C’est le genre d’affaire qui fait traverser à la NBA les frontières médiatiques. En France notamment, où la NBA jouit d’une popularité encore marginale, l’histoire a fait le tour des médias.
L'ascension fulgurante du basket en Chine
Véritablement popularisé par l’arrivée de l’icône nationale Yao Ming en NBA (drafté par les Rockets en 2002), le basket a progressivement pris la place de sport le plus populaire en Chine. Les playgrounds se construisent partout, il n’est pas rare de voir des universités proposer des complexes de plus de quinze terrains, tous occupés, de 13h à 23h. Avec une population d’1,4 milliard d’habitants, un marché potentiellement énorme pour la plus grande ligue de basketball du monde et une appétence pour ce sport, toutes les étoiles étaient (et sont toujours) alignées pour que le développement de notre sport se fasse sans encombre dans ce pays immense.
Mais les récentes avancées de la NBA vers la Chine ne sont pas dues au hasard et répondent à une impression réelle : l’Empire du Milieu adore le basket. Là où la NBA fait en effet la différence, c’est sur sa volonté de s’exporter hors des frontières nord-américaines. D’où l’importance d’un marché comme la Chine, qui représente plusieurs centaines de millions de fans.
Paradoxalement, le Chinois le plus connu de l’histoire de la NBA ne correspond pas aux standards physiques du Pays de Mao. Vous ne trouverez que peu de joueurs pouvant jouer pivot ou utiliser leur physique pour s’imposer dans la raquette. En revanche, beaucoup d’entre eux se sentent à l’aise loin du cercle : agilité, vitesse et shoot, leur panoplie est souvent complète et parfois compliquée à défendre.
Avec autant de pratiquants, il semble évident que des jeunes pépites foulent les playgrounds. Souvent considérés comme un eldorado financier pour des joueurs Américains et Européens, la Chine essaye de se créer une identité : devenir un pays de basket, capable de sortir régulièrement des joueurs de calibres NBA. Si la ligue Américaine tente de s'y développer, avec succès, c'est aux instances Chinoises de tirer profit de ce phénomène. Profiter de l'attraction pour développer et approfondir les formations des jeunes joueurs, et ce, à travers tout le pays. Il sera ainsi légitime d'imaginer des pépites sortir du lot, compte tenu du viver colossal offert par la jeunesse Chinoise.

Yao Ming, figure emblématique du basket chinois, a joué un rôle clé dans la popularisation de la NBA en Chine.
Yao Ming: Plus qu'un joueur, un symbole
Yao Ming est bien plus qu’un simple joueur de basket-ball. Symbole de l’ouverture de la Chine à la NBA, il a transcendé son sport pour devenir une figure emblématique. Son arrivée à la NBA, en 2002 après avoir été sélectionné comme premier choix de la Draft par les Houston Rockets, a marqué une étape majeure dans l’histoire du basketball. Grâce à son succès, Yao Ming a permis à la grande ligue de jouir d’une immense popularité dans le pays de Mao. Il a attiré des millions de fans chinois, faisant de la Chine le plus grand marché de la NBA sous la direction de David Stern et permettant par exemple de tripler la base de fans de la NBA.
Moins de deux ans après son arrivée, les « NBA China Games » voient le jour, devenant ainsi la première ligue sportive américaine à le faire. Depuis, la ligue a disputé 12 matchs de pré-saison dans quatre villes chinoises et dispute, annuellement, des matchs à travers le monde.
Yao Ming est une véritable inspiration pour tous les jeunes de son pays. Il était très présent dans son pays, la Chine, avec le NBA CARES, pour apporter du soutien et inspirer les plus jeunes. De surcroît, il a développé une fondation, la « YAO Fondation », en 2008. Une institution « placée sous la protection de la Fondation chinoise pour le développement de la jeunesse, qui se concentre sur l’amélioration de l’éducation, de l’estime de soi et des conditions de santé des enfants en Chine. ».
En 2005, il reçoit le titre « d’ouvrier modèle » du Parti communiste Chinois, figure de reconnaissance nationale. Il est aussi devenu le premier président de la fédération de basketball chinois non issu du gouvernement.
Quand la politique s'invite sur le terrain: L'affaire du tweet
C’est un simple tweet qui a mis le feu aux poudres. Un post en soutien aux habitants de Hong Kong, qui luttent actuellement pour la démocratie et la liberté sur leur territoire. Mais surtout, un post implicitement à l’encontre de la Chine, qui est en train de durement réprimer les manifestants Hongkongais. Depuis, c’est une tempête médiatique qui a déferlé d’abord sur le pauvre homme, avant de s’élargir à l’équipe qu’il représente, mais aussi à toute la NBA et bientôt les pays concernés. Et la Chine, qui n’apprécie pas voir son autorité contestée, n’a pas tardé à réagir.
La relation entre les Rockets et la Chine a toujours été un peu particulière. Le meilleur joueur de l’histoire du basket chinois (Yao Ming) a en effet effectué toute sa carrière NBA aux Rockets de Houston. Depuis cette époque, la franchise est la plus populaire dans l’empire du milieu.
Depuis, le sujet est devenu ultra sensible dans les sphères de la NBA. Des panneaux en soutien à Hong-Kong sont arrachés à des spectateurs dans les tribunes, les questions sur le sujet sont censurées lors des conférences de presse des joueurs… Contradictoire quand on connaît la politique de la ligue depuis quelques années. Ainsi, on a beaucoup vu Steve Kerr, le coach de Golden State, exprimer publiquement son rejet de la politique de Donald Trump, tandis que des superstars comme Steph Curry ou LeBron James ont pu parler librement des problèmes de racisme qui gangrènent la société.
En tout cas, l’heure n’est pas aux excuses pour la NBA. Le haut commissaire de la ligue, Adam Silver, a communiqué sur le sujet expliquant « soutenir la liberté d’expression de Daryl Morey ». Une réaction qui a envenimé les choses et conduit la Chine à renforcer ses sanctions. Tandis que la Chine joue la carte du boycott, les analystes financiers des équipes NBA anticipent déjà à une chute des salaires des joueurs de 10 à 15%, due à la situation avec le marché chinois.

L'affaire du tweet a mis en lumière les tensions entre la NBA et la Chine, avec des enjeux économiques et politiques importants.
Enjeux économiques et avenir du marché chinois pour la NBA
De plus, la tendance est à la baisse pour les audiences NBA aux États-Unis. Mais cette baisse à l’échelle locale est contrebalancée par l’explosion des audiences à l’international.
La polémique entre Pékin et la NBA sur Hong Kong pourrait coûter cher à la ligue nord-américaine de basket, mais cette dernière conserve un atout majeur: son énorme popularité auprès du public chinois.
Basket: la NBA à la conquête de la Chine
Il va falloir que quelqu’un accepte de marcher sur ses propres intérêts pour que tout le monde puisse avancer.