Le club de football de Louhans-Cuiseaux, qui évolue en Nationale 3, a lancé un appel à l'aide via une cagnotte participative, car 127 000 euros sont nécessaires à la survie du club.
Dumas, Rivoire, Girardot, Papas, Le Lamer, Garzitto… Autant de noms qui résonnent aux oreilles des suiveurs de Louhans-Cuiseaux. Ces légendes du club, parmi tant d’autres, étaient présentes jeudi soir à Cuiseaux pour une soirée consacrée à l’histoire du club, de 1970 à aujourd’hui.
Ils ont marqué l’histoire de Louhans-Cuiseaux, et vice-versa. Anciens joueurs, entraîneurs, de 1970 à aujourd’hui, se sont retrouvés jeudi à Cuiseaux. D’anciens joueurs et entraîneurs, de 1970 à aujourd’hui, heureux de se retrouver jeudi soir à Cuiseaux (autour de Michel Sylvain, à droite. l’animateur de la soirée).
L’occasion de se souvenir d’épisodes sportifs mémorables, mais surtout de se retrouver « avec plaisir », en témoignent les nombreuses embrassades, accolades et regards complices. Car s’ils ont marqué l’histoire du club, l’inverse est vrai aussi.
Souvenirs sportifs et humains
Tour à tour, ils ont à peu près dit les mêmes mots. À l’instar de Denis Papas. Comme d’autres avant lui, l’un des coaches emblématiques retient de son passage ici « surtout des souvenirs humains. Nous étions une bande de copains, il y avait une unité totale ».
Jean-Louis Barthelet confiait : « Moi qui arrivais de Lyon, ce n’était pas gagné. Mais à Louhans-Cuiseaux, c’est comme dans le Nord : on...
Michel Sylvain, ancien journaliste et supporter du club depuis toujours, ne cache pas son amertume : "C'est 'grandeur et décadence'. Naguère, Louhans-Cuiseaux représentait une entité sportive extrêmement dense sur toute la région, même sur tout l'échiquier national. Le club a vécu 17 années en ligue 2.
Louhans-Cuiseaux de 1910 à 2010
Celui qui a vécu les moments de gloire du club et qui les a partagés dans la presse écrite régionale et à la radio n'est pas tranquille à l'idée du passage devant la DNCG, la commission 'gendarme' du football : "Je suis inquiet sur le devenir du club, tout d'abord sur le plan financier, où il y a un déficit prévisionnel de 127 000 euros qu'il faut combler.
Une cagnotte a été mise en ligne, mais malheureusement les gens ne répondent pas et les entreprises de la bresse louhannaise ne répondent pas non plus. Pourtant Louhans-Cuiseaux a un passé éloquent : un quart de finale de coupe de la ligue, champion de France de Nationale 1 en 1998-1999.
Frédéric Bouchet, le maire de Louhans, explique que le club est "dirigé de façon collégiale, avec des chefs d'entreprise, des gens qui connaissent les difficultés, très responsables. On les a rencontrés à plusieurs reprises, c'est des personnes qui peuvent défendre un dossier, qui peuvent apporter des solutions. Là où la commune poursuit son effort avec le club, c'est dans l'entretien et l'amélioration des infrastructures.
Louhans entretient le stade de Bram, "une charge de 280 000 euros annuels, pour une petite collectivité comme nous, c'est énormément d'argent. Avec l'ensemble des collectivités, il y a 88 communes qui se sont mises ensemble derrière le club, pour offrir à l'ensemble des clubs sportifs du monde du football et du rugby un terrain en synthétique qui est en cours de finition.
Le maire de Louhans marque toutefois une frontière entre fonctionnement et subventions : "Par contre, de l'argent gratuit que l'on met dans le fonctionnement du club, ça c'est beaucoup plus difficile.
"Tous les documents ont été proposés à la DNCG, les bilans, le prévisionnel est juste. Les chiffres sont ce qu'ils sont, il manque 127 000 euros. C'est une somme, mais pour un club comme le nôtre, s'il y avait une mobilisation générale avec les économies qu'on fait, je pense qu'on pourrait les combler. On a une cagnotte, on est à 1920 euros avec 43 participants (en date du 10 décembre ndlr). Ne comptons pas là-dessus, on se fait beaucoup critiquer sauf que les gens qu'ils l'ont faite, ils ont eu le moyen d'avoir fait quelque chose.
Alors pourquoi le club manque-t-il d'argent ? Dans le détail, le club a additionné des charges : "On est allés jouer à Lons, mais cela nous a coûté 50 000 euros, qu'on n'a jamais pu retrouver. On a eu avec Dominique Prudent, organisateur des Nuits Bressanes, une deuxième soirée où le terrain était inondé et on n'a pas eu une recette de buvette, de l'ordre de 30 000 euros. Et puis cette année, on est tombés dans le groupe de la région parisienne. On s'en va 6 fois à Paris, regardez les frais : partir, louer un minibus, manger...
Pascal Gauthier revient sur le fait de jouer contre des clubs parisiens : "Vous jouez contre Mâcon, il y a 1500 spectateurs, contre Lyon, ça fait 1800 spectateurs, mais ils vont venir à combien de Poissy, de Neuilly ?
Le vice-président fait comprendre que le club cherche pourtant des solutions tous azimuts : "L'an dernier, on a fait une économie de 100 000 euros sur la masse salariale. Cette année on fait une économie de 200 000 euros sur la masse salariale. Le mercato arrive, peut-être que des joueurs vont partir... On économise, je vous promets ! On a des réunions tous les mois, on passe en revue tous les postes, et on en supprime. Mais le gros problème, c'est le sponsoring ! Dans le contexte économique actuel, on a beaucoup de petits sponsors et merci à eux... Avoir un club en N3, je souhaite d'y rester et de jouer les premiers rôles, mais en ce moment, on est au taquet, à moins de trouver un gros sponsor !
MISE À JOUR : la DNCG a décidé ce mercredi 11 décembre l'encadrement de la masse salariale du Louhans-Cuiseaux FC. Actuellement en proie à des problèmes financiers et des résultats sportifs difficiles, le club est dernier de sa poule en Nationale 3.
