FC Nantes : Une Histoire en Ligue des Champions

Le Football Club Nantes Atlantique (FCNA) est l'un des clubs de football français les plus titrés, avec huit titres de champion et trois coupes de France. Cependant, le FCNA a mis du temps à s'imposer dans l'élite, passant de nombreuses saisons en deuxième division.

Stade de la Beaujoire, l'antre du FC Nantes.

L'Ascension du FC Nantes

De 1946 à 1963, le FC Nantes est un club de milieu de tableau en division 2. Soudain, le club connaît un essor fulgurant : un an seulement après son accession en division 1, il réalise l'exploit de terminer champion de France en 1965. Le FC Nantes remporte un deuxième titre la saison suivante, et se maintient ensuite avec une régularité impressionnante dans le haut du tableau.

De 1964 à 1986, la plus mauvaise place du FC Nantes est 10ème ! En quarante ans, le FCNA ne s'est classé que quatre fois en dessous de la 10ème place. Cette régularité hors norme, le FC Nantes la doit peut-être à la qualité de sa formation et à ses principes techniques dans le jeu.

Après 43 saisons consécutives en D1, le FC Nantes finit par connaître la descente en ligue 2. Débute alors sans doute la période la plus noire de l'histoire du club, avec une très médiocre 15ème place en ligue 2 lors de la saison 2009/2010.

Parcours Européen : Gloire et Désillusions

L'ÉPOPÉE DE NANTES EN LDC (1996)

Très régulier en championnat, le FC Nantes n'est pas parvenu à percer au niveau européen, avec seulement deux demi-finales : une en Ligue des Champions en 1996 et une en Coupe des Vainqueurs de Coupe en 1980. De même, en Coupe de France, le FC Nantes a longtemps eu beaucoup de mal à gagner, étant 5 fois finaliste et ne remportant qu'une seule victoire avant de gagner deux fois de suite en 1999 et 2000.

Le FC Nantes a évolué longtemps au stade Marcel Saupin, qui pouvait accueillir près de 28 000 spectateurs (record de 28 504 pour un Nantes-Angers en 1970). Puis, l'organisation de l'EURO 84 a permis la construction du stade de la Beaujoire.

Le record de spectateurs du FC Nantes est battu en 1985 (et tient toujours) lors de la réception des Girondins de Bordeaux, le grand rival, avec 44 285 personnes au stade. Le record absolu de la Beaujoire est de 51 359 spectateurs pour le match France - Belgique de l'Euro.

La Demi-Finale de Ligue des Champions 1996 : Un Sommet Historique

Le but de Japhet N'Doram contre la Juventus Turin le 17 avril 1996, en demi-finales retour de la Ligue des champions, est le plus haut sommet de l'histoire européenne du FCN, symbole absolu du compagnonnage tourmenté entre le club canari et les compétitions continentales. Un extérieur du pied porté par la rage et le dépit, à la 69e minute, pour revenir à 2-2. Alors qu'il était déjà trop tard. « On voulait leur montrer qu'ils se qualifiaient, OK, mais contre une bonne équipe. Mais ça s'était joué à l'aller (0-2) », se souvient l'inspirateur de ce Nantes-là.

Le FCN avait laissé filer à l'intersaison Patrice Loko (Paris-SG) et Christian Karembeu (Sampdoria Gênes). « On avait grandi ensemble, et alors qu'on arrivait à toucher quelque chose qu'on n'aurait jamais imaginé toucher, le club n'a pas été capable de les retenir. Ça a été une déchirure », rappelle Eddy Capron.

Nantes n'est pas complètement lui-même. « C'est notre capacité athlétique qui prenait le dessus. Notre capacité à courir, tous ensemble, explique le Tchadien. On se projetait vite, avec des courses de 40-50 mètres à fond. Et avec le ballon, pas question de ressortir derrière, il fallait tout de suite aller de l'avant. Karembeu et Loko en moins, c'est une somme athlétique énorme. Alors avec les absences de Pedros et Makelele en plus... »

Le Match Aller à Turin : Un Handicap Important

Pour résister à la puissante Juve, il faudrait que tous les éléments s'accordent. « Mais on est arrivés avec le minimum d'arguments là-bas, se souvient Serge Le Dizet. Avant le match, tu sais que le handicap est important, que tu joues dans la même cour que la Juventus mais pas dans la même catégorie. On n'était plus dans la phase euphorique de la saison précédente. En 1994-1995, on gagnait les matches avant de les jouer. Là, on n'avait plus cette confiance, cette foi qui nous caractérisait, et on n'inspirait plus cette peur chez l'adversaire. »

Le parcours en Championnat est irrégulier, miné par les soucis physiques de plusieurs cadres (Ferri, Ouédec). Nantes a fini deuxième de son groupe de C1 derrière le Panathinaïkos et devant Porto, le quart de finale contre le Spartak Moscou (2-0, 2-2) a été tendu. Au retour, pour s'être vengé d'un coup de pied sur son adversaire, Pedros a écopé de quatre matches de suspension, confirmés quelques heures avant cette demi-finale. « L'anomalie, c'est qu'on soit dans le dernier carré », rappelle Le Dizet. « En face, ce sont les meilleurs du monde, ajoute Capron. Dès la veille du match, le stade, même vide, est impressionnant. Tu te dis : "Qu'est-ce que je fous là ?" »

« L'équipe est construite dans l'idée de procéder en contre, car on est ultra - performants en attaques rapides, détaille Franck Renou, sur le banc à l'aller comme au retour. Et puis Éric Decroix se fait casser le nez, Bruno Carotti vient chatouiller (Michele) Padovano et prend le rouge. Alors qu'on sent qu'on n'a pas été débordés jusque-là, on perd le fil du match. Le sentiment d'injustice prend le dessus. »

Le Match Retour à la Beaujoire : L'Espoir et la Déception

À l'aller, Vialli et Jugovic assomment les Canaris. Une déviation de Gianluca Vialli sur corner, après une tête de Pietro Vierchowod, assomme pour de bon les champions de France en titre. Il surgit comme une double peine : en fin de première période, Padovano a cassé le nez de Decroix d'un coup de coude. Les images ne le montrent pas. L'arbitre, évidemment, n'a rien vu.

Entre l'ouverture du score et l'estocade signée Vladimir Jugovic (66e) d'une frappe en lucarne, Del Piero glisse un centre entre le but et Dominique Casagrande, une autre tête turinoise atterrit sur le poteau. À la sortie, Nantes, battu 2-0, a au moins évité le désastre. Jean-Claude Suaudeau s'offre un échange tendu avec Marcello Lippi, éructe contre l'arbitre anglais dans le vestiaire. « Il hurlait : "Ce n'est pas possible, il nous fait payer la vache folle !", se souvient Le Dizet. On avait vu toute la différence entre les deux clubs, le poids de la Juve au niveau européen. »

Au retour pourtant, la Beaujoire, alors si sage, gronde comme jamais. L'ouverture du score de Gianluca Vialli dès la 17e rend l'espoir de qualification quasi vain. Mais Capron égalise de la tête juste avant la pause (43e), même si les archives de l'UEFA retiennent le nom de Decroix (le ballon avait bien franchi la ligne avant la reprise de l'autre défenseur central). Sur un centre de Gourvennec. « Nico (Ouédec) se blesse, j'entre sans m'échauffer. Très vite, il y a un corner, raconte ce dernier. Je le frappe, Eddy reprend. Je me dis : "C'est top !" Pour nous deux, c'est un moment très intense. »

À la pause, Del Piero et Fabrizio Ravanelli sortent. Vialli les rejoint sur le banc à la 78e, indices d'une équipe qui s'inquiète modérément de la révolte nantaise : Paulo Sousa a remis la Juve en tête à la 50e, et la réponse de N'Doram (69e) intervient trop tard. « En stage de pré-saison, je m'étais dit : "Voilà, c'est le foot que j'ai toujours rêvé de jouer." C'était grandiose, un jeu ultra-dynamique, ultra-explosif. Ça allait vite de partout, dans les têtes, surtout, résume Gourvennec. Ça jouait vite et juste. Mais même quand tu secouais la Juve, elle tenait la route, elle avait cette marge. Et au retour, Didier (Deschamps, suspendu à l'aller) tirait les ficelles au milieu. C'était très fort. On voit le maestro. »

Dans les ultimes minutes, le FCN combat pour son honneur, avec la rage de ceux qui ont le sentiment de ne pas avoir lutté à armes égales. « On était encore dans l'insouciance collective, le plaisir de jouer, tout simplement, rappelle le dernier buteur de cette demi-finale, Franck Renou. Tous ces joueurs du cru qui étaient encore là en 1996, le club envisageait de les prêter quatre ans plus tôt (*), alors on ne se mettait pas la pression. J'entre en demi-finales de Ligue des champions sans en avoir vraiment conscience. Et quand je marque (83e), je ne fais pas de célébration. Je cours vers le rond central pour reprendre le jeu. Il y a 3-2, il faut encore en mettre deux pour se qualifier, c'est à ça que je pense. » Pas à ses illusions perdues, après le match aller.

Le FC Nantes et l'Équipe de France : Une Histoire Paradoxale

Le FC Nantes champion de France 1995, considéré comme l’une des plus belles formations de l’histoire du championnat de France, aurait dû alimenter l’équipe de France de 1998. Il est important de rappeler que le championnat de France était alors loin d’être dévalué (même si l’OM était alors en seconde division). Le principal opposant du FC Nantes était le Paris Saint-Germain demi-finaliste de la Ligue des Champions.

A trois ans de la Coupe du monde 1998, et alors que l’équipe de France venait de rater deux échéances consécutives, la génération nantaise donnait de véritables motifs d’espoir : les Loko, Ouédec, Pedros, Karembeu, Ferri, Makélélé et peut-être d’autres semblaient en capacité d’emmener les Bleus au firmament du football mondial. Curieusement, quand le titre mondial fut acquis, la génération nantaise était déjà oubliée. Un seul de ses représentants faisait partie des finalistes, Christian Karembeu, devenu joueur du Real Madrid, alors que ses camarades de promotion ne figuraient même pas dans le groupe des vingt-deux.

Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Le sélectionneur s’est efforcé d’intégrer du Jaune dans le Bleu. Il a même bousculé ses plans pour reconstituer l’attaque canarie aux avant-postes de l’équipe de France. En vain.

L’échec de la “génération 1995” en Bleu relance l’idée selon laquelle le FC Nantes produit un collectif d’où les individualités peinent à sortir. Loin du cocon nantais dans lequel il s’épanouit, le joueur nantais, à quelques exceptions près, semble avoir tout à réapprendre dès lors qu’il change de contexte, que cela soit en sélection ou dans un autre club.

Les Statistiques du FC Nantes

Voici un aperçu des principales statistiques du FC Nantes :

Compétition Nombre de fois
Champion de France de Ligue 1 8
Premier de Ligue 2 1
Coupe de France 4
Finaliste de la coupe de France 6
Finaliste de la coupe de la Ligue 1

La meilleure moyenne de spectateurs de Nantes à domicile est de 33 385 spectateurs, elle a été obtenue lors de la saison 2001/2002.

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