Copa Libertadores : La Ligue des Champions d'Amérique du Sud

La Copa Libertadores de América, officiellement nommée CONMEBOL Libertadores Bridgestone, est une compétition annuelle de football interclubs prestigieuse en Amérique du Sud. Créée en 1960, elle est organisée par la Confederación Sudamericana de Fútbol (CONMEBOL) et rassemble les meilleurs clubs du continent.

La Copa Libertadores est la plus prestigieuse des compétitions de clubs d’Amérique du Sud, devant la Copa Sudamericana : à ce titre, elle est en quelque sorte l’équivalent de la Ligue des champions.

Elle est considérée comme l’une des compétitions majeures du continent sud-américain. Souvent comparée à l’équivalent de la Ligue des Champions en Amérique du Sud, ce trophée est le graal absolu pour tous les clubs du continent.

Format de la Compétition

Le tournoi a pris plusieurs formes depuis sa création. Au départ, seuls les vainqueurs des ligues sud-américaines y participaient.

En 1966, le comité du tournoi a voté pour inclure les vice-champions. Les équipes mexicaines ont été invitées en 1988, et entre 2000 et 2016, leur participation a été régulière.

En 2000, la taille du tournoi est passée de 20 à 32 équipes.

Chaque pays envoie un nombre variable de représentants, au nombre de 32 en phase de groupes :

  • Cinq pour le Brésil et l’Argentine,
  • Deux pour le Chili, la Colombie, la Bolivie, l’Équateur, le Paraguay, le Pérou, l’Uruguay et le Vénézuela,
  • Un pour le vainqueur de l’édition précédente,
  • Le vainqueur de la Copa Sudamericana précédente,
  • Quatre enfin issus de la phase éliminatoire.

Aujourd'hui, chaque pays membre envoie au moins quatre clubs. Toutefois, l'Argentine et le Brésil ont le plus grand nombre de places, respectivement six et sept équipes.

Le format actuel déroule le tournoi en huit tours. Les trois premiers opposent souvent les concurrents du tour préliminaire. Quatre équipes qui passent ces tours rejoignent les 28 qui obtiennent une qualification directe pour les phases de groupe.

Ces 32 équipes sont réparties en huit groupes, dont les vainqueurs et leurs dauphins accèdent aux phases à élimination directe, qui se terminent par la finale. Les meilleures équipes de la phase de groupes sont qualifiées pour la phase finale, en matchs à élimination directe en deux manches, jusqu’à la finale.

Le vainqueur est qualifié pour la Coupe du monde des clubs. Les vainqueurs sont qualifiés pour participer à la Recopa Sudamericana, où ils rencontrent les vainqueurs de la Copa Sudamericana, la deuxième compétition de football de clubs la plus prestigieuse d'Amérique du Sud.

Qualification pour la Copa Libertadores

Les équipes se qualifient en remportant les tournois Apertura et Clausura, les deux moitiés d'une saison divisée. Elles peuvent également être éligibles en étant parmi les leaders de leurs championnats.

L'Argentine, le Brésil et le Chili préfèrent cette dernière méthode, tandis que la Bolivie, la Colombie, l'Équateur, le Paraguay, le Pérou et le Venezuela utilisent la première. Une autre place est réservée aux vainqueurs des coupes nationales.

Les champions en titre obtiennent également une place s'ils ne parviennent pas à se qualifier par le biais du championnat national. Dans ce cas, la place supplémentaire est attribuée à l'équipe éligible suivante.

Règles de la Compétition

Au départ, la Copa Libertadores a adopté une approche unique du tournoi. Elle ne mettait pas l'accent sur les buts à l'extérieur et n'utilisait pas les prolongations. En outre, les matchs aller-retour étaient décidés sur la base des points uniquement, sans tenir compte de la différence de buts.

Toutefois, à partir de 1995, la CONMEBOL a adopté le système de la FIFA qui accorde une valeur supplémentaire aux victoires. Les équipes gagnent trois points pour une victoire, un point pour un match nul et aucun point pour une défaite.

Le tournoi compte 47 équipes qui s'affrontent pendant huit mois. Le première phase est une phase d'élimination directe à laquelle participent douze équipes. La deuxième, un tournoi à la ronde, tandis que la dernière est une autre phase à élimination directe. Les six équipes qui passent le cap de la première phase rejoignent les 24 équipes qualifiées automatiquement et les deux équipes qualifiées par le biais des places spéciales.

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Prix et Récompenses

Le vainqueur reçoit un trophée, qui porte le même nom que le tournoi. Le trophée, également appelé la Copa, a été conçu par Alberto de Gasperi, un orfèvre péruvien d'origine italienne. Outre le trophée, presque tous les participants reçoivent des prix en espèces.

Les équipes éliminées lors de la première étape remportent 350 000 dollars. Les clubs éliminés lors des deuxième et troisième phases reçoivent respectivement 500 000 et 550 000 dollars. Les éliminations en phase de groupe, en huitième de finale et en quart de finale rapportent respectivement 1 million, 1,05 million et 1,2 million de dollars.

Les champions empochent 12 millions de dollars, tandis que le premier finaliste et les demi-finalistes reçoivent respectivement 6 millions et 1,75 million de dollars.

La Confédération sud-américaine de football (CONMEBOL) a élaboré plusieurs plans détaillés pour une augmentation de 23% des paiements aux clubs dans toutes ses compétitions pour la saison actuelle 2023.

La CONMEBOL a déclaré qu’elle distribuerait environ 301 millions de dollars (280,4 millions d’euros) cette année, soit une augmentation de plus de 57 millions de dollars par rapport à 2022. Son tournoi phare, la Copa Libertadores, verra jusqu’à 207,8 millions de dollars distribués, soit près de 37,8 millions de dollars de plus qu’en 2022.

En plus de l’extension du partenariat avec la marque de bière néerlandaise Amstel, appartenant au groupe Heineken, la Conmebol a ajouté Coca-Cola à son portefeuille de sponsoring dans le cadre d’un accord de quatre ans couvrant diverses compétitions de clubs, dont la Copa Libertadores.

Le contrat de droits TV a aussi été largement renégocié à l’international : la Paramount Global a obtenu un large éventail de droits de diffusion pour la Copa Libertadores au Brésil et en Amérique du Sud au sens large pour la période allant de 2023 à 2026 aux côtés d’autres grosses chaînes comme ESPN et la Globo (chaîne brésilienne) qui se partagent les autres droits sur l’ensemble du continent.

Les nouveaux accords permettront à la CONMEBOL de générer 1,14 milliard de dollars au total à partir de ses droits de compétition de clubs à travers le Brésil et les territoires hispanophones d’Amérique latine (LATAM), soit une augmentation de 350 millions de dollars par rapport au cycle précédent.

Quant à beIN Sport, ils ont racheté les droits de diffusion sur le continent africain et au Moyen-Orient.

Tableau des Prix de la Copa Libertadores

Étape Prix (USD)
Éliminés en première étape 350 000
Éliminés en deuxième étape 500 000
Éliminés en troisième étape 550 000
Éliminés en phase de groupe 1 000 000
Éliminés en huitième de finale 1 050 000
Éliminés en quart de finale 1 200 000
Demi-finalistes 1 750 000
Finaliste 6 000 000
Vainqueur 12 000 000

Équipes Victorieuses

C'est l'équipe argentine d'Independiente qui a remporté le plus grand nombre de fois le tournoi, soit 7 fois.

Domination Brésilienne Récente

Néanmoins, depuis plusieurs années, la compétition tend à perdre de sa superbe à cause d’une ultra-domination des équipes brésiliennes.

Sur les quatre dernières années, la Copa Libertadores a été remportée successivement par Flamengo (2019, 2022) et par Palmeiras (2020, 2021). Et les trois dernières finales ont été, de surcroît, des affiches exclusivement brésiliennes.

Avec six équipes de Série A dans les 16 dernières en lice cette année, la logique brésilienne pourrait bien se poursuivre, surtout que le tirage au sort des phases finales a séparé quatre de ces six équipes brésiliennes encore en compétition. Seuls l’Atlético Mineiro et Palmeiras vont croiser le fer en 8e de finale.

Un cinquième triomphe brésilien consécutif en Copa Libertadores ne ferait que souligner une évidence criante : l’écart entre le football brésilien et le reste de l’Amérique du Sud est grand et ne cesse de croître.

Tout comme les clubs anglais utilisent leur force financière supplémentaire pour recruter des talents des ligues qui les entourent, le Brésil pille les autres championnats sud-américains. Ce processus s’est certes produit tardivement, mais en tant que seul pays lusophone sur un continent dominé par la langue espagnole, le Brésil a vécu dans une sorte d’isolement culturel et footballistique.

Vers une Extension Panaméricaine ?

Afin de redynamiser la compétition, un grand projet est dans les tuyaux depuis plusieurs mois désormais, largement diffusé dans les presses américaines : l’idée d’une extension panaméricaine, ouvrant ainsi la voie aux franchises de MLS et aux clubs mexicains dans la Copa Libertadores.

La CONMEBOL (Confédération sud-américaine de football) et la CONCACAF (Confédération de football de l’Amérique du Nord, centrale et Caraïbes) ont annoncé en début d’année la signature d’un «accord de partenariat stratégique visant à renforcer et à développer le football dans les deux régions» : cela passera notamment par la création d’un nouveau tournoi sous la forme d’un Final Four, mettant en vedette les deux derniers finalistes de la Copa Libertadores et de la Ligue des Champions de la CONCACAF, qui devrait fêter sa première édition en 2024.

Le transfert officialisé de Lionel Messi à l’Inter Miami donnera certainement un poids supplémentaire à ce grand projet. Un rapprochement attendu qui fait suite à l’organisation de la Copa America 2024 aux Etats-Unis avec dix nations de la CONCACAF en invités.

Mais il reste encore plusieurs détails à régler pour pouvoir officiellement lancer une grande Copa Libertadores impliquant les clubs canadiens, mexicains et étasuniens.

En additionnant la CONMBEOL et la CONCACAF, le nombre total de fédérations éligibles à la Copa Libertadores passerait de 10 à 51 nations membres, puisque la confédération nord-américaine est composée de 41 membres dont 35 affiliés également à la FIFA.

De multiples paramètres logistiques sont aussi à considérer pour organiser une compétition vaste sur une superficie de plus de 42 millions km² avec une trentaine de pays aux fuseaux horaires différents, des calendriers de championnats régionaux et nationaux décalés et avec des stades pas toujours aux normes.

En Argentine, River Plate a réagi en augmentant la taille de son stade - qui a désormais la plus grande capacité du continent. Boca Juniors a entamé son bras de fer pour construire une nouvelle Bombonera géante.

Mais même avec ces investissements massifs, la puissance et la taille même de l’économie brésilienne font toute la différence et cette dernière semble être la seule du continent sud à pouvoir rivaliser avec la MLS et Liga MX.

Réforme des Compétitions Continentales

La CONMEBOL a officialisé la réforme de ses compétitions continentales. Avec des compétitions qui se dérouleront de manière simultanées, comme une Ligue des Champions et une Europa Ligue, leurs homologues respectifs européens, les deux grandes épreuves continentales vont désormais se dérouler entre février et décembre, la réforme ayant pour but « de renforcer le football sud-américain par le biais d’une stratégie globale qui permettra de générer et de réinvestir davantage dans son développement » selon les dires d’Alejandro Domínguez, président de la CONMEBOL.

Car pour renforcer le football sud-américain, la Confédération décide d’augmenter le nombre de participants à ces épreuves (la Libertadores gagne 6 participants, la Sudamericana en gagne 7). Car si le Brésil ne voit pas son contingent Libertadores + Sudamericana modifié (toujours 13 participants), il gagne cependant deux représentants dans la prestigieuse Copa Libertadores, représentants soustraits d’une Sudamericana que la CBF et ses membres dénigrent, désormais à raison, depuis des années (il suffit de voir le mode de qualification des représentants à cette épreuve pour mieux s’en rendre compte).

Aux côtés du Brésil, trois autres pays sortent gagnants de cette réforme, l’Argentine, le Chili et la Colombie, qui gagnent un représentant en Libertadores. Que l’Argentine ou la Colombie, grands animateurs des compétitions continentales ces dernières années (sur les cinq dernières saisons deux victoires, une finale, deux demi-finales en Libertadores, deux victoires et deux finales en Sudamericana pour l’Argentine, une victoire et une demi-finale en Libertadores, une victoire, une finale, une demi-finale en Sudamericana pour la Colombie) gagnent une place n’est en soi pas volé, on aurait cependant aimé voir un équilibre se créer.

En effet, sur les 10 dernières années, le Chili n’a disputé que deux demi-finales (Universidad de Chile 2010 et 2012) quand l’Equateur, toujours bloqué à trois représentants, a joué deux finales dont une gagnée (LDU en 2008). Autre grand oublié, le Paraguay et ses deux finales et une demi-finale en quatre ans en Libertadores qui devra repasser voyant ainsi le voisin brésilien qui dans l’intervalle a gagné un trophée mais n’a placé que deux demi-finalistes, récompensé de deux tickets supplémentaires.

Reste que la réforme ne concerne ainsi pas non seulement le nombre de participants mais aussi le calendrier. Avec désormais deux tournois organisés de février à novembre pour la Libertadores, de mars à décembre pour la Sudamericana, qui vont ainsi chevaucher deux saisons pour certains pays (pensées pour l’Argentine et son calendrier européen d’août à mai), les compétitions continentales vont aussi devenir un casse-tête en termes d’organisation pour certains.

C’est le cas notamment du Mexique qui, par l’intermédiaire de son président, Enrique Bonilla a annoncé la semaine dernière la possibilité de ne pas prendre part à l’édition 2017 en raison d’un calendrier qui va venir percuter Liga MX et CONCAChampions, que les clubs mexicains se doivent de privilégier.

L’autre casse-tête est pour l’Argentine où la polémique, sport national, a déjà débuté quant à savoir qui sera l’heureux élu au sixième ticket. A l’heure d’aujourd’hui, l’Argentine possède ainsi cinq qualifiés, les quatre meilleures équipes du dernier championnat Lanús, San Lorenzo, Estudiantes et Godoy Cruz et le futur vainqueur de la Copa Argentina. Reste donc à trouver un élu supplémentaire et la question du mode de qualification demeure.

Ainsi sont évoqués la possibilité de voir le finaliste de la Copa Argentina, celui qui terminera en tête du tournoi à la fin de l’année (sachant qu’il ne sera pas champion, le tournoi se terminant en mai prochain), ou, plus simplement, un invité, qui pourrait être choisi par son « ranking CONMEBOL. » Avec une troisième solution qui profiterait à Boca, actuel numéro 1 de ce classement des clubs, on mesure le niveau que la polémique pourrait prendre.

D’autant que le casse-tête pourrait être encore plus important si jamais San Lorenzo, encore en course en Sudamericana (lire Copa Sudamericana 2016 : la semaine de toutes les folies), venait à la remporter. La conséquence serait alors que l’AFA devrait trouver non pas un mais deux qualifiés.

Reste enfin encore une inconnue : l’organisation de la Copa Sudamericana. Car si le nombre de participants augmente de sept, cette augmentation se fait par le versement des huit troisièmes de la phase de groupe de la Libertadores ainsi que des deux meilleures équipes de la phase de pré-qualification à celle-ci. Pour des raisons de calendrier, ces équipes n’entreront ainsi pas en Sudamericana dans les premiers tours mais plus probablement dans les tours finaux (on peut ainsi envisager des seizièmes de finale plutôt que des huitièmes comme à l'heure actuelle).

Une chose est certaine, la nouvelle Libertadores au calendrier fortement étiré et qui sera désormais coupé en plein cœur par le marché des transferts européens et sa petite sœur Sudamericana, tout aussi touchée par cela, n’ont pas fini de susciter bien des polémiques et des discussions.

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