L'histoire et l'évolution du logo NBA : Un symbole iconique

Le mythique logo de la NBA, plus qu’une simple image, est un symbole qui unit les amoureux de basket-ball à travers le monde depuis cinquante ans. Ce logo, représentation ultime de la Ligue, est l’outil qui permet à la NBA de se faire reconnaître. Facilement reconnaissable, il est omniprésent, mais on n’y fait plus trop attention désormais, tant nos yeux sont obnubilés par les actions et les coups d’éclat des joueurs.

L'histoire de ce logo est riche et complexe, marquée par des influences culturelles, des enjeux marketing et même des controverses.

Les origines du logo NBA

Pour revenir à sa création, il faut prendre la machine à remonter le temps et faire défiler quelques décennies. Nous voilà donc en 1969. Si aujourd’hui la NBA semble toute puissante, à cette époque elle ne peut concurrencer les autres grands sports US comme le football américain et le baseball. Afin de changer l’image de la Ligue, celui qui est alors commissaire de la NBA, Walter Kennedy, décide que le logo de la NBA doit faire peau neuve.

Depuis la période BAA jusqu’à cette fin des années 60, plusieurs logos ont déjà été utilisés par la Ligue. Les premiers logos de la NBA sont plutôt… simples. De 1950 à 1953, on confondrait même le ballon de basket avec une balle de baseball. En 1953, le logo se rapproche de l’image que l’on se fait du sport roi aux États-Unis : un ballon orange. Au cours des années 1960, marquées par la rivalité entre les Los Angeles Lakers et les Boston Celtics, le symbole revient à une forme plus ronde, mais en noir et blanc.

La création du logo actuel : Un choix stratégique

1969 doit donc marquer l’année du changement pour la NBA et Kennedy fait appel à Alan Siegel pour dessiner le nouveau logo de la Ligue. Fondateur de l’entreprise Siegel and Gale, le designer a déjà un petit C.V derrière lui dans le monde du sport à la fin des 60’s. Walter Kennedy a accroché direct en voyant ce logo new look pour la grande ligue de baseball, il veut donc que la NBA ait quelque chose de ressemblant.

Un contrat à 10 000 dollars, avec une condition : le logo doit utiliser du rouge, du blanc et du bleu, à l’image du logo de la MLB, afin de faire de la NBA un sport s’adressant à tous les Américains. Siegel demande à l’une de ses connaissances, le photographe Wen Roberts qui travaille pour Sport Magazine, de consulter certaines de ses photos. Il tombe alors sur Jerry West immortalisé en train de dribbler et l’image lui plait. Cerise sur le gâteau, le guard des Lakers est une superstar de la Ligue, son dossier coche toutes les cases.

Alan Siegel propose alors plusieurs designs à Walter Kennedy, dont celui qui, de 1969 à aujourd’hui, reste indéboulonnable. Le logo utilisant la silhouette de Jerry West, joueur des Lakers durant les années 1960.

Mais si le commissaire de la NBA choisit ce design, et suit Alan Siegel dans son choix de photo, c’est également pour une raison bien politique : Jerry West est un joueur blanc, comme les fans que Walter Kennedy veut (re)piquer à l’ABA. Même si la majorité des joueurs de la NBA sont afro-américains, il privilégie Jerry West plutôt que Wilt Chamberlain ou Bill Russell, pour ne pas risquer d’accentuer la communautarisation de la NBA.

Selon Alan Siegel, cela participe de la volonté de la ligue « d’institutionnaliser le logo plutôt que de l’individualiser ». Ce qui explique aussi pourquoi il n’y a aucune chance que, malgré les circonstances et les millions de clics, la NBA décide aujourd’hui de changer de logo pour rendre un hommage perpétuel à un seul joueur, tout Kobe Bryant soit-il : le logo de la NBA ne doit pas être personnifié.

La controverse autour de Jerry West et du logo

Si l’histoire entre la légende des Lakers et le logo est si compliquée, cela s’explique par plusieurs facteurs. Primo, il y a l’image que cela renvoie sur le joueur. Comme bon nombre de stars de la NBA, Jerry West a son surnom. Quelle surprise : « The Logo ».

Pour beaucoup de joueurs, être le logo serait un honneur mais West n’aime pas cette mise en avant et on sent dans ses mots qu’il a une dent contre la NBA pour avoir utilisé son image tout au long de ces années. Le dirigeant actuellement aux Clippers dit même que la Ligue devrait être « embarrassée ».

Le droit de la NBA à user de l’image de West est un autre point de friction. Personne n’a demandé à Jerry West son autorisation au moment d’utiliser le logo. Pourtant la Ligue, à travers ses commissaires successifs, a toujours nié en bloc que le logo représentait Jerry West. Ce silence, il a une raison ou plutôt il a un coût. Faire usage de l’image de quelqu’un, c’est lui verser des sous, des royalties et la Ligue brasse des milliards chaque année.

Comme il l’a confirmé à Graham Besinger en 2017, Jerry West n’a donc jamais touché un seul centime pour ce logo, qui est pourtant sa représentation en train de dribbler ! Incroyable mais vrai.

En 2017, le logo a reçu un petit coup de neuf avec un changement de la typographie mais aussi des teintes différentes de rouge et de bleu et évidemment toujours Jerry West dessus.

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Hommages et pétitions : Le cas Kobe Bryant

En 2020, on s’est pourtant demandé si la légende Purple and Gold n’allait pas (enfin) passer le flambeau. Le drame de la mort de Kobe Bryant, autre star des Lakers, avait poussé certains joueurs, passés ou actuels à proposer un changement du logo avec la silhouette du Black Mamba. Un moyen d’honorer l’ancien numéro 24.

Même si la pétition a dépassé les 3 millions de signatures, il n’y a aucune chance que la NBA accède à la demande des fans. Et ce, pour plusieurs raisons liées à l’histoire intime (et politique) de ce logo.

L'importance des logos d'équipe : L'identité visuelle des franchises

Les logos NBA sont la première vitrine des clubs, et il n’est pas rare qu’enfant ou ado, l’attirance pour l’une des trente franchises s’explique par un visuel accrocheur. Comprendre l’évolution des logos d’équipes NBA est essentiel pour appréhender l’identité visuelle des franchises.

Dans les années 1940 et 1950, les premiers logos reflétaient une simplicité graphique, souvent centrée sur des éléments basiques comme un ballon de basket ou des lignes minimales. Les années 1960 et 1970 ont marqué une période de changement, avec des motifs géométriques et des couleurs vives qui ont gagné en popularité.

Les décennies suivantes, 1980 et 1990, ont vu une transformation plus marquée avec des designs emblématiques. Les logos des équipes NBA sont bien plus que de simples images ; ils incarnent l’essence des franchises et jouent un rôle crucial dans leur identité.

L’importance des logos va au-delà de l’esthétique. Ils servent de points de ralliement pour les fans et renforcent l’appartenance à une communauté. Les équipes investissent dans la conception et l’évolution de leurs logos, sachant que ceux-ci peuvent influencer l’image perçue par le public.

Exemples de logos d'équipes NBA et leurs significations

Voici quelques exemples de logos d'équipes NBA et leurs significations :

  • 76ers de Philadelphie : La franchise fut nommée “76ers” en référence à la signature de la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis, rédigée dans la ville de l’Amour et publiée en 1776. Les treize étoiles situées au dessus du 7 rouge représentent les 13 colonies américaines originelles.
  • Bucks de Milwaukee : Lors d’un concours pour trouver le nom, un participant propose “Bucks” (daims), qu’on trouve en abondance dans l’état du Wisconsin. Son idée : “les daims sont vifs, sautent haut, sont rapides et agiles”.
  • Bulls de Chicago : En plus d’évoquer la force et la puissance, le nom fait référence à l’histoire de la ville. Enfin, Chicago étant un centre financier, Bulls est un terme anglais pour (approximativement) “à la hausse”, à opposer à Bear (“à la baisse”), le nom de la franchise NFL de la ville.
  • Cavaliers de Cleveland : Le nom “Cavaliers” ne fait pas référence à l’histoire de la ville. Il est issu d’un concours organisé pour trouver le nom de la franchise.
  • Celtics de Boston : Les Celtics sont bien entendus les Celtes, en référence aux très nombreux irlandais qui émigrèrent aux États-Unis, espérant y trouver une vie meilleure, notamment durant la grande famine.
  • Clippers de Los Angeles : Les Clippers sont des bâteaux trois-mâts destinés à transporter rapidement de la marchandise, notamment entre la côté Est et la côté Ouest des Etats-Unis, avant l’avènement du bâteau à moteur.
  • Hawks d'Atlanta : Le logo du club a souvent évolué, une des versions les plus connues étant celles symbolisant à première vue un Pac-Man qui illustre, en fait, l’oiseau.
  • Hornets de Charlotte : Les frelons se réfèrent à la résistance des habitants de la ville contre l’Empire Brittanique lors de la Révolution Américaine. Charlotte fut ainsi surnommé “nid de frelons”.
  • Heat de Miami : Franchise jeune, le Heat a trouvé son nom suite à un sondage, réalisé au moment de sa création, et il fait évidemment référence au climat de la ville floridienne.
  • Jazz de l'Utah : Un concours avait été organisé et Jazz émergea parmi des noms tels que Dukes, Crescents, Pilots, Cajuns, Blues, Deltas, et Knights. La signification du mot jazz, “improvisation collective”, a notamment retenu l’attention.
  • Kings de Sacramento : C’est un concours dans un journal local qui a abouti à donner le nom Royals à la franchise de Rochester. Mais lors de son arrivée à Kansas City, la franchise a dû se trouver un nouveau nom: il existait déjà dans la ville une franchise appelée Royals et dédiée au baseball. Pour rester dans le ton, ce fut les “Kings”.
  • Knicks de New York : A l’origine, Knickerbocker désigne les pantalons sous le genou portés par les colons hollandais arrivés à New York au 17ème siècle. Par extension, le terme a désigné ces colons eux-même, et, vu la part importante que ces derniers ont occupée dans le développement de New York, a été associé à la ville elle-même.
  • Lakers de Los Angeles : Le nom des Lakers fait référence à la “Terre des 10 000 Lacs”, surnom de l’état de Minneapolis, où la franchise a été créée.
  • Magic d'Orlando : Comme Miami, la franchise créée dans les années 80 a fait appel aux fans pour son nom. La légende dit que la fille du general manager de l’époque aurait visité et aimé la ville. Elle l’aurait donc qualifiée de “magique”.
  • Mavericks de Dallas : Encore un concours, organisé par une radio locale, pour aboutir à trois finalistes : Mavericks, Wranglers et Express.
  • Nets de Brooklyn : Le nom de la franchise, donné en 1968, en tant que New York Nets, a deux origines : d’abord le nom du filet placé sous l’anneau et responsable du doux “swish” que les joueurs aiment tant. Ensuite, il est identique à une lettre prêt au nom des deux autres franchises de la zone de New York à l’époque : les New York Mets (Baseball) et les New York Jets (Football américain).
  • Nuggets de Denver : La pépite de Denver est en or, référence à la ruée vers l’or de Pikes Peak dans les années 1850 et 1860 qui a vu déferler des milliers d’aventuriers avides de gains rapides dans la région.
  • Pacers de l'Indiana : L’Indiana est un état à la forte culture équestre. Pacers est aussi une référence à fameuse course des 500 miles d’Indianapolis : la “pace car” y désigne la voiture de sécurité.
  • Pelicans de la Nouvelle-Orléans : La direction souhaitait abandonner le “frelon” pour mettre en valeur un symbole de la ville ou de l’Etat. Ils ont choisi le Pelican, emblème de la Louisiane.
  • Pistons de Détroit : Detroit est surnommé “Motor City”, est-il besoin de préciser à quoi Pistons fait référence ?
  • Raptors de Toronto : Parmi les finalistes (Beavers, Bobcats, Dragons, Grizzlies, Hogs, Raptors, Scorpions, T-Rex, Tarantulas et Terriers), c’est le nom “Raptors” qui l’a emporté, notamment sous l’influence du film Jurassic Park, tout juste sorti.
  • Rockets de Houston : Pour une ville qui accueille le centre de commande des opérations spatiales de la NASA, c’est logique, non ?
  • Suns de Phoenix : Franchise sédentaire, fondée dans la capitale de l’Arizona et toujours sous le même soleil, plus de 40 ans après, les Suns de Phoenix justifient parfaitement leur nom.
  • Spurs de San Antonio : Texas, pays des cow-boys, avec leurs chapeaux, leurs pistolets et leurs chevaux et donc, des éperons.
  • Thunder d'Oklahoma City : Difficile d’ignorer que le Thunder a d’abord été localisé à Seattle et s’est d’abord appelé Supersonics. Le premier nom de la franchise est d’ailleurs associé à l’industrie aéronautique fortement présente dans la ville de Seattle, dont Boeing, l’un des deux leaders mondiaux du secteur.
  • Trail Blazers de Portland : Lors de la création de la franchise, Pioneers était le nom recueillant la majorité des suffages. Cependant, les équipes sportives de l’université Lewis et Clark l’utilisaient déjà et il fallu trouver autre chose. Ce fut donc Trail Blazers. Le terme de “pionnier” est une hommage aux hommes qui ont construit le chemin de fer reliant l’État de l’Oregon avec le réseau du Nord-Est du pays.
  • Warriors de Golden State : Les fondateurs se sont inspirés des Philadelphie Warriors pour trouver ce nom, une équipe ayant joué en 1925. Le logo représente évidemment le Golden Gate, déjà présent sur le logo lors de la saison 70/71.
  • Wizards de Washington : Mais en 1997, le propriétaire Abe Pollin (décédé en 2009) décida de le changer, le nom Bullets résonnant comme un appel à la violence dans une ville à la criminalité légendaire. Comme toujours depuis les années 80, un concours fut alors lancé. Abe Pollin annonça alors son choix : ce serait les Wizards.

Tendances actuelles et avenir des logos NBA

Les logos modernes NBA adoptent des tendances graphiques inspirées par l’ère numérique, intégrant des éléments visuels dynamiques et interactifs. Aujourd’hui, la technologie influence considérablement le design, permettant aux équipes d’explorer de nouvelles façons de stimuler l’engagement des fans à travers des animations et des médias sociaux.

Les tendances actuelles dans le design des logos NBA incluent des palettes de couleurs plus audacieuses et des typographies qui accentuent les attributs de l’équipe. Les designs se veulent souvent minimalistes, utilisant des lignes épurées pour transmettre une image de modernité et de sophistication.

En regardant vers l’avenir, le branding NBA devra s’ajuster aux innovations technologiques continues, telles que la réalité augmentée et la réalité virtuelle, offrant des expériences immersives.

L’avenir des logos NBA semble promettre une fusion entre tradition et modernité, chaque franchise cherchant à se démarquer tout en restant connectée à ses racines historiques.

L’évolution des logos NBA est un fascinant reflet de l’interaction entre l’histoire et le design. Depuis les premiers jours jusqu’à l’âge moderne, ces logos iconiques ont joué un rôle clé dans la construction d’identités de franchises.

Tout au long de cette évolution, les changements de logos ont souvent symbolisé des aspirations stratégiques et des shifts culturels. Enveloppé dans une palette de couleurs dynamiques et des formes uniques, chaque logo résume une époque et ses tendances graphiques.

Un résumé des logos NBA révèle une quête pour l’harmonie entre la tradition et l’innovation.

Période Caractéristiques des logos Influences
Années 1940-1950 Simplicité graphique, éléments basiques (ballon, lignes minimales) Premières années de la ligue
Années 1960-1970 Motifs géométriques, couleurs vives Changements sociaux et culturels, concurrence de l'ABA
Années 1980-1990 Designs emblématiques, mascottes Développement du marketing sportif
Ère moderne Éléments visuels dynamiques, minimalisme, typographies audacieuses Influence de la technologie et des médias sociaux

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