L'impact et l'utilisation de la couleur dans des contextes sportifs reste un domaine de recherche relativement peu exploré. Les couleurs des maillots de football ne sont pas qu'une simple question d'esthétique; elles sont des signaux essentiels pour la tribu, envoyant des messages importants sur ceux qui les portent.
Dans le monde du football, comme dans la nature, les couleurs exhibées sont des signaux essentiels pour la tribu. Elles autorisent un rapport de complicité infra consciente, ce «sens pratique» qui permet à chaque individu d’adapter ses comportements dans la société de manière quasi automatique sans recourir à une réflexion consciente et au discours. Elles sont productrices, à l’insu des acteurs eux-mêmes, de tel ou tel registre d’actions ou de représentations.
Mais, les journalistes et les supporters assistant aux matchs de football ont commencé à exiger que les équipes portent des équipements particuliers pour rendre plus commode la distinction des équipes, des joueurs et des spectateurs. Au Royaume-Uni à l'époque, le football était presque exclusivement le sport de la classe moyenne supérieure qui pouvait facilement se permettre d'acheter une chemise aux couleurs de son club.
En réalité, elles sont des signaux essentiels pour la tribu. Comme les couleurs exhibées par beaucoup d'animaux ou de fleurs, elles envoient des messages essentiels à propos de ceux qui les portent. En conséquence, cette fonction restreint leur variété. Il n'y a pas non plus de clubs qui envoient leurs « héros » sur le terrain en portant des stries grises et marron.
Ce qui, au début, a l'air d'être une cacophonie sauvage de couleurs et de dessins, s'avère à l'examen plus proche d’être une gamme sévèrement limitée à peu de choix.
Les couleurs extrêmement voyantes ne sont pas simplement faciles à voir pour passer la balle à un coéquipier, elles sont aussi intimidantes pour l'ennemi. Au niveau non conscient, elles envoient un message disant, « je suis courageux », « je ne suis pas effrayé par toi ». Plus brillante est la couleur, plus féroce semble son propriétaire. À cet égard les footballeurs ressemblent aux animaux assez dangereux.
N'importe quelle espèce d'animal qui possède une arme défensive spéciale, comme le serpent avec son venin ou la guêpe avec son dard annonce ce fait à ses ennemis potentiels. Il le fait en portant une « couleur qui effraie » en quelque sorte, à laquelle les ennemis réagiront aussitôt qu'ils la verront. Les serpents venimeux ont souvent des bandes brillantes d'orange et noir, les guêpes sont brusquement marquées dans jaune et noir.
Presque tous les animaux venimeux ou dangereux annoncent leur présence avec leurs couleurs et il est surprenant de constater que l’on peut faire le parallèle avec les tenues de football, surtout avec les dessins contenant des stries ou des bandes.
L'avantage de porter des pièces de couleur très contrastées consiste en ce que ces lignes tranchées restent, même si le fond change. Et cela s'applique, aussi bien aux animaux qu’aux footballeurs. On peut avancer comme explication que les « couleurs d’animaux venimeux » donnent aux adversaires une sensation non consciente qu'ils peuvent être « piqués » ou « empoisonnés » par un contact trop proche.
Même si cet avantage psychologique opère à un niveau infra conscient, il ne doit pas être ignoré. Les joueurs eux-mêmes peuvent rire d'une telle suggestion, mais il n’est pas facile d'être certain de l'impact, effectif, de différentes couleurs quand elles sont portées par un joueur qui avance vers vous à toute allure.
Bleu, même bleu foncé, semble manquer de férocité pour une couleur si populaire. Blanc semble délavé et incolore. Les jaunes et l'orange, sont si répandus parmi les animaux dangereux qu'il est curieux de ne pas les trouver dans de plus grandes proportions.
Si l’on regarde les couleurs les plus répandues, le rouge est facile à comprendre. C'est la plus notable de toutes les couleurs, surtout à distance et elle a un impact symbolique puissant comme couleur du sang, représentant ainsi énergie, vie, force, pouvoir et intensité. C'est la couleur parfaite pour n'importe quelle équipe sportive et il est difficile de comprendre pourquoi, dans quelques pays, elle n'est pas encore plus populaire que cela.
Le grand attrait du bleu est plus dur à expliquer. En beaucoup de choses, c'est l'opposé du rouge, c’est la couleur de la paix, du repos, de l’harmonie et de la loyauté. Peut-être son secret en est la direction de son message.
Symboliquement, blanc est la couleur de la mort et de la peur, la glace, la neige et le froid ainsi que la pureté et l'innocence et ne symbolise pas les qualités les plus nécessaires dans le monde sportif. En plus, c’est vite sale et paraît crasseux pendant tout le match. Et pourtant le blanc reste une des trois couleurs les plus privilégiées.
La seule explication de sa popularité (à part le fait d’attirer l’attention) est qu'il représente vraiment un autre symbole, à savoir celui du héros. Du temps où beaucoup de clubs devenaient pérennes, à la fin du dix-neuvième siècle ou du début du vingtième, il y avait deux expressions d’usage commun : il est « blanc comme neige » et « le côté noir des choses » de l’autre.
Dans ce contexte, blanc signifie honorable ou équitable, pendant que noir signifie infâme ou sinistre. La distinction était fondée à l'origine sur une vue raciste de suprématie blanche sur les sauvages noirs et qui a survécu dans le symbolisme chromatique même là où le racisme a, en partie, disparu. Nous parlons toujours de « jours noirs » avec comme sens, jours mauvais. Par contraste, blanc devient la couleur de la valeur, de l’honneur et de l’héroïsme.
Dans les autres pays également, après le rouge, le bleu et le blanc, les autres couleurs les plus privilégiées sont le jaune et l’orange, bien que ceux-ci ne soient nulle part particulièrement communs. Les couleurs rarement utilisées incluent le vert, le bordeaux, et le noir, le bleu pâle ou le violet.
Une anecdote cocasse, illustrant un certain amateurisme, survint lors de cette Coupe du Monde 1978 en Argentine. Toujours est-il que les deux équipes se retrouvèrent à vouloir jouer en blanc. En urgence, une tenue de l’Olympique Lyonnais fut mise à disposition des Tricolores, un lion à la place du coq sur la poitrine.
J’ai été choqué récemment par la tenue rose portée parfois par les joueurs de la Juventus. D’autre part, cette tenue avait un côté chat noir, les résultats étant décevants.
Les designers de la firme américaine, business oblige, avaient principalement en tête de créer un vêtement de mode à porter autant dans la rue que sur un terrain de foot. Et pour justifier leur choix, ils ne lésinèrent pas sur la promotion, ainsi le slogan : « Le talent, c’est l’audace que les autres n’ont pas ».
Le changement chromatique est survenu principalement sur le short qui est de moins en moins souvent blanc.
Mais, beaucoup de clubs de la classe ouvrière de l'époque arboraient des chemises blanches, qui étaient bon marché et faciles à trouver. Cette règle a été modifiée en 1921 et c‘est, maintenant, l'équipe en déplacement qui doit faire le changement. Quand le vert a été ajouté comme troisième option, en 1912, il est devenu la couleur la plus utilisée.
À cette époque, les gardiens portaient généralement une sorte de pull-over qui était plus approprié pour résister au froid que pour la pratique d’un sport. En 1953, les joueurs de Bolton Wanderers apparurent lors de la finale de Coupe d’Angleterre avec un équipement fait de tissu synthétique brillant.
La distinction travailliste se traduit par les appellations des épreuves, dotées de prix aux noms des journaux ou des figures du mouvement ouvrier mais également par les sigles des clubs (du classique, Prolétarienne Clichoise ou L’espérance Vaillante Granvillaise au poétique, l’Églantine sportive Meudonnaise).
Le short et les bas répercutent d'habitude cette couleur ou contrastent avec simplement du noir ou du blanc. La couleur la plus populaire de l'Angleterre et l'Écosse est le bleu.
Les bandes horizontales de couleur sont aussi appréciées quoiqu'avec modération dans quelques régions et elles semblent complètement absentes de certains pays continentaux. Les autres dessins vus incluent une large écharpe en diagonale, deux couleurs séparées verticalement ou une bande verticale sur le côté à gauche du corps.
Cela élimine tous les marron ternes, les gris, les délavés ou les pastels. Cela exclut aussi une suite chromatique brouillée, comme celles qui conduiraient à un camouflage des joueurs. De même certaines couleurs brillantes ou dessins audacieux sont inappropriés dans le contexte d’un match de football, à cause des caractéristiques spéciales du jeu.
La présence d'une grande balle ronde signifie que d’énormes motifs circulaires sont tabous. Le fait que le football soit vu sur un fond vert signifie que même les équipements verts les plus brillants risquent de devenir trop feutrés sur le champ de jeu ; en conséquence, le vert est une couleur rare.
Mais quand un joueur fait une longue passe à un coéquipier éloigné, il doit être capable de l’apercevoir, en un clin d’œil, en un quart de seconde, alors une simple couleur brillante sera, pour le porteur de balle, le meilleur guide. Dans cette optique, un rouge pur est la meilleure de toutes les couleurs.
Déjà Mahlo (1969) affirmait que la pratique des jeux sportifs collectifs développe une capacité d’observation permettant de reconnaître des éléments essentiels du point de vue du problème tactique à résoudre.
Les pionniers du jeu de football association au dix-neuvième siècle jouaient avec leur propre chemise mais ils furent rapidement confrontés au fait de reconnaître leurs coéquipiers. Il fut donc entériné que chaque équipe se devait d'avoir une couleur distincte.
Tant pour les joueurs que les spectateurs, il est, donc, indispensable qu'il ait un contraste entre les couleurs des deux équipes afin de bien suivre l’évolution de l’affrontement. Il y a deux façons de répondre à cette règle.
Dans le monde de courses de chevaux, chaque propriétaire a un ensemble unique des couleurs pour ses jockeys. Cela donne des combinaisons assez compliquées de coloris et de dessins, pour éviter la confusion. Dans le football, il est seulement nécessaire de faire contraste contre un autre jeu de couleurs à la fois.
Les supporteurs qui les suivent et qui portent des écharpes ou agitent des drapeaux aux couleurs habituelles, préfèrent aussi voir leurs héros dans leurs costumes familiers. Ainsi, il y a une certaine pression pour éviter de faire trop de changements.
Cela a pour effet de garder les équipements aussi simples que possible. Si les couleurs habituelles sont une couleur simple, dominante, disons, bleu, il y a seulement obligation de changer en visitant un « club bleu ».
C'est pourquoi, les équipements d'une couleur sont les plus populaires et les plus nombreux ; c’est une raison supplémentaire qui explique pourquoi les teintes compliquées sont extrêmement rares.
Pour vérifier si cela indique une amélioration de la performance à long terme au sein d'équipes portant du rouge, nous avons analysé les positions des équipes de la ligue professionnelle de football en fonction des différentes teintes portées.
Dans toutes les divisions de la ligue, les équipes rouges ont un meilleur rendement à domicile, avec des différences significatives tant en pourcentage du maximum de points obtenus et leurs positions moyennes dans le classement de la ligue. Aucune différence significative n'a été observée pour des matchs à l'extérieur, quand, bien souvent, les équipes ne portaient pas leurs couleurs habituelles.
Une analyse appariée par paire de rouge et de non - rouge portant sur huit villes anglaises montre de bien meilleures performances pour les équipes en rouge sur une période de cinquante-cinq ans.
Enfin, les effets sur la réussite à long terme pourraient avoir des conséquences pour la sélection des couleurs dans les sports d'équipe ; le port du rouge améliore les performances dans une grande variété de contextes concurrentiels et devrait donner un nouvel élan pour l'étude des mécanismes sous-jacents à ces effets.
Contrairement à la France, en Angleterre il y a souvent deux voire plusieurs clubs dans une ville ou un comté. Les fans des deux clubs veulent être capables de se distinguer l'un de l'autre, plus particulièrement, lors du derby annuel, quand les deux clubs locaux et rivaux se rencontrent. À ce moment, chacun doit pouvoir porter, fièrement, les couleurs de son champion.
Ainsi, Manchester United est en rouge et Manchester City est en bleu ; Liverpool est en rouge et Everton est bleu, Nottingham Forest est en rouge et Notts County est en noir et blanc ; etc. Avec la capitale, cela devient un vrai problème, en effet à Londres, il y a douze clubs de Ligue professionnels et cela étend le spectre des couleurs au maximum.
Comment chaque couleur à une influence particulière sur nos vies
Quelle est l'explication de ces différences? Il semble que ces associations de couleurs entrent en conflit avec d’autres valeurs. Jaune, bien que ce soit une couleur joyeuse, radieuse représentant le soleil et le sable, est aussi une couleur associée à la lâcheté et à la quarantaine. L'expression « c’est un jaune » est bien connue et largement utilisée comme insulte ce qui a beaucoup joué contre la popularité de cette couleur.
La couleur orange pourrait sembler échapper à cette étiquette nuisible, mais elle souffre d'un autre désavantage. C'est une couleur intermédiaire - à mi-chemin entre jaune et rouge. Une couleur intermédiaire a l'inconvénient psychologique de représenter « l’indécision » : il a du mal à se décider. Orange est-il un rouge jaunâtre ou un jaune rougeâtre?
Cela nuit à la netteté de son image et, par conséquent, le réduit à une couleur relativement rare dans la Tribu. Si l’on regarde les couleurs les plus répandues, le rouge est facile à comprendre. C'est la plus notable de toutes les couleurs, surtout à distance et elle a un impact symbolique puissant comme couleur du sang, représentant ainsi énergie, vie, force, pouvoir et intensité.
C'est la couleur parfaite pour n'importe quelle équipe sportive et il est difficile de comprendre pourquoi, dans quelques pays, elle n'est pas encore plus populaire que cela. Le grand attrait du bleu est plus dur à expliquer. En beaucoup de choses, c'est l'opposé du rouge, c’est la couleur de la paix, du repos, de l’harmonie et de la loyauté. Peut-être son secret en est la direction de son message.
Symboliquement, blanc est la couleur de la mort et de la peur, la glace, la neige et le froid ainsi que la pureté et l'innocence et ne symbolise pas les qualités les plus nécessaires dans le monde sportif. En plus, c’est vite sale et paraît crasseux pendant tout le match. Et pourtant le blanc reste une des trois couleurs les plus privilégiées.
La seule explication de sa popularité (à part le fait d’attirer l’attention) est qu'il représente vraiment un autre symbole, à savoir celui du héros. Du temps où beaucoup de clubs devenaient pérennes, à la fin du dix-neuvième siècle ou du début du vingtième, il y avait deux expressions d’usage commun : il est « blanc comme neige » et « le côté noir des choses » de l’autre.
Dans ce contexte, blanc signifie honorable ou équitable, pendant que noir signifie infâme ou sinistre. La distinction était fondée à l'origine sur une vue raciste de suprématie blanche sur les sauvages noirs et qui a survécu dans le symbolisme chromatique même là où le racisme a, en partie, disparu. Nous parlons toujours de « jours noirs » avec comme sens, jours mauvais. Par contraste, blanc devient la couleur de la valeur, de l’honneur et de l’héroïsme.
Quant à elle, l’équipe de France de football suivant les circonstances jouent en bleu, en blanc ou en rouge. Dans les autres pays également, après le rouge, le bleu et le blanc, les autres couleurs les plus privilégiées sont le jaune et l’orange, bien que ceux-ci ne soient nulle part particulièrement communs. Les couleurs rarement utilisées incluent le vert, le bordeaux, et le noir, le bleu pâle ou le violet. Cette finale de la Coupe du monde de football qui était organisée à domicile, vit l'Uruguay battre le Brésil.
Cela fut vécu comme un véritable drame national et marqua la mémoire des 199 854 personnes présentes pour l'occasion. Le Brésil, qui n'avait besoin que d'un match nul pour devenir champion du monde, et qui menait 1-0, fut finalement battu 2-1, par l'équipe d'Uruguay.
Cette profonde déconvenue a rappelé à l’ensemble du peuple brésilien traumatisé et superstitieux que le blanc était souvent associé au deuil et à la peine. Les dirigeants brésiliens ont donc décidé d'adopter les couleurs verte et jaune du drapeau national, qui symbolisent les forêts de l'Amazonie et les réserves d’or du pays.
Les compagnies importantes sont disposées à payer de grosses sommes pour sponsoriser des clubs et faire écrire leurs noms en travers des larges poitrines des héros locaux. Cela est peut-être une proposition commerciale intéressante, mais c’est aussi une attaque de l’image des joueurs, en les réduisant à la condition d’hommes sandwich et en les privant d'une grande partie de leur dignité.
Très récemment, les derniers résistants à cet état de fait ont cédé. Le train de vie du football business a mis fin à ces belles idées.
Mais, les choses évoluent aussi concernant les équipes de club. Par exemple, pour une rencontre OM - Milan AC, qu’espère-t-on d’un tel match au-delà du résul...
En conclusion, l'histoire et la signification des couleurs dans les maillots de football sont riches et complexes, influencées par des facteurs culturels, psychologiques et pratiques. Le choix d'un maillot rose, bien que potentiellement controversé, peut être vu comme une déclaration d'audace et d'innovation dans un monde du sport en constante évolution.
Tableau des Couleurs et Leur Symbolisme Potentiel dans le Football
| Couleur | Symbolisme Potentiel |
|---|---|
| Rouge | Énergie, force, puissance, intensité |
| Bleu | Paix, repos, harmonie, loyauté |
| Blanc | Honneur, héroïsme, pureté (peut être associé au deuil) |
| Jaune | Joie, soleil (peut être associé à la lâcheté) |
| Orange | Couleur intermédiaire, indécision |
| Vert | Rare, peut se fondre dans le terrain |
