Les historiens sont formels : il faut remonter en 1987 pour trouver trace d'un contexte aussi brûlant que celui qui alimente la rivalité hockeyistique entre le Canada et les États-Unis. Cette année-là, du 28 août au 15 septembre, le Canada, les États-Unis, la Finlande, la Suède, la Tchécoslovaquie et l'Union soviétique s'étaient réunis pour un grand tournoi.
Lors de cette « Canada Cup », le pays hôte était sorti vainqueur, porté par Mario Lemieux et Wayne Gretzky. C'était du très grand hockey, mais c'était déjà plus que ça. Il était question d'honneur, de patriotisme.
À l'époque, le Canada et les États-Unis étaient en passe de conclure un accord de libre-échange historique. Et certains Canadiens y voyaient une manière pour les USA de faire main basse sur leur pays, au moins économiquement.
Alors quand, en octobre 2024, Donald Trump a menacé d'imposer des « droits de douane à 25 % » sur les importations canadiennes, l'histoire a donné le sentiment de bégayer. D'autant qu'il ira même, quelques semaines plus tard, jusqu'à désigner son voisin comme un potentiel... 51e État. Une idée maintes fois évoquée depuis.

La Géopolitique s'Invite sur la Glace
Hasard du calendrier, la NHL avait choisi d'organiser un « 4 Nations Face-Off », du 12 au 20 février 2025. Une compétition au cours de laquelle Canadiens et Américains allaient s'affronter deux fois, le Star-Spangled Banner (l'hymne américain) être sifflé à Montréal, des bagarres éclatées... Juste avant la finale Canada - USA (remportée par les premiers en prolongation), Trump passa même un coup de fil à ses troupes !
Connor McDavid a, lui, récemment confié que ce tournoi avait beaucoup compté. « Nous nous sommes tous souvenus ce que c'était d'être un amateur de hockey, écrivait LA star dans The Players Tribune. D'être un fan de la Team Canada. D'être Canadien. »
C'est dans cette ambiance que la finale féminine des Jeux Olympiques 2026 s'est disputée jeudi dernier (victoire des États-Unis 2-1 après prolongation), mettant logiquement aux prises les deux géants (5 médailles d'or pour le Canada dans l'histoire, 3, désormais pour les USA). Les hommes s'affrontent, eux aussi, pour l'or ce dimanche (14 h 10, 9 médailles d'or d'un côté, 2 de l'autre). Sous le regard de Trump ?
Complexe d'Infériorité et Enjeu de Respect
« La politique exacerbe les tensions (autour de ces affiches), confie le préparateur physique d'un international canadien. C'est très tendu. Beaucoup de gens ont le sentiment que nous ne sommes pas pris au sérieux par une grande partie des Américains. »
« Les Canadiens ont un peu un complexe d'infériorité, ils voudraient qu'on les respecte, prolonge l'historien Éric Zweig, originaire de Toronto. Et ils savent que c'est en hockey qu'ils ont la meilleure chance de montrer ce dont ils sont capables. »
L'historien glisse au passage que le siège social de la NHL ne se situe plus à Montréal mais à New York et que le commissaire de la ligue est né dans la Grande Pomme... Autrement dit, que les Américains ont pu donner l'impression de « chercher à s'approprier le hockey », sport national du voisin.
Mais pour Benjamin Krzywicki, fondateur du site Polish Puck, c'est dans les catégories de jeunes que la rivalité a « véritablement pris son envol ». « Chez les adultes, elle existe depuis 1920 et les premiers Jeux Olympiques (le Canada avait remporté l'or aux dépens des États-Unis) mais l'avance des deux pays (sur les autres) était telle qu'ils ont longtemps envoyé des équipes de clubs affronter les autres sélections, développe ce fin connaisseur du hockey international. Aujourd'hui encore, les Nord-Américains ne s'intéressent pas vraiment au Championnat du monde senior annuel, par exemple. Alors que son équivalent junior attire des foules immenses. »
Fin 2017, l'affiche USA - Canada, disputée en plein air, a ainsi conduit 45 000 spectateurs à braver le froid glacial et une tempête de neige (victoire 4-3 des Américains au New Era Field de New York).
Highlights from Canada vs. United States in Game 1 of the 2025-26 Rivalry Series
Fin des Années 90 : La Bascule
Il faut dire que les Américains ont, eux aussi, appris à prendre cet affrontement très au sérieux. Zweig note qu'à la fin des années 1990, ces derniers ont commencé à rassembler leurs ouailles en amont des compétitions et à développer un esprit d'équipe, là où le rival se contentait de réunir ses meilleurs joueurs à quelques heures du premier match.
« Progressivement, ces garçons ont grandi, sont arrivés en NHL, aux Jeux Olympiques... Et cette confrontation est devenue un enjeu majeur », décrypte-t-il. Dans les compétitions féminines, on raconte que les joueuses ont longtemps évité de se croiser dans les ascenseurs. « C'est ce qu'on m'avait appris à faire, expliquait ainsi récemment Angela Ruggiero, légende du hockey américain, sur The Athletic. On n'interagissait pas (avec les Canadiennes). »
Team USA contre Team Canada, c'était l'affiche fiévreuse de la finale du tournoi féminin des JO de Milan-Cortina, jeudi soir dernier (victoire des USA 2-1 après prolongation). Rebelote ce dimanche après-midi pour leurs homologues masculins.
Le hockey est un jeu de contact très physique, il est donc très règlementé. Il se pratique dans une patinoire adaptée qui doit être règlementaire. La longueur de celle-ci est comprise entre 56 et 61 m. Sa largeur doit être entre 26 et 30 m. Cependant une taille de 60 x 29 m minimum est requise pour les compétitions internationales. Elle doit être entourée de vitres de protection.
L’aire de jeu est séparée en plusieurs zones et doit avoir des coins arrondis. La zone de défense est suivie d’une zone neutre puis d’une zone d’attaque. Plusieurs lignes rouges ou bleues marquent les différentes zones.
Chaque équipe comprend jusqu’à vingt joueurs et deux gardiens de but. Le capitaine et ses deux adjoints sont les seuls autorisés à parlementer avec les arbitres. Pendant le match, seuls six coéquipiers sont en même temps sur l’aire de jeu. Il y a bien évidemment le gardien ainsi que deux défenseurs. Ensuite, il y a un centre et deux alliés qui sont tous trois des attaquants.
Le banc de touche accueille les joueurs ainsi que les dirigeants. Ces derniers peuvent être huit au maximum. Un ou deux arbitres travaillent avec deux juges de lignes pour arbitrer la partie.
Le but du jeu est de marquer le plus de buts possible. Pour cela, il faut envoyer un palet , appelé aussi rondelle, dans le but adverse.
Un match de cette discipline sportive se déroule en 3 périodes de 20 minutes. Une surfaceuse refait la glace entre chaque période de jeu.
Il existe de nombreuses compétitions nationales et internationales.
| Équipe | Médailles d'or aux Jeux Olympiques |
|---|---|
| Canada (Hommes) | 9 |
| États-Unis (Hommes) | 2 |
| Canada (Femmes) | 5 |
| États-Unis (Femmes) | 3 |