Amiens, ville française de 140 000 habitants située en Picardie, à 150 km au nord de Paris, a une riche histoire dans le monde du hockey sur glace. L'histoire du hockey sur glace amiénois a commencé avec l'inauguration de la patinoire d'Amiens à l'automne 1967. Sans autre expérience que celle de quelques valeureux passionnés qui pratiquaient quand le gel saisissait la Hotoie, la ville picarde allait découvrir le hockey au sein de l'ASC. Autour du premier président Jack Renel, des hommes de bonne volonté ont créé la section sports de glace de l'Amiens Sporting Club à l'automne 1967, aussitôt la piste ouverte.
Les deux premières saisons furent consacrées à la découverte du patinage, des rudiments de maniement de la crosse et du palet. Les dirigeants du club, notamment Jack Renel, Yves Brasseur et Julien Burnay, avaient décidé de consacrer tous les efforts à la formation de jeunes. Pas d'équipe senior donc, sauf un noyau de quelques "accros" qui "mangeaient" de la glace lorsqu'on voulait bien la leur laisser.
L'année suivante, la FFSG créait un championnat poussin, pour les enfants de 10 et 11 ans. Dans l'indifférence totale, une équipe était constituée, sous la direction de François Désérable. Dans le même temps, le club faisait appel à son premier technicien canadien, Jean-Roch Dufour pour encadrer les équipes benjamin, minime, cadet et pour jouer avec l'équipe senior en deuxième série.
À la stupeur générale, en mars 1972, l'équipe poussin devenait championne de France en battant Megève. On ne savait pas alors qu'elle allait être le ferment du développement d'Amiens. Avec comme capitaine un certain Antoine Richer qui allait devenir une des grandes figures du hockey français, avec Dominique Testu, Cyrille Hartmann, Xavier et Philippe Désérable, le gardien Frédéric Mandrin, William Fourdrain, Denis Sgarban, Robin Dauphin, Éric Guillaume, Jean-François Gobe ou encore Alain Moitrier, l'équipe poussin d'Amiens faisait figure d'épouvantail.
L'équipe minime, dirigée par Daniel Lapierre qui avait remplacé Jean-Roch Dufour, pointait en finale de coupe de France contre Gap, à Châlons-sur-Marne. Avec l'aide de Daniel Lapierre, les seniors disputaient un honorable championnat de la ligue du Nord, se qualifiant même pour les quarts de finale nationaux. Mais ils n'iront pas plus loin, sévèrement défaits par Metz.
Pour la saison 73-74, nouveau changement d'entraîneur, Daniel Lapierre laissant la place à Philippe Duval, un Franco-Canadien. Mais un problème familial rappelait Duval outre-Atlantique au début de l'année 1974, laissant François Désérable seul à l'entraînement. Les benjamins, qualifiés en finale contre Saint-Gervais, s'inclinaient sur la glace. Des années plus tard, François Désérable découvrait une supercherie des montagnards qui avaient fait jouer un minime, évidemment le meilleur, Michel Petit-Jean, avec une licence benjamin.
Lorsque le subterfuge fut révélé à l'assemblée générale des clubs de juin 1983 à Megève, la FFSG redonna le titre aux Amiénois sur tapis vert... Deux titres de champion de France pour un petit club de province, la surprise était grande. Pour 1974-75, le club changea à nouveau d'entraîneur en l'absence de François Désérable retenu au service militaire. Michel Hénault tint seul le sifflet des entraînements. Ce solide Québécois, renforçant l'équipe senior, fit frémir par sa puissance toute la ligue du Nord.
L'équipe senior se qualifiait facilement pour la phase finale, et obtenait son billet pour la nationale B. En six saisons de 2è série, les seniors avaient disputé seulement 38 matches de championnat. Chez les jeunes, ce fut disette. Avec une équipe en nationale B, Yves Brasseur, assisté de Jean Moitrier, souhaita donner un plus aux seniors.
Les débuts en nationale B furent laborieux : après une longue série de défaites, Amiens signait quelques victoires surprenantes, contre Caen et surtout contre Tours qui fut champion cette année-là. Antoine Richer et les minimes s'inclinaient à nouveau en finale contre Saint-Gervais, victimes de la même tricherie qui sera rectifiée plus tard. Le club fut endeuillé par le décès de Jean Moitier, président de la section hockey, le 18 octobre 1977. M. de Froberville fut alors nommé pour assurer la succession. Mais les jeunes restaient une priorité.
Un petit coup d'accélérateur apporta en 1979 une troisième place inattendue en nationale B derrière Caen et Lyon, et la victoire dans le critérium national. Les juniors gagnaient une place, l'argent, n'étant battus par Gap qu'au goal-average. 1980 donna à Amiens son premier grand titre, en junior. L'équipe 1 était toujours en bronze en 1981, tandis que l'équipe junior, très rajeunie, ramenait aussi le bronze comme l'année suivante.
Pour les seniors, ce fut un peu une déception car Amiens espérait bien aller plus loin, avec le renfort de Gord et Ron Armstrong. Dave Henderson, marié à une Française, avait obtenu sa naturalisation, et avait aussitôt été sélectionné avec l'équipe de France aux championnats du monde à Pékin où il allait marquer deux buts. Cela déclencha un mouvement de frustration chez les Amiénois et des envies de départ.
L'ancien international junior Dominique Brasseur ne parvenait pas à trouver d'autre club à temps, mais pour ce qui est des deux meilleurs espoirs du club, Antoine Richer était transféré à Tours et Jean-Paul Farcy prêté à Grenoble. L'un et l'autre étaient déjà en équipe de France et voulaient jouer en nationale A pour progresser. Pour compenser leur absence, le club recrutait un gardien franco-canadien, Patrick Marchand, et surtout un défenseur jeune mais déjà expérimenté, Dave Archambault, qui n'avait pas réussi à se faire une place dans l'équipe des Edmonton Oilers de Wayne Gretzky.
Ce fut l'année folle avec le titre de champion de France Nationale B 1982 et l'accession à l'élite du hockey français. À un an de la retraite, après cinq années de succès à la tête du club, Julien Burnay ne voulait pas quitter ses fonctions de direction de la patinoire sans assurer au préalable la transition de la présidence. Avec l'accession en nationale A, Amiens découvrait une nouvelle dimension du hockey. Le club était totalement amateur, et seul l'entraîneur et le joueur étranger étaient rémunérés, les autres touchant de faibles primes de match.
Pascal Waroquet, chirurgien-dentiste de son état, capitaine de l'équipe et doyen de la défense à 24 ans (!), annonçait : "Depuis trois ans, on était l'équipe à battre, il ne fallait pas décevoir. Aujourd'hui, on n'a rien à perdre, car on ne pourra pas rivaliser avec certaines équipes savoyardes... Les frères Armstrong étant retournés chez eux, Amiens fit venir un défenseur américain de Boston, Mike Toppazzini (qui remplaça l'imposant Archambault reparti pour raisons familiales et professionnelles), récupéra Jean-Paul Farcy (mais pas Richer que Tours ne voulait pas rendre), alors que Dave Henderson assurait l'entraînement.
Pour cette équipe extrêmement jeune, où seuls six joueurs avaient plus de vingt-trois ans, la tâche était difficile. Un défenseur canadien, ancien pro de la NHL, Larry Sacharuk, fut le renfort étranger de l'année suivante, tandis que Jean-Paul Farcy retournait à Grenoble. Amiens signait un excellent gardien, Frédéric Malletroit, et poursuivait sa politique de formation de joueurs locaux, avec Frédéric Allemand, Philippe Cagnart, Olivier Jacob, Cyrille de Herrypon, Jean-Marc Pillot et Arnaud Ziéba. Mêmes moyens, même galère, aggravée par l'abandon de poste de Larry Sacharuk en cours de saison, même classement, la onzième place.
Devant les difficultés, le club décida d'abandonner la technique de l'entraîneur-joueur. Dave Henderson ayant décidé de retourner au Canada, c'est en Suède qu'Amiens trouva son entraîneur, un Canadien toujours, George Tower, qui fit venir le premier renfort suédois vu en France, Thomas Moorehed. Avec le retour des deux anciens Amiénois, Dominique Brasseur et Robin Dauphin et la venue de deux jeunes, Marc Leroux de Dunkerque et Thierry Ouzelet d'Épinal, l'équipe se structura et récupéra en cours de saison Dave Henderson qui avait le mal du pays picard. La rigueur de George Tower porta ses fruits, avec une neuvième position et beaucoup d'espoirs pour l'avenir.
C'est du Japon qu'Amiens fit venir son nouvel entraîneur, mais toujours canadien, Gaetan Clavet. Deux recrues seulement, Éric Mindjimba et Michel Galarneau comme joueur étranger, venant de la NHL (Hartford) en passant par Eindhoven. Après un début de saison 1985/86 en demi-teinte, l'équipe se qualifiait in extremis, contre Grenoble, pour la phase finale. Et là, avec une redoutable efficacité, elle fit tomber en Picardie les deux épouvantails Paris et Saint-Gervais et remonta jusqu'à la troisième place derrière les intouchables.
La Nationale A fut réduite à dix équipes en 1986-87, avec le droit à deux joueurs étrangers. Michel Galarneau étant resté à la satisfaction de tous, Amiens recruta un autre attaquant, Greg Gravel, et renforça sa défense avec deux arrières de Saint-Gervais, Benoît Nicoud et François Dusseau. Amiens réussit une belle saison, s'affichant à la quatrième place finale. Après cinq années de présidence, François Désérable souhaitait prendre du recul. Claude Studer lui succéda, mais garda auprès de lui Jean-Marie Quintard à la vice-présidence.
La rotation d'entraîneur étant inscrite dans les faits, Amiens fit appel à un technicien pur, Yvon Gingras, pour la saison 1987-88. L'expérience tourna court. Le club s'était renforcé avec la venue de deux Franco-Canadiens, Sylvain Beauchamp, un buteur d'instinct, et Luc Marengère. Michel Galarneau restant le pilier comme joueur étranger, Amiens recruta un défenseur, Gaëtan Pélissier, élu trois fois de suite dans l'équipe-étoile du circuit universitaire canadien.
Les turbulences de l'entraînement furent défavorables aux résultats, l'équipe finissant à la septième place, même pas qualifiée pour la phase finale. Jean-Marie Quintard allait organiser une nouvelle équipe pour l'année suivante. Se souvenant des qualités de George Tower, il le fit revenir à la tête de l'équipe. Michel Galarneau restait à Amiens dans l'attente de sa naturalisation.
Pour compléter l'équipe, deux nouveaux Franco-Canadiens, Louis Côté en défense et Stéphane Lessard, un joueur rattrapé par le fisc pour impôts impayés lors de son passage à Saint-Gervais, à l'attaque. Mais surtout, l'innovation vint de l'est avec la venue de deux Soviétiques, le défenseur Vladimir Zubkov, ancien champion d'Europe avec le CSKA Moscou, et l'attaquant Vladimir Lubkin, capitaine du Dynamo Riga.
Le jeune président Quintard expliqua ainsi les circonstances de leur arrivée : "Notre ancien entraîneur Clavet avait appris au Japon que les les Soviétiques étaient disposés à s'ouvrir à l'Europe de l'ouest. Nous avons alors contacté le Comité des sports à Moscou par le truchement du comité France-URSS à Paris, en 1987. Pas de réponse pendant des mois ! Et puis brusquement, début septembre 1988, un télégramme : vos deux joueurs arrivent après-demain à Roissu par tel vol ! M.
Avec cette équipe fantastique, Amiens pointait dans le groupe de tête du championnat 1988-89. Jean-Marie Quintard avait, entre temps, laissé à André Candas - alias "Monsieur Météo" - les rênes du hockey. Celui-ci conserva la même ossature l'année suivante y compris le fidèle entre tous, le dirigeant d'équipe Georges Fauquant, décédé le 16 février 1999. Amiens signait l'international Pierre Pousse et enregistrait le retour d'Antoine Richer après huit ans d'absence ; son frère, François, quittait le club pour Reims, en même temps que Christophe Moyon et Thierry Ouzelet.
Mais peu avant le début de saison, Stéphane Lessard rejoignait son ami Roch Voisine (ancien hockeyeur avant qu'il n'interrompe sa carrière à cause d'une blessure au genou), qui commençait à percer au Québec, pour faire valoir ses talents d'auteur. "J'ai une opportunité formidable, et depuis que je l'ai appris, je n'arrive plus à dormir. C'est un truc que j'attends depuis huit ans, je ne pouvais pas dire non. Ce qui m'embête, c'est que ça arrive à quinze jours du championnat. Je ne voulais pas partir comme un sauvage, j'aurais pu prendre l'avion sans rien dire à personne mais moi je ne suis pas comme Aubry (ex-Chamonix)", annonce-t-il en lâchant le club. Ses ex-coéquipiers comprendront mieux ce départ l'été suivant en entendant le tube Hélène déferler sur la France.
Les finances du club étaient fragiles depuis longtemps ; ce n'est qu'à l'été 90, avec la démission du président Studer que l'ampleur du problème apparut. Non sans courage, Jean-Marie Quintard fut le seul à rester aux commandes et parvint à maintenir le club. D'audit en expertise, le déficit passait à près de huit millions et le dépôt de bilan devenait inévitable. Fin novembre, l'Amiens Sporting Club disparaissait.
Le championnat avait repris, à huit équipes, avec pour Amiens une équipe légèrement remaniée par les départs de Pierre Pousse et Sylvain Beauchamp à Briançon, et les arrivées de Patrick Dunn, un Franco-Canadien, et Petr Nachtigal, un Franco-Tchèque. Début janvier 1991, avec l'aide de la ville d'Amiens, du Conseil Général de la Somme et de nouveaux sponsors, naissait le HCAS, Hockey Club Amiens Somme, qui reprenait le flambeau. Le nouveau club était maintenant détaché du patinage artistique et de la danse sur glace. Un comité provisoire présidé par Jean-Marie Quintard allait gérer le club et le mettre sur rails.
Avec un budget très encadré, le HCAS s'organisait en faisant confiance aux joueurs locaux. Dave Henderson, après seize années, raccrochait ses patins de joueur et prenait le sifflet d'entraîneur. Abandon de la filière soviétique et retour à la tradition canadienne avec l'arrivée du défenseur Dave Reierson, un ancien "olympique" canadien, et de l'attaquant Garry Yaremchuk. Pour corser l'attaque, le pur buteur Roger Dubé, Canadien naturalisé venant de Bordeaux. Le hockey français hoquetant gravement, le championnat commençait à huit équipes, puis se réduisait à six. Amiens achevait le championnat à la cinquième place.
En juin 1992, le hockey français était effondré par les faillites de plusieurs clubs. L'Amiénois François Désérable était alors porté à la présidence du Comité National du Hockey sur Glace (CNHG). Après bien des péripéties, un championnat fut construit avec seize équipes en nationale 1. À Amiens, la sagesse guidant l'action, Jean-Marie Quintard fit de nouveau confiance à Dave Henderson qui, devint, pour la première fois en dix ans, le premier entraîneur à se succéder à lui-même. La première partie du championnat fut confortable avec une seule défaite à Anglet. La seconde partie laissait la part belle à Rouen, invaincu, ses trois adversaires n'étant départagés qu'à la différence de buts... et malheureusement, Amiens récoltait la quatrième place qui allait l'opposer à...
Tout commença quelques mois avant le départ (provisoire) du célèbre renfort russe Vladimir Zubkov pour Chamonix à l’issue de sa troisième saison en Picardie. En effet, après une première tentative avortée en 1989 pour conquérir la Coupe Magnus (défaite en série finale face aux Français Volants de Paris), les dirigeants du club d’Amiens ne se découragèrent pas mais ils eurent le tort de se lancer dans une fuite en avant suicidaire sur le plan financier. Lorsque Claude Studer, le président de l’Amiens Sporting Club (qui englobait plusieurs disciplines), décida de démissionner au mois de juin 1989, l’ampleur du problème apparut alors au grand jour. Après plusieurs audits et expertises, il fut évident que le dépôt de bilan était inévitable. Avec beaucoup de courage, Jean-Marie Quintard, son successeur, accepta de venir reprendre pour la deuxième fois les commandes de la section hockey sur glace de l’ASC pour tenter de sauver les meubles.
Au cours de la saison 1990-1991, le club d’Amiens était en effet en plein naufrage financier. A tel point que les joueurs n’étaient plus payés et l’URSSAF imposa un redressement fiscal. Du coup, le déficit du club avoisina les 300 000 euros actuels. Pourtant le club de Picardie allait bénéficier d’un passe-droit pour le moins discutable concédé par la FFSG, son ancienne fédération de tutelle. Dans un premier temps, le hockey sur glace amiénois fut condamné à être jeté « comme le bébé avec l’eau du bain » puisque le grand club omnisports de Picardie qui l’hébergeait fut mis en liquidation judiciaire le 28 décembre 1990. Théoriquement, toutes ses sections sportives parmi lesquelles se trouvait donc le club de hockey devaient disparaître totalement.
Mais, comme par un coup de baguette magique, grâce à une aide financière exceptionnelle octroyée conjointement par la ville d’Amiens et par le Conseil Général, ainsi que le soutien d’un nouveau sponsor (l’entreprise de construction Quillery), le club de la Somme allait renaître immédiatement de ses cendres en devenant un club totalement autonome qui prit désormais le nom de Hockey Club Amiens Somme (HCAS). Pour tirer un trait définitif sur le passé et se débarrasser des dettes, on débaptisa donc les « Ecureuils » qui devinrent subitement les « Gothiques » !
Ce nouveau nom original fut l’idée d’une agence de publicité qui prit comme référence le style architectural de la célèbre cathédrale de la ville de Picardie. Cette transformation radicale permit ainsi au président Jean-Marie Quintard de rester à son poste avec l’ensemble de son équipe. Le nouveau club se débarrassa donc à moindre frais et avec soulagement d’un très lourd fardeau financier et put se faire ainsi une nouvelle virginité… Son tour de passe-passe fut d’autant plus adroit que la FFSG, qui n’était pas très regardante et savait adapter de manière très cavalière le règlement, accepta sans sourciller le moins du monde que les nouveaux « Gothiques » prennent immédiatement la place des « Ecureuils » dans le championnat de France ! Cette entourloupe spectaculaire eut lieu dès le 5 janvier 1991 à l’occasion d’un match de championnat élite contre Bordeaux.
Pour l’anecdote, l’ancien entraîneur national, le canadien naturalisé Dave Henderson, qui devait trouver les mœurs du hockey français parfois surprenants, profita de la fin de cette saison très particulière pour mettre un terme définitif à sa carrière de joueur le 18 avril 1991, à l’âge de quarante ans, après avoir disputé un ultime match de play-off à Grenoble. Un peu plus tard, Dave Henderson déclara : « J’aurais bien voulu continuer à jouer mais mon corps ne suivait plus. A un moment, il faut être lucide et savoir s’arrêter. Je ne risque pas d’oublier la date de mon arrêt car le chiffre de cette fameuse année est gravé au dos d’une montre que le club m’a offert à cette occasion.
Historique, magnifique, incroyable, les adjectifs ne suffisent plus pour décrire le succès amiénois en finale de coupe de France. Cette rencontre les Gothiques l’ont emportée au terme d’un scénario incroyable qui avait vu les Lyonnais égaliser à 2 secondes du coup de sifflet final. Un épilogue dramaturgique pour le président Patrick Lettelier qui a vécu les derniers instants « très difficilement comme tous les amiénois », qualifiant même ses joueurs de « Rois du suspens ». Finalement, ce sont bien les Amiénois qui l’ont emporté en prolongation, grâce à Tommy Giroux.
La victoire de l’abnégation, la victoire d’une équipe avec un grand « E » : « C’est là où on voit que l’équipe a du caractère, c’est ce que les coachs essaient de nous mettre dans le cerveau depuis 2 ans. Même constat pour Henri-Corentin Buysse, admiratif devant la combativité de ses partenaires : « L’équipe a du caractère, on travaille énormément… J’ai dû faire pas mal d’arrêts ce soir, mais je pense que les gars réunis, ils en ont fait encore plus que moi. Tandis que l’enfant du club, Romain Bault, reconnaissait qu’une certaine pression disparaissait avec ce titre « C’est génial, c’est une pression en moins sur les épaules, c’est vrai que ça nous tenait vraiment à cœur de ramener cette coupe. On a fait le boulot et rentrer dans l’histoire d’un club, c’est toujours important ».
Après la rencontre, Tommy Giroux et Félix Plouffe étaient comblés de bonheur et ne cessaient d’associer les supporters à ce succès « Ecoute c’est incroyable. Honnêtement tu sais pour moi cette année c’était la première année professionnelle et je pense que de vivre ça avec le groupe de joueurs qu’on a, l’alchimie qu’on a, il n’y a rien de plus beau au monde, rien de plus fun. Je suis content aussi pour tous les partisans, derrière nous qui nous ont supporté, ils sont venus nous encourager à Bercy, et ça aussi c’est la récompense au bout du compte, c’est à eux aussi, c’est indescriptible comme moment. Pour Tommy Giroux, buteur héroïque durant cette finale, les Amiénois présents dans les gradins ont été d’un soutien incroyable : « Ça fait tellement plaisir de voir les partisans heureux comme ça, ils font partie de l’équipe comme nous tous, ils nous ont permis de l’emporter, et nous sommes fiers de l’avoir fait pour eux. On entendait juste eux, quand les autres équipes marquaient, il n’y avait pas beaucoup de bruit, mais il y avait les huées de nos fans.
La performance des joueurs est magnifique, mais le travail de l’ombre des Bâtisseurs est à mettre en avant « C’est vraiment la suite d’un travail long qui a été fait avec des actionnaires, qui se sont accrochés, qui se sont serrés les coudes. Pour Romain Bault il est désormais temps de profiter de toute la magie qui entoure ce beau succès : « C’est sûr que l’on a eu un début de saison compliqué, et là c’est juste magnifique de pouvoir lever cette coupe. Le temps d’un week-end, la magie s’est donc emparée de Bercy, la magie d’une équipe, d’un groupe, d’une multitude de supporters, qui ensemble, ont participé à écrire l’une des plus belles pages de l’histoire des Gothiques.

Les Gothiques d'Amiens aujourd'hui
Cette année encore, les Assurances Mutuelles de Picardie sont fières de poursuivre leur partenariat avec le club Les Gothiques d'Amiens (Amiens Hockey Elite) ! Basés à Amiens, ils évoluent au sein de la Ligue Magnus, le plus haut niveau du hockey français. Le club est reconnu pour sa combativité, son esprit d'équipe et sa capacité à rassembler les supporters autour de la passion du hockey. Avec une riche histoire marquée par plusieurs titres et qualifications européennes, les Gothiques incarnent l'excellence sportive et sont un véritable symbole du dynamisme de la région Picardie.
“Comme vous le savez, je suis né Gothiques et je le suis resté pendant 16 saisons. C’est avec une grande fierté que j’ai joué pour les couleurs de ma ville. Aujourd’hui c’est fini… C’est avec le cœur lourd que je tenais à vous remercier. Merci au club d’Amiens, aux sponsors, et à tous mes coéquipiers rencontrés pendant ma carrière et surtout, ceux avec qui je suis devenu ami. Merci aux coachs du hockey mineur d’avoir cru en moi et de m’avoir offert la chance de devenir professionnel. Merci à Vous, les supporters, les abonnés qui êtes toujours derrière nous. Mon seul regret est de ne pas avoir su que c’était mon dernier match et de ne pas avoir pu vous dire au revoir. Merci pour toute ta carrière, tu es Gothique à jamais !
Les moments clés de l'histoire des Gothiques d'Amiens
Voici un aperçu des moments clés de l'histoire des Gothiques d'Amiens :
| Année | Événement |
|---|---|
| 1967 | Inauguration de la patinoire d'Amiens et création de la section sports de glace de l'Amiens Sporting Club |
| 1972 | L'équipe poussin devient championne de France |
| 1982 | Champion de France Nationale B et accession à l'élite du hockey français |
| 1991 | Naissance du HCAS (Hockey Club Amiens Somme) et transformation des "Ecureuils" en "Gothiques" |
| 2021 | 30ème anniversaire de la transformation des "Ecureuils" en "Gothiques" |