Fonctionnement de la Ligue de Football Professionnel en France

La Ligue de Football Professionnel (LFP) réglemente le football professionnel français. À ce titre, la LFP organise et gère quatre compétitions : la Ligue 1® (380 matches), la Ligue 2® (380 matches), la Coupe de la Ligue® (42 matches) et le Trophée des Champions (1 match).

La LFP finance toutes actions aptes à développer les ressources du football professionnel dans le but d’en assurer la promotion. Elle applique les sanctions prononcées par ses instances vis-à-vis des groupements sportifs membres et de ses licenciés. Le fonctionnement de la LFP repose sur une assemblée générale, un conseil d'administration, un bureau et un Président.

Programmation des Matches

En France, la Ligue de football professionnel annonce elle-même les programmations des journées de Ligue 1 et de Ligue 2. Pour les établir, elle doit prendre en compte de nombreuses contraintes. La LFP doit respecter des critères précis afin de programmer ses matches. « Nous programmons en général 30 jours à l’avance chaque journée. » La Ligue de football professionnel est claire concernant son timing de programmation. Mais pourquoi est-elle aussi précise ?

Réforme de la Gouvernance du Football Professionnel

C’est une date importante pour le foot français car la FFF annonce un projet de gouvernance inédit du football professionnel en totale rupture avec ce qui se faisait jusque-là. Alors que les clubs français sont en grande souffrance dans l’ombre du succès européen du PSG, la FFF souhaite reprendre la main en optant pour un modèle où la LFP comme entité juridique n’existe plus. Les clubs seraient en première ligne, sans intermédiaire, au sein d’une société qui dirigera le foot pro. Explications. C’est une petite révolution qui se prépare pour l’organisation du football professionnel.

Après son annonce du 3 mars, en demandant aux clubs de réfléchir à des pistes de réformes autour de trois thèmes (gouvernance, stratégie économique et contrôle financier), Philippe Diallo a décidé de passer à l’action. Même s’il restera des aménagements à affiner, le cadre est clairement posé par le président de la FFF : le football pro en France ne sera plus organisé par la Ligue de football professionnel. Les clubs de Ligue 1 et Ligue 2 deviendront actionnaires d’une société dont les autres actionnaires seront CVC (qui conservera ses 13%) et la FFF qui aura une action préférentielle avec droit de véto notamment sur les sujets les plus structurants (formats des compétitions, nombre de montées et descentes).

L’idée est que cette société de clubs ne soit plus uniquement une société qui gère les questions commerciales et économiques, comme actuellement. La FFF souhaite que l’objet social de la société permette que la société reste organisatrice des championnats. La FFF devrait tout de même récupérer des compétences régaliennes comme la DNCG, voire la commission de discipline. Les détails de ces questions ne sont pas encore définis mais la FFF souhaite mutualiser au maximum les services afin de faire baisser les coûts de fonctionnement.

La gouvernance de cette société serait ainsi comparable à celle de n’importe quelle société. Il n’y aurait plus d’élections pour élire un président. Un conseil d’administration se réunirait pour nommer les dirigeants qui seront des mandataires sociaux rémunérés qui pourraient se faire débarquer si les objectifs ne sont pas atteints. Les familles du foot (entraineurs, joueurs, arbitres, personnels administratifs) pourraient être réunis au sein d’un conseil de surveillance. Ce modèle ressemble de très près à ce qui se fait en Angleterre avec la Premier League. "Un modèle Premier League mais en prenant bien en compte avec les spécificités françaises", précise une source fédérale.

Afin d’aboutir à ce nouveau modèle de gouvernance, il faut changer la loi. Cela tombe bien, le duo de sénateur Laurent Lafon-Michel Savin ont récemment écrit une proposition de loi (PPL) relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel. Elle sera examinée par les sénateurs le 10 juin avec l’espoir d’une adoption définitive par le Parlement à l’automne. Aucun changement ne pourra donc intervenir pour la saison prochaine. Mais la nouvelle organisation pourrait être mise en œuvre pour le début de la saison 2026-2027.

Au-delà de cette grande réforme de la gouvernance, la FFF souhaite imposer de nouvelles règles afin d’assainir les finances des clubs, dont certains sont toujours au bord de dépôt de bilan. Parmi ces règles, il y a la limitation du nombre de contrats possibles au sein d’un effectif et le plafonnement de la masse salariale avec de nouveaux ratios encore plus contraignants qu’aujourd’hui. Le plafond de 70% du chiffre d’affaires consacré à la masse salariale globale pourrait être encore abaissé. La FFF souhaite s’inspirer de ce qu’a mis en place l’UEFA dans le cadre de son fair-play financier. Elle souhaite aussi une nouvelle répartition des droits TV entre les clubs. Sans remettre totalement en cause l’élitisme prôné par Vincent Labrune avec des locomotives qui capteraient davantage de revenus que les clubs non européens, Philippe Diallo souhaiterait tout de même rééquilibrer cette répartition en faveur des plus petits budgets afin de conserver un minimum de compétitivité et donc d’intérêt du championnat.

Enfin, la FFF souhaite rester très attentive à l’évolution de la multipropriété sans avoir pour le moment de mesures concrètes sur ce sujet qui ne pourrait être traité efficacement qu’avec le concours des institutions internationales (Fifa, UEFA).

"Ce n’est que le début du processus mais le cadre est clairement posé", poursuit cette source fédérale qui précise que les choses se feront par étape. D’abord faire en sorte qu’aucun club ne dépose le bilan cet été avec des règles de la DNCG encore plus strictes pour assainir les comptes. Trouver un accord ensuite sur les droits TV avec une chaine de la Ligue soutenue par un acteur du marché (Canal+ ?) pour reconquérir les fans de foot.

Création d'une Ligue 3 Professionnelle

Réunie en comité exécutif à Paris, la Fédération française de football (FFF) a annoncé vouloir créer une Ligue 3 professionnelle qui remplacerait l'actuel Championnat National, à compter de la saison 2026-2027.

La Fédération française de football (FFF) a confirmé son projet d'une Ligue 3 professionnelle en 2026. « Marc Keller, accompagné d'un groupe d'élus, va mener des travaux, des consultations, pour transformer le National en Ligue 3 professionnelle au sein de la Fédération française de football, une novation très importante demandée depuis longtemps par les clubs participant au National, avec un objectif de lancement en 2026-2027 », a détaillé Diallo à l'issue du « comex ».

Le président de la « 3F » laisse donc un peu plus d'une saison à son groupe de pilotage pour plancher sur des solutions économiques qui permettraient à la future Ligue 3 de s'installer dans le paysage du football français. « Je rappelle que le National n'est diffusé que par les moyens de production de la Fédération, a ajouté Philippe Diallo, sous-entendant que la vente des droits TV de la compétition, actuellement disponible gratuitement sur la plateforme FFFTV, pourrait constituer un levier de financement de cette future L3.

Une compétition « attractive et pérenne », que le président Diallo souhaite se voir disputer avec des « joueurs formés localement », avec des équipes « aux effectifs limités » et respectant un « salary cap » pour éviter une gabegie financière. « Je souhaite aussi que cette compétition soit celle de l'innovation, a-t-il encore précisé.

Résumé 9ème journée - Ligue 2 BKT 25/26

Relations entre la LFP et la FFF

Les frictions entre la Ligue de football professionnel (LFP) et la Fédération française de football (FFF) sur la question des deux montées et des deux descentes en Ligue 1, amènent à se poser une question : qui de la LFP ou de la FFF dirige (vraiment) le football français ?

Cette bataille de clocher aura au moins eu le mérite de remettre l’église au milieu du village. "Il n’y a pas deux grandes instances du football français. Il n’y en a qu’une : la Fédération française de football", a rappelé sèchement le patron de la FFF, et, in fine, donc, du foot français, Noël Le Graët, jeudi, en conférence de presse, au moment de retoquer la réforme de la LFP.

Association française loi 1901 à but non lucratif, la Fédération française de football est au-dessus de la Ligue de football professionnel. "Il ne faut pas oublier que la LFP n’agit que par délégation de la Fédération", rappelle ainsi au micro d'Europe 1 le président de l’AJ Auxerre, Guy Cotret.

L’actuel président de la LFP Frédéric Thiriez a beau "dénoncer une crise majeure" entre les instances du football français, il n’en reste pas moins que la Ligue est sous la tutelle de la FFF et qu’elle doit se plier aux desiderata de celle-ci. Ses seuls champs d’actions - considérables déjà - sont l’organisation des Championnats de France de Ligue 1 et de Ligue 2, l’organisation de la Coupe de la Ligue - créé en 1994 par… Noël Le Graët, alors président de la LFP -, et la négociation et l’attribution des très chers droits télévisuels (748,5 millions d’euros par saison pour la période 2016/2020, ndlr), ce qui lui confère un certain pouvoir.

Proposition de Loi et Avenir de la LFP

C’est une proposition de loi qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives dans l’organisation du sport professionnel en France et notamment du football. Après la mission d’information menée ces derniers mois, le sénateur Laurent Lafon a proposé concrètement de nouvelles dispositions législatives qui renforcent clairement le rôle de la Fédération et menacent la survie de la Ligue dans son organisation actuelle.

"Nous donnons cette possibilité à la Fédération de supprimer la Ligue qui a montré toutes ses défaillances depuis quelques mois." La phrase de Laurent Lafon claque dans les couloirs du Sénat après son point presse pour présenter sa proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel. Sur 16 pages, le document prévoit de nouvelles dispositions qui reposent sur trois volets : la gouvernance, le contrôle financier et le piratage. Mais un article particulier, décrit au Sénat comme "une petite bombe", retient l’attention car il permettrait de modifier en profondeur la gouvernance globale actuelle. Il s’agit de l’article 2. Pour la toute première fois, il donne la possibilité à la fédération de retirer la subdélégation octroyée à la Ligue pour gérer les championnats professionnels.

Parmi les conditions à remplir pour que cela arrive figurent notamment des "difficultés sérieuses de financement des activités sportives à caractères professionnel des associations qui lui sont affiliés et des sociétés sportives". En clair, dans l’esprit du sénateur, l’état catastrophique des finances des clubs justifierait à lui seul que la FFF reprenne la main. Dans cette hypothèse, tous les biens de la Ligue dissoute seraient alors transférés à la fédération.

Réaction de la FFF

"C’est novateur et clairement une rupture avec le modèle de gouvernance actuel » réagit-on à la FFF. "Pour la première fois, une loi permettrait d’envisager un interface direct entre une fédération et une société de clubs". La perspective, rendue possible par cette proposition de loi, serait de voir effectivement la FFF récupérer une grande partie des prérogatives de la Ligue tout en laissant la société commerciale gérer les questions économiques notamment la commercialisation des droits TV.

"Mais on peut aussi envisager que la FFF laisse à la société commerciale certaines prérogatives d’organisation du championnat comme cela se fait en Angleterre entre la FA et la Premier League. Aujourd’hui on a un mariage à trois : Ligue, société commerciale et FFF. Les mariages à 3 c’est compliqué en général. L’idée c’est de retrouver un mariage à deux avec la fédération et la société commerciale", poursuit-on à la FFF, qui se dit satisfaite par cette démarche des sénateurs. Elle vient en effet accompagner celle du président Philippe Diallo qui espère aboutir à des réformes après le lancement de ses Etat Généraux du foot professionnel. "On a toujours dit qu’on prendrait nos responsabilités quelque soit les conclusions des groupes de travail que l’on a constitués avec les présidents de clubs. Mais cette proposition de loi est clairement un message qui leur est envoyé. Si vous ne proposez rien, une proposition de loi est prête."

Réaction de la LFP

Du côté de la Ligue, inutile de dire que l’on n’a pas sauté de joie à la lecture de ce projet de loi. "Alors, il y a le fond et la forme", répond-on dans les couloirs du siège de la LFP au 34 boulevard de Courcelles à Paris. "Sur le fond, la possibilité d’avoir un modèle alternatif est plutôt intéressant. Tendre vers le modèle anglais peut avoir du sens. Mais ensuite il y a la forme. Et là, c’est clairement une agression caractérisée contre la Ligue et ses dirigeants. C’est brutal. Et puis ça court-circuite totalement l’initiative de la FFF avec les groupes de travail."

Après avoir décrypté en détail le texte de Laurent Lafon, la LFP dit ne retenir que deux éléments concrets intéressants: le renforcement de la lutte contre le piratage avec la création de nouveaux délits pour les diffuseurs de flux illégaux. Et la nouvelle possibilité de commercialiser les droits TV en un seul lot ce qui permettra à l’avenir de vendre les droits de tous les matchs à un seul et même acteur. Le consommateur en ressortirait grand gagnant.

"Tout le reste, c’est juste pour dire que la Ligue ce sont les méchants", déplore-t-on à la LFP. "A-t-on vraiment besoin de cette loi dans le contexte actuel? Nous n’avons qu’un seul problème aujourd’hui, un seul. C’est l’exploitation de nos droits domestiques et le positionnement de DAZN dans les mois à venir. L’unique sujet des clubs concerne leur trésorerie. Vont-ils bien toucher leur argent? Il faut arrêter de croire que cette loi pourrait solutionner cette question et nous apporter des diffuseurs sur un plateau."

Position de CVC

Ce projet de loi n’impactera en rien l’existence de la société commerciale LFP Médias dont 13% du capital sont actuellement détenus par CVC après avoir investi 1,5 milliard d’euros. "La société commerciale a été voulue par la Ligue. Elle existe. On ne va pas la supprimer. C’est impossible désormais compte tenu des engagements financiers de CVC", précise Laurent Lafon qui pointe du doigt un certain trouble qui règne en terme de gouvernance.

"Qui a décidé de l’attribution des droits TV? Est-ce l’organe de gouvernance de la société commerciale censée les commercialiser ou le conseil d’administration de la Ligue? C’est confus. Si la société commerciale peut gérer toutes les questions liées aux droits tv et aux revenus commerciaux et la fédération le régalien et l’organisation des compétitions, à quoi sert la Ligue?"

Selon une source proche du fonds d’investissement, CVC aspire à une gouvernance plus efficace. "Le fonctionnement actuel a un peu vécu. Il est clair que les dirigeants actuels sont fragilisés et ont du mal à contrôler leur écosystème. Si cela permet d’avoir une organisation plus simple, plus efficace, moins politique, avec des contacts directs avec les clubs, ça ne peut être qu’une bonne chose pour CVC. L’échelon Ligue a du mal à justifier sa plus-value aujourd’hui. C'est le sens de l'histoire."

Si la FFF venait à récupérer plusieurs des prérogatives de la LFP, que sa voix dans la gouvernance de LFP Médias devenait délibérative (comme le prévoit le projet de loi) et non plus consultative (comme aujourd’hui), des discussions devraient s’engager avec CVC pour éviter toutes menaces sur les intérêts du fonds. "Ce serait de la plomberie mais rien de bloquant", rassure-t-on dans l’entourage de CVC.

Prochaines Étapes

D’ici un mois, les groupes de travail de la FFF devraient livrer leurs recommandations. Certaines pourraient être intégrées à un projet de réforme. Les sénateurs se disent d’ailleurs prêts à amender leur projet de loi avec des propositions venant de la FFF ou des clubs. Dans les prochaines semaines, un nouveau patron de LFP Médias sera nommé. Puis à la mi-mai le projet de loi de Laurent Lafon sera étudié par le Sénat avant de partir à l’Assemblée Nationale. Une adoption définitive par le Parlement pourrait intervenir au plus tôt à l’automne soit quelques semaines avant la date permettant à la Ligue et DAZN d’éventuellement mettre fin à leur collaboration à l’issue de la saison 2025-2026.

Répartition des compétitions gérées par la LFP
Compétition Nombre de matches
Ligue 1 380
Ligue 2 380
Coupe de la Ligue 42
Trophée des Champions 1

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