La saison 2008-2009 de la Ligue des Champions a été riche en émotions, en surprises et en performances mémorables. Elle a culminé avec la victoire du FC Barcelone, qui a dominé le football européen grâce à un jeu flamboyant et efficace.

Un Parcours Semé d'Embûches pour les Finalistes
Chelsea-Barcelone : Une Demi-Finale Controversée
Les Blues se demanderont longtemps comment ils ont pu passer à côté d'une place en finale. Pourtant, à quelques secondes près, la Ligue des Champions a bien failli connaître pour la première fois de son histoire la même affiche en finale deux années de suite: Chelsea - Manchester United. Mais un but dans le temps additionnel d'Iniesta était suffisant pour expédier le Barça en finale et faire entrer ce match retour - riche en intensité - dans l'histoire de la compétition. Une qualification aux allures de hold-up tant Chelsea a dominé de la tête et des épaules ce match retour.
Non content d'avoir fait de son équipe la seule cette saison à conserver sa cage inviolée au Camp Nou, Guus Hiddink a de nouveau trouvé la clé pour faire déjouer Barcelone. Le leader de la Liga, malgré une possession de balle supérieur à 60%, a probablement livré l'une de ses pires prestations de la saison. Les absences de Marquez, Puyol et Henry expliquent en partie le non-match du Barça. Mais les Catalans se sont surtout cassés les dents sur un Chelsea impressionnant défensivement et rarement inquiété.
Jusqu'à l'égalisation d'Iniesta, le Barça n'a jamais été en mesure de trouver le cadre (13 tirs non cadrés) ni même parvenir à s'infiltrer dans les seize mètres de Cech de manière significative.
Le Match Aller : Chelsea - Barcelone (1-1)
Buts: Essien (9e) pour Chelsea; Iniesta (90e+3) pour Barcelone
Pourtant, les Blaugranas ont semblé débuter la rencontre par le bon bout en récupérant le ballon très haut pour camper dans la partie de terrain adverse. Mais, sur la première offensive de Chelsea, la charnière expérimentale Touré-Piqué n'a pu que s'avouer vaincu sur une inspiration géniale d'Essien. Le Ghanéen, sans calcul, plaçait une volée du gauche des 20 mètres sous la transversale de Victor Valdes (1-0, 9e).
L'ouverture du score a permis aux hommes d'Hiddink de prendre le contrôle total de la partie. Et de s'offrir des balles de break. Mais Victor Valdes s'interposait in extremis devant Drogba (23e) avant de repousser d'une parade réflexe un coup-franc de l'Ivoirien (24e). Une troisième fois, l'attaquant de Chelsea a été en mesure de marquer mais, malgré un crochet sur Piqué, il butait à bout-portant sur le portier espagnol (52e).
Chelsea n'a jamais su faire fructifier ses nombreuses opportunités en contre-attaques pour tuer définitivement la partie, malgré l'explosivité du trident Malouda-Anelka-Drogba tout aussi généreux dans les tâches défensives. De son côté, le Barça s'est retrouvé dans la même problématique qu'au match aller, avec l'incapacité de se procurer la moindre occasion nette. En ce sens, Cech n'a pas eu le moindre arrêt à effectuer, sourcillant à peine sur un coup-franc de Dani Alves (21e) puis devant un slalom de Messi aboutissant à une frappe de l'Argentin de peu au-dessus de sa transversale (65e).
Avec une organisation parfois déséquilibrée et une fâcheuse tendance à délaisser le côté gauche en l'absence d'Henry, Barcelone a vu sa tâche se compliquer davantage suite à l'expulsion sévère d'Abidal, considéré dernier défenseur après un léger accrochage sur Anelka (66e).
Néanmoins, la sortie discutable d'Abidal n'a pas été la seule erreur d'appréciation de M. Ovredo. L'arbitre norvégien aura laissé de mauvais souvenirs à Stamford Bridge en restant muet sur plusieurs obstructions dans la surface de Victor Valdes, pas toujours à juste titre. Tandis que les Londoniens se sont agacés de l'arbitrage, le Barça a eu le mérite de ne jamais perdre le fil du match. Jusqu'à ce qu'un décalage de Messi ne trouve Iniesta dont le missile à l'entrée de la surface trompait Cech (1-1, 90e+3). Le seul et unique tir cadré de Barcelone s'est donc révélé le bon, après 180 minutes passées à chercher une solution pour prendre à défaut l'arrière garde de Chelsea.
Manchester United : Tenant du Titre en Quête de Renouveau
L’aventure 2008-2009 commence un soir de septembre 2008, le 17 précisément. Manchester United, tenant du titre reçoit Villarreal à Old Trafford. Un match terne ou peu d’occasions égayent la soirée. Premier déplacement et première victoire pour Manchester United. Le 21 septembre, les Champions en titre Ecossais, le Celtic Glasgow, se présentent à Old Trafford. Ils s’inclinent lourdement sur le score de 3 à 0 et comme à Aalborg la journée précédente, Rooney (un but) et Berbatov (encore un doublé) se distinguent encore et sont les artisans d’un précieux succès dans la course à la première place.
Ce soir là, Manchester prend la tête du groupe E et ne la lâchera plus, concédant 3 matchs nul lors des 3 journées suivantes. La qualification est acquise lors du match au Stade Madrigal. Il restait un seul objectif à United, assurer la première place. C’est chose faite lors de la 6ème et dernière journée.
Bilan : Il aura donc fallu 2 victoires et 4 nuls aux poulains de sir Alex Ferguson pour terminer premier du groupe E. En terminant premier de son groupe, Manchester United aura droit à un adversaire ayant fini second de son groupe et surtout, avantage non négligeable, recevra au match retour à Old Trafford.
A San Siro, un très grand Manchester United ramène un joli match nul, poursuivant ainsi sa série de 20 matches sans défaite dans cette compétition. Des buts de Vidic dès la quatrième minute sur corner et de Ronaldo à la 49ème sur un centre de Rooney envoient Manchester United en quart de finale. Un match plein de la part des deux équipes, qui se seront rendu coup pour coup durant 90 minutes. L’intenable Zlatan, trop esseulé dans cette équipe italienne, répondant aux coups de butoir des mancuniens (Ronaldo, Rooney).
Manchester United vs FC Porto
Le soir du tirage au sort des quarts de finale et demi finale, Manchester connaît son prochain adverse, le FC Porto en quart de finale et son futur adversaire en demi finale, si qualification il ya a. Il s’agira du vainqueur de la double confrontation entre Arsenal et Villarreal. Tout les espoirs sont permis dans cette double confrontation tant l’opposition semble facile et la voie toute tracée pour la demi finale. C’était sans compter sur des portugais euphoriques et sans pression qui douchent Old Trafford dès l’entrée du match, Cristian Rodriguez ouvrant le score pour Porto dès la 4ème minute.
Un début de match canon des portugais, entaché par l’erreur de leur défenseur Bruno Alves. Ce dernier remet un ballon anodin en retrait pour son gardien mais Wayne Rooney qui avait bien anticipé, récupère le cuir et vient crucifier de près un Helton médusé. Ce but redonner des ailes à nos protégés qui malgré quelques tentatives portugaises dominaient les débats. Helton devant s’employer à plusieurs reprises, notamment devant Rooney et Vidic. Malgré cela, on se dirigeait vers un score nul. Sir Alex Ferguson faisait alors entrer Ryan Giggs, Tévez et Gary Neville. Un choix payant, le troisième étant à l’origine du but du second.
En effet, à la 85ème minute, Rooney talonnait une longue touche de Neville dans les pieds de Tévez qui passait devant Rolando pour tromper Helton d’une frappe somptueuse en pleine lucarne. Old Trafford poussait alors un ouf de soulagement. Mais dans les dernières secondes du match, Mariano, laissé seul au second poteau sur un centre de Meireles, crucifiait plein de sang froid un Van der Sar sorti désespérément dans les pieds du portugais. 2 à 2. En 1 minute, l’espoir et la joie avaient changés de camp. Le banc de Porto exultait littéralement tandis qu’Old Trafford déchantait. Au terme du match aller, Porto était qualifié au bénéfice des buts marqués à l’extérieur.
Eliminés au coup d’envoi, les Red Devils entament la rencontre tambour battant. Et elle intervient sur un coup d’éclat somptueux de l’enfant du pays, Cristiano Ronaldo. Ce dernier héritant d’un ballon anodin aux 35 mètres déclenche une frappe soudaine et surpuissante qui finit sa course quelques secondes plus tard dans la lucarne d’Helton. Un coup de pétard magique qui dès la 6ème minute abasourdi le stade du Dragao.
Sonnés par ce but, les Dragons mettaient quinze bonnes minutes à s'en remettre. Deux occases coup sur coup d’Alvès et Lisandro redonnaient espoir au peuple portugais. Espoirs envolés après la blessure du capitaine Lucho. Porto ne se relèvera pas de ce coup dur. La pluie redoublait d’intensité. Les champions 2004 multipliaient les efforts pour revenir au score mais Van der Sar n'était pas vraiment inquiété. L'expérience mancunienne parlait dans les dernières minutes pour assurer la qualification pour la troisième fois en trois ans dans le dernier carré de la Coupe des champions. Aucune équipe anglaise ne s’était imposée à Porto.
Manchester United vs Arsenal
Ambiance surchauffée à Old Trafford. Un match à sens unique tant les protégés de sir Alex Ferguson ont dominés les débats face à une jeune équipe d’Arsenal. United ne s’impose que par la plus petite des marges, 1 à 0, sur un but de l’irlandais O’Shea. Il n’aura fallu que onze minutes pour plier le match et noyer les espoirs des londoniens d’Arsène Wenger.
Tout d’abord, c’est JS Park qui ouvre le score dès la 8ème minute, profitant d’une maladresse de la défense locale. Intervient ensuite la fameuse onzième minute. Van Persie commettait une faute sur Ronaldo à 30 mètres des buts d’Almunia. La Ballon d’Or posait le ballon sur l’endroit sifflé par l’arbitre, se concentrait, et expédiait un missile qu’Almunia ne pouvait qu’effleurait. 2 à 0, quel but ! Stratosphérique ! Arsenal ne s’en remettra jamais, encaissant même un contre de 80 mètres, amorcé par Ronaldo et conclut par lui-même sur un centre de Rooney.
La fête aurait pu être encore plus belle si Darren Fletcher, l’exemplaire milieu de terrain n’avait été exclu sur un contre d’Arsenal. En position de dernier défenseur, il fauchait à la 76ème minute, Fabregas dans la surface de réparation. Mr Rosetti, l’arbitre italien, ne tarda pas réagir en expulsant l’écossais et sifflant un pénalty. Une expulsion sévère qui prive Fletcher d’une finale qu’il aurait amplement mérité au vue de sa saison avec Manchester United.

La Finale : FC Barcelone vs Manchester United
Le FC Barcelone a remporté la Ligue des champions, mercredi 27 mai à Rome, en prenant le meilleur sur Manchester United, grâce à des buts de Eto'o et Messi (2-0). Après 1992 et 2006, c'est la troisième victoire en Ligue des champions pour le Barça, qui a dépouillé United de son titre, acquis en 2008.
Malgré un début de match à l'avantage des Red Devils, qui se montraient dangereux sur des frappes de Cristiano Ronaldo, les joueurs de Pep Guardiola ont rapidement pris l'avantage sur leur première occasion du match, à la 10e minute. Plein axe, une accélération d'Iniesta perforait le milieu mancunien, avant qu'Eto'o ne finisse le travail, en se jouant de Ferdinand sur un crochet, puis en trompant Van der Sar d'un pointu astucieux.
Sans être exceptionnels, les Barcelonais se contentaient alors de gérer les rares assauts d'une formation anglaise sevrée de ballons, et incapable de mettre en place son collectif. À l'image d'un Ronaldo perdu dans ses arabesques, la formation d'Alex Ferguson échouait à inquiéter la défense adverse, pourtant privée de trois de ses titulaires (Marquez blessé, Alves et Abidal suspendus).
Au contraire, la deuxième période commençait sur deux occasions catalanes, avec un déboulé signé Henry, repoussé par Van der Sar (47e), puis un coup franc de Xavi qui frappait le poteau (52e). Le Français, à peine revenu de blessure, tentait à nouveau sa chance en solitaire (65e), avant que Lionel Messi ne délivre les siens... de la tête.
Entre les tours de contrôle Ferdinand et Vidic, le génial argentin (1m69) trouvait la lucarne opposée sur une offrande d'un Xavi toujours aussi impeccable dans son rôle de meneur de jeu.2-0 à 20 minutes de la fin, les affaires du tenant du titre mancunien semblaient d'autant plus mal engagées que les Red Devils n'avaient rien de renversant à proposer.
Hormis un duel manqué de Ronaldo contre Valdes (71e), Manchester ressemblait à un diable de papier, et c'est même l'emblématique capitaine catalan, Carles Puyol, qui était proche du 3-0, d'abord sur une tête captée par le portier de United (74e), puis sur un ballon cafouillé à la 84e minute.
Au bout d'une finale un peu décevante, notamment à cause d'un Manchester qui ne s'est jamais remis de l'ouverture du score d'Eto'o, le FC Barcelone enlève la Ligue des champions, ultime récompense d'une saison incroyable qui aura vu les Catalans développer un football non seulement flamboyant mais surtout efficace.
Pour sa première saison en tant qu'entraîneur, Pep Guardiola, déjà vainqueur de la Coupe des clubs champions en tant que joueur en 1992, réalise un formidable triplé, après les victoires dans la Liga et en Coupe d'Espagne. C'est également un aboutissement pour Thierry Henry, décrié l'année dernière, et qui a su s'imposer comme une pièce maîtresse pour remporter le seul titre qui manquait à son palmarès.
"Finalement je l'ai gagnée ! J'ai attendu si longtemps. Les cinq dernières minutes ont été les plus longues de ma vie," a réagi le buteur tricolore, cité par l'AFP. "Je sais que nous menions 2 à 0 mais on jouait contre la meilleure équipe du monde" a conclu le natif des Ulis, déjà champion du monde et d'Europe avec la France, mais aussi champion de France avec Monaco et d'Angleterre avec Arsenal.
Pour Manchester, la désillusion est de taille. Le club d'Alex Ferguson concède sa première défaite en finale de la plus grande coupe européenne, et échoue à conserver le prestigieux trophée, performance qui n'a plus été réalisée depuis l'AC Milan en 1989-90.
Avec la victoire du Barça, et après celle de la Seleccion à l'Euro 2008, le football espagnol confirme sa domination continental, avec le 12e succès d'un club ibérique en C1, contre 11 pour l'Angleterre.
Les Réactions et l'Héritage
Pour la presse du monde entier, ce Barça 2008-09 restera dans l'histoire. «Barcelone crée un empire» , avance L'Equipe. «Le Barça a terminé sa saison historique : son triplé restera éternellement dans la mémoire de ses supporters» , ajoute le journal catalan.
Pour le journal transalpin, émerveillé par le niveau de jeu du Barça, «les Anglais de Manchester United, bridés par la possession de balle espagnole, ont été écrasés par l'équipe de Guardiola» , «auteur d'un triplé historique pour sa première saison sur le banc» , ne manque pas de rappeler L'Equipe.
Le quotidien anglais The Sun s'attarde lui davantage sur la prestation de Manchester United. S'il reconnaît la supériorité barcelonaise sur cette rencontre, le journal britannique évoque longuement «le rêve romain de Ferguson tombé en ruines» .
Comme le soulignent tous ces médias, le FC Barcelone, auteur d'un triplé spectaculaire cette saison, dirigé de main de maître par Josep Guardiola et emmené par son trio star Eto'o, Messi et Iniesta, est à jamais entré dans l'histoire le temps d'une rencontre à Rome.
Le Côté Sombre de la Défaite : John Terry et la Finale de 2008
Dix-sept ans après une des finales les plus dramatiques de la Ligue des champions, John Terry brise le silence autour d’un épisode qui a marqué à jamais sa carrière et son équilibre personnel. Dans un témoignage sur le podcast de Reece Mennie, l’ancien capitaine de Chelsea revient sur la finale de 2008 face à Manchester United, et surtout sur ce penalty manqué qui a laissé une empreinte indélébile. Ce soir-là, à Moscou, les Blues sont à un souffle du sacre européen. John Terry, leader emblématique du club londonien, s’avance pour tirer le penalty décisif. Mais la pluie, le stress, le sort : il glisse, le ballon percute le poteau. Manchester United saisit sa chance et s’impose.
Pour l’ancien défenseur anglais, cette séquence marque le début d’une longue descente émotionnelle. « Je me réveille encore au milieu de la nuit » Dans les heures qui suivent, le défenseur s’enferme au 25e étage de son hôtel, seul face à sa détresse. Il confesse aujourd’hui avoir été submergé par des pensées suicidaires. « Je me trouvais regardant par la fenêtre et me demandant: 'Pourquoi? Pourquoi?'. Je ne dis pas que j'allais sauter mais vous savez, des pensées vous traversent l'esprit à ce moment-là. Puis les garçons sont arrivés et m'ont emmené en bas. C'est dans ces moments-là qu'on se dit 'et si?'. On ne sait jamais, n'est-ce pas? », a-t-il indiqué.
Le temps a passé, les titres ont suivi, mais les cicatrices, elles, restent. John Terry explique être encore régulièrement hanté par cette nuit moscovite. Des réveils en sursaut, des souvenirs intrusifs : « Je me réveille encore au milieu de la nuit et je me dis 'oui, c'est bien arrivé', et je ne pense pas que cela disparaîtra un jour ». Il regrette surtout de ne pas avoir eu à l’époque les ressources ou le réflexe de chercher de l’aide psychologique.
50 grands moments de la Ligue des champions : La tête de Lionel Messi contre Manchester United | ...
Tableau des Principaux Acteurs et Moments Clés
| Équipe | Joueurs Clés | Moments Clés |
|---|---|---|
| FC Barcelone | Eto'o, Messi, Iniesta, Xavi, Henry, Guardiola (entraîneur) | Victoire en finale contre Manchester United, but d'Iniesta contre Chelsea, triplé Liga-Coupe du Roi-Ligue des Champions |
| Manchester United | Cristiano Ronaldo, Rooney, Vidic, Ferguson (entraîneur) | Parcours jusqu'en finale, défaite contre le FC Barcelone en finale |
| Chelsea | Essien, Drogba, Terry, Cech, Hiddink (entraîneur) | Demi-finale controversée contre le FC Barcelone |
