Ligue des Champions 1992-1993: Le Triomphe Historique de l'Olympique de Marseille

L’OM célèbre ce vendredi 26 mai les 30 ans de sa victoire en Ligue des champions en 1993. Jamais encore un club français n’avait remporté de Coupe d’Europe de football. C’est devenu l’obsession de Bernard Tapie depuis que l’OM a reconquis le titre de champion de France, en 1989 : remporter la Coupe d’Europe, la vraie, celle qu’il a baptisée « la Coupe aux grandes oreilles »…

Retrouvez le parcours victorieux des Olympiens dans cette compétition, une épopée gravée à jamais dans l'histoire du football français.

Marseille 1 0 AC Milan 1993 Champions League Final All Goals & Extended Highlight

Le Contexte de la Compétition

La création de la Ligue des champions, en 1992/93, a précipité le football dans l’ère du football-business en permettant la concentration du pouvoir économique - et sportif - au sein d’une élite de clubs et de pays. L’introduction en 1991/92 d’une phase de groupe (après deux tours à élimination directe) a en réalité précédé l’inauguration de l’appellation Ligue des champions.

Un objectif d’autant plus crucial que l’augmentation exponentielle des droits de diffusion de la compétition s’est accompagnée d’une redistribution calculée de manière à enrichir les clubs les plus riches. Lesquels s’y sont retrouvés plus nombreux, à partir de 1997/98, lorsque la Ligue des champions a usurpé son propre nom en y invitant les deuxièmes, puis troisièmes voire quatrièmes des principaux championnats.

La Ligue des champions est née de la menace d’une ligue privée et fermée, mais, loin de conjurer ce projet, elle a contribué à nous en rapprocher. La créature de l’UEFA obéit à une double logique d’enrichissement et d’imposition progressive de la logique économique à la logique sportive, au profit d’une oligarchie de clubs. La Ligue des champions est organisée par et pour une industrie qui veut que le spectacle ne nuise pas aux investissements consentis.

Le Parcours de l'Olympique de Marseille vers la Finale

Pour atteindre la finale de Munich contre l'AC Milan, champion d'Italie, l'OM a franchi deux tours à élimination directe en matchs aller-retour, avant de sortir en tête d'une poule de quatre.

16e de finale

  • Glentoran (NIR) - Olympique de Marseille : 0-5 ; 0-3

8e de finale

  • Dinamo Bucarest (ROU) - Olympique de Marseille : 0-0 ; 0-2

Phase de groupes (Groupe A)

  • Glasgow Rangers (ECO) - Olympique de Marseille : 2-2
  • Olympique de Marseille - FC Bruges (BEL) : 3-0
  • CSKA Moscou (RUS) - Olympique de Marseille : 1-1
  • Olympique de Marseille - CSKA Moscou : 6-0
  • Olympique de Marseille - Glasgow Rangers : 1-1
  • FC Bruges - Olympique de Marseille : 0-1

Classement du Groupe A

  1. Olympique de Marseille
  2. Glasgow Rangers
  3. FC Bruges
  4. CSKA Moscou

La Finale Épique contre l'AC Milan

De la finale de 1991, il ne reste dans les rangs marseillais que Basile Boli, Éric Di Meco, Abdedi Pelé et le coach Raymond Goethals, rappelé en pompier en cours de saison. Face à eux, les Milanais ne sont pas des inconnus. Outre Jean-Pierre Papin, auteur de 24 buts en 39 matches pour sa première saison italienne, les Marseillais se sont déjà frottés en 1991 aux Tassotti, Maldini, Baresi, Donadoni, Riijkaard, Gullit, Van Basten qui ce sont toujours présents, toujours vaillants.

Pour préparer au mieux la finale, les Olympiens se mettent au vert, dans un petit gîte à 70 km de Munich, les jours précédant la rencontre après un dernier match de championnat disputé à Valenciennes et qui fera ensuite beaucoup parler de lui. Face aux Milanais, Raymond Goethals décide d’aligner son équipe en 5-2-3 pour faire face au classique 4-4-2 de l’équipe italienne.

Mais Milan se prive de trois joueurs au coup d’envoi : Jean-Pierre Papin, laissé sur le banc pour privilégier Massaro, Ruud Gullit qui s’est fâché avec Silvio Berlusconi, le propriétaire du Milan, et Zvonimir Boban, le Croate, victime de la limitation du nombre d’étrangers.

À 22 ans, l’ancien gardien de Toulouse, recruté en début de saison, enchaîne ensuite les arrêts déterminants dans une première mi-temps dominée par Milan. Puis en toute fin de première période, Abedi Pelé déboule sur le côté droit et obtient un corner alors qu’il est à la lutte avec Paolo Maldini.

Pelé tire ce corner, Rudi Völler saute mais manque le ballon qui tombe sur la tête de Basile Boli qui a pris de vitesse Franco Baresi. Boli, surpuissant devance d’un souffle Franck Riijkard arrivé en renfort pour dévier ce ballon dans les filets milanais : 1-0 ! Souffrant du genou, Boli avait demandé à être remplacé quelques minutes plus tôt.

En seconde mi-temps, l’OM fait bloc et résiste aux offensives milanaises. L’entrée de Papin ne change rien, Milan ne parvient pas à se dépêtrer du marquage des Angloma, Desailly, Boli, Di Meco, Sauzée, Deschamps qui font barrage à tout. Marseille ne lâche pas prise, saute sur tous les ballons jusqu’au coup de sifflet final qui donne le signal d’une allégresse délirante sur la pelouse de Munich comme dans les rues de Marseille.

C’est la première fois qu’un club français remporte une Coupe d’Europe, et c’est la plus prestigieuse, à la conquête de laquelle Reims en 1956 et 1959, Saint-Étienne en 1976 et Marseille en 1991 avaient échoué. L’OM 93 a donc réussi : à jamais les premiers !

L'Après-Victoire et les Controverses

Mais l’année 1993 ne sera pas que source de joie. Cette saison-là, l’OM remportera le championnat pour la cinquième fois consécutivement mais le titre ne lui sera pas remis à cause de l’affaire de corruption VA-OM. Des joueurs de Valenciennes ont été incités à « lever le pied » avant la rencontre qui se déroulait six jours avant la finale contre Milan par le biais de Jean-Jacques Eydélie, un des onze titulaires de Munich….

L’OM sera empêché de défendre son titre européen la saison suivante, et ne pourra pas disputer la Coupe intercontinentale à Tokyo. Le club sera rétrogradé administrativement en D2 à l’issue de la saison 1993-94, passant pour deux ans de la gloire au purgatoire.

Composition des équipes lors de la finale

MARSEILLE : 1. Barthez - 2. Eydelie, 7. Angloma (Durand 61e), 6. Desailly, 4. Boli, 3. Di Meco - 5. Sauzée, 11. Deschamps (cap) - 10. Pelé, 9. Völler (Thomas 78e), 8. Boksic. Entraîneur : Raymond Goethals.

AC MILAN : 1. Rossi - 2. Tassotti, 5. Costacurta, 6. Baresi (cap), 3. Maldini - 10. Donadoni (Papin 54e), 8. Rijkaard, 4. Albertini, 7. Lentini - 11. Massaro, 9. Van Basten. Entraîneur : Fabio Capello.

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