Pour leurs retrouvailles, trois mois après la fin de l’EHF EURO 2024, les filles de l’équipe de France se sont imposées en Allemagne (28-25). Largement en tête à la pause, les Bleues ont vu leurs adversaires revenir en seconde période, mais ont réussi à garder la barre dans le money-time.
C’est en bleu que les joueuses de l’équipe de France entrent sur le terrain de l’Arena de Trèves, où elles avaient évolué pour la dernière fois en 2017, lors du championnat du monde couronné d’or. Ce sont les Allemandes qui donnent le coup d’envoi de la rencontre, alors que Djazz Chambertin est alignée d’entrée en défense, et cela fonctionne, avec un premier ballon récupéré. Mais le premier tir d’Orlane Kanor passe au dessus de la cage allemande et c’est finalement Lena Grandveau, sur une action personnelle, qui ouvre la marque, avant que Thomaier n’égalise cinq secondes plus tard.
L’attaque tricolore est brouillonne en début de match, elle perd de nombreux ballons et les Allemandes en profitent. Behrend et Antl trompent Hatadou Sako et les Françaises sont deux buts derrière après cinq minutes (1-3, 5′). Hatadou Sako réalise sa première parade, et ses coéquipières montent rapidement le ballon.
Si Suzanne Wajoka voit son tir arrêté, Oriane Ondono suit bien pour marquer le deuxième but de son équipe. La pivot de Brest est en vue, puisque c’est elle, sur une belle passe de Méline Nocandy qui remet tout le monde à égalité. La défense française commence enfin à récupérer des ballons, mais Suzanne Wajoka rate le ballon pour mettre les Bleues devant, seule en contre-attaque. Ce n’est que partie remise, puisqu’Ondono inscrit son troisième but de la partie sur l’action suivante (4-3, 10′). Hatadou Sako est bien entrée dans sa partie et se signale par un deuxième arrêt, cette fois à l’aile. Après que Döll ait écopé de deux minutes, Alicia Toublanc trouve la faille sur l’aile droite.
La gauchère double la mise, cette fois dans la cage vide, après avoir récupéré le ballon sur l’action suivante. La supériorité numérique est profitable aux Françaises. C’est une autre gauchère, Laura Flippes, qui intercepte le ballon pour marquer dans le but vide et pour la première fois de la soirée, les Françaises sont trois buts devant. Les Allemandes repartent du bon pied, avec un but angle fermé de Engel, alors que Clarisse Mairot a fait son entrée côté français. L’arrière gauche perd son premier ballon et les Allemandes en profitent, avant que Mairot ne se fasse justice elle-même.
Dans la foulée, Sako s’impose à l’aile et Ondono est partout. C’est encore elle, sur une passe de Mairot, qui marque le but du +4 avant que Nina Dury n’inscrive son premier but en bleu sur contre-attaque. Les Bleues ont même le ballon de +6 dans les mains, mais elles le perdent et Grijseels ramène l’Allemagne à quatre longueurs. Mais Alicia Toublanc veille : sur jet de sept mètres, elle trompe Weiss. La défense française tient le choc malgré les rotations, avec l’apport de Marie-Hélène Sajka dans le secteur central. Et même quand les Germaniques ont la solution, Hatadou Sako veille, comme sur ce jet de sept-mètres qu’elle dévie du pied. Alicia Toublanc, elle, ne tremble pas et convertit son deuxième pénalty de suite (7-13, 20′).
Alors que la fin de la première période pointe son nez, Sebastien Gardillou choisit de poser son premier temps-mort de la partie. Manon Errard fait également son entrée sur le terrain alors que l’attaque française bafouille. Les deux équipes peinent à trouver de la continuité offensive et c’est sur une action individuelle qu’Orlane Kanor va chercher un jet de sept-mètres qu’Alicia Toublanc convertit. Grijseels l’imite au bout du terrain dans la foulée (9-14, 25′). C’est la saison des jets de sept-mètres, et les Françaises en obtiennent un nouveau. Cette fois, c’est Marie-Hélène Sajka qui s’occupe d’exécuter la sentence.
Si elles encaissent quelques buts, les championnes du monde en titre maitrisent assez facilement ce premier acte, à l’image d’Orlane Kanor qui se faufile dans la défense adverse. Et quand elles ne marquent pas, les Françaises provoquent des sorties pour deux minutes adverses. Marie-Hélène Sajka en profite et envoie un missile de loin dans la cage de Weiss.
Sébastien Gardillou fait le choix de repartir avec son équipe de départ, à l’exception de Marie-Hélène Sajka, conservée sur le poste d’arrière droite. C’est Suzanne Wajoka qui s’offre la première opportunité, mais l’ailière bute sur la gardienne allemande. Après une nouvelle perte de balle, Xenis Smits trouve la faille face à Hatadou Sako. C’est finalement partie remise pour Wajoka, qui trouve la faille sur son tir suivant, sur un beau décalage à l’aile, maintenant l’écart à huit buts (19-12, 35′). Les débats se stabilisent, alors que la défense française a repris son oeuvre comme elle l’avait laissée à la fin du premier acte. Méline Nocandy se fait tout de même sanctionner pour une sortie un peu brutale, et Engel en profite pour réduire l’écart. Laura Flippes a fait son retour sur le terrain, et c’est elle qui décale Léna Grandveau qui va inscrire le vingtième but français. Floriane André fait son entrée dans la cage française au relais de Sako.
Oriane Ondono est une nouvelle fois trouvée par Orlane Kanor et poursuit son sans-faute. Engel, quant à elle, ne fait pas de quartier. Elle profite d’une perte de balle tricolore pour ramener l’Allemagne à six buts, avant que Grijseels ne réduise encore un peu plus l’écart. Après Dury en première période, c’est Manon Errard qui inscrit son premier but en bleu, en trompant la gardienne allemande sur un tir premier poteau (22-16, 40′).
Sébastien Gardillou multiplie les essais tactiques, avec le retour de Clarisse Mairot. Tout n’est pas parfait, mais André dévie la tentative allemande pour revenir à quatre buts. Elle s’impose aussi face à Behrend à six mètres avant de récidiver quelques secondes plus tard. Sentant son équipe un peu en travers, Sébastien Gardillou prend un deuxième temps-mort. La réussite n’est pas au rendez-vous sur l’action suivante, mais la défense répond bien. Il faut même un bel arrêt de Roth pour empêcher Lilou Pintat d’ouvrir son compteur international. Alors que Lena Grandveau s’est procurée une belle occasion mais n’a pas réussi à la convertir, c’est au tour du sélectionneur allemand de poser son temps-mort à l’entame du dernier quart d’heure. Sur l’action de reprise, Clarisse Mairot est punie de deux minutes pour un ceinturage. Les Allemandes en profitent par Leuchtler, qui transperce l’arrière-garde tricolore.
Les filles de Markus Gaugisch jettent leurs dernières forces dans la bataille, mais Floriane André veille. Elle sort un bel arrêt sur un tir de loin, mais Nina Dury n’arrive pas à convertir la contre-attaque. Grijseels ne manque pas l’occasion de ramener la Mannschaft à quatre buts (23-19, 50′). Alors que les Allemandes reviennent encore un peu plus, Sébastien Gardillou pose un dernier temps-mort. Mais le momentum est clairement contre les Françaises dans cette fin de match. Oriane Ondono est sanctionnée d’un passage en force et Kühne réduit l’écart à deux buts. C’est Méline Nocandy qui remet tout le monde dans le bon sens d’une bonne percée mais l’éclaircie ne dure pas. Alicia Toublanc est en échec au tir.
Au bout d’une séquence un peu folle, Floriane André réalise un arrêt important pour garder les Bleues deux buts devant. Et même trois, après un lob d’Orlane Kanor au bout du jeu passif (25-22, 55′). Les débats se sont plus hachés alors que les Allemandes peuvent encore espérer renverser la vapeur. Tandis que Nocandy, encore elle, a redonné quatre buts d’avance aux Bleues, l’Allemagne prend un dernier temps-mort. Grijseels donne tout, et inscrit deux buts de suite, mais Méline Nocandy est la grande dame de la fin de rencontre. Même si sa cheville tourne, elle va marquer le vingt-septième but français, synonyme de victoire. Laura Flippes parachève le succès des Françaises, plutôt positif avec une équipe largement renouvelée (28-25, FM).
Allemagne - France : 25-28 (10-18)
SWT Arena, Trèves - 2500 spectateurs
Arbitres : M. Cournil et L. Sébastien Gardillou : On a eu un très bel état d’esprit en première période, on a eu un peu plus de difficulté en deuxième, mais le contenu est satisfaisant. Malgré les sanctions, les filles ont été mobiles, agressives, combatives en première période. Elles ont été dans le registre que je voulais voir. Djazz Chambertin a été très complémentaire avec Hatadou Sako. En deuxième, on a vu nos limites offensives, en partie du fait des rotations, aussi parce que la défense allemande a été plus agressive. Il y a plein de bonnes choses, une victoire en Allemagne ce n’est jamais anodin.
Oriane Ondono : On avait beaucoup de changements de notre côté, mais on a essayé de garder l’ADN de l’équipe de France, à savoir défendre et monter les ballons. C’est ce qu’on a fait ce soir. La deuxième période est un peu plus compliquée avec quelques pertes de balle, mais j’ai envie de dire que c’est une belle victoire. On a mené très vite de beaucoup, je pense qu’on a manqué un peu de vigilance, on a commencé à perdre quelques ballons et peut-être un peu à paniquer. On les a vues revenir petit à petit, il y a peut-être un peu d’affolement mais globalement, on a réussi à remettre les choses dans le bon sens après le temps-mort de Seb’. C’était ma première fois en tant que titulaire, j’ai essayé de faire comme en club. Ça m’a aidé. Je ne suis pas quelqu’un de stressé, donc j’ai surtout essayé de montrer l’exemple aux plus jeunes, qui s’étaient peut-être mises un peu plus de pression.
Manon Errard : J’étais super stressée, parce qu’il y a une marche énorme entre les jeunes et les A. Jouer en première division à Metz m’a aidé, et ça s’est relativement bien passé. Une fois sur le terrain, j’ai réussi à évacuer mon stress, et ça fait trop plaisir de marquer mon premier but. Ce sont des sensations différentes de ce que j’ai pu connaitre, et c’était vraiment génial. On peut toujours améliorer des choses mais oui, c’était vraiment une bonne soirée. Jouer un peu en Champions League avec mon club, ça m’a donné un avant-goût de ce qu’est le niveau international. Ca m’a bien aidé pour ce soir, et je suis sûre que si je suis amenée à jouer encore samedi, ça devrait aller encore mieux.
Lena Grandveau : Cette équipe de France a été bien défensivement en première période. Il y a des petites erreurs mais avec quatre entrainements dans les jambes, on peut le comprendre. En attaque, on perd des ballons, mais on voit qu’on s’entraide, on est toutes ensemble. C’est ce qui fait qu’on gagne ce soir. On n’a pas reculé, on est toujours resté ensemble, solidaires, même quand elles reviennent en deuxième période. C’est intéressant et on va pouvoir détendre toutes ces jeunes joueuses qui étaient stressées ! Le poste de demi-centre m’avait un peu manqué. J’ai bien aimé pouvoir prendre le lead, pouvoir gérer le rythme d’un match qui a été un peu fou, surtout en deuxième période. C’était important de continuer à aller vers le but, de trouver des solutions. On a fait des petits coups à deux ou à trois et ça a marché.
Composition de l'équipe de France :
- Arrières polyvalentes : Lilou BORG (Merignac HB) - Clarisse MAIROT (Brest Bretagne Handball)
- Demi-centres : Tamara HORACEK (RK Krim) - Léna GRANDVEAU (Metz Handball)
- Pivots : Sarah BOUKTIT (Metz Handball) - Oriane ONDONO (Brest Bretagne Handball) - Lilou PINTAT (JDA Dijon)
- Arrières droites : Laura FLIPPES (Metz Hanbdall) - Marie Hélène SAJKA (OGC Nice Handball)
- Ailières droites : Manon ERRARD (Metz Handball) - Lucie GRANIER (Metz Handball) - Alicia TOUBLANC (S.C.M.

Statistiques Clés du Match
Voici un aperçu des statistiques clés du match :
| Équipe | Buts marqués | Tirs | Arrêts |
|---|---|---|---|
| France | 28 | [Nombre de tirs] | [Nombre d'arrêts] |
| Allemagne | 25 | [Nombre de tirs] | [Nombre d'arrêts] |
Les Bleues ont cédé en 2nd, puis poussé en fin de match, en vain. Dominantes en 1re période.
75 La domination des Françaises a été totale durant ce quart de finale contre l'Allemagne. Pourtant, les 75 % de possession de balle n'ont pas suffi. Les Bleues ont frôlé les 80 % de possession en prolongation, mais là encore, les Allemandes sont restées en bloc, bien emmenées par une Ann-Katrin Berger infranchissable.
17 Avec 17 tirs au total, les Bleues n'ont pourtant cadré que neuf fois. Suite au penalty transformé par Grace Geyoro, l'équipe de France a eu toutes les peines du monde à se créer de véritables occasions dangereuses - seulement deux sur la rencontre. Les Bleues ont également vu la VAR leur refuser deux buts (Cascarino et Geyoro), tandis que la barre transversale a repoussé en fin de prolongation le tir de Melvine Malard. En face, les Allemandes ont tiré sept fois pour deux tirs cadrés... et un but.
88 C'est peut-être l'une des statistiques parlantes de ce match entre la France et l'Allemagne. Ce samedi à Bâle, les joueuses de Christian Wück ont remporté 88 duels contre 72 pour les Bleues. À 10 contre 11 pendant 110 minutes suite à l'expulsion prématurée de Kathrin Hendrich, l'Allemagne a tout donné pour défendre son but et tenir tête aux Françaises. Dans l'engagement, les Allemandes semblaient plus présentes que leur adversaire. Elles ont réalisé plus de tacles (36 contre 18), plus d'interceptions (14 contre 11), mais également plus de fautes (26 contre 24). Durant la rencontre, l'Allemagne a écopé de cinq cartons (quatre jaunes et un rouge).
5 La séance des tirs au but a une nouvelle fois décidé du sort des Bleues. C'est la cinquième fois (sur 6) que la France s'incline lors d'une séance dans une grande compétition internationale (Euro, Coupe du monde). Il faut remonter au Mondial 2011 pour voir les Françaises s'imposer aux tirs au but. C'était contre l'Angleterre en quart de finale (1-1, 4-3 t.a.b.).