Le maillot de gardien de but, à l'instar de la tenue du libéro en volley, se distingue de celui des autres joueurs par ses couleurs et son rôle spécifique sur le terrain. Au cœur de cette distinction, le maillot rouge du gardien du PSG revêt une importance particulière pour les supporters historiques du club.
De 1973 à aujourd'hui, voici l'évolution du maillot du PSG designé par Daniel Hechter
Le 21 juillet dernier, au Parc des Princes, Michaël Tommasi, membre du bureau du Collectif Ultras Paris (CUP), était présent lors du match amical entre le PSG et le Celtic Glasgow. Pour les ultras parisiens, ce match revêtait un double enjeu : montrer que les supporters pouvaient assister au stade tout en respectant les gestes barrières, et raviver l'attachement aux symboles du club.
Cela faisait près de vingt ans, depuis la saison 1999/2000, que les plus attachés aux symboles du club espéraient retrouver ce maillot. Une longue attente, expliquée surtout par les excentricités de Nike à ce niveau mais aussi par le conflit ouvert entre les ultras et le club lors de la mise en place du plan Leproux en 2010 rendant le dialogue à ce sujet impossible.
La Genèse d'un Retour aux Sources
Les discussions entre le CUP et le PSG ont été longues et complexes. « Durant les premières années, je faisais des procès au PSG et les seules relations que j’avais avec eux se caractérisaient par croiser mon confrère avocat qui représentait le club, explique Cyril Dubois, avocat du CUP. On était adversaires. »
Au cours de ces réunions, Romain Mabille (actuel président du CUP), Michael Tommasi ou encore James Rophe tentent de recréer du lien avec le club. On leur avait dit que ce serait bien de rencontrer Nike. Le premier gros combat qu’on a gagné, c’était notre retour au Parc des Princes. À force de le répéter, Jean-Claude Blanc nous a promis de nous convier à la réunion lorsque les personnes de Nike Etats-Unis seraient de passage au siège. Pour qu’on leur expose notre vision.
En octobre 2018, le coup de fil tant attendu arrive. Cyril Dubois et Mickaël Tommasi se rendent au siège du Paris Saint-Germain à Boulogne-Billancourt. Ils sont reçus par le directeur de la communication du club, Jean-Martial Ribes, les référents supporters ainsi que des représentants et designers américains de Nike.
Le but ? Montrer en direct à des gens qui ne connaissent pas grand-chose à l’histoire du club - et qui pensent avant tout business - ce qui compte réellement aux yeux des supporters du PSG. Et ça marche. Je leur ai dit que quand j’étais en voyage, à 300 mètres, je pouvais d’ores et déjà reconnaître un supporter de Liverpool.
Les discussions se poursuivent, la bande rouge historique qui traverse le dos est écartée assez rapidement à cause des normes de l’UEFA.
Ce qui n’empêche pas Mickaël Tommasi d’en remettre une couche : « Moi, j’en avais un peu rien à foutre de leurs statistiques économiques. Je leur ai dit qu’on pouvait comparer avec d’autre clubs qui sont économiquement bien placés. Le Real, ils jouent en blanc ? Oui. Le Barça, ils ont leurs couleurs traditionnelles à domicile ? Aussi. Tous les grands clubs ont cela, sauf nous. Si eux s’en sortent, pourquoi pas nous ? Il n’est pas orange ou violet, il est rouge et bleu. C’est l’histoire du club, de notre ville. Les designers américains, ils ne sont pas vraiment au courant de ça.
L’avocat des ultras prend peur : « Je pensais qu’il allait les ramener avec lui aux USA pour les étudier ! J’ai pensé que je ne m’étais pas bien fait comprendre, qu’il y avait eu une erreur de traduction. Je lui ai alors rappelé que c’étaient les miens, ce à quoi il a répondu avec humour qu’il voulait juste les plier correctement ! Pour les retrouver ensuite, ça aurait été compliqué (Rires). »
Les deux hommes ne peuvent alors absolument pas mesurer l’impact de ce qui vient de se produire. Ils savent simplement déjà que, pour des questions de délais, leurs remarques ne pourront pas êtres prises en compte pour la saison 2019-2020 à cause du temps de fabrication.
« On était un peu déçus, mais on a eu une bonne surprise en voyant ceux qui sont prévus pour cette saison des 50 ans, complète Mickaël Tommasi. C’est une belle victoire, vu qu’en plus il est magnifique. Honnêtement, je ne sais pas si cette réunion a vraiment compté dans leur choix, mais le rendu nous plaît. »
Les autres fans parisiens aussi ont l’air conquis. Pour France Bleu Paris, Kévin Gandois, le manager de la boutique du PSG, expliquait que le jour de sa sortie « de nombreux fans étaient présents avant l’ouverture (…) Sur une journée, on a fait l’équivalent d’une semaine de ventes. »
Même Daniel Hechter en personne, malgré le logo qui coupe la bande sur le devant, le trouve « à peu près fidèle » .
C’est celui que les supporters historiques du club aiment et veulent, conclut Cyril Dubois. Nous, on a fait ce qu’on a pu à notre niveau, mais c’est maintenant à tous les fans du PSG et au club de faire en sorte que ça ne reparte pas dans deux, trois ans sur d’autres motifs.
Cette anecdote met en lumière l'importance des couleurs et des symboles pour les supporters, et la nécessité pour les clubs de tenir compte de leur histoire et de leurs traditions. Le maillot de gardien rouge du PSG est bien plus qu'un simple vêtement sportif, c'est un symbole d'identité et d'appartenance.
Au-delà du cas spécifique du PSG, l'histoire des maillots de gardien est riche en anecdotes et en personnalités marquantes. Des gardiens légendaires ont marqué l'histoire du football par leurs performances, mais aussi par leurs tenues originales.

Par exemple, Lev Yachine, surnommé l'araignée noire, portait une tenue noire de la tête aux pieds à une époque où les seules couleurs autorisées pour les gardiens étaient le vert, le bleu, le rouge et le blanc. Le gardien paraguayen José Luis Chilavert, élu deux fois meilleur gardien de l'année, s'est illustré en marquant 62 buts dans sa carrière professionnelle.
Certains gardiens ont même fait preuve d'une créativité débordante dans le choix de leurs tenues. Durant la saison 2004-2005, Jérémie Janot, gardien de l'AS Saint-Étienne, a porté un maillot Spiderman qui a marqué les esprits. “Le partenariat avec l’équipementier Duarig a été une aubaine fantastique, pour moi comme pour l’ASSE. Nous avons réalisé des choses exceptionnelles, vécu de vrais délires entre nous, joueurs, et les salariés.(…) Quand j’avais une idée farfelue, on en parlait. Et 48 heures plus tard, tout était prêt. Nous n’avions pas de limites ! Nous avons connu l’apothéose avec la tenue de Spiderman. Là, on avait atteint le maximum. On n’a pas voulu tomber dans une surenchère stupide ou ridicule, en faisant la tenue de trop.
Le fils caché de Jérémie Janot, Pablo Aurrecochea est le portier de l’AS Atlanta en Argentine.
Les Couleurs Autorisées pour les Gardiens
Autrefois, les couleurs autorisées pour les gardiens étaient limitées au vert, bleu, rouge et blanc, excepté pour les matchs internationaux où le jaune et le noir étaient autorisés.
En conclusion, le maillot de gardien rouge du PSG est un symbole fort de l'histoire du club et de l'attachement des supporters. Son retour est le fruit d'un long processus de dialogue et de concertation, et témoigne de l'importance de préserver l'identité et les traditions dans le monde du football.