Thierry Omeyer: Caractéristiques d'un Maillot de Gardien Légendaire

Tout a une fin, même pour Thierry Omeyer. À 40 ans, l'inusable gardien de l'équipe de France a mis un terme à sa carrière internationale en fin de saison. Les Bleus perdent l'un de leurs piliers depuis plus de dix ans et surtout le joueur le plus titré de l'histoire. Retour sur le parcours d'un gardien d'exception et les caractéristiques qui ont fait de lui une légende.

Un Palmarès Inégalé

Il est le seul à posséder dix médailles d'or : 2 olympiques, 3 européennes et 5 mondiales, dont la dernière glanée à domicile en janvier dans la peau d'un remplaçant. Un palmarès hors norme pour un joueur dont la longévité l'est également. Dès sa première grande compétition internationale, lors du Mondial-2001 en France, Omeyer connaîtra les joies d'un titre, le premier de sa carrière, aux côtés de son compère Daniel Narcisse qui a aussi décidé de raccrocher.

Il ne ratera ensuite aucune des vingt campagnes des Bleus. Omeyer se muera souvent en sauveur grâce à sa maîtrise des duels, ses réflexes, sa souplesse et sa mobilité.

Les Qualités d'un Champion

A cette époque, Omeyer n'a alors que 22 ans et il n'est pas considéré comme un futur grand. Mais sa force mentale, sa boulimie de travail et sa haine de l'échec feront la différence. En 2008, il est élu meilleur joueur de l'année, l'équivalent du Ballon d'or au foot. Deux ans plus tard, des internautes le désignent comme le meilleur de tous les temps à son poste sur le site de la Fédération internationale (IHF), devant des légendes comme le Russe Andreï Lavrov, triple champion olympique (1988, 1992, 2000).

Discret et peu disert devant les médias, le natif de Mulhouse se transformait sur les parquets. Point rageur et regard habités vers le public, son banc ou celui de l'adversaire, il maîtrise parfaitement la guerre psychologique sur le terrain. "C'est quelqu'un de gentil et plutôt timide. Mais il a une vraie deuxième nature, liée à son côté compétiteur. Il devient tout d'un coup un gagneur", explique l'ancien sélectionneur Claude Onesta.

Mauvais perdant, Omeyer avoue lui-même ne pas aimer perdre "les petits matches de foot" qui débutaient ses sessions d'entraînement en Allemagne. La légende dit qu'il n'accepte de perdre qu'aux jeux de société avec ses enfants Manon et Loris. "C'est un psychopathe", s'amusait son inséparable ami Daniel Narcisse. A la question: quand Omeyer s'arrêtera-t-il? Narcisse aimait répondre en riant qu'il préparait les jeux Olympiques de 2024!

Daniel Narcisse et Thierry Omeyer, un duo inoubliable.

L'Évolution du Rôle de Gardien

Mais l'année 2017 aura sonné comme le champ du cygne pour l'inoxydable gardien qui a perdu sa place de titulaire lors du Mondial au profit de Vincent Gérard. Remplacé à la mi-temps du quart de finale contre la Suède, il était resté sur le banc en demi-finale face à la Slovénie et n'avait joué que les quinze premières minutes en finale contre la Norvège.

À l'occasion de la sortie de son autobiographie, l'ancien gardien de but du PSG et des Bleus a décrypté comment son corps l'avait aidé à devenir une référence à son poste. Avec « Chaque but est une défaite » (Marabout), Thierry Omeyer avait envie de parler des particularités du poste de gardien qu'il a occupé avec succès pendant de longues années, avec Montpellier, Kiel, le PSG et surtout avec les Bleus (358 sélections). Les pieds, les bras, les mains mais aussi la tête : à l'occasion de la sortie de ce livre, celui qui a pris sa retraite en juin 2019 a accepté d'analyser pour nous les différentes parties de son corps, celles dont un gardien de handball doit se servir pour remplir au mieux sa mission.

Reconversion et Héritage

Fini les survêtements et les sweat-shirts orange, jaune ou vert. Pour le Trophée des Champions de handball à Limoges, qui opposait, samedi 31 août, le Paris-Saint-Germain à Montpellier, l’ancien gardien parisien Thierry Omeyer avait revêtu sa tenue d’apparat. En costume… et en baskets blanches, comme pour signifier que son cœur serait toujours sur les terrains. « Titi » Omeyer, comme on a coutume de l’appeler, était venu en spectateur pour supporter ses anciens partenaires du PSG et superviser ses futurs collègues. Car si le maître des cages aux 59 titres nationaux et internationaux a mis un point final à sa carrière de joueur, sa reconversion ne fait que commencer. A 42 ans, il vient d’intégrer le staff de Paris en tant que manageur pour une durée de trois ans.

Déjà titulaire d’un diplôme d’entraîneur, il avait entamé il y a deux ans une formation au Centre de droit et d’économie du sport (CDES) de Limoges pour devenir manageur. Il avait retrouvé les bancs de l’école à raison de six séminaires par an. « Je voulais avoir le maximum d’atouts pour mon après-carrière, parce que, quand on est sportif de haut niveau, on n’y pense pas vraiment, on est concentrés sur son quotidien, ses matchs. Je n’avais pas envie d’entraîner tout de suite, je voulais plutôt voir comment fonctionnait un club de l’intérieur. »

« Bien sûr qu’un jour je ferai quelque chose avec l’équipe de France ! » Même si, en juillet, Thierry Omeyer a refusé l’offre du sélectionneur Didier Dinart pour devenir l’entraîneur des gardiens des Bleus, afin de se consacrer pleinement à son nouveau rôle au PSG, il songe, malgré tout, à aider les Tricolores à conserver leur statut d’« Experts ». Mais pas tout de suite. « Je ne veux pas m’enfermer dans le rôle de gardien de but, j’ai envie de prendre du recul. A terme, bien sûr que je ferai quelque chose avec l’équipe de France… Enfin, si on me sollicite ! plaisante-t-il. Je proposerai aussi mes services. C’est sûr que j’y reviendrai. »

Avec deux titres olympiques (2008, 2012), cinq sacres de champion du monde et trois couronnes de champion d’Europe, Thierry Omeyer détient le record du nombre de médailles d’or pour un international français. Il aurait de précieux conseils à prodiguer à ses successeurs.

« C’est sûr que je ferai quelque chose, à la fédération, avec l’organisation, avec les Bleus car on a la chance d’accueillir les Jeux et c’est, pour moi, le plus bel événement sportif qui soit », répond Thierry Omeyer. C’est, en tout cas, le plus beau souvenir qu’il garde de son immense carrière - 18 ans et 356 sélections en bleu. « Mes deux titres olympiques sont au-dessus des autres : champion olympique, ça parle de soi-même. Jamais je n’aurais pu rêver à une telle carrière quand j’étais plus jeune, même si, au fur et à mesure, c’est devenu un objectif. C’est fou quand je regarde en arrière et que je vois tous les titres gagnés et toutes les aventures humaines que j’ai eu la chance de vivre. Je ne changerai en rien tout ce que j’ai vécu. »

Tiby Symposium 2018 - Thierry Omeyer - Presentation of goalkeeper schools on shooting

L'Alsace, Terre de Gardiens

"Made In Alsace". À l’heure d’évoquer le poste de gardien de but, le tampon alsacien est indéniablement synonyme de qualité. L’inoxydable Thierry Omeyer et le meilleur gardien du dernier Mondial, Vincent Gérard, sont ainsi les plus beaux exemples de la formation délivrée dans le Bas-Rhin, entre le pôle Espoirs de Strasbourg et le centre de formation de Sélestat. Alors que l’on peut également citer le Cristolien Mickaël Robin, la dernière perle en date se nomme Julien Meyer.

Julien Meyer, un Héritier Prometteur

Difficile, avec ce patronyme, de passer à côté de la filiation avec l’actuel gardien du PSG. Une réponse à l'image de Julien Meyer. À 20 ans, le gamin a la tête sur les épaules et sa maturité saute aux yeux. Un caractère et un recul qu’il puise notamment dans sa jeunesse, loin d’être bercée par le handball. C’est lors de son passage dans la catégorie des -12 ans que le jeune Julien décide d’aller s’amuser entre les bois. "Il fallait un gardien, et je faisais parti de ceux qui aimaient le moins courir, explique-t-il. J’ai rapidement commencé à me prendre d’affection sur le simple fait d’arrêter un ballon. Et puis, plus tu grandis, plus les années passent, et plus tu apprécies toute la machinerie qui se cache derrière. C’est un poste vraiment passionnant."

Une « machinerie » qui lui est inculquée par Jean-Luc Kieffer, véritable dénicheur de talent et formateur des gardiens alsaciens. C’est durant ce cheminement qu’il inocule ses idées dans la tête de Julien Meyer, jeune gardien qui ne sort pas forcément du lot au démarrage. Une assiduité à la tâche unanimement reconnue. "C’est vraiment un gros travailleur. Il a toujours été très sérieux car il sait exactement où il veut aller, explique son ami Yanis Lenne. C’est aussi quelqu’un de très intelligent, ce qui lui permet d’anticiper les échéances. Il calcule beaucoup, réfléchit beaucoup."

Surclassé, Julien Meyer a décroché le titre de meilleur gardien du Mondial U21 en 2015. En attendant, il s’applique à grandir du côté de Chambéry qu’il a choisi de rejoindre en fin de saison passée, quittant par la même occasion le cocon formateur. "Ca me permet de travailler avec Yann (Genty). C’est quelqu’un de très expérimenté et il m’aiguille sur beaucoup de choses. C’est ce pourquoi je suis venu. Yann est quelqu’un d’assez atypique, qui compense par une connaissance des autres phénoménale. "Je suis satisfait de ces six premiers mois, glisse-t-il. Je suis en avance sur les points de passage que je me suis fixés."

Jeux olympiques, championnat du monde, championnat d'Europe : ils ont tout gagné. Ce samedi (à 18 heures), à Clermont-Ferrand, l'ailier et le gardien de but, capables de s'envoler dans les airs pour l'un, de bloquer des tirs imparables pour l'autre, disputeront leur dernier match en équipe de France. L'occasion de battre la Norvège, comme lors de la finale du dernier Mondial, et de mettre les Bleus sur orbite afin de se qualifier pour le prochain Euro, en 2018 en Croatie.

Tableau des distinctions de Thierry Omeyer

Compétition Nombre de médailles d'or
Jeux Olympiques 2
Championnats d'Europe 3
Championnats du Monde 5
Total 10

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