Finale de la Ligue des Champions 2004 : Le Rêve Brisé de l'AS Monaco

Le 26 mai 2004, l’AS Monaco disputait la finale de la Ligue des champions face au FC Porto, à l’Arena AufSchalke de Gelsenkirchen (Allemagne). Voici 20 ans, ce dimanche 26 mai 2024, que l’AS Monaco disputait la seule et unique finale de Ligue des champions de son histoire, en s’inclinant face au FC Porto (0-3).

En 2004, les Rouge et Blanc de Didier Deschamps s’apprêtaient à jouer la première finale du Club dans la plus prestigieuse des compétitions européennes. Même les plus jeunes supporters de l’AS Monaco, qui n’ont pas eu la chance d’assister à cette épopée de légende, dont l’épilogue fut malheureusement une défaite, se souviennent de cette date. Une chute au niveau de la dernière marche.

Malgré tout, le parcours de Monaco en Ligue des champions lors de la saison 2003-2004 n’en reste pas moins glorieux. En effet, en 2004, Monaco atteint la finale de la Ligue des champions. En 2004, alors que le club Rouge et Blanc accumule les dettes, l’équipe atteint la finale européenne en battant le Real Madrid et Chelsea. Depuis plus de vingt ans cette course folle vers la finale de Gelsenkirchen continue de hanter les nuits des supporters du club du Rocher.

Au début des années 2000, dans l’Arena AufSchalke de Gelsenkirchen, l’AS Monaco s’apprête à disputer sa première finale de Ligue des Champions face au FC Porto de José Mourinho. Un genou à terre sur le plan financier à ce moment là, l’AS Monaco, menée par un jeune Didier Deschamps, vit pourtant une épopée que le temps a rendue presque irréelle.

Il y a 20 ans jour pour jour, les Rouge et Blanc de Didier Deschamps et Ludovic Giuly s’inclinaient en finale de la Ligue des Champions contre le FC Porto de José Mourinho (3-0). Cet événement suscite à la fois la tristesse d’avoir échoué au dernier stade d’un parcours magnifique dans la plus prestigieuse des compétitions européennes et la fierté d’avoir vu cette si jeune et talentueuse équipe monégasque se hisser en finale d’un tel évènement.

Le Parcours Exceptionnel de Monaco

Avec Didier Deschamps à la tête de l’équipe première, l’AS Monaco est l’une des meilleures équipes du championnat de France lors de la saison 2003-2004. En effet, les Monégasques participent à la course au titre mais perdent leur première place au classement à la 25e journée de Ligue 1 avant d’être finalement doublés par le PSG et finir troisièmes du championnat. Bien avant son 4-2-3-1 qui fera la gloire de l’équipe de France en 2018, Didier Deschamps opte pour un 4-3-3 traditionnel.

Dans l’équipe de Monaco qui prend part à la Ligue des champions 2004, on retrouve notamment Patrice Evra sur le flanc gauche. Il est accompagné de Jérôme Rothen juste devant lui. De l’autre côté de l’attaque se trouve Ludovic Giuly avec Morientes en pointe.

Lors de la Ligue des champions 2003/2004, Monaco se retrouve dans le groupe C aux côtés du PSV Eindhoven, du Deportivo la Corogne et de l’AEK Athènes. En effet, l’équipe de Didier Deschamps finit première de son groupe avec 11 points grâce à trois victoires, deux nuls et une défaite. Le Deportivo et le PSV sont juste derrière avec 10 points et une différence de but en faveur des Espagnols.

Pour la phase à élimination directe de la Ligue des champions 2004, les gros clubs sont de sortie. Monaco tire le Lokomotiv Moscou en huitièmes de finale. Les Monégasques vont passer au tour suivant grâce à un solide match aller ponctué par deux buts à l’extérieur. En effet, l’ASM remporte le premier match 2-1 avant de s’incliner 1-0 à domicile.

Quart de Finale Mémorable contre le Real Madrid

Mais c’est en quarts de finale que les affaires se corsent pour Monaco lors de la Ligue des champions 2003-2004. Et pour cause : Monaco hérite du pire tirage, les Galactiques du Real Madrid. Le match aller est totalement en faveur du Real Madrid, qui se procure un nombre incalculable d’occasions. Pourtant, la première équipe à marquer au Santiago Bernabeu est l’AS Monaco. À la mi-temps, l’ASM est devant au tableau d’affichage.

Cependant, en seconde période, le Real Madrid va retrouver son efficacité et coller 4 buts à Flavio Roma, le portier monégasque. Moreintes marque un but qui paraît anodin dans le temps additionnel. Score final 4-2 pour le Real.

Au match retour, Raul ouvre la marque pour le Real Madrid et enterre les espoirs d’un stade Louis II plein à craquer. Alors que le Real Madrid pense déjà aux demi-finales, Ludovic Giuly, arrivé au club en 1998, égalise juste avant la mi-temps. Suite à ce but, le Real Madrid est en difficulté et produit beaucoup moins d’occasions.

Peu après l’heure de jeu, Ludovic Giuly dévie un ballon d’une magnifique madjer et marque le troisième but de Monaco synonyme de qualification. Éliminer le grand Real Madrid des Galactiques en quart de finale, celui de Zinédine Zidane, Ronaldo, Luis Figo, Raul, Iker Casillas et Roberto Carlos, est un exploit qui demeurera éternellement.

Cette aventure commence véritablement au quart de finale face aux Galacticos madrilènes. Après une défaite 4-2 au Santiago Bernabéu, Monaco réalise l’impensable au Stade Louis II, à domicile : une victoire 3-1 qui élimine Zidane, Ronaldo, Figo et consorts.

AS Monaco contre Real Madrid en 2004

Demi-Finale Contre Chelsea

Pour les demi-finales de la Ligue des champions 2003-2004, l’AS Monaco se retrouve opposée à Chelsea. Du côté des Londoniens, l’équipe est composée de quelques grands noms comme John Terry, Claude Makélélé, Frank Lampard ou encore un certain Hernan Crespo. Pourtant, au match aller au Stade Louis-II, Monaco va totalement surprendre le club londonien avec une belle victoire 3-1.

Le match retour est bien plus compliqué. Chelsea domine outrageusement et ouvre le score à la 20e minute : plus qu’un seul petit but et Chelsea se qualifie. Juste avant la mi-temps, Chelsea double la marque, mais Monaco réagit directement avec un but dans le temps additionnel de la première période.

Seulement, à l’heure de jeu, Fernando Morientes détruit les espoirs des Londoniens en inscrivant le deuxième but monégasque. Balayer ensuite le Chelsea de Frank Lampard en demie, sont des exploits qui demeureront éternellement.

La Finale Face au FC Porto

En finale de cette édition 2003-2004 de la Ligue des champions, Monaco affronte le FC Porto. Les Portugais ont fait tomber Manchester United, puis l’Olympique Lyonnais et enfin le Deportivo la Corogne en demi-finale. En ce début de finale de Ligue des champions 2003-2004, Monaco est l’équipe la plus dangereuse.

Les Monégasques se procurent de nombreuses occasions mais manquent de précision. En seconde période, Monaco va tout donner mais n’arrive pas à égaliser. Les Monégasques vont ensuite s’écrouler moralement avec un deuxième but pour Porto inscrit par Deco à la 71e minute. À peine quatre minutes plus tard, Porto enfonce le clou avec un troisième but.

L’ASM voit son rêve, celui de devenir le deuxième club français à remporter la Ligue des champions, s’envoler. Les réalisations de Carlos Alberto juste avant la mi-temps (39e), ainsi que celles de Deco (71e) et Dmitri Alenitchev (75e), coup sur coup en seconde période, ne relèvent presque que de l’anecdote.

Finale de la Ligue des Champions 2004 : FC Porto vs AS Monaco

Les Acteurs de l'Époque et Leur Parcours

Emmenée par Didier Deschamps, la formation monégasque marque toujours les esprits vingt ans après. Portier de l’ASM entre 2001 et 2009, Flavio Roma ne manque que la dernière rencontre de la phase de poules contre l’AEK Athènes, blessé. Revenu à Monaco après une pige à Milan (2009-2012), l’Italien réside toujours dans la Principauté. « Je suis resté au centre de formation, indique l’homme aux 247 apparitions avec l’AS Monaco. Après, j’ai fait une année à l’AC Milan (2022-2023).

Prêté à Monaco par son futur bourreau Porto, Hugo Ibarra a terminé sa carrière à Boca Juniors, où il a grimpé les échelons dans le staff. Patrice Évra a lui aussi passé plusieurs diplômes d’entraîneur depuis la fin de sa carrière, en 2018. Gaël Givet, de son côté, travaille dans l’ouverture prochaine d’un nouveau complexe sportif, le Krystal à Arles, comprenant notamment des terrains de padel. « J’ai découvert la discipline il y a quelques années, raconte-t-il. Je me suis pris de passion comme beaucoup de footballeurs.

Dans l’entrejeu monégasque, Lucas Bernardi formait un duo avec Andreas Zikos. L’Argentin a embrassé une carrière d’entraîneur en Argentine, entraînant notamment son ancien club des Newell’s Old Boys. Le Grec, lui aussi, a entraîné différentes équipes dans son pays.

Édouard Cissé est lui consultant pour Prime Video pour la Ligue 1. Jérôme Rothen s’est lui aussi tourné vers les médias et a été consultant pour Canal + ou beIN Sports. Présent sur RMC depuis de longues années, il anime l’émission éponyme Rothen s’enflamme depuis 2021.

Ludovic Giuly a également rapidement entamé une reconversion en tant que consultant, qui le voit aujourd’hui intervenir pour le média Free Ligue 1. Fernando Morientes, prêté par le Real Madrid au cours de la saison 2023-2024, a lui aussi été consultant en Espagne, et entraîneur avec des équipes de jeunes chez les Merengue.

Préparation de la Finale : L'Expérience de Ludovic Giuly

Invité de l'émission Rothen s'enflamme sur RMC ce mercredi, à trois jours de la finale de Ligue des champions PSG-Inter, Ludovic Giuly s'est souvenu de la préparation de la finale avec Monaco en 2004. Vainqueur de la compétition deux ans plus tard avec le Barça, l'ancien Parisien pointe un enfermement du groupe sur lui-même à l'époque.

Entre s'isoler ou faire comme d'habitude, Luis Enrique a opté pour la routine pour préparer la finale de la Ligue des champions contre l'Inter Milan. L'entraîneur du PSG a préféré garder le fonctionnement habituel, à quelques jours de l'échéance à Munich, pour éviter de perturber le groupe et de créer une pression supplémentaire. Une méthode à laquelle ne peut qu'adhérer Ludovic Giuly.

Pour l'ancien Parisien, l'ASM a trop voulu sacraliser la préparation de l'évènement, au point de tomber dans un isolement finalement nocif. "On était pratiquement inconscients. On ne savait pas trop ce qu'on jouait. On s'est mis une pression la dernière semaine, on est partis quatre jours en Allemagne, on était coupés du monde... forcément le groupe vivait super bien mais ce n'était pas nous! On s'est mis une pression pas possible inconsciemment", raconte Ludovic Giuly.

"Ne pas perdre d'énergie dans plein d'autres choses, à être tous les jours avec tes potes à tourner en rond". Un enseignement qu'il tire de son expérience a "Je peux dire ça aujourd'hui parce que je l'ai gagnée avec Barcelone deux ans après et on avait fait totalement l'opposé, c'est à dire qu'on est restés à la maison, on s'est entraînés comme on faisait d'habitude, on est restés avec les supporters... C'est mieux, ça permet de rester en famille, de pouvoir parler d'autre chose, de ne pas se mettre cette pression en se focalisant sur cette finale. Garder ses habitudes qui sont hyper importantes, ne pas perdre d'énergie dans plein d'autres choses, à être tous les jours avec tes potes à tourner en rond. En 2006 avec Barcelone, on est restés comme on faisait en championnat.

Le FC Porto de José Mourinho

En 2004, les outsiders Porto et Monaco squeezaient le top du G14 en parvenant en finale d'une Ligue des champions propriété quasi exclusive des clubs continentaux les plus puissants. Un truc improbable. Une aventure irrationnelle, à la fois romantique et réaliste, qui devait beaucoup à deux jeunes entraîneurs charismatiques, José Mourinho et Didier Deschamps. 2004 fut la dernière exception en date à l'ordre économique établi. Car depuis cette finale Porto-Monaco (3-0), les « grands clubs » ont raflé à nouveau toutes les C1.

José Mourinho a ses chouchous, mais aussi ses guerriers. Ce ne sont pas forcément les plus talentueux, sinon les plus dévoués. Paulo Ferreira était, à l'instar d'Arbeloa au Real Madrid, de cette trempe. Tactiquement intelligent, mais physiquement et techniquement dans la moyenne, il aura tout de même connu une carrière au-dessus de son talent en étant transféré à Chelsea. Au total, il aura remporté, entre autres, deux C1 et deux C3.

Avant d'être ce chauve qui étale son expérience et sa lenteur sur les terrains de Ligue 1, Ricardo Carvalho avait les cheveux longs et était l'un des meilleurs défenseurs centraux du monde. C'est à cette même époque qu'il est devenu l'un des chouchous de José Mourinho, au même titre que l'ont été plus tard Lampard, Drogba ou Materazzi.

L'autre icône du peuple portista. Comme Vítor Baía, il doit tout au FC Porto et le FC Porto lui doit beaucoup de titres. Et comme son ami gardien de but, il a tenté de s'exporter (à Charlton, en Angleterre) sans trop de succès avant de rentrer au bercail pour casser des tibias et justifier son surnom de boucher.

Rejeté de son Brésil natal, « O magico » a trouvé dans le Portugal une terre d'accueil à la hauteur de son talent. Benfica lui a fermé ses portes, mais Porto lui a donné sa chance et a fini par l'aduler. Si les supporters des Dragões le placent au niveau du légendaire Rabah Madjer, c'est que lui aussi a su répondre présent lors des grands rendez-vous.

Conscient que Jorge Costa vieillissait et qu'ils ne pourraient pas retenir Ricardo Carvalho bien longtemps, le FC Porto avait recruté Pedro Emmanuel en 2002 pour assurer la relève. Et le bougre aura largement rempli son rôle. Si Porto a gardé une défense solide en attendant l'éclosion du duo Pepe-Bruno Alves quelques saisons plus tard, c'est en grande partie grâce à lui.

Un blaze pourri pour un joueur extraordinaire. Maniche fut l'un des premiers joueurs Youtube, non pas pour ses dribbles, mais pour sa faculté à aligner des buts tous plus beaux les uns que les autres. Dans le jeu, c'était également un redoutable récupérateur et un très bon relanceur.

Avec Paulo Ferreira et Nuno Valente, Pedro Mendes était sans conteste le type le moins sexy du onze de départ qui a eu raison de l'ASM. Cela avait sans doute à voir avec son poste (milieu défensif) et sa coupe de cheveux emprunté à ce nul de Juanes.

Costinha aurait dû être le joueur le plus dégueulasse de ce FC Porto. Cartons jaunes et rouges, coups de coude, fautes tactiques, il avait tout du salaud qu'on aime détester. C'était le Pepe 1.0, sauf qu'il évoluait un cran au-dessus. Mais c'est aussi lui qui a éliminé Manchester United à Old Trafford dans les arrêts de jeu.

Le buteur de Mourinho, venu de l'União Leiria, où le Mou avait fait ses preuves avant de s'installer à Porto. Sous la houlette de l'entraîneur portugais, il plante près de 60 pions entre 2001 et 2004. Parmi ses plus belles réalisations, on retiendra son doublé décisif à Séville contre le Celtic Glasgow lors de la finale de la Coupe du l'UEFA.

Pas aussi doué que son homonyme Cumberbatch, le Sud-Africain a longtemps dû esquiver les balles du quartier chaud de Cape Flats, au Cap, avant de mitrailler à son tour les défenses adverses avec la précision d'un Oscar Pitorius. Au total, il inscrit 57 buts avec le FC Porto avant de faire le bonheur des Rovers de Blackburn.

Promis à un grand avenir, le premier buteur de la finale trimbalent aujourd'hui son écarteur de narines à Botafogo après une dizaine de transferts ratés. La raison de cet échec ? Avoir rejoint les Corinthians pour être convoqué avec la Seleção alors que Mourinho le voulait à Londres. Au final, Carlos Alberto a tout perdu, et a même trempé dans une affaire de dopage en 2013.

Auteur d'un finale sans fausse note, le grand arbitre danois aura vécu une belle carrière, sifflant presque partout : trois Euros et deux Coupes du monde, une finale européenne et même la Coupe d'Afrique des nations.

Tableau Récapitulatif des Parcours des Joueurs Clés

Ce tableau présente un aperçu des carrières des joueurs clés de l'AS Monaco et du FC Porto après la finale de la Ligue des Champions 2004.

Joueur Poste Après 2004
Flavio Roma Gardien Milan AC, Retour à Monaco
Hugo Ibarra Défenseur Boca Juniors (staff)
Patrice Évra Défenseur Manchester United, Juventus
Gaël Givet Défenseur Marseille, Blackburn
Lucas Bernardi Milieu Entraîneur en Argentine
Jérôme Rothen Milieu PSG, Consultant média
Ludovic Giuly Attaquant FC Barcelone, Consultant média
Fernando Morientes Attaquant Liverpool, Entraîneur jeunes Real Madrid
José Mourinho Entraîneur Chelsea, Inter Milan, Real Madrid

Voici une proposition de vidéo qui pourrait accompagner cet article :

After Story Ligue 1 - Monaco 2003-2004 : Petit guide de la loose janvier-mai 2004

Julien Rodriguez, Gaël Givet, Sébastien Squillaci, Patrice Evra, Jaroslav Plasil, Jérôme Rothen, Ludovic Giuly… La simple évocation de ces noms suffit en effet au bonheur des supporters rouge et blanc. Celui de se remémorer, année après année, le plus grand exploit de l’histoire du Club sur la scène européenne. En attendant, voici la feuille de match et le résumé de cette finale qui reste emblématique malgré tout.

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