L'Histoire Épique du Derby des Plaines : Amiens vs Rouen en Ligue Magnus

La rivalité entre les Gothiques d'Amiens et les Dragons de Rouen est un pilier de la Ligue Magnus, riche en confrontations mémorables et en moments de tension. Cette rivalité, ancrée depuis plus de 30 ans, a vu les deux équipes se disputer la suprématie du hockey sur glace français, souvent à l'avantage des Normands.

C'est une vieille histoire qui existe entre Rouennais et Amiénois, un peu « Je t’aime moi non plus ». Depuis 1985 exactement, l’année où les Dragons de Rouen rejoignaient les Gothiques d’Amiens dans l’élite du championnat qui eux fréquentaient déjà les lieux depuis 1982. Pas une année donc sans une rencontre entre ces équipes des plaines dans un sport jusque-là dominé essentiellement par les équipes des Alpes, berceau du hockey sur glace en France.

Sur les 144 matchs déjà disputés entre les deux camps, les Dragons de Rouen mènent largement avec 100 victoires à leur compteur contre 37 succès des Gothiques et 7 nuls. Si les Rouennais ont pris un net avantage sur leurs adversaires de toujours après le second et dernier titre de champions de France des Picards en 2004, il n’en a pas toujours été de même.

Cette rivalité est certainement née durant cette demi-finale de 1989. Les Amiénois pourtant annoncés inférieurs face à l’armada rouennaise, menée à l’époque par Guy Fournier actuel manager des Dragons de Rouen, font vivre de drôles de soirées aux Normands qui doivent s’incliner face aux Picards.

À la suite de ce revers, les Rouennais vont enchaîner les titres, cinq en six saisons pour ce qu’on appellera les fameuses années Dragons. Le derby gardera sa saveur, avec toujours beaucoup de bruit dans les travées des deux patinoires qui voient un flot de supporteurs adverses venus soutenir leurs équipes à chaque déplacement.

La tendance s’inversera quelque peu fin des années 90 et début 2000, Amiens remportant ces deux titres nationaux durant cette période alors que Rouen revient au premier plan après quelques années de galère. Le derby atteindra son paroxysme avec cette fameuse finale de championnat en 2003 où les Dragons remporteront le titre après trois matchs très accrochés dans des ambiances de feu.

Depuis, la ferveur a perdu doucement de sa superbe avec de nombreuses victoires rouennaises face à des Gothiques moins fringants. Une nouvelle ère de domination des Dragons, depuis le dernier titre des Gothiques en 2004 ayant vu le jour avec 8 titres sur 14 saisons pour les Rouennais.

Mais la saison dernière, suite à une demi-finale extrêmement serrée, les deux peuples adverses ont retrouvé les ambiances d’antan que beaucoup se souviennent et espéraient à nouveau. Dragons et Gothiques jouent à nouveau dans la même cour, au plus grand bonheur des partisans et c’est tant mieux !

Moments Clés et Confrontations Mémorables

Parmi les rencontres les plus marquantes, on se souvient notamment de:

  • La demi-finale de 1989, où Amiens, considéré comme outsider, a déjoué les pronostics en battant Rouen.
  • La finale de championnat de 2003, remportée par les Dragons dans une ambiance électrique après trois matchs disputés.
  • Un match en février où les Dragons de Rouen ont poursuivi leur période faste en écrasant une pâle équipe des Gothiques d’Amiens (7-1).

Ces confrontations ont non seulement marqué l'histoire de la Ligue Magnus, mais ont également contribué à forger l'identité et la passion des supporters des deux camps.

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Les Entraîneurs Emblématiques et Leur Impact

Que l'on se place d'un côté ou de l'autre, le moins que l'on puisse dire c'est que les deux techniciens auront largement participé à écrire les plus belles heures de gloire des deux clubs. Pourvoyeurs patentés de médailles, les deux se seront challengés à maintes reprises dans les différentes catégories. Depuis plus de quinze ans les deux se croisent, et se recroisent au détour d'un glaçon ou d'un podium.

« Je crois que notre premier face à face date de 2007 sur une année U15 » se souvient Olivier Duclos avant d'enchaîner « Cette année là, Rouen est champion, Amiens, troisième et le carré final avait lieu à Amiens. Malgré le fait que Nono soit lus jeune que moi, je l'ai observé souvent pour prendre ce qu’il y avait de mieux en lui . On a tout de suite eu un grand respect mutuel et une rivalité saine , on ne s'est jamais accroché lors d’un match et on s’est toujours félicité mutuellement de nos réussites et soutenu lors de nos échecs , on a développé au fur et à mesure une complicité et des points communs, on s’appelle et on se soutient par téléphone quand un de nous deux est dans le dur, on a développé une relation au delà du hockey en ajoutant Virgile Mariette de Caen qui nous ressemble beaucoup »

Même respect sincère du côté rouennais au moment d'évoquer ce premier rendez-vous « La première confrontation, je pense, a eu lieu sur la saison 2006-2007 en U15, j'étais sur la catégorie adjoint de Julien Guimard et nous étions deux jeunes entraîneurs aux dents longues qui cherchaient a battre tout le monde... Et on a fait la connaissance d'Olivier qui nous impressionnaient car il avait pris la suite de Stéphane Berthon et de Dave Henderson en U18, deux très grands entraîneurs et son expérience ainsi que son leadership était plus que flagrant sans compter les titres acquis déjà à l'époque.

À cet instant de ces quelques lignes, difficile de passer à côté de la question de ce que l'un pense de l'autre et vice & versa. « Compétence, travail, sincérité, honnêteté, passion & intelligence. » martèle Olivier Duclos « Ces 5 mots résument qui est Nono. La valeur d’un entraîneur ne se mesure pas qu’avec les titres ni par le nombre de joueurs formés par les coachs mais aussi par la façon dont parlent ses anciens joueurs et ses collègues. Nono est aimé par ses joueurs , admiré par les coachs adverses dont je fais partie. Je sais pertinemment que quand il prend une équipe en août , elle va passer de moyen à très compétitive en mars quelque soit les joueurs qu’il a , talentueux ou pas , et au même titre que moi , Nono a beaucoup gagné et beaucoup perdu et c’est comme ça qu’un coach grandi quand il est assez intelligent pour ne pas jeter la pierre sur d’autres . Il est honnête et sincère avec ses joueurs même quand il faut leur rentrer dedans et c’est ce que les gamins aiment . »

Tout aussi disert, dans le camp rouennais « L'ennemi est un très bon professeur disait le dalaï lama. En cela, Olivier en est un excellent. J'ai pu apprendre de lui sur le banc, sur la glace et même dans la vie. Son amour pour ce sport, son travail pointu, sa sincérité, sa combativité et sa maîtrise restent pour moi un exemple. Sur le banc il m'a poussé à l'observer , pour comprendre et imiter les subtilités du coaching, mes titres les plus difficiles ont été face à lui. Encore aujourd'hui, l'ADN d'Amiens est dicté par sa combativité et en fait un très de caractère de chacune de ses équipes.

Sa maîtrise ... On en a fait les frais, déjà dominant avec cette génération 95,96, mais que dire en 97 quand Amiens est dominé toute la saison par nous et qui finalement gagne en finale U15 6-3 grâce à un gros travail stratégique et d'analyse video sur les phases finales. Sa sincérité, quand un entraîneur qui a connu autant de titres , la Magnus , l'équipe de France...et fait son travail avec des plus jeunes sans changer peu importe qu'ils s'appellent Buysse, Da Costa, Bouvet, Leclerc ou qu'ils soient encore en devenir. Et dans la vie , toujours prêt à soutenir dans les moments difficiles.

Des victoires, des défaites, des sourires, des crispations, l'un & l'autre en auront connu et au moment d'ouvrir la boîte à souvenirs, les deux continuent de se montrer particulièrement prévenant à l'image d'un Olivier Duclos tout en finesse & malice « Je n’ai pas de meilleur souvenir car « avoir un meilleur souvenir contre « veut dire qu’on prend plaisir à battre un collègue coach, c’est toujours un plaisir de coacher contre Nordine , on se connaît tellement bien depuis plus de 15 ans que je sais moi quelle stratégie il va mettre en place pendant un match. Par contre, mon pire souvenir contre Nordine est la saison 2013-2014. On sortait de deux titres de suite en U18, on avait l’équipe pour faire un triplé , avec du talent , des joueurs matures pour du U18 et destinés à écraser la saison .

À l’époque , il y avait le tournoi U18 à Noël à Amiens et la finale opposait Amiens à Rouen, Rouen gagne la finale et j’ai su ce jour là que nous ne serions pas champions de France à la fin de la saison car j’avais compris ce jour là que Nordine avait réussi à faire croire à ses joueurs que nous n’étions pas imbattables. Il avait su transmettre l’impossible à son équipe . »

Bien évidemment, marquante cette saison 2013-2014 pour le clan jaune & noir « Mon meilleur souvenir, le titre avec les 96 en U18. Je pense un titre plein de maîtrise avec les félicitations sincères d'Olivier. Son équipe 96 était bien plus talentueuse, c'était une grosse génération. Et moi j'avais misé sur quatre blocs assez homogènes et très combatifs... A la fin du match il m'a dit...Tu m'as bien eu avec ton équipe de plombiers... » évoque dans un sourire taquin Nordine avant d'enchaîner sur un moment plus sombre avec la finale U15 perdue à Viry avec les 95 « On a pris 11-2, un de mes leaders a complètement craqué laissant filer le match. Nous sommes en power-play à la fin du premier tiers. 0-1. Mon meilleur joueur se fait bloquer son tir et on prend un but en contre-attaque.

Une Rivalité Qui Dépasse le Sport

Saine rivalité, complicité évidente, entre les deux, l'histoire se poursuivra ce week-end à l'occasion du quart de finale du championnat de France U17 Elite. Si l'issue de cette confrontation reste aléatoire, une chose est sure c'est qu'au moment de se serrer la main, cette fois, le respect sera de mise entre les deux équipes, Rouen qualifié au bénéfice de sa place en poule A & Amiens qui aura du bataillé face à Strasbourg pour décrocher son billet rouennais.

« Les deux matchs vont être difficiles, c'est une certitude » résume le technicien rouennais «il y a un enjeu de club & d'égo. Récemment Amiens domine en U15, nous ont fait chuté en U17B & A. Je m'attends à une vraie bataille dès le début. On devra être solide et bien dans la tête. De plus, je sais pertinemment qu'Olivier est la meilleure personne pour trouver stratégiquement quelque chose pour nous faire tomber. Je m'attends à ce qu'il me pousse dans mes derniers retranchements... »

Une certitude et le duel a déjà commencé à l'image de l'habile technicien amiénois malin au moment de mettre la pression sur les épaules jaune & noir « la pression était sur nous à Strasbourg, une équipe contre laquelle nous avions perdu deux fois en saison régulière. Nous en poule B, jouant une poule C en dépit du fait qu'il n'y avait pas cette année d'écart entre les deux poules. Là, nous n’avons plus de pression , elle est sur les épaules de Rouen qui est en poule A, qui a plus de joueurs talentueux que nous . L’équipe de Rouen de septembre octobre que nous avons battu n’est plus la même maintenant, elle est homogène , a de la vitesse et est bien plus structurée qu’avant. Nous ne venons pas en victimes et allons donner du fil à retordre à Rouen dont je connais les points faibles et point forts et notre remontada de Strasbourg a fait naître plus qu’un groupe ce week-end. Et quelle bonheur de retrouver les deux Nonos dragons . Que le meilleur gagne dans un esprit de respect et de classe . »

Un Match Mémorable : Rouen Inflige une Défaite Historique à Amiens

Tancés en championnat avec un bilan d'une seule victoire face à Strasbourg pour trois défaites, pour les Dragons, le déplacement en Picardie chez les voisins d'Amiens qui restaient sur une probante défaite 5-6 contre Hockey 74, avait tout du chausse-trappe pour cette 6ème journée du championnat. Un brin soulagés après une large victoire 9 buts à 3 face à l'Etoile Noire de Strasbourg, l'heure n'était pas à la rechute pour les rouennais au moment d'aborder un toujours périlleux déplacement au Coliséum d'Amiens.

Seule patinoire avec celle de Grenoble où les Dragons auront perdu plus souvent qu'ils y ont gagné, les rouennais ne s'attendaient sans doute pas un tel déroulement de rencontre. Sur la pointe des patins pour débuter, le temps de se jauger et de laisser filer les quelques séquences en infériorité numérique de part et d'autre, passée la barrière des dix minutes, les affaires s'enclenchaient sérieusement à la faveur des Dragons. Une première ouverture pour Jordan Hervé (13'20) lançait les débats courtoisement jusqu'à la bascule des cinq dernières minutes de la période où Amiens s'offrait le temps de quelques minutes un remake du Titanic.

Si la pause permettra aux joueurs des Hauts-de-France de se ressourcer un peu à l'image de Mathéo Candellier-Brochon qui réduisait d'entrée de jeu le score à 1-3 (20'20), l'étincelle rouge et noir sera de courte durée. A peine trois minutes, le temps pour Jordan Hervé de sortir à nouveau tel un diable de sa boite pour clouer le bec à toute tentative de rébellion amiénoise (23'04)

Si déjà lors du premier tiers, les Dragons s'étaient montrés prégnants et pressants, le tiers médian se montrera aussi sans-coeur qu'implacable envers une équipe d'Amiens déboussolée. Ainsi, alors que la mi-match n'était pas encore passée, l'infortuné gardien amiénois Sacha Binanzer se retrouvait à nouveau dans l'adversité alors que Jonas Lemetais en avantage numérique s'illustrait en inscrivant le cinquième but jaune et noir (28'33)

Une fin de tiers toute rouennaise qui permettait aux artilleurs de la ville aux cent clochers de s'en donner à cœur joie. Avec déjà trois buts inscrits marqués en supériorité numérique, à chacune des tentatives rouennaises en situation de power-play, les Dragons avaient fait mouche. Et lorsque dès le début de la troisième période, l'ex-rouennais Tomas Simonsen rejoignait le banc des cachots amiénois (41'00), c'est une belle opportunité qu'il offrait à ses anciens coéquipiers. Une aubaine que ne manquait pas de concrétiser en but le capitaine jaune et noir Kaylian Leborgne pour le 8-1 (41'42)

Dans une partie apocalyptique pour les locaux, il était d'envisager pire début de troisième tiers alors que Jordan Hervé y allait du quintuplé quelques secondes plus tard (42'49) Rivalité amiéno-rouennaise oblige, c'est non sans un certain plaisir que du coté des jaune et noir, on voyait le score grimper dans des proportions inespérées avant la rencontre. Alors que chez les Normands, on se prenait à rêver à la dizaine, les minutes de match amenant les deux équipes à la sirène finale, se montreront nettement plus viriles.

Les minutes de prisons s'amoncelant de part et d'autre jusqu'à cette lourde altercation à l'ancienne qui conduisait cinq joueurs à regagner le vestiaire prématurément (49'34), trois du coté rouennais, deux du coté amiénois. 9-2 score final.

Une probante victoire pour les Dragons, une historique victoire pour les Dragons qui infligent le plus lourd revers à une équipe amiénoise de l'histoire d'amour entre Rouen et Amiens en cadet.

Rouen, large leader de Ligue Magnus, est revenu de son déplacement à Amiens avec une nette victoire (7-1), mardi lors de la 40e journée. Les Dragons ont frappé trois fois dans le premier quart d'heure, par Loïc Lampérier, Robin Colomban et Noa Gonçalves.

Voici un tableau récapitulatif des statistiques clés de la rivalité :

Équipe Nombre de victoires Nombre de défaites Nombre de matchs nuls
Dragons de Rouen 100 37 7
Gothiques d'Amiens 37 100 7

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