête, la journaliste rencontre la révélation, chez lui, à Niteroi, de l'autre côté de la baie de Guanabara. Elle découvre « une sorte d'extraterrestre, humble et déjà mûr ». À 18 ans, la star naissante habite dans la jolie maison familiale avec sa maman, Dona Aurelia, et partage sa chambre et un lit superposé avec son grand frère, Junior, âgé de 20 ans. Même s'il a souffert de la séparation de ses parents, Leonardo a connu une enfance privilégiée. Issu d'une famille aisée, il a fréquenté les bonnes écoles, appris l'anglais, pratiqué le futsal et même le rugby au Rio Cricket, sorte de country-club huppé. Là-bas, il est surnommé « ratinho » (le petit rat), à cause de son physique un peu frêle. Avec la sélection U20, à 19 ans.
Leonardo fera ses débuts en Seleçao en 1990. Il compte 55 sélections. Apprenti au Flamengo depuis ses 16 ans, il rejoint tous les jours le centre d'entraînement en prenant le ferry, avant de rejoindre l'université où il suit un cursus d'éducation physique. « Chez les juniors, on n'était que tous les deux à poursuivre nos études, souligne Gonçalves. Ça nous a rapprochés. Il était brillant, à l'école mais aussi sur le terrain. En plus, il était cool et même s'il était plus riche que les autres jeunes, il ne le montrait pas. » Adilio pense même qu'avoir fréquenté ces jeunes issus des favelas et qui n'ont que le foot pour survivre l'a fait progresser : « Les pauvres, ils ont la rage au ventre pour s'en sortir, et les plus riches, ils sont obligés de les imiter pour rivaliser. Ils apprennent à leur contact. C'est ce qui s'est produit avec Leonardo. »
Retour en 1987. Après un premier trimestre fracassant conclu par un titre d'envergure, il doit alors gérer le succès, l'argent et la gloire. Il quadruple son salaire et, avec son beau sourire et sa mèche dans le vent, il devient la cible de la gent féminine. Quand sa mère ou sa grande soeur, Rafaela, décrochent le téléphone, il y a souvent une admiratrice au bout du fil. Et tous les matins, elles trouvent quatre ou cinq lettres de jeunes filles clamant leur amour pour Leo. « Je serais curieux de les connaître mais ça n'aurait pas de sens », admet-il timidement au journal Placar. « Il n'a jamais été un Don Juan qui multiplie les conquêtes, se souvient Gonçalves. Je l'ai toujours connu avec sa fiancée, Beatriz (ils se sont rencontrés en 1988, mariés en 1993, avant de divorcer à la fin des années 2000). Le succès et l'argent ne l'ont jamais changé. » Son ex-coéquipier se souvient qu'il continuait de se déplacer avec une vieille Volkswagen Parati 85 (sorte de Renault 14). « Tous les gars s'achetaient des montres, des bijoux ou des super fringues. Lui, il se baladait en tongs et en bermuda, comme un surfeur. En plus il était super beau, donc il était énervant (rires). Pour le chambrer, on l'a surnommé Pinocchio, à cause de son nez un peu long ! On n'avait pas trouvé mieux, il n'avait aucun défaut, en fait... »
L'Expérience Espagnole à Valence (1991-1993)
À Valence (1991-1993), le jeune latéral apprend à combattre dans le rude football espagnol de l'époque. Paradoxalement, il aurait pu tuer dans l'oeuf la révolution Cruyff.
Janvier 1992, Barcelone. Et si Leo avait changé l'histoire du foot ? On exagère sans doute un peu, mais en ce jour de janvier 1992, au Camp Nou, le jeune Brésilien et son équipe de Valence font vaciller celui qui n'est pas encore complètement rentré dans la légende. Aux tirs au but (5-4), les Valencians éliminent le Barça de Johan Cruyff de la Coupe du Roi. Leo, 22 ans, a pris ses responsabilités et transformé son penalty d'une frappe limpide du gauche. Déjà distancé en Championnat par le Real Madrid, le Barça a la tête à l'envers. Et dans la semaine qui suit, ça souffle dur sur celle du technicien hollandais, qui est en conflit depuis le début de saison avec son président José Luis Nunez, lequel a déjà failli le virer deux ans avant. En ce mois de janvier, il sera sauvé paradoxalement par... Valence, qui bat aussi le Real en Championnat (2-1) et relance une saison qui finira par le triomphe du club blaugrana, champion d'Espagne au finish et vainqueur, enfin, de sa première Coupe des champions. Moment clé marquant le début d'une « ère » Cruyff et d'une révolution moderne du foot. Il eût en réalité été paradoxal que l'élégant Leonardo fasse trébucher l'histoire du jeu.
En ce début des années 1990, la Liga n'est pas encore le royaume du « toque » et de la technique élevée au rang d'art. La « furia » demeure alors le concept dominant. Pour l'élégant latéral gauche, qui signe en Liga en 1991 après quatre saisons pro au Brésil, la découverte de l'ADN « blanquinegro » fait de sueur, de sang et de larmes est alors un peu un choc. Le vieux stade Mestalla est un révélateur de caractère avec un public local féroce et sans pitié pour les faibles. « À son arrivée, c'était un "chiquito" (un gamin) qui sortait pour la première fois de son cocon du Brésil et qui a dû s'adapter au football européen », se souvient Paco Camarasa, l'une des figures emblématiques du club avec ses 433 matches au compteur. Septembre 1991, première titularisation à Valence lors d'une rencontre de Liga contre Burgos.
À Valence, heureusement pour lui, son coach était aussi néerlandais : Guus Hiddink n'était certes pas Cruyff, il avait gagné ses galons avec le PSV Eindhoven 1988, un des champions d'Europe les plus austères de l'histoire. Mais Camarasa nuance : « Hiddink, c'était quand même l'école hollandaise alors que l'Espagne, en ce temps-là, était plus axée sur la force. Lui privilégiait le travail avec le ballon plutôt que les exercices physiques. Cela plaisait forcément à Leonardo. »
« Nous évoluions en 3-5-2, avec trois axiaux au marquage, explique Salvador González "Voro", 365 matches en défense centrale à Valence. Deux joueurs se projetaient sur les côtés : Quique Sanchez Flores (actuel entraîneur de Watford) à droite et Leonardo à gauche. Ils avaient la vitesse, le toucher de balle, la qualité de centre. L'équipe a vraiment profité de leurs caractéristiques. » Leonardo est certes parfois coupable d'oublis en défense, et Hiddink est contraint de lui accoler un coéquipier chargé de colmater les brèches. Mais ce latéral à la brésilienne est aussi capable de coups de génie, comme ce « golazo » inscrit à Cadiz après avoir passé en revue la moitié de l'équipe adverse. « En fait, Leonardo était un latéral comme nous les connaissons aujourd'hui, quasiment un ailier, constate Camarasa. On n'était pas habitués à ça, les latéraux n'étaient pas autant attirés par l'avant, ils devaient aussi beaucoup défendre. »
Si le joueur doit s'adapter, l'homme Leo est à l'aise, et apprécié dans l'univers valencian. « Il était charmant, il est plusieurs fois venu dans mon village avec ses amis », raconte Camarasa, alors que Voro, lui, se souvient de « quelqu'un de très intelligent, avec un sens aigu de l'humour ». En dépit de deux saisons pleines (98 matches dont 92 comme titulaire toutes compétitions confondues), le Brésilien n'aura pourtant pas laissé un souvenir impérissable à Mestalla. Afin de pouvoir faire partie de la Seleçao pour le Mondial 1994, le gaucher rentre au pays en 1993 (prêté à Sao Paulo). De Valence, il ramène une certaine « grinta » et un nouveau goût du combat - qui lui seront d'ailleurs fatals aux USA où il sortira de la Seleçao en route vers son quatrième titre mondial après une expulsion pour un coup de coude en huitièmes de finale.
Voro conclut : « Il savait s'adapter aux situations et aux besoins de l'équipe. Partout où il est passé, il a pris quelque chose... »
L'Aventure Japonaise (1994-1996)
Ses deux années au Japon (1994-1996) avant de rejoindre une première fois Paris ont marqué Leonardo à vie. Le Brésilien y a découvert une culture qui le fascine. Il s'y est aussi fixé pour de bon sur le terrain au poste de milieu offensif.
Juillet 1996, Kashima. S'il a parfois donné l'impression dans sa carrière de pouvoir quitter un club du jour au lendemain, sans trop d'émotion, Leonardo a quand même au moins une fois laissé couler des larmes. Lors de son dernier match avec les Kashima Antlers, avant de rejoindre le PSG où il vient de signer pour trois ans, le Brésilien est bouleversé par l'hommage des supporters. « Mon coeur est déchiré en deux », crie-t-il dans le micro qu'on lui tend. L'histoire - un peu romancée ? - dit même qu'une haie d'honneur des fans, flambeaux en mains, se formera pour le raccompagner tout au long du trajet entre le stade et son domicile. « Ce fut une des plus grandes émotions de ma vie. J'adore le Japon, j'adore les Japonais. Sur le plan humain, c'est un pays extraordinaire », dira-t-il à son arrivée à Paris (France Football, 29 octobre 1996).
Depuis son passage en Asie, Leonardo conserve un peu de Japon sur sa peau : un tatouage sur son bras droit. « Subeteni kando o » : « Émotion pour tous ». Leonardo débarque au Japon à 25 ans. Il y est resté très populaire. Et le Brésilien parle encore des Kashima Antlers comme de « son club ». C'est son mentor Zico qui l'avait convaincu de rejoindre l'équipe de Kashima Antlers, dans une petite ville de 60 000 habitants, à 60 kilomètres à l'est de Tokyo. Le Pelé blanc, qui était arrivé au Japon en 1991, ne pouvait plus jouer, et devenait directeur sportif des Antlers. Il cherchait un successeur et avait pensé à Leonardo. Plusieurs champions du monde 1994 allaient d'ailleurs venir participer à l'essor de la J League, née en 1993 : Jorginho, Dunga, Zinho, Muller, Gilmar, Ronaldao...
Pour Leonardo, encore jeune (il a 25 ans), attiré aussi par un gros contrat, cela pouvait quand même ressembler à un enterrement de première classe. Au contraire, au Japon, il réinvente sa carrière en se fixant définitivement au poste de milieu de terrain. Kunihiro Suzuki, qui était l'interprète du Brésilien, se souvient : « Au début, il a été positionné comme arrière gauche par l'entraîneur, Edu, le frère aîné de Zico, et il me disait qu'il était très mécontent. Même si c'est comme latéral gauche que Leo a explosé au Flamengo, puis en équipe du Brésil, il a toujours considéré que son poste naturel était celui de meneur de jeu. De retour à Sao Paulo en 1993 pour succéder à Rai, il avait été aligné au milieu par le coach Télé Santana, mais pas systématiquement. Au Japon, il finira par se fixer dans l'entrejeu pour de bon, avant d'y faire carrière au PSG puis à Milan.
Aujourd'hui, « Leo sama » (« Monsieur Leo »), qui avait quitté Kashima alors que l'équipe était en route vers son premier titre, demeure une star au Japon. Lorsqu'il jouait à Milan, des cars de touristes japonais s'arrêtaient parfois à Milanello, les gens venaient lui offrir des cadeaux. L'un de ses buts, inscrit contre Yokohama après une série de jongles, a été élu plus beau but de l'histoire de la J League. Et lui qui avait appris la langue entretient ce lien. « Il envoie des messages au club lors de chaque titre... », raconte Suzuki. L'interprète est devenu l'un de ses meilleurs amis. Et les Antlers - « mon club », clame souvent Leo -, finalistes de la Coupe du monde des clubs 2016 face au Real (2-4, a.p.), sont aujourd'hui l'équipe la plus titrée de l'histoire du foot japonais.