Mbappé réclame au PSG : Détails d'un conflit financier hors norme

L’affrontement juridique entre Kylian Mbappé et le Paris Saint-Germain a pris une tournure inattendue, exposant au grand jour des enjeux financiers d’une ampleur rarement vue dans le football français. Derrière les portes de la salle du conseil de Prud’hommes de Paris, les deux camps ont déroulé des chiffres vertigineux et des accusations croisées, révélant un conflit bien plus profond qu’un simple désaccord contractuel. Alors que la décision finale approche, les montants exigés, leurs justifications et les contre-accusations redessinent les contours d’une rupture qui continue de hanter le PSG et son ancien attaquant star.

Kylian Mbappé et Nasser al-Khelaïfi lors d'une conférence de presse. Crédit: Getty Images

Les demandes himalayesques de Mbappé et du PSG

L'un demande plus de 260 millions d'euros, l'autre en demande 440, et ce sera au tribunal de trancher. Voici résumé le bilan de l'audience qui a opposé Kylian Mbappé au Paris Saint-Germain ce lundi au Conseil de prud'hommes de Paris.

Comme le football n'est pas un secteur professionnel comme les autres, et que Kylian Mbappé n'est pas un footballeur comme les autres, les demandes sont donc "himalayesques", pour reprendre un mot de Mes Delphine Verheyde, l'une des défenseures de Kylian Mbappé - qui ne qualifiaient ainsi que la somme réclamée par le PSG. Elles n'ont pourtant pas surpris leur confrère Thierry Granturco, avocat aux barreaux de Paris et Bruxelles spécialiste du droit du sport, qui rigole au téléphone au moment d'évoquer ces montants.

« Kylian Mbappé réclame, quant à lui, plus de 260 millions d’euros au PSG. C’est forcément impressionnant, avec des sommes qui semblent un peu « hors » de notre vie. Ce qui n’empêche que lui et son entourage puissent considérer que c’est la somme qui est due. Ce dont on doute, puisque le PSG le conteste et semble aussi avoir des arguments. Le dossier reste épineux, chacun défend sa position. Jusqu’à des demandes qui semblent un peu folles. Le combat est âpre, attendons le dénouement décidé par la justice.

Le feuilleton Kylian Mbappé-PSG connaissait un épisode crucial ce lundi avec une audience aux Prud'hommes de Paris où le capitaine des Bleus a réclamé à son ex-employeur 253 millions d'euros ainsi que la requalification de son CDD en CDI. Un PSG qui a riposté en demandant 440 millions à son ancien attaquant. Une décision sera rendue le 16 décembre.

Au cœur de la procédure, Kylian Mbappé avance des demandes financières d’un total estimé à 260 millions d’euros, une somme relayée dans les conclusions de ses avocats. Kylian Mbappé justifie ces montants par une série de griefs précis : 44,6 millions pour licenciement sans cause, 40,4 millions pour la prime de signature, 37,5 millions pour travail dissimulé, 37,5 millions pour harcèlement moral, 6,25 millions pour la requalification du CDD en CDI, 13,65 millions d’indemnités compensatrices, 25,7 millions d’indemnités légales de licenciement, ou encore 19 millions de rappels de salaires.

Dans le détail, on retrouve notamment 44,6 millions d’euros pour licenciement sans cause, 40,4 millions d’euros de prime de signature (avec les congés), 37,5 millions d’euros pour travail dissimulé, 37,5 millions d’euros pour harcèlement moral, 6,25 millions d’euros à titre d’indemnités de requalification des CDD en CDI, 13,65 millions d’euros à titre d’indemnités compensatrices de préavis, 25,7 millions d’euros d’indemnités légales de licenciement, 19 millions d’euros de rappels de salaires et de congés pour les mois d’avril à juin 2024 ou encore 18,75 millions d’euros pour manquement à l’obligation de sécurité.

Kylian Mbappé accuse son ancien club de manquements répétés, aggravés selon lui par un « fond de méthodes qui s’apparentent à un film de Scorsese. Le PSG se croit au-dessus de tout ».

Le PSG réclame ainsi 240 millions d’euros, dont 180 millions en compensation d’un transfert avorté, lié à une offre de 300 millions d’euros d’Al-Hilal, une proposition que Kylian Mbappé affirme ne jamais avoir vue.

Selon les explications données lors de cette séance et rapportées par RMC Sport, le PSG a détaillé cette somme en plusieurs volets, qualifiés de « délirants » par l’entourage de Kylian Mbappé. L’avocat parisien Me Renaud Semerdjian a affirmé : « C’est bien 440 millions que l’on demande ». Cette somme regroupe 20 millions pour « préjudice à l’image », 60 millions pour « mauvaise foi dans l’exécution d’un accord daté d’août 2023 », ainsi que deux tranches de 180 millions, l’une pour « dissimulation de cet accord », l’autre pour « perte de chance pour transférer le joueur ».

Le PSG a même évoqué un transfert avorté vers Al-Hilal à l’été 2023 pour justifier cette évaluation hors norme.

Même jugé recevables par les prud'hommes, ce qui est loin d'être gagné, ces deux réclamations visent au fond exactement le même préjudice et il est difficile d'envisager comment elles pourraient être cumulées.

Elles n'ont pourtant pas surpris leur confrère Thierry Granturco, avocat aux barreaux de Paris et Bruxelles spécialiste du droit du sport, qui rigole au téléphone au moment d'évoquer ces montants. "Ce qui est vrai sur un terrain de foot est vrai de manière judiciaire : la meilleure défense, c'est l'attaque", pose-t-il d'entrée de jeu.

Tableau récapitulatif des demandes financières

Demandeur Motif Montant réclamé
Kylian Mbappé Licenciement sans cause, prime de signature, travail dissimulé, harcèlement moral, etc. 260 millions d'euros
PSG Préjudice à l'image, mauvaise foi, perte de chance de transfert 440 millions d'euros

Les accusations de harcèlement moral et de méthodes déloyales

Kylian Mbappé, par l’intermédiaire de son avocate, reproche au PSG d’avoir voulu bloquer son départ et de l’avoir plongé dans une situation intenable dès l’été 2023. Selon elle, le club aurait cherché à empêcher le joueur de partir libre malgré une clause optionnelle qu’« il était libre d’accepter ou non », ce qui a conduit à son exclusion temporaire du groupe professionnel le 21 juillet.

Elle évoque même qu’il lui aurait été annoncé qu’« il ne rejouerait pas de la saison », marquant le début de ce qu’elle qualifie d’« acharnement », rapporte Foot Mercato.

Kylian Mbappé lors d'un match. Crédit: Eurosport

La défense de Kylian Mbappé soutient que la pression s’est intensifiée à travers plusieurs actions internes et externes. L’avocate affirme qu’un courrier d’août 2023 évoquait des risques de « licenciements au club » causés par la décision du joueur, et que cette stratégie visait à le contraindre à prolonger.

Kylian Mbappé, selon cette version, aurait subi une mise à l’écart symbolique lors de la première journée de Ligue 1, avant une réunion tendue avec le président, le coach et le directeur sportif, épisode décrit comme une tentative supplémentaire de « lui mettre un autre coup de pression ».

La représentante de Kylian Mbappé va plus loin, évoquant un environnement toxique et des dommages collatéraux : elle affirme que son petit frère Ethan aurait lui-même subi des « brimades » et qu’il aurait été retrouvé en larmes après un match. Elle dénonce aussi « des méthodes de voyous de la part du PSG, avec des attaques de l’armée numérique » supposément utilisée pour cibler des personnalités comme Kylian Mbappé.

Pour elle, les agissements du club constituent une atteinte grave à la dignité du joueur, justifiant les revendications financières relatives au harcèlement moral.

La version du PSG : un joueur déloyal et une stratégie préétablie

Face à ces accusations, le Paris Saint-Germain oppose une version totalement différente des faits. Pour le club, Kylian Mbappé est responsable d’une stratégie préétablie visant à partir libre tout en profitant du système contractuel français.

Les avocats du PSG insistent sur le fait que Kylian Mbappé n’a jamais été isolé du groupe professionnel sans raison valable. Selon eux, « on va le transférer en pleine forme, on ne va pas l’envoyer au Japon mais dans le deuxième groupe », ce qui signifie que les mesures prises relevaient d’un encadrement sportif normal. Ils qualifient le joueur de « déloyal », estimant qu’il savait dès l'été 2022 qu’il ne souhaitait pas prolonger, tout en prétendant défendre ses droits.

Le club parisien critique également la demande de requalification du contrat de Kylian Mbappé en CDI, une requête perçue comme une remise en cause complète du modèle contractuel des footballeurs. Les avocats dénoncent ce qu’ils considèrent comme une stratégie paradoxale : « Kylian Mbappé vient réclamer des arriérés de salaire et en même temps, il demande que le système s’effondre ».

Quant aux 55 millions d’impayés revendiqués, le PSG affirme qu’ils « ne sont absolument pas dus ».

Un accord oral supposé et des versions contradictoires

Pour le PSG, la réintégration de Kylian Mbappé après la première journée de Ligue 1 en 2023 s’était effectuée dans le cadre d’un accord oral supposé. Le club assure que le joueur avait accepté de renoncer à certaines sommes dues en fin de contrat afin de « préserver la santé financière du club ».

Une version immédiatement balayée par le camp Mbappé, qui qualifie cet accord de « fantasme ». Le PSG, persuadé du contraire, estime que ce prétendu engagement aurait dû permettre d’éviter un départ gratuit à l’été 2024.

De son côté, Kylian Mbappé, qui a rejoint le Real Madrid libre de tout contrat en juillet 2024, soutient qu’aucun compromis de ce type n’a jamais existé. Selon son entourage, il n’a jamais envisagé d’abandonner ses salaires ni les indemnités prévues.

Mr Verheyden explique que le 12 juin 2023, il envoie le courrier par souci de transparence à son employeur pour annoncer qu'il ne prolongerait pas au-delà des deux années. "Le PSG est un club qui croit que tout à un prix, alors en juin 2023 la décision de Mbappé ne passe pas".

Elle revient sur la mise à l'écart le 21 juillet 2023, "et l'acharnement peut commencer". Elle explique qu'il lui a été dit qu'il ne rejouerait pas de la saison, comme l'affirment alors les articles de presse.

Le problème soulevé par l'avocate du PSG est celle de la date, juillet 2022. Le PSG pense alors à une erreur de date, mais le joueur confirme qu'elle était bien datée d'un an auparavant. "L'enjeu est colossal, si le PSG avait su dès l'été 2022 que le joueur ne ferait pas la saison supplémentaire, le club aurait cherché à le transférer dès l'été 2022. On a un joueur déloyal, avec un joueur qui avait pris sa décision dès juillet 2022", affirme l'avocate du club.

Elle confirme que le club a reçu la proposition de Kylian Mbappé le 11 août, avec l'acceptation d'abandonner 55 millions d'euros s'il ne prolonge pas. "Une réunion très importante, en présence du président du PSG, du directeur sportif et de l'entraineur. Le président lui dit au cours de cette réunion que ce n'est pas 55 millions d'euros qu'il doit abandonner s'il ne prolonge pas d'un an, mais 79 millions d'euros. Ils sortent de là, et disent 'on a trouvé un accord'. Cet accord existe et est matérialisé par le fait que M. Melero adresse un courrier pour réintégrer Kylian Mbappé à l'équipe première. Le PSG envoie à l'avocate de Kylian Mbappé un avenant. Pas de réponse, et le joueur dit discuter directement avec le président. L'avenant n'a jamais été signé, et le PSG apprend en février 2024 que le joueur ne signera pas cet avenant, et applique à partir de là ce que prévoyait l'accord qui consistait à abandonner 79 millions d'euros en cas de non-prolongation. Ce n'est qu'en mai 2024 que Mbappé réclame le paiement de l'intégralité des sommes.

Me Veheyden revient sur le mois d'août en détail, avec un courrier le 4 août, jugé "très alarmiste" par l’avocate de Kylian Mbappé, où le club explique notamment que sa décision pourrait conduire à des licenciements au club. Le 8 août, le président (Nasser Al-Khelaïfi) vient interpeller le joueur pour le sommer de prolonger ou d’être transféré de suite. "Le joueur est chamboulé intérieurement, avec l’idée de ne pas jouer de la saison".

Elle poursuit: "Le 11 août, il me demande d'écrire au club pour faire une proposition. Pour avoir le droit de jouer, il propose de renoncer à deux primes qui représentent à elles deux 55 millions d'euros brut, offre valable 48 heures, le PSG ne donne aucune suite. La pression ne baisse pas, il est mis de côté pour la 1ère journée de Ligue 1. Il rencontre le même jour le président, devant l'entraîneur et le directeur sportif, pour lui mettre un autre coup de pression, et lui redire qu'il ne peut pas partir libre.

Après cet ulitme entretien, bien qu'aucun accord n'ait été passé, le lendemain, le club annonce par voie de presse que le joueur est réintégré à l'effectif. Le 14 août, un avenant de prolongation de contrat d'un an est adressé au joueur, pour pouvoir le vendre à l'été 2024. Le club introduit dans cette offre une prime de 110 millions d'euros. Le joueur n'acceptera jamais cette offre, il n'est plus à vendre, il veut jouer, gagner et être libre, et ces échanges vont en rester là. Aucun écrit, aucun avenant."

L'avocate du PSG explique de nouveau que le club ne lui a pas versé une prime dûe en février 2024, dernier tiers de la prime de signature de l'avenant du contrat en 2022 à 36 millions d'euros, et ne lui sont pas versés les salaires des trois derniers mois de la saison. Le 18 juin 2024, le club est mis en demeure de payer. Face au refus répété du club, Kylian Mbappé donne pour instruction à son avocate de saisir la commission juridique de la LFP pour constater le défaut de paiement de salaire.

"Le club interjette appel et annonce publiquement qu'il ne paiera pas", la décision de la commission mixte paritaire de la Ligue confirme en octobre la décision de première instance.

Ce désaccord profond alimente depuis plus d’un an un litige qui s’est progressivement déplacé du terrain sportif vers un combat juridique d’envergure.

Cette confrontation juridique révèle l’ampleur du fossé qui s’est creusé entre Kylian Mbappé et son ancien club. Chaque partie défend sa lecture des faits, ses justifications, ses preuves, dans un dossier où s’entremêlent enjeux financiers, considérations contractuelles et tensions relationnelles profondes.

Me Desaint, avocat du PSG, revient sur la demande de requalification de CDD en CDI: "M. Mbappé procède à des rappels de salaires qui n'existent que grâce à ce système qui lui permet de toucher des rémunérations aussi indécentes, des primes, parce qu'il y a le marché des transferts. Si vous passez les joueurs en CDI, il n'y a plus de marché des transferts, ni de rémunérations de cette nature-là."

Il revient sur les événements du 11 au 14 août: proposition de l'avocate de Mbappé, réunion entre le joueur et les dirigeants, accord selon le club et réintégration du joueur le lendemain. L'avocate de Kylian Mbappé a répondu au courrier de Victoriano Melero informant de la réintégration immédiate du joueur, par "je vous remercie pour cette information", puis l'avenant envoyé par le club.

Une relance est adressée par le club à l'avocate le 17 puis le 18, et le 22 août l'avocate de Mbappé répond que le joueur discutera directement du sujet avec le président du PSG. Le club attend le mercato d'hiver. Le 3 janvier, Mbappé dit dans la presse comme il le fait au président du PSG ne pas avoir pris sa décision. 15 jours après la fin du mercato d'hiver, publication dans la presse selon laquelle Mbappé annonce au président qu'il ne reste pas. Ils se disent alors qu'ils dérouleront la retenue comme proposé par le camp Mbappé, sur les trois derniers mois et le reliquat de prime à la signature.

"Le joueur ne dit rien fin février quand il ne touche pas la prime, rien fin mars, fin avril. Quand le PSG demande en mai de formaliser le reste des 79 millions auxquels Mbappé avait accepté de renoncer, réponse le 31 mai avec un courrier très violent de la part de Kylian Mbappé." À titre subsidaire, l'avocat du PSG Me Desaint demande en conclusion au conseil de prud'hommes de reconnaître que les 55 millions d'euros ne sont absolument pas dus.

Un troisième avocat intervient pour plaider côté PSG, sur les accusations du harcèlement moral. Sur la mise à l'écart à l'été 2023, "une dizaine de joueurs ne participent pas à la tournée asiatique. M. Mbappé n'a pas pâti de ne pas participer à ces matchs de gala". Il explique aussi que Mbappé a joué plus de 90% des matchs de la saison 2023-2024. Il s'appuie aussi sur les célébrations au moment du départ de Kylian Mbappé du club. Et concernant Ethan, il dit qu'il s'agissait d'un joueur aspirant qui ne jouait que quelques matchs dans la saison.

Un quatrième avocat, Me Semerdjian conclut la plaidoirie côté club. "Le PSG n'a pas des méthodes de voyous. Ce que nous avons dénoncé, c'est la duplicité de Kylian Mbappé." Il s'appuie sur la lettre datée de juillet 2022 et envoyée au club en juin 2023, sur plusieurs déclarations dans la presse de Mbappé. Il parle d'une offre de Liverpool à l'été 2022, mentionnée par l'avocate de Mbappé dans un courrier au secrétaire général du PSG, dont le PSG n'a jamais été informé. L'avocat du club estime donc qu'il y a là une perte de chance de transférer l'attaquant.

La présidente du conseil de Prud'hommes interroge l'avocate de Mbappé sur la date de la lettre en juillet 2022, envoyée en juin 2023. "Dès le départ, il s'est dit je me suis fait avoir, nénamoins il a voulu temporiser et respecter ses engagements, laisser sa chance au jeu", justifie Me Verheyden. Une avocate du PSG dit penser que la lettre de juillet 2022 était en fait adressée au Real Madrid qui voulait la garantie qu'il ne prolongerait pas. "Une fable", tempètent les avocats de Mbappé.

Après plus de 3 heures, c'est la fin de cette audience devant le conseil de Prud'hommes de Paris. La décision sera prononcée le 16 décembre.

Mbappé-PSG : une "guerre de pression et de surenchère" • FRANCE 24

La procédure pourrait durer longtemps et façonner l’avenir des relations entre clubs et stars du football.

« Ce qui est vrai sur un terrain de foot est vrai de manière judiciaire : la meilleure défense, c'est l'attaque », pose-t-il d'entrée de jeu.

Dans cette affaire portée par Kylian Mbappé devant la justice, qui réclamait jusqu'ici 55 millions d'euros à son club correspondant à des salaires non payés et des primes non versées selon les termes de son contrat, "le PSG rétorque en essayant de faire peur, grosso modo", assure Me Granturco.

Le litige a traîné en longueur et est finalement arrivé devant la justice, et les deux parties sont des monstres financiers avec énormément de moyens. La guerre d'usure s'est lancée dès la fin de saison 2023-2024 quand Kylian Mbappé a demandé au club de lui payer son dû, elle s'est prolongée jusqu'à aujourd'hui et aucun des camps ne sera contraint de reculer financièrement ; le bras de fer est engagé et d'un côté comme de l'autre, on a opté pour le jusqu'au-boutisme.

Une stratégie classique, rappelle Me Granturco : "J'ai l'habitude de dire à mes clients : 'Ecoutez les gars, on va tirer soit au tromblon, soit au fusil à lunettes.' Ce sont deux approches complètement différentes. Si vous tirez au fusil à lunettes, vous avez un argument majeur, qui fait mouche, dont vous êtes sûr qu'il va donner satisfaction, donc on va vite et on est précis, image Me Granturco. Soit on entre dans une guerre d'usure, et manifestement ils y sont, et on se dit : 'Quitte à ce que ça parte dans tous les sens, autant qu'on y aille aussi.' Et à ce moment-là, on prend le tromblon et on se dit qu'en tirant beaucoup de grosses balles, on va peut-être toucher la cible. Et là, les deux parties tirent au tromblon."

De toute manière, Thierry Granturco ne s'attend pas du tout à ce que les prud'hommes accèdent entièrement aux demandes du PSG ou du clan Mbappé. Le fond du dossier n'est après tout pas si compliqué : il se résume à un club soupçonné de ne pas avoir payé son joueur, sous couvert d'une promesse dont il n'a pas la preuve. Ce qui fait dire à Me Granturco que Kylian Mbappé sera probablement gagnant lors de la décision rendue le 16 décembre prochain. Mais le spécialiste en est d'ores et déjà convaincu : un appel sera vraisembablement interjeté, et le conflit se prolongera.

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